Les devenirs de la philosophie à Paris 8

PENSEE INTERPOLEE / Le bâton et le disciple.

10 Août 2014, 10:43am

Publié par Anthony Le Cazals

Qui donne et qui reçoit ?

Qui donne et qui reçoit ?

Un amusant parallèle entre deux citation mettant en scène Diogène Laërce, les stoïciens et les cyniques. A noter que le koan s'accompagne traditionnellement d'un coup de bâton.

Diogène Laërce rapporte que les stoïciens comparaient la philoqsophie à un oeuf : " La coquille c'est la logique, le blanc, c'est la morale, et le jaune, tout à fait au centre, c'est la physique ". Nous sentons bien que Diogène rationalise. Il faut retrouver l'aphorisme-anecdote, c'est-à-dire le koan. Il faut imaginer un disciple posant une question de signification : qu'est-ce que la morale, ô maître ? Alors le sage-stoïcien sort un oeuf dur de son manteau doublé, et de son bâton désigne l'oeuf. (Ou bien ayant sorti l'oeuf, il done un coup de bâton au disciple, et le disciple comprend qu'il doit répondre lui-même. Le disciple prend à son tour le bâton, casse l'oeuf, de telle manière qu'un peu de blanc reste attaché au jaune, et un peu à la coquille. Ou bien le maître doit tout faire lui-même ; ou bien le disciple n'aura compris qu'au bout de nomvbreuses années).

Gilles Deleuze, Logique du sens, p. 167.

C'est sans compter avec, cette citation-anecdote concernant Zénon le stoïvcien et Cratès le cynique, que nous rapporte Diogène Laërce : Zénon...

... monta à Athènes, et, âgé de trente ans déjà, il s’installa près d’une librairie. Là il lut le deuxième livre des Mémorables de Xénophon, et en fut si charmé qu’il chercha où vivaient ses semblables. Par chance, Cratès vint à passer, le libraire le lui montra du doigt et lui dit : « Suis cet homme. » Dès lors, il alla écouter Cratès, étant d’ailleurs lui-même fort disposé à philosopher, mais un peu trop timide encore pour s’habituer à l’impudence des Cyniques. Cratès, voulant l’aguerrir, lui donna un pot de purée de lentilles à porter à travers le quartier du Céramique et, voyant que Zénon en avait honte et essayait de se cacher, il frappa le pot et le cassa d’un coup de bâton. Zénon se mit à fuir, sentant la purée qui lui coulait le long des jambes, et Cratès lui dit : « Pourquoi te sauves-tu, petit Phénicien, je ne t’ai pas fait de mal ! » Il fut donc pendant quelque temps élève de Cratès.

Diogène Laërce

Quand on connaît le self-contrôle stoïcien, on ne peut que laisser le lecteur conclure...

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TRANSFORMISME 2 / La langue classique aux oubliettes

3 Août 2014, 15:02pm

Publié par Anthony Le Cazals

Je vous invite à chercher "Grafitti Lagny LaPlaine" et vous trouverez ce qui était l'un des plus grand spot de street art de France.

Je vous invite à chercher "Grafitti Lagny LaPlaine" et vous trouverez ce qui était l'un des plus grand spot de street art de France.

C'est toujours une bouche qui parle ; mais le son a cessé d'être le bruit d'un corps qui mange ; pure oralité, pour être la manifestation d'un sujet qui s'exprime.

Gilles Deleuze, DzLS_212

La langue est ce muscle fragile et flexible, attaché sur les bords du visage d'homme et capable d'articuler matériellement, comme monde, les différences des choses.

Jean-Pierre Faye, FayIL_238

Nos deux cousins, Gilles et Jean-Pierre, sont encore pris dans la triade kantienne, qui a récemment explosé à la fin du XIXe en philosophie et au début du XXe en physique. Il parle encore à propos de la langue de sujet qui s'exprime pour refléter le monde. C'est la le moi et le monde comme dimensions classique dépassées, qui présupposent une langue qui cadre l'expérience à la manière d'un Dieu. Toutes ces définitions de la langue (latine) sont encore prises dans le cadre classique, moi, monde, dieu come Idées de la raison Pure. Je m'avance peut-être mais c'est peut-être plus Kafka qu'Artaud (qui en est resté au bouddhisme) qui en aperçoit la sortie.

1°)Dans le combat qu'il mène entre lui et le monde, il y a toujours présente cette dimension d'intériorité où la main tendue pour toucher le monde se retirera peut-être brusquement comme si, tâtonnant, elle avait senti le feu." " C'est un grand bonheur que de pouvoir extérioriser aussi spontanément le mouvement intérieur"."Car l'intérieur et l'extérieur sont liés. Coupés l'un de l 'autre, ce sont deux aspects déroutants d'un mystère que nous ne pouvons que subir sans le déchiffrer." JanCK_58_53_42 Kafka n'arrive pas à sortir de cela : "Tout geste en direction du monde est un geste vers l'intérieur". Mais dans son transformisme qui n'est pas exactement la transfiguration de la vie par la littérature, il s'en prend à l'imagination comme refuge (_54 à propos de Poe), à la littérature comme fuite _52 ou trahison face àa la réalité, par exemples par le biais des métaphores dont il rejette l'usage.

[A SUIVRE]

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NOUVELLES / Une philosophie à venir

3 Août 2014, 14:45pm

Publié par Anthony Le Cazals

Les choses avancent, la période de convalescence se poursuit, celle où tout le langage se refont. Fini l'univocité, l'activité, le faire ont un pouvoir de transformation plus grand que le discours.

1°) Ainsi plus d'univocité deleuzienne où ce qui se dit et ce qui arrive ne font qu'un. Nous sommes dans l'ère subatomique et celle qui sait ce dont l'humanité est capable en terme de génocide (dans la formulation même de l'humanisme, qui pose des êtres inférieurs) "L'imagination la plus fertile serait incapable de concevoir ce que j'ai vécu ... Notre plume ne pourrait en rendre compte. ... il faut quele monde entier sache ce qu'est la "culture occidentale"." (Jankiel Wiernik)

2°) Il ne s'agit pas non plus de prôner un indicible issu d'une transcendance mystique. Esquiver le goût pour les représentation, c'est plus simplement esquiver un goût esclave, esclave tout autant de la reconnaissance.

NOUVELLES / Une philosophie à venir

Il s'agit de sortir des conditions de possibilité offert par le sérieux de la conception, c'est-à-dire de ne pas se tenir dans la lignée post-kantienne qui pousse sur la quadruple racine du principe de raison suffisante. Le dernier avatar de post-kantisme pose que l’événement rend possible le langage univoque, l'événément comme condition de possibilité du langage

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TRANSFORMISME 1 / Transformer un problème en objet lointain.

26 Juillet 2014, 09:33am

Publié par Anthony Le Cazals

TRANSFORMISME 1 / Transformer un problème en objet lointain.

Bouygues, l’entreprise, dans son langage édulcoré nommé un problème sujet, pour ne pas réveiller la mauvaise conscience de son interlocuteur. Mais cela serait valable pour n'importe quel cas. Et si l'on pense en bon prof de philo, que les problèmes (nouvelles des étudiants) vous arrive toujours par mail. On peut dès lors penser par un raisonnement de proche en proche que le sujet est contenu dans l'objet du mail.

Ainsi le problème est objet des mails ou encore objet tout court. Peu avant nous vous parlions de la manière dont Spinoza se foutait des sujets. Là on peut aller plus loin dans le renversement d'une situation inconfortable par l'écriture.

Deleuze parlait de ce pouvoir de l'écriture qui en énonçant l’événement mettait à distance le traumatisme (à propos de Blanchot ou de Klossovski). On retrouve cela aussi "chaque fois nous devons doubler cette effectuation douloureuse par une contre-effectuation qui la limite, la joue, la transfigure" (Deleuze Logique du sens, 188). Le transformisme c'est cela. Nous y reviendrons à propos de la littérature.

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PENSEE / L'esbrouffe du sujet et de l'auteur

20 Juillet 2014, 23:37pm

Publié par Anthony Le Cazals

PENSEE / L'esbrouffe du sujet et de l'auteur

Spinoza, en rédigeant son magistral Traité théologico-politique, ne se considère guère comme l'auteur des récits qu'il reprend. Il y découvre chaque fois un agencement collectif de gloses et de copistes impossibles à débrouiller. Toute sa thèse consiste précisément à récuser le statut d'auteur et de témoignage propre. La prophétie est pour Spinoza l'impersonnel du rêve, habitée de lieux et de légendes anonymes, complexes, dont l'énonciation ne relève d'aucun sujet, s'effaçant devant la montée presque géographique et historique des événements, visibles seulement par ce retrait de l'auteur.

De quelqu'un

Pas Baruch ni Bento, Lilia il faut croire et en plus mal culottée. Notre sujet s'en prend plein les fesses...

Pas Baruch ni Bento, Lilia il faut croire et en plus mal culottée. Notre sujet s'en prend plein les fesses...

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LECTURE / Le capital au XXIe siècle de Thomas Piketty

7 Juillet 2014, 23:37pm

Publié par Anthony Le Cazals

Thomas Piketty faisant de grands gestes qui embrassent le siècle.

Thomas Piketty faisant de grands gestes qui embrassent le siècle.

Faute de pouvoir résumer de manière synthétique le livre de Thomas Piketty, en voici quelques extraits :

La principale force déstabilisatrice <du capitalisme> est lié au fait que le taux de rendement privé du capital (r) peut-être fortement et durablement plus élevé que le taux de croissance du revenu et de la production (g).

L'inégalité r > g implique que les patrimoines issus du passé se recapitalisent plus vite que le rythme de progression de la production et des salaires. Cette inégalité exprime une <tension> fondamentale; L'entrepreneur tend inévitablement à se transformer en rentier, et à dominer de plus en plus fortement ceux qui ne possèdent quel eur travail. Une fois constitué, le capital se reproduit tout seul, plus vite que ne s'accroît la production Le passé dévore l'avenir.

Au XXe siècle ce sont les guerres qui ont fait table rase du passé et qui ont fortement réduit le rendement du capital, donnant ainsi l'illusion d'un dépassement structurel du capitalisme et de cette <tension> fondamentale.

L'expérience historique indique en outre que des inégalités de fortune aussi démesurées n'ont pas grand chose à voir avec l'esprit d'entreprise, et ne sont d'aucune utilité pour la croissance" _942-944. On pensera au plan malthusien de réduction de la population mondiale à 2 milliards pour que l'oligarchie conserve ses droits, qui n'est pas seulement un fantasme, mais l'aspiration de qui est déconnecté de la jubilation de la création.

Piketty donne par ailleurs une vision assez intéressante de la Révolution française, celle donc Kafka se permettait de dire :

Pour Piketty, "L'incapacité de la monarchie française à moderniser ses impôts et à mettre fin aux privilèges fiscaux de la noblesse est bien connue, de même que l'issue révolutionnaire finale, avec la convocation en 1789 des états généraux, qui débouche sur la mise en place d'un nouveau régime fiscal dès 1790-1791 (avec notamment la taxe foncière mettant à contribution l'ensemble des propriétaires terriens et des droits de succession frappant l'ensemble des patrimoines) et sur la " banqueroutes des deux tiers" en 1797 [... ] qui permet de solder les compte de l'Ancien Régime.

Piketty en profite pour tordre le cou à certains présupposé,s notamment sur l'inflation _724-729, celle-ci ne réduit pas le rendement moyen du capital, freinant l'accumulation du capital par les rentiers mais elle le redistribue ; redistribution qui " se fait plutôt au détriment des patrimoines les plus faibles et au bénéfices des plus élevés ". _728

> tension est mis pour "contradiction logique"

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POURPARLER / La situation en Ukraine réponse à Olivier Berruyer du blog Les-crises.fr

7 Juillet 2014, 22:35pm

Publié par Anthony Le Cazals

POURPARLER / La situation en Ukraine réponse à Olivier Berruyer du blog Les-crises.fr

Bon il semble que les événements ne vous donnent pas raison. Comment se fait-il que la plupart des séparatistes soient des "Tchétchènes" : »Nowadays, the Ukraine is full of rumors that Chechens have arrived to support the Donetsk and Lugansk republics. To my knowlege this has not happened (yet?) [...] But I would not put it past Kadyrov to send in Chechen special forces as "volunteers" into the Donbass if things get really ugly there. Of course, the key thing would be to get Putin's go ahead for such a move.» mais aussi : www.rfi.fr/europe/20140531-est-ukraine-plonge-anarchie/ ... Etrange que le chef des séparatiste de Slaviansk soit un moscovite.µ
Dommage aussi que Sapir empire sur la fin de sa carrière. Ca peut arriver à tout le monde.
C'est vrai quoi, il faut aussi libérer les Ukrainiens russophones de Kiev, si on suit la logique de Poutine, précisément ceux qui lui font un grand doigt d'honneur, de même que les russophone d'Odessa sur qui on a tiré volontairement depuis les toits en mai (ville paisible sous tous rapports qui se moque de sa capitale).
Vous pourrez faire un billet sur les membres des ex-blackwater en Ukraine, mais ne pas faire l'inverse c'est dire combien Poutine serait bête. Comme de dire combien il rabaisse ses partenaires. Comparez tout au moins la situation en Ukraine et en Pologne sur les 20 dernières : cela semble parlant. Poutine a maintenu la tête de l'Ukraine par terre et à présent lui a foutu une arme sur la tempe. La plus sage décision fut la création d'une télévision russophone par la télévision tchèque, fait majeur si on connaît un tant soit peu les intérieurs et les salles de sejours ukrainiens.

Quand vous commencerez à faire quelque chose de sérieux sur l’Ukraine comme de mettre les pieds au milieu de sa diversité, vous nous ferez signe.

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