Partager l'article ! 103. Préambule sur les signes de l’autonomie (3).: On pourrait croire que cette livrée porte plus sur les signes que sur la capaci ...
On pourrait croire que cette livrée porte plus sur les signes que sur la capacité d’autonomie et à expérimenter. Ne nous arrêtons pas aux signes (partie 100) qui amorcent un travail, et intéresson-nous à ce qui se joue entre la pensée contemporaine comme antique et notre époque. Ce sont les signes qui nous forcent à penser cf. DzPS_118. L’intérêt de ces lignes est là. Dans les années 60 et 70, a eu lieu l’amorce d’un milieu philosophique effervescent (partie 200) dont nous vivons aujourd’hui les retombées et le difficile désert philosophique qui vient en contraste. Pourtant, partant de là, de nouveaux devenirs s’offrent à la philosophie (partie 300). La philosophie comme âge des comètes est quelque peu révolue, aujourd’hui, elle semble émerger de ce que l’on peut appeler des constellations de penseurs épars, c’est une nétique. La comète persiste sur le mode de l’anomal, du dérangeur, du troublion de l’intempestif qui se doit d’éviter l’enfoncement satirique. La frontière finie des individus s’annule dans les alliances contre nature qui évitent tant l’unanimité des sociétés minoritaires d’« amour » et de de « raison » (les groupes) et la quête de consensus et ses inévitables dissensus des société démocratiques fondées sur la « majorité ». La finitude s’estompe comme chez Deleuze et Guattari (Zararthoustra, fils de Dionysos) pour dégager de nouvelles richesses, de nouvelles valeurs qui ne sont pas pécuniaires comme « l’argent », qui ne sont pas précieuses au sens de la rareté fixée par le libéralisme. Portons-nous sur l’activité, sur la vie active, celle qui passe par les métiers. Il s’agit de dégager une pensée qui porte ni sur la nuance comme variation infinie et ni sur les genres homologues comme dialectique du sujet ou structuralisme mais les trouble tout deux. Il faut éliminer les absolus, évacuer les vides c’est ainsi que l’on sort des idéalismes d’esprit, celui empirique qui varie, qui balise et celui transcendantal qui fonde, qui ancre. Il faut sauter au-dessus sans ménagement des conceptions déterminées dans la décadence. Au delà de la traditionnelle constitution du philosophe en sujet (processus de subjectivation), bien connue depuis Descartes comme arrachement aux opinions communes, il y a un élan (processus de dépersonnalisation) sur lequel joue le signe et qui vient créer un entre-deux un no-man’s land démilitarisé où se produit spécifiquement la pensée comme appel, intuition, impulsion qui doit se transformer en endurance, en activité. Il y a toujours à ce moment un greffage sur l’activité contemporaine, Leibniz et les mathémaciens parisiens, Schopenhauer dans la Dresde artistique, Nietzsche à Bareuth avec Wagner. Ce sont là des mileiux souvent artistiques ouverts aux turbulences, très dufférentes du milieu décadent avec ses bornes d’origine et de fin (archè et télos). C’est la visée de se dépersonnaliser en s’attachant davantage aux signes, aux intensités impersonnelles qu’aux personnes qui « affectivement » nous entourent. Tout en se dépersonnalisant l’un l’autre, les penseurs portés vers les signes se singularisent dans des intensités inouïes, ce que nous appellerons par la suite avec Deleuze l’éternité, l’éternité dans le sens nouveau que cherchent à amener Nietzsche ou Spinoza comme éternité de coexistence qui chasse piton après piton le monde absolu des idées. Aussi bizarre que cela paraisse, cette éternité n’est pas de nouveauté, elle ne rentre pas dans un système ouvert, elle n’est que la lettre d’une fulgurance et l’affect ici fabriqué. Il ne s’agit pas d’un récit d’idées mais de ce qui s’active hors de toute discipline, de ce qui est d’emblée en mouvement dans la dynamique terrestre sous couvert de repérer les signes de ce qui a de l’importance. Il s’agit, en relevant les signes d’une nouvelle pensée, de suggérer au-delà une nouvelle capacité à penser collective faite d’autonomies constellées. Heidegger trop pris dans l’orgueil de sa déréliction et sa réflexion, se demandait si nous étions capables de penser, si c’était l’homme qui pensait ou davantage un attrait pour ce qui est impensé. D’emblée nous ne sommes plus dans cette contrée ou patrie. En physique quantique on parle de taquiner la matière pour libérer une impulsion lumineuse (onde ou corpuscule). En philosophie on parle d’indiquer ce qui est important (déictique) pour libérer une quantité d’énergie impensée mais surtout une audace qui investit le risque. En art on parle de délirer sur un peuple à venir c’est-à-dire qu’on affecte chez les gens ce qui est libérateur de joie et de puissance davantage une capacité d’enclencher qu’un pouvoir de contrainte. Ce libérer quelque chose sont des intensités inouïes propres à une nouvelle communauté ou subjectivité, un collectif d’affects actifs et de notions communes que tout un chacun n’oserait pas s’imaginer. Introduire une bulle d’imprévisible, c’est ce que font les signes. Cette bulle est transitoire, passagère, elle finit toujours par éclater sous l’effet du milieu turbulent avec lequel elle composait. La constitution des acides aminés et animés comme base de construction du vivant se fit ainsi.
101. Préambule sur les signes de l’autonomie (1).
102. Préambule sur les signes de l’autonomie (2).
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