Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 19:11
Aussi géniale que soit la supercherie freudienne voici le pastiche d'un texte de Richard Feynman relevé par Jean-Philippe Ravoux dont nous avons mis quelques extraits de son dernier livre dans le post suvant pour répondre aux questions d'Oyseaulx sur le rapport de Freud à Schopenhauer : un préam­bule à la proposition de chemins qui peuvent conduire à la compréhension de la réalité affective ou énergétique (on dirait psychique par habitude, par le langage que l'on nous a inscrit dans la tête ou devrait-on dire l' "esprit") et, par voie de conséquence, à l'élaboration d'une pratique thérapeu­tique. Si quelqu'un a le livre sous la main il pourra vérifier.

« L'autre jour, je lisais, avec mon fils, qui fait des études de psychologie, un passage de Freud. Le raisonne­ment était absolument enfantin, mais c'était enrobé dans un tel méli-mélo de refoulement, de topique, de transfert, de stades de développement de la sexualité et autres bali­vernes, qu'au bout d'un moment nous avons éclaté de rire. Là vous devez trouver que j'exagère. Quand même, rire d'un penseur de la taille de Freud ! Mais c'est que Freud n'a aucune excuse. À la même époque, il y avait Ebbinghaus proposant les premiers travaux sur la mémoire, Pierre Janet qui inaugurait la psychologie expé­rimentale et étudiait l'évolution de la mémoire, Von Hart­mann et sa philosophie de l'inconscient, William James et Henri Bergson qui réfléchissaient sur les niveaux de conscience, il y avait des tas de gens qui, grâce à leurs méthodes d'analyse et à l'étude des pathologies, faisaient avancer les sciences neurologiques. Prenez n'importe laquelle des propositions de Freud ; transformez-la en la proposition contraire et regardez autour de vous ;je vous défie de pouvoir dire laquelle est juste. Les gens se sont laissés impressionner parce que Freud avait eu le courage d'aborder les questions importantes; mais à quoi sert-il d'avoir le courage si ça ne débouche sur rien ? Ce n'est pas tant la psychanalyse que la cuistrerie qui m'insupporte ! Si seulement les psychanalystes pouvaient ne pas se prendre tellement au sérieux et se persuader qu'ils détien­nent la Vérité sur la face cachée de la conscience; si seu­lement ils pouvaient dire: « voilà ce que je pense, mais untel pensait autrement et c'était pas mal envoyé non plus ». Mais non ! Ils profitent du fait que, peut-être, il n'y a pas de mémoire inconsciente pour nous exhorter à en rester là; et les voilà qui pontifient: votre pensée ne va pas assez au fond des choses, laissez-moi vous donner une défi­nition préalable de l'Inconscient, vous dessiner une topique et son économie libidinale. Eh bien, non! Je suis bien décidé à explorer la conscience, ses dessous et son support cérébral sans en avoir une définition préalable ! »
Richard Feynman, La Nature de la physique, p. 285.
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