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Nous les hyperboréens. Les hyperboréens de Pindare (dans le dixième pythique, 29-31) qui se tenaient à l’écart des Grecs, par delà les vents et les glaces venant de Borée jusqu’à eux sont avant tout la marque d’une personnalité. Mais si le plus hyperboréens d’entre nous, à savoir Nietzsche se voyait parmi ses multiples personnalités comme un personnage décadent, c’est aussi et avant tout qu’il voyait combien la connaissance (celle qu’il défend dans les conférences sur l’avenir de nos établissement de culture), la divinité (qui dans Naissance de la Tragédie divinise la nature ≠ NzGS §109) mais surtout la hiérarchie fait d’abîme qui cautionne tant la hiérarchie de grade et de promotion (que l’on retrouve de ci de là sous la forme des petits chefs) étaient des valeurs décadentes, anti-productives.
La connaissance repose avant tout sur la croyance dont la légitimité est présupposée (NzFP°XII,7[4]) « c’est lorsqu’il porte sur la connaissance que le discours de Nietzsche est le plus manifestement ambivalent (on est au cœur de sa décadence, de la déchéance d’homme supérieurs desquels ne sait pas détaché le créateur, Dionysos trop près de Thésée). Si on considère son histoire elle va de la falsification utile à l’idéal ascétique (dont la connaissance est une forme) » (cf. NzGM°III,24, NzAC°57), son impétueux désir de certitude est le symptôme d’une faiblesse qui conserve mais ne crée pas (NzGS°V,47).
La force de ce que nous nommons des connaissances tient à leur ancienneté, elles ne touchent en rien à une quelconque vérité (NzGS°III,10), trois instincts convergent dans la connaissance (la connaissance comme fruit de l’intelligence, cf. NzGS°IV,333) mais surtout en émerge la peur (G5, V,355) « je ne crois pas ... qu’un « instinct de connaissance » soit le père de la philosophie mais tout au contraire qu’un autre instinct de peur ou de mort. Ici comme pour le reste, c’est tout simplement servi de la connaissance (et de la méconnaissance) comme d’un instrument (NzBM°I,6). Aucun de nos organes n’est propre à la connaissance (NzGS°V,354). Tout fait ou phénomène prétendument connu (c’est-à-dire fréquenté, c’est-à-dire la connaissance par accointance avec les mêmes choses) ne sont que des interprétations ou des projection anthropomorphiques. Enfin les autres vertus dont elle s’enorgueillie : « probité », « amour de la vérité » qui n’est en rien la connaissance, « amour de la sagesse », « sacrifice à la connaissance », « héroïsme de l’homme vérace » sont des fanfreluches morales, de la pompe et de la poussière dorée de mensonge » (NzBM°VII,230). L’ambivalence de Nietzsche ressort dans ce qu’il met en exergue. Le bonheur de ceux qui connaissent augment la beauté du monde et ensoleille tout ce qui est (NzA°V,550)la citation du Discours de la méthode mis « en guise de préface » à humain trop humain on encore « la vie comme moyen de la connaissance » avec ce principe au cœur, on peut non seulement vaillamment, mais même gaiement vivre et gaiement rire ! comprenez égoïstement puisque tout connaissance froide (= tirée du paradigme de l’être) attriste.
Pour la divinité il faut voir l’invitation de Nietzsche à dédiviniser la nature mais l’éducation de sa mère qui voulait en faire un prophète, un législateur r eligieux ressurgit quand il parle à maintes reprises de "divins moments" ou de Dionysos. On est pas encore païens.
Sur la hiérarchie, c’est avant tout l’avènement d’un double symptôme dont la personnalité de Nietzsche est le réceptacle, la déchéance des hommes supérieurs dont il se détache puisqu’il dit
combien, ils mettent de temps pour s’enquérir des vérités nouvelles et l’émergence d’un créateur de valeurs. Nietzsche est symptomatique de la décadence de l’esprit souverain lui qui a combattu
la matérialité n’a vu dans les attaques contre l’esprit (la spiritualité pleine d'atermoiement face à la vie qui se retourne en calomnies) que du ressentiment plébéien. Pourtant ... (lire la suite)
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