Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /2008 12:33
Ceci était à peine esquisser dans un précédent post, mais il y a eu deux manières d'envisager la philosophie dans notre période contemporaine (notamment à Paris 8), d'un côté ceux qui voient la vie comme une corruption (Badiou, Zizek, Medhi Belaj Kacem, Rémy Bac, etc... les idéalistes matérialistes), nommons-les les incorruptibles et ce qui cherchent à tout  l'innocence du devenir au travers du virtuel (Deleuze, Gilles Châtelet, François Zourabichvili, Yvan Lapeyroux, etc...), nommons les innocents. L'idée étant venu de cette présentation de l'éloge de la corruption (les incorruptibles passionnés) que vous retrouverez en cliquant ici. Ceci correspond aux deux courants de pensée qui proviennent pour l'un de la Stupeur de l'Etre et de l'Autre de la clameur de l'Etre. Viendraient ensuite les probes et les prodigues (comme se qualifiait Nietzsche) de la complexité. Nos incorruptibles et nos innocents sont des métaphysiciens (de l'infini actuel ou Liberté absolue pour les premiers et du virtuel ou de l'Un-Tout pour les seconds). La complexité qui est un dépassement de la réalité physique pourrait être vue comme une métaphysique (car dépassement de la Nature ou physis) mais, rappelons-le, elle est avant tout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique grecque.

La complexité qui est un dépassement de la réalité physique (classique) pourrait être vue comme une métaphysique (car dépassement de la Nature ou physis) mais rappelons-le elle est avant tout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique Grecque. Certains audacieux, qui assumait de franchir les limites kantiennes fixées à l’expérience, ont expérimenté le comportement de la lumière et ont vu qu’elle possédait ses propres « lois »,  un peu comme l’éruption d’un volcan, parlons alors d’autonomie. D’autres plus opportunistes encore ont vu que l’on pouvait accolé de l’information quand on faisait intervenir la lumière sur une impureté cristalline : libérant ainsi un électron en état quantique, sur lequel on indexera l’information, d’abord binaire (bit) puis quantique (q-bit). De là est née la complexité : c’est-à-dire le fait d’indexer de l’information sur de l’énergie. C’est ce qui a permis les sociétés de contrôle avec leur secret (cryptage) et leur codes (mot de passe). Nous sortions alors de la réalité des sociétés disciplinaires dont il reste des résidus qui fonction par mis au secret (enfermement) et mot d’ordre (discipline). Nous pouvons envisager que le basculement de la réalité de notre monde dans la complexité ne sera jamais totale, contrairement à ce que pensait Baudrillard : il y aura toujours du quotidien, de la banalité comme dimensions sans importance et donc irréductibles. Il y aura certainement des sacrifices mais ils seront soit consentis par l'audace ou une nécessité assumée soit imposés par une coercition (contrôle étatique à la Sarkozy ou désastre du tribunal de l'égalité à la Badiou), les innocents, eux, resteront impuissants et se suicideront gaiement à la manière d'hérétique se jetant en chantant dans les bûchés de l'Inquisition.

Ceci se retrouve dans les thématiques dans les réponses aux commentaires qui suivent :

--- Réponses à Oyseaulx ---

Pour ces qui est des deux "infinis" (laissant de côté l'infinitésimal). Je réponds assez tardivement, il y a donc chez les Grecs, l'anelpeiton et l'apeiron, c'est-à-dire l'infini (non-parcourable et que l'on voudrait nous faire passer pour actuel) et l'illimité (ou fini-illimité, ce qui ne contredit pas ainsi le Philèbe, puisque il est l'infiniment parcourable, ou encore le monde sans bornes de Einstein et Hawking, ou encore un corrollaire de l'éternel retour Chez Nietzsche). Ce fini-illimté remet en cause le Dieu spinoziste (comme l'infini production de choses singulières = La Nature), ce qui se comprend puisque la nature n'est pas inépuisable, seule la technique palliant aux insuffisances  par la maîtrise d'autres ressources. A sa réalité de la Nature, pour rivaliser avec elle voire la dépasser, ce que l'on appelait l'homme y a adjoint une complexité (c'est-à-dire que l'information et l'énergie sont liées dans les société de contrôles ou les appareils globaux hégémoniques... Les appareils totaux autonomes pour Loraux)

Pour les "lignes droites" il n'y a que des trajectoires courbes  (si on laisse de côté  le 5e postulat d'Euclide, qui  ne se déduit pas des  4 précédents), la masse inertielle est ce qui nous fait passé d'un monde de forces stabilisées à un monde des champs vectoriels. Je cherchais en fait dans un livre de Max Born sur les théories précédant la Th. de la relativité d'Einstein (ed. J. Gabay,) comment on pouvait se débarrasser du principe d'inertie (que l'on retrouve sous les dimensions de conservation ou de peuple dans d'autres domaines), or sous le principe d'inertie il y a le principe de moindre action. Ce dernier principe est à la base la physique classique est explique pourquoi on réduit tout à des lignes droites ou des trajectoires circulaires (jusqu'à Kepler). Le principe de la moindre action est ce qui laisse la part belle à l'appareil de contrôle où pour éviter toute erreur humaine et le traitement d'un plus grand nombre d'information, tout est réduit à des opérations (théorie des graphes et des matrices). L'action et plus encore la dimension éthique sont rejetées ou admises sous la forme de la subjectivité (Badiou et sa suite ne sont que les symptômes de l'appareillage, son complément). A la subjectivité (la stupeur de l'Etre des idéalistes matérialistes face au monde en 1978-80 dans la suite de Sartre et Althusser) et à la singularité (La clameur de l'Etre de Spinoza à Deleuze, la Nature), qui sont les formes de il faut substituer l'affectivité (le fait d'avoir des affects actifs comme Nietzsche avec son dionysiaque. D'où les agencements collectifs ou constellations affectives, qui sont une autre manière d'inverstir la complexité offerte notamment par internet.
Comme le remarque Nietzsche, toutes les époques (qui comme la nôtre, depuis les année 80) mettent en avant la science (et sa détermination mathématique comme avec Platon et Kant) sont des époques de décadence, parce qu'on en oublie ce que les scientifiques fustigent sous le nom de force subjective (celle qui voit et qui éprouve dans le Leibniz de Deleuze, la force vive reprise par Mme de Châtelet), alors qu'il s'agit simplement de puissance, de capacité d'énergie. Même la manière scientifique d'envisager le travail (et donc les dimensions d'oeuvre et d'effort) est réductrice.


--- Réponse à Sancho ---

Ce que tu appelles réel est l'homme et la nature pensés par la dialectique. Mais dans le réel (j'entends la pensée qui s'y restreint) y a-t-il quelque chose de nouveau alors que c'est la complexité qui dépasse la dimension du réel (voir par exemple les nombres réels et complexes) que s'investit toute la nouveauté actuelle : j'entends notre passage aux sociétés technologiques. On pourra dire comme Illich que la technique industrielle ou informatique est contre-productive, car elle entraîne ses propres gaspillage (notamment en temps) et de nouveaux investissements qui ne repondent pas aux problèmes que la société voulait auparavant et idéalement résoudre . La pensée complexe se dérobant à toute image pour l'instant qui nous empêcherai de penser (parce que l'on mettrai un idéal entre nous et notre faire). La complexité est bel et bien là, elle me permet de communiquer avec toi, toute la question étant de savoir si l'on veut l'investir comme une Aurore ou la rejeter comme un Crépuscule, auquel cas il faudra comme avec Badiou et Sarkozy - qui traduisent d'une affinité plus profonde comme le dirait Héraclite - envisager nombre de sacrifices. La complexité peut permettre à ce que j'appelerai sphère autonome d'avoir sa propre santé. Badiou comme Sarkozy la nie, en tant que conservateurs de la vie bonne et communautaire.
Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
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