Lundi 1 mai 2006
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Ces extraits d'un entretien de Deleuze et Guattari sont à replacer dans les années 80 bien après 68. Pourtant rien à changer : la non-sortie de crise, le paysage
français, encore très jacobin ou colonialiste dans ses administrations. Il y a quelques phrases fort à propos avec la situtaion d'aujourd'hui, toujours post-68. A lire un peu comme une mise en
garde, Paris8philo
Pour comparer avec les événement de mai 68 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_1968
Il n'y a de solution que créatrice. Ce sont [des] reconversions créatrices qui contribueraient à résoudre la crise actuelle et prendraient la
relève d'un Mai 68 généralisé, d'une bifurcation ou d'une fluctuation amplifiées.
Mai 68 [fut] plutôt de l'ordre de d'un événement pur, libre de toute causalité normale ou normative. Son histoire est une "succession d'instabilité et de fluctuations amplifiées". Il y
eut beaucoup d'agitations, de gesticualtions, de paroles, de bêtises [cf. la biographie conjointe de J.F. KAHN et Axel Kahn parue en mars 2006], d'illusion en mai 68, mais ce n'est pas ce qui
compte. Ce qui compte, c'est que ce fut un phénomène de voyance, comme si une société voyait tout d'un coup ce qu'elle contenait d'intolérable et
voyait aussi la possibilité d'autre chose. C'est un phénomène collectif sous la forme : " Du possible sinon j'étouffe " (...)
En France, après 68, les pouvoirs n'ont cessé de vivre avec l'idée que " ça se tasserait ". Et en effet, ça s'est tassé, mais sous des conditions catastrophiques. Mai 68 ne fut pas la
conséquence d'une crise ni la réaction à une crise. C'est plutôt l'inverse. C'est la crise actuelle en France qui découle directement de l'incapacité de
la société française à assimilier Mai 68. La société française a montré une radicale impuissance à opérer une reconversion subjective au niveau du collectif, telle que l'exigeait mais
68 (...)
Les enfants de Mai 68 (...) Il ont cessé d'être exigeants, ou narcissiques mais savent bien que rien ne répond actuellement à leur capacité d'énergie (...)
D^G prennent l'exemple d'un personnage de F. F. Coppola dans Rusty James : l'acteur Mickey Rourke explique : " C'est un pesonnage qui est un peu au bout du
rouleau, sur la tranche. Il n'est pas le genre Hell's Angel. Il a des cellules grises et en plus il a du bon sens. Un mélange de culture venant de la rue
et de l'unversité. Et c'est ce mélange qui l'a rendu fou. Il ne voit rien. Il sait qu'il n'y a aucun boulot pour lui, puisqu'il est plus futé que n'importe quel prêt à l'engager... "
(Libération, 15 février 1984)
vous pouvez retrouver l'intégralité de l'article dans Dans Deleuze, Deux Régimes de fous (1975-1995) _215+ ou dans les Nouvelles littéraires, 3-9 mai 1984, _75-76.
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