Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 10:00

Un petit texte sur la métaphysique, les idées reprises par Aristote à partir du sophiste et du politique de Platon. Dédicace à un ami. Anthony

Mr Lecerf


J'aurais aimé vous parler de métaphysique, puisqu'au fond votre thèse est que tout travail est métaphysique. Si cela est vous aurez certainement à remonter de la métaphysique d'Aristote au Sophiste de Platon qui en est la base. Je ne sais pas, n'ayant pas assiter encore à votre cours sur l'introduction de la métaphyisque, ce que recouvre ce mot dans votre pensée. La métaphysique chez Bergson étant une pensée qui relève de l'intuition et de l'intelligence par distinction avec la pensée antique et classique plus intellectualiste, elle recouvre aussi l'idée, mais je ne vous apprends rien, je situe simplement les choses, elle recouvre aussi l'idée d'une mémoire pure, que quelque part existeun registre, tel le monde des idées de Platon où les genres suprêmes de la dialectiques deviennent adéquate mais ne le sont pas dans la réalité physique. D'où le geste platonicien, mais non bergsonnien, d'une désignation d'un réel (qui n'est que pensée, qu'intelligible) comme étant l'Etre. Bergson ira tantôt contre lesthéories de l'Etre ("Evolution créatrice"), tantôt dans leur sens (cf. un cours noté dans les "Mélanges"). Mais sans doute ce que vous cherchez quelque chose qui est de l'ordre de
l'événement, ou de l'happax. Il y a toute la thématique de la conversion chez Augustin, qui pourrait être assimilé à une reconnaissance de la métaphysique. Mais lisez les pages 69-70 je crois (sur la happax) de la puissance d'exister de Michel Onfray, cela m'évitera bien des discours. Juste pour vous dire que plusieurs approches ou pracours philosophiques sont le fruit souvent d'une même expérience, que certaines sont dites métaphysiques, mais qu'il convient par sincérité de les mettre au grand jour. Cette thématique est aussi derrière le travail de Sancho
www.philo.over-blog.com Parler de  étaphysique, c'est dire que la physique ne suffit, ceci est vrai pour une physique aristotélicienne, qui repose sur un logique binaire inapte à relever la complexité de l'existence. D'où un second plan métaphysique. C'est dit abruptement mais c'est de cela dont il est question, de la puissance d'une pensée

Je ne développe pas plus, mais parler de métaphysique, l'entériner a ses conséquence qui font que la distinction entre travail forcé et travail libre (qui existe par exemple chez Nietzsche) est niée avec un certain goût de supériorité philosophique et de mépris pour ceux qui travaillent pour survivre et qui n'aurai le goût (le temps en fait) pour la métaphysique.

Je vous ai mis le texte d'onfray pour que vous mettiez au jour plus explicitement, quelque chose que vous cherchez sans doute à dire, à exprimer quant au travail. Le terme métaphysique recouvre des choses lourdes de sens, qui freine la libération d'une pensée, d'une "intelligence" collective (l'expression est dangereuse et d'ailleurs réutilisée par Ségolène Royale), mais d'une pensée tragique, complexe, intuitive c'est-à-dire partageable ou expérimentable par le plus grand nombre. C'était l'une des deux dimensions de la métaphysique de Bergson la seconde étant recouverte par Dieu, étant une justification de sa croyance en Dieu.

Mais ceci touche tous les penseurs pour preuve cet extrait de Heidegger (qui lui aussi croyait à la fin de sa vie en un Sauveur) : dans une conférence que vous retrouverez ici :
http://www.youtube.com/watch?v=P57WVtHhxMM&eurl= : "" Nul ne sait quel sera le destin de la pensée. En 1964, dans une conférence je n'ai pas prononcée moi-même mais dont le texte a été lu en traduction française, j'ai parlé de la fin de la philosophie et de la tâche de la pensée". J'y ai fait une distinction entre philosophie c'est-à-dire la métaphysique, et la pensée telle que je l'entends. Cette pensée est, fondamentalement, quant à la chose même, beaucoup plus simple que la philosophie, mais, en conséquence, beaucoup plus difficile à accomplir, et elle  exige un nouveau soin apporté au langage, et non une invention de termes nouveaux, comme je l'avais pensé jadis; bien plutôt un retour à la teneur originale de la langue qui nous est propre mais qui est en proie à un dépérissement continuel. Un penseur à venir, qui sera peut-être placé devant la tâche d'assumer effectivement cette pensée que j'essaie seulement de préparer... ""

Je ne vous ai pas tenu le propos que j'aurais aimé, un propos moins dispersé, mais faute de temps, il fallait quand même que je vous évoque cela.
Avec tout mon respect

Le sus-dit auteur en sursis

Par Le sus-dit auteur en sursis - Publié dans : Ripostes et pourparlers - Communauté : La commune des philosophes
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