Lundi 30 juin 2008
Petite suite à notre critique, pour dire qu’il n’y a pas d’éducation que scolarisée, ou que scolarisé, elle vise la paresse. On remarque qu’une mère ou un père qui consacre 1 à 2 heures par jour pour aider son enfant dans son éducation passe plus de temps que la maîtresse de classe (8 heures divisées par 30 donnent 16 minutes). C’est que l’école est avant tout une garderie. S’il n’y avaient quelques enseignants déjantés venus de la vie active pour inviter leur élèves à poursuivre leur nage dans le grand bassin de l’inégalité pour peut-être un peu la transformer. Aux chiens de faïence bonsoir.
par Anthony Le Cazals publié dans : Tout contre les institutions communauté : Politique Directe
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Samedi 28 juin 2008
 Il est intéressant de voir dans le texte "École, Production, Égalité" il demeure un inaperçu, un point aveugle d’où s’énonce ce discours, c’est l’école normale supérieure.

 


1) L'école comme lieu paradisiaque de l'égalité et la société civile comme enfer d'inégalité.

Pour le dire en quelque mots, par le texte "École, Production, Égalité", Jacques Rancière ne fait que défendre l'école comme lieu paradigmatique de l'égalité mais n'envisage pas d'autres possibilités autres que celles qu'il a fréquenté toute sa vie : le lieu de l'école et l'idée de l'égalité. L'un et l'autre sont noués dans sa pensée comme dans sa vie ; Tout tient dans cette phrase : Qui a goûté à l'égalité scolaire est virtuellement perdu pour un monde de la production qui est d'abord celui de l'inégalité.  Qui n'a goûté à la camaraderie, aux jeux apparemment innocents de l'enfance ? Ne serions-nous pas dès lors tous perdus, perdus d'avoir cru en cette belle idée jamais effective qu'est l'égalité ? En n'étant jamais sorti de l'école, comment ne pas produire un jugement négatif sur le monde l'entreprise et de la vie active qui est aussi celui de la société civile ? En ne variant pas son point de vue depuis 60 ans, comment ne pas réduire sa vision de la société à un monde bipôlaire où l'école serait le bien et l'entreprise serait le mal, le lieu de l'inégalité ? D'une part c'est s'illusionner sur ce qu'est l'école, les inégalités dont par exemple Pierre Bourdieu a très bien montré les héritages et d'autre part  c'est faire de ce qui lui est extérieur mais qui n'est pas seulement l'ensemble des entreprises mais aussi le reste de la société civile un espace de rejet. Comment juger de ce qui se passe dans la vie active sans en avoir expérimenter les aspects ? Peut-on ainsi rester distant du monde inégalitaire de la société civile alors que celle-ci est porteuse de constructions, d'associations, d'initiatives que ne permettent pas l'école dont la logique apparemment louable reste avant tout d'inculquer des valeurs étatiques qui ne permettent pas un renouvellement de cette même société civile, la laissant dériver vers le seul libéralisme économique, de différences minimes mais nécessaires à nos enthousiasmes, à nos petites trouvailles qui ne sont pas celles du voisin. L'école est d'abord le lieu placé hors des nécessités du travail, le lieu où l'on apprend pour apprendre, le lieu de l'égalité par excellence. Il faudrait voir l'école comme un lieu d'échanges de discours qui ne peuvent se tenir ou se développer dans l'entreprise par manque de temps, un lieu où les choses décantent, se développent librement plutôt qu'un lieu séparé de la production car l'école n'est pas le lieu de la fainéantise mais malgré tout un lieu où l'on s'enrichit mutuellemnt de nos travaux respectifs (voir les 5 conférences sur l'avenir des établissements d'éducation de Nietzsche).

Mais peut-on élever ce qui constitue le lieu confortable de l'énonciation d'un discours comme le lieu d'où s'énoncerait le vrai discours ?
Le vrai discours sur la société, sur la société civile qui n'est ni du domaine de l'école, ni de celui de l'entreprise ? C'est cette séparation qui gênante, cette réinjection des deux mondes platoniciens, l'un intelligible par l'égalité l'autre sensible et chaotique par toutes les inégalités qu'il contient. A vouloir se replier dans son Bien, l'égalité, on se coupe et on accentue ce qui est perçu comme le mal : l'inégalité. Nous sommestoujours dans l'héritage de Platon. Bref on cloisonne, on stérilise, on amène à la sclérose sur ce qui devrait s'alimenter mutuellement, la société civile et l'école. L'école n'est pas - si elle est égalitaire - le lieu où l'on développe sa pensée critique et une certaine sensibilité artistique, qui feront que l'on investira la société civile avec plus de richesse en tête. cette même richesse ne tombe pas toute dans la production ou dans le profit. Contrairement à la vision normalienne de Rancière, l'école n'a jamais été conçue pour elle-même, comme vase clos à l'image du cloître de Normal sup', ce qui n'est au fond qu'une vision déformer des choses par le métier. L'école peut et doit aussi se concevoir comme le lieu de l'envol, de l'éducation réussie où précisément on abandonne ses maîtres comme on quitte un jour le foyer familial pour accomplir sa prorpre vie. Pourquoi ne pas concevoir l'école avec l'intêret de développer l'autonomie des individus et aussi comme le dénonce très bien Rancière dans l'optique de former une main-d'oeuvre corvéable. C'est qu'il ya deux cents ans nous étions une nation d'analphabètes. La dévalorisation de l'enseignement technique par l'élite égalitaire n'est-elle pas le triste constat qu'il y a pas que de l'égalité au sein même de l'école. Ce n'est pas ce qui se passe en Allemagne où l'égalité n'est pas autant mise en avant. C'est qu'il faut rappeler que Jacques Rancière, qui veut demeurer de l'improduction, autre nom pour la contemplation reproduit ce qu'il dénonce : le partage entre activités contemplatives et activités manuelles qui, de fait, sont productives. Oui la pespective qu'amène Jacques Rancière est bien celle du déclassement, du désordre automatiquement produit dans l'ordre social par toute extension de la forme égalitaire de l'école. Simplement parce qu'on ne peut étendre ce qui n'a pas lieu dans le système éducatif à savoir l'égalité, sinon sous la forme d'un appel à l'inaction, à l'ensemble de la société.

La société civile reste le lieu où apparaisent nombre de nouveautés et d'inventions dans nos sociétés, notamment la littérature, l'art, les techniques, car la diversité des modes de vie ne se réduisent pas à l'occupation de l'école. En n'étant quelque négligeant avec le monde ignomigneux et fait d'inégalité de la vie active, quel regard nouveau pourrait se poser sur le travail autres des inepties platoniciennes : Le travail est savoir-être avant d¹être savoir-faire. Il est achat et vente avant d'être application d'un savoir à un métier. Ce que l'école doit demeurer aux yeux de Jacques Rancière le lieu de l'improduction, le lieu où l'inégalité est productrice. Certes le travail à la chaîne existe toujours comme mode de discipline, comme "savoir-être" mais le travail est avant tout une valeur qui repose sur un savoir-faire et des métiers. Le travail discipliné par le chronomètre ne constitue qu'une partie du travail industriel ou de services (calling center), aujourd'hui où en France, il ne reste que 15 % d'ouvriers. Mais derrière le discours de Rancière, c'est toute l'idée d'une vie active vers laquelle on veut dissuader les écoliers d'aller. Une manière d'inhiber inconsciemment l'action de tous ceux qui y passent,  ;  Rappelons-le Qui a goûté à l'égalité scolaire est virtuellement perdu pour un monde de la production. Introduire des idées dans les têtes, qui nous coupent de nos actions, voilà ce à quoi aboutit ce texte de Rancière.

*   *   *

2) Une élite républicaine qui se perpétue avec tout ce que l'égalité masque de hiérarchie et de possibles autonomies.

Ce texte reflète les grandes valeurs du Républicanisme : Liberté, Égalité, Fraternité. Ces idées sont déclarées, mais en tant qu'idéaux restent des mots creux qui recouvrent la réalité plus qu'ils n'aident à la comprendre ou mieux à l'investir, à la transformer. On peut voir dans l'égalité énoncée par Rancière comme présupposé à la politique et à l'esthétique qu'une projection symbolique, mais surtout la réduction de la réalité à l'école comme seul espace vivable. Elle est d'abord une forme symbolique, une norme de séparation des espaces, des temps et des occupations sociales. L'école est le lieu qui perpétue les illusions issues de cette idée d'égalité. Il ne s'agit pas de s'en prendre à ceux qui revendiquent l'égalité mais de faire en sorte que ceux qui peuvent s'en passer le fassent, ne soient pas otage de ce genre d'illusion qui ne refkète qu'un inhibtion de l'action. L'école ne promet pas mensongèrement une égalité qu'elle laisserait démentir par la réalité sociale. Elle le fait symboliquement. La forme déclarée de l'égalité n'est que symbolique. L’école dit au fond au troupeau de la classe soit sage et reste assis. L'occupation du temps qu'est l'école est outre la contemplation de l' apprendre pour apprendre la pratique de l'égalité pour Rancière, c'est-à-dire une forme pacifiée de relations entre individus châtrés et souvent cloués à leur chaises. C’est une égalité du pauvre, pour reprendre Proudhon — et oui « le philosophe et ses pauvres » — et non une égalité qui admet le talent. Notons-le tout de même l'égalité est de deux formes conjointes chez Rancière d'une part l'égalité déclarée, celle qui vient en présupposé à la relation et d'autre part l'égalité immanente, celle mise en oeuvre entre le cerlce restreint des pairs. Sur ce point Proudhon est plus juste que la fieffé mauvaise foi de ceux qui se légitiment eux-mêmes pour déclarer l’égalité (Rousseau, Marx, Badiou, avec leur sentiment de supériorité subséquent… et même Rancière dont l’égalité est plus complexe qu’un présupposé). Mais une preuve du rejet de la réalité et d'une réduction pratique de la pensée par ceux qui s'enferment dans l'école égalitaire, c’est que l’un des rares normaliens à avoir tenté une sortie de cette école avec les idées qu'elle illusionne, s'en est brisé les ailes : je pense à  Robert Linhart qui un jour s'est tû, a sombré face à la réalité. Lui aussi était normalien et véhiculait jusqu'à l'établi de l'usine les idéaux républicains.

Il y a un implicite qui ne sera sans doute jamais énoncé directement chez les normaliens, mais c’est que l’on passe le concours d’entrée à normal sup’ avant tout pour la carrière, un place de choix dans la hiérarchie institutionnelle ou ne serait-ce que pour faire plaisir à papa-maman, bref par intérêt. Le philosophe agit toujours par intérêt : ici le Républicanisme. Cet intérêt demeure même dans la contemplation d’une belle œuvre, qui n’est que la perpétuation d’une position sociale, de valeurs de beauté et de bonté héritées. Ne pas voir que l’élite républicaine est aveuglée par sa propre perpétuation de valeurs, notamment au travers d’un conservatisme familial et communautaire, qui cherche une bipolarisation appauvrie de la réalité : il ne faut surtout pas de complexité, car nous gens d'école nous ne savons la digérer. On retrouve cela chez un autre normalien : Badiou et son maman-poème-papa-mathème. Ce dernier fini par se ranger sans aucune invention sous la pensée protectrice de Platon et, en sujet, se met à prôner l’« homme de la vie bonne » c’est-à-dire le maladif dans l’institution. C’est peut-être un inaperçu de notre époque, qui pense ne trouver comme alternative que la contradiction de la subjectivité (Althusser-Lacan-Badiou-Zizek), d’une symbolique républicaine et communiste, mais le discours qui s’élève au-dessus des autres pour déclarer l’égalité est avant tout normalien (Badiou, Balibar, Rancière) : issu de l'École Normal Supérieur. Les grands déclamateurs sont donc étrangement jamais sortis de l’institution scolaire qui rappelons-le n’est pas le seul mode d’éducation ni celui d'existence. 

 

L’école cette scholè crée ses enseignants, les sophistes comme les nommaient Hérodote, il qualifiait ainsi Pythagore dans son école par opposition au sage dans la « nature ». L’école produit des enseignants mais pas des sages, des sophistes mais pas des sophos. En elle, on s’emploie à « apprendre pour apprendre », à honorer donc la connaissance pour la connaissance, qui au fond n’amène rien sauf à produire des valeurs d’homonomes, de tarentules qui tissent leur système, avec une idée vide en son centre. Il ne doit y avoir de sage ou de grand homme, simplement des philosophes qui vivent en institution à force de s’être coupés du monde sensible. Mais surtout l’école veut empêcher une égalité par le talent quand elle s’en tient à un idéal de la connaissance pour la connaissance, c'est-à-dire à une improduction qui rejette l'activité manuelle. Jacques Rancière est toujours dans un mode platonicien, celui qu’il nomme « partage du sensible », il n’a jamais outrepassé la tradition platonicienne et - dans sa continuité - distingue ainsi le capable de l’incapable, le contemplatif du manuel. Pourtant des autodidactes - de simples artisans - contre cette vue mandarinale ont bien montré que les manuels, les hommes de savoir-faire étaient des capables. C’est que rappelons-le, le platonisme repose sur l’idée qu’avoir en vue (horan) c’est faire (dran) et qu’il ne faut donc pas introduire de nouveauté. L’école républicaine avec sa connaissance pour la connaissance, son apprendre pour apprendre, nous invite à ne pas rejoindre l’ "inégalité" de la production et du monde sensible, qu’elle soit pensée, travail ou vie. Mais e n'est pas dans l'école que l'on peiut avoir l'audace d'un monde différent.

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3) L'école autorise-t-elle le sage, l'audace qui ne recherche pas le profit ?

Peut-on en sage vivre dans l’institution comme les philosophes à système,  peut-on croire que la sagesse trouve sont lieu d’épanouissement dans l’institution, bref peut-elle se conserver ou se reproduire en se tenant parmi les maladifs, les pairs qui prônent l’égalité ? Si Pour Jacques Rancière, la scholè définit le mode de vie des égaux, ces « écoliers » de l'Académie ou du Lycée, du Portique ou du Jardin, sont les égaux par excellence. Mais ce qui n'est pas dit ce que dans toutes ces formes post-platoniciennes de faire de la philosophie sont avant tout des lieux de convalsences pour ceux qui ne parviennent à la sagesse et demeurent prisonniers de l'interprétation - ad vitam aeternam - du texte platonicien plutôt que s'occuper à le mettre en oeuvre. Les gens qui fréquentent ses écoles sont avant tout des . Certes il faut des lieux de cure et de convalescence mais ceux qui les fréquentent ne peuvent être les référents ultimes des modes de vie à suivre. Tout notre propos vise à poser cette question de l'audace, de l'audace qui ne cherche pas le profit mais l'invention, la stimulation de la socièté.  L'école ést-elle, avec le loisir, le seul espace où l'on se libère des contraintes de la vie effreinée de l'entreprise ? plus simplement l'égalité est-elle émulatrice, invite-t-elle à l'effort, au dépasement ? L'école philosophique et "égalitaire" laisse-t-elle le lieu l'advenue d'un type suprême d'hommes qu'on nomme le sage ? Le sage se moque de l’intérêt du commun, c’est pourquoi il n’a pas d’idée et pas de problème à cet effet. Lui importe davantage de poursuivre son parcours de vérité que de produire ou détenir des vérités. Il indique ce qui a de l’importance mais n’énonce pas la vérité car tout bonnement, il sait que l’éducation passe par le mensonge.

le sage comme le grand homme n’ont pas idée, ne se posent pas de problème, il n’y a pas chez eux problème avec la contradiction, ils en sont riches à vrai dire. L’école républicaine au contraire entre nous et le faire veut introduire l’idée de Platon et de sa république, souvent résumé par l’« égalité » ou la « pensée du commun ». Le sage ou le grand homme — qu’on ne confondra avec l’homme supérieur ou le bourgeois —, eux, s’écartent radicalement de la pensée du commun, : pensez à Héraclite et sa posture vis-à-vis du koinon, ou à Platon et son modèle politique du koinon qui s’il se réalisait nous conduirait à la mort, selon ses propres termes, Livre VII à IX de la Politéia, que les latins traduisent par République. Si l’école ne produit pas de « génie » ou plutôt de grand homme, pensons à Einstein repensant le temps ou Napoléon repensant l’état, à charge pour le grand homme, qui lui n’a pas de problème de créer ses propres institutions, l’école polytechnique, l’école des arts-et-métiers, qui sont des écoles aujourd’hui d’officier et de sous-officier pour l’entreprise et l’administration. L’audace est ailleurs. On peut se dire plus simplement que la pédagogie et l’audace de la génération qui a suivi, les normaliens — Badiou et Rancière en premier — n’a pas porter ses fruits, pire que Paris 8 n’était pas au fond leur institution on peut penser à Badiou revenu au bercail de l’ENS et disant, le 11 juin 2008, « je me sens dans cette institution comme dans ma propre demeure ».

L'École ne produit pas de sages mais des enfants sages : des philosophes, des tiers de sages, ceux qui apprécient la sagesse au creux de l'institution plutôt que de la vivre. Non la vie active n'a rien d'effrayant, même si on y trouve pas cette idée saugrenue d'égalité. Ce qui est criant c'est qu'à penser ainsi on dissuadent toutes les "bonnes intelligences" de laisser courir l'aggravation des inégalités dans la société car elles sont bien au chaud dans l'égalité de l'institution, la grande châtreuse. COMMENT PEUT-ON JUGER L'ECOLE SANS EN ETRE SORTI. COMMENT NE PEUT-ON PAR Là NE PAS VEHICULER QUELQUE IDEOLOGIE REPUBLICAINE QUI NE VISE QUE SA PROPRE PERPETUATION. Les discours dissidents, qui n'en restent qu'aux discours non à des embastillements ne sont que des soupapes, ou l'envers d'un certain vide de pensée qui ne va jusqu'à l'action. Ainsi en veut l'égalité, qui ne promeut pas l'effort mais la réflexion dans son propre miroir d'une institution. Ce n'est pas en étant sain qu'on peut avoir le bon point de vue sur la santé, ou travailleur sur le travail, mais c'est en connaissant la nuit que l'on connaît le jour, en ayant l'expérience de la maladie qu'on voit la richesse de la santé, en étant oisif qu'on perçoit le rythme du travail.



Socrate est-il un sage ? Ce qu’on peut dire c’est qu’il ne courrait pas après la sagesse mais l’homme le plus sage d’Athènes.
par Le Cazals publié dans : Tout contre les institutions communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 30 mars 2008
Voici l'avant propos de Rayomd à La réforme de l’Université de Gérald ANTOINE et Jean-Claude PASSERON, éditions Calmann-Lévy -1966- Paris8philo

LES deux études réunies dans ce livre ont été écrites, l'une par un linguiste dont les hasards de la carrière ont fait un recteur de l’académie d'Orléans, l'autre par un jeune agrégé de philosophie, converti à la sociologie. La première apporte le témoignage d'un enseignant qui assume désormais des responsabilités administratives, la deuxième rassemble et interprète les résultats de recherches empiriques, non sans y joindre l'expression de jugements qui ne sont pas tous moins «subjectifs» que ceux des «sujets» interrogés par l'enquêteur.

Par leur diversité même, ces deux études se complètent, elles offrent la meilleure illustration d'une idée que J.-C. Passeron souligne à juste titre et qui me parait décisive : quelques hommes, à la fin du siècle dernier, inspirèrent la création ou la renaissance des universités françaises parce qu'ils avaient une doctrine qui s'imposa aux législateurs. Ils étaient les maîtres à penser de leurs collègues. Ce qui caractérise la crise actuelle, c'est qu'il n’y a plus de doctrine commune du corps universitaire.

Dans les facultés des sciences, il semble qu'il y ait au moins une école dominante, qui sait à peu près ce qu'elle veut et qui oriente, partiellement au moins, les réformes. Dans les facultés des lettres, on chercherait vainement une école dominante. A propos de chacune des grandes questions - condition d'accès à l'université, maintien ou suppression de l'agrégation, rapports de l'enseignement et de la recherche -, les universitaires sont divisés, sans même que l'on puisse discerner deux tendances, l'une «conservatrice », l'autre «réformiste» (ou «révolutionnaire»), sans que les professeurs classés politiquement à gauche paraissent toujours plus désireux de changement que les professeurs classés politiquement à droite. C'est plutôt à l'intérieur de chaque discipline - langues anciennes, philosophie, histoire, psychologie ou sociologie - que l'une ou l'autre tendance paraît l'emporter.

Pourquoi les professeurs, surtout dans les facultés des lettres, sont-ils à ce point incertains d'eux-mêmes et de leur avenir ? La réponse me parait, en dernière analyse, assez simple : la plupart des idées qui donnaient aux universitaires français bonne conscience, qui justifiaient à leurs propres yeux le métier, avec ses servitudes et ses grandeurs, sont remises en question. Ils se voulaient et se croyaient démocrates : les sociologues leur démontrent, chiffres à l'appui, que le système actuel assure la transmission des privilèges de culture ; le pourcentage des fils d'ouvriers ou de paysans, parmi les étudiants, reste faible. Les professeurs de faculté devaient être d'authentiques savants et l’exigence de la thèse de doctorat symbolisait la conjonction de l'enseignement et de la recherche : mais les thèses de doctorat d'Etat sont elles une preuve de maîtrise scientifique ? Sous leur forme actuelle, ne sont-elles pas contraires au déroulement normal de l'existence du «chercheur» ? Pourquoi celui-ci devrait-il commencer par le chef-d'oeuvre ou, à défaut, par un ouvrage dont le volume compense la médiocrité ? L'agrégation a consacré depuis des dizaines d'années le lien entre enseignement du second degré et enseignement supérieur, entre lycées et facultés : est-ce la gloire ou le malheur de notre université ? Est-il bon que l'enseignement supérieur soit à ce point obsédé par un concours qui a pour fonction traditionnelle le recrutement des enseignants du second degré ? La préparation de l'agrégation est-elle en même temps la meilleure formation du savant ?

Il n'y a aucune chance que les réponses données à ces interrogations - dont je pourrais sans peine allonger la liste - soient concordantes. Les spécialistes des langues anciennes sont sur la défensive; le grec tend à disparaître des lycées et la place du latin diminue. Au contraire, les spécialistes de ce que le ministère de l'Education nationale appelle sciences humaines expérimentales, psychologie,sociologie, bénéficient de l'esprit du temps. Les sociétés qui s'efforcent de connaître scientifiquement la nature pour en exploiter les ressources, ne peuvent pas ne pas nourrir l'ambition de se connaître et de s'organiser rationnellement. Aussi, les uns sont-ils attachés aux formes traditionnelles, les autres indifférents ou hostiles aux concours dits prestigieux, impatients d'obtenir les moyens financiers, indispensables à certaines sortes de recherches.

La solidarité entre les divers degrés de l'enseignement est pour les uns une vérité fondamentale, pour les autres un préjuge d'un âge révolu. Latinistes et hellénistes ne voient ni séparation possible entre recherche et enseignement, ni motifs de rejeter la succession des grades - baccalauréat, licence, doctorat avec I'agrégation interposée entre la licence et le doctorat. A la faculté des lettres de Paris, nos collègues de la section de littérature française ont refusé en pratique la thèse de III" cycle que les psychologues et les sociologues ont acceptée avec reconnaissance.

Faut-il en conclure que l'université française est cristallisée et résistera aux efforts des réformateurs ? Le ne pense pas qu'une conclusion aussi pessimiste soit justifiée. L'université française change, et elle change rapidement. Mais ces changements ne sont ni conçus clairement ni intégrés dans un plan d'ensemble. La réforme des deux premiers cycles des facultés des lettres n'a qu'une signification médiocre. Elle comporte des avantages pour certaines disciplines, des inconvénients pour d'autres. Elle ne touche pas à l'essentiel.

Qu'est-ce que l'« essentiel » ? En quelques années, le nombre des étudiants qui, en trente ans, a été multiplie par six (60000 en 1938, plus de 350000 aujourd'hui), va encore doubler. Cette progression du nombre, en elle-même heureuse, ne saurait continuer indéfiniment, car les ressources, financières et plus encore humaines sont limitées. De toute manière, il faudra prendre des décisions. Ou bien, comme en Union soviétique ou au Japon, on fixera le nombre des places disponibles dans les universités et l'on fera une sélection parmi les candidats. Le baccalauréat cessera de donner le droit d'accès à l'enseignement supérieur, il consacrera seulement la fin des études secondaires. Si l'on refuse de limiter le nombre des étudiants, on sera amène - c'est la tendance actuelle - à demander aux professeurs des facultés de procéder eux-mêmes à cette sélection, après une ou deux années (qui seront l'équivalent des deux années de collège aux Etats-Unis). En cette hypothèse, le premier cycle de l'enseignement supérieur ressemblera de plus en plus aux classes terminales des lycées de jadis. Il ne peut pas en être autrement, des lors que l'on accepte une foule d'étudiants qui ne sont pas encore capables de travailler seuls.

Quelle que soit celle des deux formules qui sera retenue, l'avenir des facultés des lettres, dans la mesure au celles-ci refusent de devenir simplement des écoles de formation des enseignants du second degré, dépendra du IIIe cycle, des études qui feront suite à la licence. Or, pour l'instant, la préparation de l'agrégation demeure la suite normale de la licence dans les disciplines dites traditionnelles. Dans aucune discipline, Ie IIIe cycle n’est encore organisé comme il devrait l'être. Mais l'organisation du IIIe cycle, à son tour, remet en question la structure actuelle de l'université française tout entière.

En un sens, il n'y a en France qu'une seule Université, soumise à l'administration du ministère de l'Education nationale. En un autre sens, il n'y a pas d'universités : à Paris, aucune relation ne subsiste entre faculté des lettres et faculté des sciences, il en subsiste à peine davantage entre faculté des lettres et sciences humaines et faculté de droit et des sciences économiques. Les facultés elles-mêmes, au moins à Paris, sont en voie de désagrégation. Or, de toute evidence, entre le ministère et les professeurs pris individuellement, il faut des corps intermédiaires, chacun avec sa mission propre, la section, la faculté. Qui, dans la conjoncture présente, sera capable de réformer ces structures, réformes qui exigeraient des lois, donc une discussion parlementaire ?

Cette reconstitution des corps intermédiaires devrait s'accompagner d'une spécialisation des universités, au moins au niveau du IIIe cycle. En ce cas, l'unanimité est relativement facile sur le principe, l'accord presque impossible des que l'on en vient à l’application. Et pourtant, la répartition des tâches entre les professeurs, entre les diverses universités, est indispensable si l'on veut maintenir un enseignement qui mérite d'être appelé supérieur, en dépit du gonflement des effectifs. Il ne s'agit pas de choisir entre la conception aristocratique, que les livres de M. Gusdorf exposent avec une intransigeance caricaturale, et une conception faussement démocratique qui méconnaîtrait les conditions de travail nécessaires au petit nombre des élus - professeurs qui ont une vocation de savant, étudiants que le hasard de l'hérédité ou des circonstances sociales mettent au-dessus de la moyenne.

Les universités modernes sont condamnées à une expansion conforme à l'idéal démocratique, elles ont aussi le devoir de contribuer au maintien de la haute culture qui demeure le privilège de quelques-uns. La conciliation entre cet idéal et ce devoir est, dans tous les pays, difficile : dans les pseudo-universités françaises, .telles que l'histoire les a faites, elle est impossible.

Raymond ARON.
par Paris8philo publié dans : Tout contre les institutions communauté : Politique Directe
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Vendredi 5 octobre 2007

jean gayon nous a laissé ce gentil petit message, dans l'attente du traitement de l'affiare nous avons retiré le texte argumenté tout aussi "fondé" :)

  • Depuis trois ans, l'auteur anonyme de ce blog affiche cette page dont le seul but apparent et diffamatoire. Une formulation alléchante fait progressivement remonter la page en tête, et abuse de ma notoriété. Cela suffit. Faute de retrait de cette page sous huit jours, je déposerai plainte auprès du procureur général de Paris pour diffamation. Je vous remercie pour votre attention.
  • Si cette plainte est fondée, merci de bien vouloir faire le nécessaire pour retirer les textes, images et fichiers incriminés.
    Cordialement,


gayon@noos.fr


Publication originale : 19/02/2007 23:59 soit seulement depuis un an et demi.

Retirer le texte parait donné raison à Mr Gayon, mais nous avons d'autres choses à faire que de jeter dans l'oppobre quelqu'un qui a manqué de rigueur. Une disputation philosophique se joue sur de arguments ausi nous changeront comme présentement le titre allécheur pour ne faire apparaître qu'un manque de rigueur. Ce que les tribunaux pourrons statufié, sauf qu'il ne reste pas de traces des cours incriminés.


Ce n'est pas la formultion alléchante qui fait remonter l'article sur Google mais simplement les algorythmes utilisés par ce moteur de recherche qui font que tout ce qui est mis sur la plateforme over-blog vient en premier.

par Anthony Le Cazals publié dans : Tout contre les institutions communauté : Les philosophes épars
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Mercredi 15 août 2007
Il y a deux périodes chez Heidegger avant et après 1945-1946. Comme si sa compromission avec le nazisme lui avait fait mesurer combien il fallait soritr de la métaphysique et de son discours de surplomb (l'une des dernière métaphysique étant celle de Deleuze), de son discours oiseux et jargonneux. Au travers de la métaphyisque c'est un peu comme si quelques personne possédait la compréhension du monde et de ce qui survient alors qu'il ne font que projeter leur propre corporéité sur le monde, tout discours n'est qu'une crible qui sert avant à orienter l'effort. Sortir de la métaphysique, c'est abandonner le discours de l'Être. Vous pourrez chercher nulle part vous ne le rencontrerer ce concept d'Être, il n'est là que pour dissimuler combien les rapports humains sont hiérarchiques et un peut éducloré les choses. Au fond avec le nom d'Etre, c'est tous les noeuds des hierarchies que l'on met dans un gros sac pour s'attarder à d'autres choses, bien souvent plus abstraites, plus déconnectées du réel.
la métaphysique se rvèle tôt ou tard, en fait dès sa formation, comme un crible inadapté au monde physique puisqu'elle s'y ajoute. Comme si le monde physique ou plutôt notre approche de celui-ci, notre façon d'envisager ce qui nous arrive, nécessitait une béquille pour poouvoir fonctionner. Et c'était le privilège des philsophes de détenir la clé en une métaphysique ou son succédané post-heideggérien : une ontologie, le discours du l'Être. A suggérer que notre monde a besoin d'un discours pour avancer plus que d'un effort ou d'une énergie, on suggère qu'il ya même un second monde, « plus vrai », alors qu'au fond les philosophes n'ont chercher qu'à parler de leur rapport très différent au temps, au quotidien des gens pâtissent. Ce second monde dépasserait les contradictions (à la lettre, les dires contraires), mais en réalité il n'y a que des conflits entre capables et incapables, dont les métaphyisicien, en personnes lasses, cherchent à se détourner. Toute la dériléction heideggerienne, son apathie déconnecté de ce qui est concret.
Sans être idéaliste on sait combien son passage au sanatorium de ... en 1946 est le point marquant de sa conversion au catholicisme qui s'accomplira dans une phrase lâchée à la fin de sa vie « seul un Dieu peut nous sauver ». Heidegger, est-il capable quand il disait lui-même ne préparer que la pensée à venir. Les capables sont ceux, qui fonctionnant hors système, de manière subversive en révèlent la propre infécondité. Les système sont toujours institués, fondés, établis. Les gens capables de création les trahissent. Les incapables sont ceux qui n'étant pas aptent freinent le dynamisme du système pour mieux le perpétuer. A un moment donné, Heidegger n'a plus vu la nécéssité de produire une métaphysique, n'a plus eu besoin d'asseoir un pouvoir universitaire au travers d'une théorie de l'Etre (et du Temps qui lui donnait la réplique), qui lui laissait alors le temps de s'apesentir sur sa propre déréliction, de lui consacrer du Temps, c'est la dimension de la médition et de la prière au fond de la forêt loin de tout ce qui est conditionnné à être (comme le dit Oyseaulx, l'Être). Mais si je fais déborder le discours sur les capables et les incapables, c'est que précisément s'y joue là quelque chose d' « essentiel »,  a priori on ne peut rien savoir de ses propres capacités, quoiqu'en pense tout l'idéalisme, car elles s'augmentent dans l'effort, dans leur propre mise à l'épreuve. C'est de l'ordre de l'infime, du but proche, mais sur la durée cela déploie beaucoup d'energie. Ainsi on peut dire sans trop développer que les incapable fonctionne par une production méthodique, qui leur permet d'étendre des tentacules, un système d'organisation propre à chacun, c'est la dimension du pouvoir, du rendement qui produit ses déchets, du systèmes qui produit ses exclusions. Les capables opèrent autrement, par un lâher prise sur la réalité et le rendement au'on nous impose pour introduire dans le système une intuitnio critique, elle serait : Non, ce n'est pas comme ça que les problèmes doivent être résolus, il y a trop de gaspillage, les grecs disaient il y a trop d'injustice. On en revient alors à Bouddha, au Christ, à Gandhi, non les personnages (les « idoles ») que leur religion en ont fait mais à ces intensités subersives qui ont joué contre les églises (contre la communauté de conflits que ces églises cautionnent). Bouddha s'en est pris au védisme et au janisme, deux religions de son temps, mais comme Bouddha provenait d'une famille appartenant à l'oligarchie du Nord de l'Inde, il reproduisit ce type de communauté. De même pour les Christ  ou Gandhi avec ses hashrams (communauté) en Afrique du Sud ou en inde. Pourquoi parler de communauté, simplement parce qu'Heidegger lui-même y voyait le ferment de l'énergie d'un peuple, la heimat.
On a longtemps été pris dans les rets et les filets des discours qui fondent des communautés : on les a appelées institutions. En philospohie, ce furent les écoles, qui avaient leur discours pour les initiés et pour le  (esotérisme/exotérisme). La métaphysique était de ces discours, car elle réclame des initiés des intelligences froides, plus que des gens capables. La métaphysique d'Heidegger n'est là que pour reproduire un peu plus longtemps le système, de s'ancrer dans manière opportuniste dans la institution université, car qui peut avoir assez de prétention pour remettre en cause un discours abscons, un discours qui dévoie la pensée. Par la métaphysique, ou pluttôt le sérieux qu'on lui accorde, c'est un pouvoir une autorité que l'on s'arroge, c'est une puissance, une capacité qui déroge à elle-même. Heidegger a au fond produit un discours dominant qui lui permettrait de grimper dans la hiérarchie, mais quoi de plus humain en cela, diront les tendres.

Petite conclusion, sous forme d'ouverture, pour dépasser la dimension communautaire propre à toute métaphysique qui aurait raison, les platoniciens, les heideggériens, les deleuziens, qui surinvestissent des mots magiques à travers le sens qu'il leur donne par exemple Bien ou Justice, Grand Oeuvre ou Être, Virtuel ou Image Cristal, tout autant de mots ideals et vertueux. Aujourd'hui, même si cela s'est déjà produit avec la correspondance entre intelletuels aux XVIIIe siècle, rendue possible par les routes royales et les malles postales, internet qui permet un tout autre mode de connexion entre individus où ceux-ci n'ont pas de réels rapports de hiérarchie entre eux. Les gens s'échangent sans peur de la réciprocité des mots très intimes. Ils n'ont pas à s'inventer des idéaux, des vertus pour justifier leur moment de recueillement vis-à-vis du reste de la communauté laborieuse, d'où l'autorité du prêtre initié dans la communauté. Internet, moyen d'expression sans doute plus révolutionnaire que les AG de mai 68, que les délires qui s'y tenaient sur les élèves enseignant aux maîtres, Internet permet un surinvestissment d'énergie, la possibilité de communiquer sans introduire immédiatement un rapport de forces, c'est-à-dire d'énoncer ce que la société attend que l'on dise par habitudes ou convention, les milieux sociaux se brouillent légèrment et ce sont les passions qui via google sont mis en avant. Alors se forment des « communautés ». On est bien dans un régime d'expression, qui dénoue bien souvent les contraritétés de ceux qui ont accepté le fardeau du système, plutôt que de suivre leur propre libération. Mais une chose est sûre la grandeur d'une époque ne dépend pas de la métaphysique qu'elle met en place, bien au contraire, c'est que dans ce cas là la pensée a été dévoyée pour asseoir le pouvoir du métaphysicien. Heidegger en était l'illustration, en tout cas le premier, et tous les métaphysiciens ont intérêt à le cacher, à dire que la fin de la métaphysique c'est la fin de la philosophie et donc la bêtise advenue au stade ou elle ne trouve plus de contradiction. Mais rappelons-le, toute métaphysique est par nature inféconde puisqu'elle est abstraite, détourné de l'effort se faisant. Toute métaphysique n'est qu'une quête personnelle imposer aux autres : elle ne vise que le réconfort, la béatitude, la sérénité pour philsophes maladifs et si lasses qu'ils doivent vivre pour cela en communauté, selon ses us et coutumes. Toute métaphysique comporte ses vertus (Amour de Dieu, Vérité éternelle, Virtuel s'actualisant) qui font tenir les disciples ensemble parce qu'ils n'ont pas à s'expliquer les uns les autres. Sortir de l'institution et de la dondation de la philosophie, c'est sortir de la sphère du jugement et de la reconnaissance, c'est un aussi grand vieux peiux que la vie en communauté mais c'est de là que peut s'énoncer une critique du système parce que l'on est sorti de ses facilités.

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par Anthony publié dans : Tout contre les institutions communauté : Les philosophes épars
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Dimanche 5 août 2007
C'est sur le teme de cognition qu'il nous faut revenir. Mot inventé par les intellectualistes pour nous dire on ne sait quoi (les termes d'assimilation, d'apprentissage, de connaissance ne suffisait pas) mais surtout pour déboucher les recherches sur l'intelligence artificielle (Conférence fondatrice de 1956). Il y a une sorte de gageure à parler de science, et surtout de science rigoureuse quand celle-ci met par principe (doctrinalmeent) de côté les affects, les instincts, l'éthique (voir ci-dessous). Qu'importe qu'on rajouté une cognition chaude à la cognition froide, le mal est déjà fait on a inventé un mot pour parler d'on ne sait quel réel puis on inventé la coginition chaude pour se raccrocher à la réalité, pour s'amender; Mais la dite cognition froide est celle pratiquer par les cognitivistes (Antonio Damasio n'en étant pas un, voir ci-dessous pour comprendre). 

Mais les sciences cognitives sont un pas de plus de tout les abstraits dans la science, un science de comment on connaît, une science de comment on assimile à soi, un science axiomatique (l'axiome : rentre dans la cognition ce qui est assimilable à moi, puis après avoir poser l'identité on cherchera la où elle est maximale là où elle est minimale (transcandantal booléen 1/0 de la pensée binaire qui applique principe de tiers exclu, de double négation, de non contradiction) et on étudiera ensuite les dédegré infinis de différence (dégrés d'existence intermédiaire et autres abstraction)... bla bla bla... Mais c'est avant tout une logique formelle qui professe là, comme dnas les sicences cognitives. Les sciences cognitive sont sérieuses mais ne s'occupent pas d'affects, donc ni des hormones ni de nos cerveaux mais des automates intelligents, cerveaux androïdes qui ne seront jamais humains.

Voici un extrait de l'article de Wikipédia sur la cognition, pour revenir sur ce que nous disions dans notre premier paragraphe :

Cognition froide vs. cognition chaude

Fondée sur la vision propre à la philosophie classique de l'être humain cogitans puis inspirée par la métaphore du cerveau-ordinateur issue de l'intelligence artificielle, l'étude de la cognition humaine s'est d'abord intéressée aux grandes fonctions de l'esprit humain, comme le raisonnement, la mémoire, le langage, la conscience… laissant de côté l'affect, l'instinct ou l'éthique.

Toutefois, bien que nées de ce cadre conceptuel, les sciences cognitives ont assez rapidement brisé ce découpage en montrant les multiples interactions qu'il pouvait y avoir entre, par exemple, l'affect et la mémoire, l'éthique et le raisonnement, etc. Le titre du célèbre livre d'Antonio Damasio, L'Erreur de Descartes illustre parfaitement cette évolution : contre Descartes (et une vision du raisonnement comme proprement humaine et détachée des autres composantes de l'homme), le neurologue oppose une approche dans laquelle émotions et raisonnement interagissent. En effet, les différentes disciplines qui composent les sciences cognitives ont montré qu'il était impossible de dissocier ces aspects du comportement humain. Ainsi, en neuropsychologie, les patients souffrant d'une lésion cérébrale dans le cortex préfrontal sont incapables de réagir correctement à une situation émotionnelle tout en étant parfaitement capable de raisonner dans l'abstrait. Ou encore, en économie expérimentale, il a été montré que les êtres humains peuvent agir irrationnellement dans des situations où pourtant la raison « à froid » ordonnerait d'agir autrement. Le terme cognition inclut donc aujourd'hui un ensemble très vaste de processus mentaux.

Par ailleurs, les progrès effectués dans l'étude du comportement animal par l'éthologie cognitive ont aussi contesté cette conception d'une cognition humaine en montrant que les animaux étaient aussi capables de raisonnement, de mémoire… À l'inverse, cette discipline - en affinant nos connaissances sur la cognition animale - a permis de mieux cerner les facultés cognitives propres à l'homme. Aujourd'hui, ces travaux s'inscrivent dans une perspective évolutionniste qui cherche à mieux comprendre comment sont apparues et ont évolué ces différentes facultés cognitives.

 Cognition artificielle

Les progrès effectués dans l'étude de la cognition humaine et animale ont rapidement fait l'objet de transpositions partielles dans certains systèmes d'information et dans des applications de gestion des connaissances.

La métaphore souvent utilisée est celle du traitement de l'information. Avec une entrée (input), une évaluation (traitement, avec différentes étapes), une réponse ou sortie (output).

Le « traitement de l'information » est lié à au moins trois variables :

  • les événements cognitifs : les pensées accessibles facilement à la conscience ;
  • les perceptions de la réalité ;
  • les schémas cognitifs : inconscients, croyances profondes, expériences, et représentations du monde.
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publié dans : Tout contre les institutions communauté : Science
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Vendredi 8 juin 2007

Avertissement : ce texte n’est à lire que si vous êtes agrégés, si vous tenter ce concours, ce texte à un effet dissuasif s'il est lu trop rapidement et sans nuance (lisez aussi le passage en rouge). Nous ne faisons ici qu’une réponse au commentaire de Monsieur Oyseaulx *. Tentons l’éclaircissement, contre cette idée qu’il faudrait être agrégé pour pouvoir critiquer l’agrèg de philosophie. De même que selon Mr Oyseaulx il faut être agrégé pour pouvoir critiquer sans ressentiment la pensée formatée de l‘agrèg, de même il faut être agrégé pour lire ce texte, qui dira-t-on dissuade de passer l’agrèg. D’avance ce texte ne visent pas les agrégatifs, ceux qui préparent ce concours, mais ceux qui pensent que tout ce qui est de l’ordre de la pensée doit passer par cette épreuve, et qui bizarrement sont des agrégatifs. 

CE TEXTE DEVELOPPE UNE PROBLEMATIQUE, ET SE DEBLOQUE A LA FIN.

Passons par le truchement d’un exemple. C'est la moindre des choses que ceux qui critiquent les pédés, se fasse passer dessus avant, question d'expertise. :) Le parallèle est volontairement douteux, juste pour faire entrevoir que l’on ne peut pas être dans un système et prétendre librement le critiquer. Les agrégés à la différence de ceux que la société dénomme homosexuels, font partie d’un système, c’est pourquoi il est possible de critiquer l’agrégation et mais que cela est plus discutable pour l’ « inversion » sexuelle. Montrant une certaine forme de refoulement. La question deviendrait : peut-on refouler le système quand c’est précisément le système (l’
hétéronomie appuyé par les prêtres du savoir agrégé) qui crée le refoulement, du déchet qui tôt ou tard ressurgit ? Mais passons, tout ça pur dire que le ressentiment serait dans la très discutable critiques des pédés et non dans celle d’un système agrégatif.

D'une autre façon on peut très bien être indifférent à l'agrèg (plus par manque de méthode d'écriture sur commande qui s’acquiert par entraînement ou formatage : l’excice de la dissertation) et remarquer qu'il est possible de penser sans être agrégé à la pensée discursive (la pensée ne se réduisant pas au discours, à la « verbosité »). La capacité à penser sans être agrégé, C'est cette simple hypothèse non généralisable qui est soutenue ici. Ce que nous faisons c’est un raisonnement par l'exception, par goût de la contradiction :) : c'est feu François Zourabichvili qui ne voulait tenir compte que des agrégés en France c'est-à-dire de ceux qui savent que "c'est un peu comme courir le 100 m" mais à la fin "il faut tout oublier" (expression de Mr Loraux l’un des maîtres de François Z.). Se dépendre de ce que l’on a incorporé, du formatage qui établit plus qu’il ne renouvelle. Faire mentir par l’expérience le discours péremptoire des agrégés, c’est cela mon goût de la contradiction, difficile de savoir d’où ça vient, aucun aveu à faire.

Cette simple hypothèse que nous posons, est qu’une autre voie d'expérience est empruntable sans souci de la reconnaissance, l’amour pouvant s’en tenir à quelques personnes (les philoi). C'est plus là, une critique de la facilité discursive de l'agrégé comme discours du maître que l’expression d’un ressentiment par rapport à un privilège. La distance, c’est-à-dire ce qui fait la noblesse n’a pas besoin d’adoubement. Nombre de philosophes ont une indifférence par rapport à l'enseignement (Descartes était un ancien soldat, Leibniz un bibliothécaire, Spinoza, dont un des traités est le condensé des cours privés de ses débuts, Schopenhauer qui s'y est essayé à deux reprises, Nietzsche n'enseignait plus après 36 ans ou Lucrèce dont on peut douter qu’il enseignait, pour en prendre seulement quelques uns parmi les plus critiques). 

Ca ne se fait pas de dire cela, mais il y a une sorte d'incapacité pour l'agrégé à faire autre chose qu'enseigner et d'être protégé par un statut (jugement un peu hâtif, puisqu'il y a comme agrégé, un ministre, Luc Ferry et un fondateur les Ecoles Françaises d’attachées de presse, c’est-à-dire tous les pures rhétoriciens moderne, Denis Huisman). D’ici quelques temps ce sera étonnant de voir le contraste entre les philosophes analytiques, les philosophes du langage et de l'esprit, les épistémologue qui vont envahir les institutions et les gens qui vont vivre la précarité comme condition d'existence. Les premiers seront agrégé et détachés des seconds. En somme l'agrèg forme des gens cultivés et non des idiots : cf.
le cours de Deleuze sur la pensée naturelle de l'idiot et la pensée de reprise de l'érudit. Un philosophe a-t-il besoin d'être dans le troupeau, dans l’agrégat, dans ce corps d’esprit qui a son code (le jargon philosophique) ?

Au nom de quoi tout penseur serait-il agrégé ? Ca serait un label qualité ? Ne peut-on pas donné un point de vue hors agrèg sans voir que ceux qui le passent ont un certain masochisme rentré ou souvent intériorise la souffrance ** qu'ils ont eux à passer ce concours avec leur ceinture de janséniste. Comme si l'esprit de l'agrégé était celui qui devait conditionné toutes les têtes, les former à l'esprit critique. Alors qu’il est prêt à certains sacrifices et que ceux sont ceux qui le distingue du commun des gens. S'il y a possibilité de ne pas revenir sur ces convictions et de ne pas passer l'agrèg, pourquoi ne pas poursuivre sa voix, tout en faisant remarquer aux agrégés, comme ici, que ce n’est pas entre eux que les choses sérieuses se passent ?Mais en tout cas bonne route pour Florian Forestier et Mr le plus sçavant des Oyseaulx, dont il faut reconnais tout le talent. Cette critique pour reprndre Socrate dans le Gorgias de Palton, n'est pas à prendre pour soi, mais pour faire avancer la discussion. Il s'agit surtout d'accepter et de ne pas freiner la différence, c’est-à-dire que n’est pas forcément établi et statufier (sur la différence entre le nouveau et l’établi voir DzDR et notre post à venir). C'est spinoziste, nietzschéen et wittgensteinien de dire que la philosophie est avant tout thérapeutique, réponse à une excommunication plus qu'à un étonnement, réponse à une détonation plutôt qu'à un émerveillement face au monde (au quel cas on demeurerait dans une logique subjective et se réclamant de l'objectivité, les deux étant grammaticalement corrélés).Bref pour revenir sur le tout premier paragraphe, il y avait quelque de Nizantesque dans tout cela, le fait de ne pas vouloir car une fois agrégé on est obligé de produire du discours et pour reprendre Deleuze . Ne peut-on pas dénoncer la aisance du discours et la protection du statut, peut-être l’accusation d’un idéalisme latent serait-elle valable mais encore faudrait-il croire à l’importance de l’esprit, si souvent lourd, ou de la conscience, si souvent mauvaise.En quelques mots a-t-on le droit de rétif aux agrégations de tous ordres ? Nietzsche répondrait avec subtilité qu'il faut se garder de combattre la décadence ; elle est absolument nécessaire, elle appartient à tous les temps, toutes les époques. Ce qu’il faut combattre de toutes nos forces c’est l’introduction du virus contagieux dans les parties saines VP III,61 et 15[41]. Afin d'éviter Monsieur Oyseaulx tout soupçon de ressentiment à l'endroit de l'agrégation. Celle-ci si on y prête pas garde conduit à un esprit de surplomb, un esprit de suffisance qui se satisfait très bien de son jargon.

AFIN DE REPRENDRE MON AVERTISSEMENT DU DEBUT, et de ne pas me fâcher avec tous mes amis agrégatifs, car ce n'est pas eux que je vise
, mais la suffisance des agrégés, des gens dont le point de vue sur le monde est conditionné par leur statut. Comme s'ils oubliaient qu'ils étaient des héritiers pour reprendre l'expression de Bourdieu, du seul fait du rythme de vie introduit par l'institution. Mais nombreux qui passent le concours cherchent à garder leur personnalité (c'est tout ton mérité monsieur Oyseaulx, je ne pense pas trio m'avancer) ou savent l'ambivalence de leur démarche, s'ils viennet du peuple, ce qui revient à vendre sa peau à l'institution. La philosophie c'est réellement autre chose, si elle tient à sa fécondité. "C'est une chose d'enseigner, c'en est une autre de pratiquer" (comme me le faisait remarquer un ami). Mais là je n'avance rien de nouveau. Le plus étonnant c'est donc la posture de surplomb, le statisme que conforte l'agrégation et qui finit par ne plus prêté attention au dynamisme au dehors de l'institution agrégée, parfois à le rejeter. C'est sur ce tout dernier point que je crie HARO. C'est là qu'une chose risque de se passer, la contagion des parties de la société par l'esprit de corps de l'agrégation, parfois il y a là comme un frein pour la pensée, mais il est vrai Mr Oyseaulx tout l'art et de ne pas si arrêter, de ne pas aller contre l'établi mais plutôt vers la nouveauté. Une question était lancée à l'ENS par Maniguié comme se fait-il que de tous les philosophes contemporains très peu étaient universitaires (il relevait comme exception qui confirme la règle Deleuze) et que précisément Deleuze, parmi l'un des philosophes les plus créatifs fut aussi le plus universitaire (Maniguié sous-entendait sans doute le plus soumis à l'intitution de masse). Il y a un point que je ne développerait pas c'est qu'il n'était pas contrairemnet à ses pairs passé par l'ENS et qu'il avait donc un autre point de vue sur l'institution de masse notamment comment ne pas se positionner contre elle mais à aller vers le nouveau. On touche à des questions d'institution qui nous éloignent (cf. le doublon université-grandes écoles en France). Pour Deleuze, à force de réformes institutionnelles, il était de plus en plus difficile de faire de la recherche à l'université (ce que savent les chercheurs du CNRS, qui n'ont pas d'obligation d'enseignement). Cela rejoint un constat plus philosophique de Mr Loraux (à la fin de sa carrière unviersitaire) : pour lui, ce n'était plus dans l'intitution mais ailleurs que la philosophie passait (il pensait à l'édition par exemeple). L'agrégation forme un corps qui a une tendance plus grande pour l'institué, l'établi que pour le nouveau, la différence. Ou peut-être ce texte serait-il issu de la confusion entre normalien et agrégé : cet esprit de corps viendrait surtout des Normaliens, puisque "normalien agrégé" c'est un pléonasme quant à la philosophie. Cela amènerait alors un mea culpa, de notre part.

POUR FINIR et comme preuve d’amitié, Mr Oyseaulx nous vous avons agrégé à notre Ours. Mais vous n'avez pas passer de concours pour cela.

*"C'est la moindre des choses que ceux qui critiquent l'agrégation se donnent la peine de la passer. Dans le cas contraire, leur discours pourrait être suspecté de ressentiment." (Oyseaulx, 06/06/07) 
 
** introduction de la mauvaise conscience par intériorisation de la force, cf. Nietzsche VP II.

Pour continuer : Lire le texte sur la dissymétrie entre ce qui est origairement établi et ce qui est nouveau (à venir), c'est sur ce point que Deleuze a mis l'accent dans toute sa philosophie et c'est aussi ce trait qui fait que Renaud Barbaras apprécie tant son côté subversif (et non ses aspects formels).

par Anthony publié dans : Tout contre les institutions communauté : Néo France
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Mercredi 28 février 2007

Le titre de ce post est utopique, tant de l'avis de beaucoup la recherche est compromise dans l'université française, tant le CNRS et les grandes écoles se sont dissocié du . Le premier fonctionnant sur le système des kolkhozes stalinien aux dires de Michel Allègre qui voulait "dégraisser le mammouth". C'est plus la révolte face à un gâchis, à la manière dont à la Sorbonne on obture l'horizon. Les guerres entre profs ayant été violentes aux débuts des années 2000, une scission manquant se faire entre historiens de la philo et logiciens-épistémologues-analytiques.

Une chose est sûre, c'est que l'épistémologie, la logique, la philosophie analytique gagne du terrain en tout cas à Paris I ce n'est pas le cas de l'autre moitié de la Sorbonne (Paris IV). Mais ce qu'il y a de dangereux là, est qu'il y a derrière cela des enjeoux de pouvoir, comme le souligne Bruno Latour au sujet de ceux qui se réclament époistémologue et qui sont avant tout des "esprits froid qui pensent" (voir la retranscription d'un entretien de Bruno Latour que nous avons faite). C'est la critique que faisait en son temps Nietsche des hommes théoriques quand il étudiait la naissance de la tragédie pour au fond mieux s'intéresser à la science par contre-point. 

Nous mettons ici les articles relatifs à cette rubrique :

 

REPONSE A UN SORBONNARD / Sur la parole des maîtres

PENSEE / Eloge de l'indiscipline

J'ACCUSE Jean Gayon, professeur en la Sorbonne, d'ineptie et d'obscurantisme

CRITIQUE / La Sorbonne ou comment vous dissuader de penser

AU SUJET DE L'INSTITUTION 

 


 

Pour affrondir / La science faite d'objets et de savoir-faire selon Bruno latour (Emission, le bateau-livre, France 5, 25 février 2006). Nous vous en donnons quelques extrait.

 

 

par Paris 8 philo publié dans : Tout contre les institutions
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Vendredi 23 février 2007

Pour un sobonnard il est évident après quelques années de constater le peu de qualité de certains enseignement et de se demander où c'est que l'on pense . Certes l'on décortiques les textes, on les décompose, les commente à longueur de journée, mais dans cette posture où est la Pensée ou passe la philo ?

Pour "philosophes" analystes et cognitifs, il y a une grande importance à ne pas franchir une certaine limite qui est celle du langage, de la sympathie ou l'accointance avec  la réalité, de la coincidence avec les choses. Il faut rester dans ses pantoufles  (c'est tout la thémaitque de celui qui triche avec soi-même avec sa liberté pour rester dans l'ambiance choyée de l'INSTITUTION. DEHORS il fait froid et le philosophe ne serait pas viable hors de l'nistution, c'est ce qu'admettait Hegel, lui-même quant à a dialectique qui correspond si peux à ce qui se passe. Ainsi face à tous ces hommes théoriques on peut se dire que l'on est du même monde au sens pour toi la philosophie se pratiquera au DEDANS d'une institution (je passe sur la thématique du "d'abord s'immerger" de spinoza ou du "d'emblée" de Bergson). Cette fracture qu j'essaye de soulever ici aussi la vielle distinction entre penseurs privés et penseurs publics qui tourne toujours au détriment des premiers, les seconds ont en apparence raison puisque choyé il produit moins d'effort et a une vie moins tragique (au sens heureux du terme). C'est que là précisément se joue aussi la prétention du discours (dans ton cas cognitif et analytique), là se joue aussi le rapport avec tout un chacun, avec ce qui peuple tout chacun de nous. Les philosophes n'ont pas été de tout temps des professeurs et même ceux pour qui j'ai le plus d'intérêt ne l'on pas été (en sont sortis). Faire un cour induit une parole, et le grand tort du professeur est qu'il est poussé trop souvent à communiquer plus qu'à "philosopher". Très rares sont ceux qui pensent en direct, je pense à Badiou, Loraux, Nancy (mais il n'enseigne plus). Quiconque (homme capable j'entends) est pris dans sa facilité ne peut en juger librement, cela vaut aussi pour l'élocution, le professorat, le discours du Maître, non celui de la minorité, de la clandestinité, de l'intimité qui est rarement aperçu par les "philosophes", ce qui en porte le masque institutionnel, puisque cela est de l'ordre du (non)-être ; puisque le logos prophoricos (discours du Maître) mais en rapport ce qui est désignable ("être").

Pour donner un exemple, tu parles de philosophie de l'esprit, mais as-tu avant d'investir le terme même d'ESPRIT, on peut aussi le mettre en doute, le critiquer, ne pas l'employer, car au dehors de la philosophie il n'est pas anodin. Personnellement, mais ce n'est aps une vérité, je n'ai jamais rencontré d'esprit ou pour ne pas faire dans l'ésotérique, cela apparaît de plus en plus coomme un mot creux. Pour l'instant tu ne fonctionnes que dans ton prpre milieu, tu cherches à y survivre, à y faire ta place, donc tu réemploie les codes que tes maîtres ou les lectures influencé t'ont mis à disposition. C'est tout ce que j'ai essayé de dire. Mais cela induit aussi les textes que tu vas travailler pendant les trente ans à venir et aussi le discours que tu vas en régurgiter. Je ne spéclerai pas cii sur le fait que les termes que l'on emploie ont une influence sur les problèmes qui nous arriverons par la suite dans les pattes (pour être précis les choix des distinctions que l'on opère influence les problèmatiques et les axiomatiques à venir : un problème étant en grec "ce que l'on a devant soi"). Il n'y a que deux alternatives possibles : une logique formelle qui évite le tournant langagier ou un travail à même le langage pour faire ressortir le discours mineur, ce que les stoïciens nommaient le discours intime par différence avec le discours proféré par la parole. Ton orientation épistémologique puis cognitive est un pur produit de la Sorbonne parce que le même phénomène se produit aussi à Paris I. Il y a la même montée d'une nouvelle scolastique dans toutes les universités française (d'avance je sais cela sera mal pris mais jusque là c'est le même régime de discours pris dans son jargon que tu pratiques), sans voir que l'évacuation de certain termes, la conversion du langage a été prônée par Heidegger après 1964 (Je te renvoie à la vidéo de Ritoyenne sur la question de l'être partie 7), par Merleau-Ponty (Dans le visible et l'invisible), par Foucault dans les années 64-66, par Deleuze et Guattari qui la reprenait à Nietzsche. Je veux bien que l'on face abstraction de cela mais ce choix (comme régime ou orientation de pensée) est lourd de conséquences. Mais il ne sempble pas que cela soi ton sujet puisque tu te situe dans un positivisme cognitif (2ème genre de connaisssance essentielleemnt passif) et non dans un savoir-faire ou une liberté totale qui te permettrait de sortir du point de vue professoral (celui qui dit des choses qui reste dans le discours mais on aucune emprise sur la réalité). On en reste à la jouissance de la parole et du symbolique. C'est simplement cela que je pointais.

Quant à la cooptation elle se fait bien pusque tu te retrouve avec P. Engel, mais rien de mal à ça, cela se fait partout ainsi sauf que ces dernier temps cela tire vers le bas les équipe de recherche qui ont tendance à enfler, àrentrer dans la logique de la produciton répétitive qui est celle de la subvention. La critique était simplement là, je cherchias la générosité dans tout cela, en me demandant ce que ton discours va pouvoir éclairer ou subvertir chez tout un chacun. Lire ou plutôt faire l'expérience d'un texte de philosophie (puisque là est un possible champ commun entre nous) c'est avant tout l'expérience d'un doigt dans le cul, pour être imagé, il est pour être pragmatique censé se produire quelque chose qui est de l'ordre d'une nouvelle distinction dans les choses, dans ton rapport à ce qui t'entour. Pour reprendre Platon en l'affinant, cela va bien au-delà de la simple découpe du poulet suivant c'est articulation, car la philosophie est une affaire de distinctions, de savoir sur quelle distinction il faut appuyer, et par là de nuance, à mesure que le travail se fait.

Pour "approfondir" ... C'est toute la question de savoir s'il faut se retrouver en première ligne (antiphilosophe) ou s'il faut mener son éthique au travers de principes de prudence (philosophe). Le second faisant le tri dans les affirmations du premier, le second fait aussi que le discours n'est pas réemployable par tout un chacun puisque tout un chacun est en général pris dans sa vie et non détaché.

Pour "approfondir" ...  Il existe plusieurs ouvrages que vous pouvez consulter notamment ceux de Jacques Rancière (que je n'ai pas lu) ou le § 8 du Schopenhauer éducateur de Nietzsche, certains article de Foucault des années 66 à 70.

par Paris 8 philo publié dans : Tout contre les institutions
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Jeudi 22 février 2007

Suite du "dialogue" de notre site avec Ritoyenne qui finit en un monologue de posts. Attention, l'indiscipline n'est pas le manque de rigueur bien au contraire, si l'on pousse un processus risqué il est obligé de sortir de la discipline universitaire, comme une transgression de la limite, un dérapage contrôlé, une émulsion avec la "réalité", le Dehors de l'Université qui sied si peu au discours des Maîtres (logos prophoricos).

Chère Ritoyenne.

Histoire de poursuivre, disons que les "Jean-Gayon" ou "Julien-Dutant" fleurissent à la Sorbonne, Peut-être un regard critique viendra poindre en toi face à toute la philosophie analytique et cognitive qu'ils pratiquent, qui fleure bon tout ce que dénonce cette vidéo où l'on voit Foucault tenir la critique à Noam Chomsky : ce n'est pas avec les notions d'un régime tant philosophique que politique que l'on peut envisager un autre régime à la fois politique et philosophique. C'est à ce point précis que l'on voit que le langage a son importance : on parle de conversion du langage ou de substitution. La première est présente chez Merleau-Ponty comme un voeu car il ne la mène pas à bout. La seconde est proche de la substitution des concepts menée par Deleuze et Guattari. Mais toutes deux correspondent au renversement des valeurs dont parlait Nietsche face à ce langage philosophique devenu creux et sans adéquation avec une vie qui affirme sa puissance. Bref Mr Dutant et Mr Gayon, véhiculent, très satisfaits et récompensés au sein d'un système institutionnel, les notions d'un régime dont ils n'ont pas expériementé les limites : en termes clairs ce ne sont pas des philosophes mais des nageurs de pataugeoire, ils s'amusent d'occuper une place éclaboussante où ce qu'il font tient d'une analyse de texte mais est dicté implicitement par un pouvoir hiérarchique (ici l'Etat), puisque c'est lui qui subventionne et fixe à travers cela le programme d'éducation. Le propos n'est pas de dire l'Etat c'est mal, mais bien de montrer qu'il y a capacité aujourd'hui à fonctionner autrement, et que les 2 régimes étatique et discursif, sont intimement lié par ce qu'on appelle la discipline ou la représentation. Discipline étant au passage un terme qu'affectionne Mr Gayon (puisqu'elle réclame une chaire universitaire et une revue de diffusion). En ce point clé que je pointe Pouvoir et Savoir sont intimement liés puisque la plupart des discipline ne sont pas viables hors université.

Une critique plus longue  et plus approndie réclamenrait qu'on l'on parle de l'avènement de l'Etat chez Hegel comme étant la fin de l'Histoire (Hegel perdant là toute "objectivité" puisque sa posture est de cautionner le Droit  et l'Etat, (d'où l'idée que tout fait est hiérarchique, que toute relation du type organique est hiérarchique). Seulement il existe des zones d'autonomie définies bien au-delà du Bien et de la Justice institués par l'Etat, cela n'a rien à voir avec les TAZ on appelle ce plus simplement un métier (là il faudrait evenir à Schopenhauer ou à toute la notion de Technè, qui a tant intéressé Heidegger (La Technè n'est pas la technique mais le regard observateur porté sur un métier un savoir-faire plus que sur une discipline). Histoire de le redire la philosophie n'est pas une discipline universitaire ou étatique, elle ne l'est pas de manière exclusive, ce que l'on trouve de manière évidente c'est un succédané de philosophie, un ersatz de philosophie spéculative que l'on nomme analyse, la philosophie spéculative n'étant pas la métaphysique non plus. D'où ces nombreux posts qui me font rire sur le blog de Mr Julien Dutant quand il se félicite qu'un tel * ait écrit ceci (une étude qui n'apportera rien hors de son département de philosophie) ou qu'un autre ait obtenu une chaire par entrisme où plien de jeune pourront s'essayer à leur ersatz de philosophie, c'est-à-dire le doux ronron choyé au sien d'une institution. Chère Ritoyenne Demande toi ce qu'est une institution, et en rapport à cela ce qu'est une création, il y a tout un mythe autour de la fondation d'institution qui veut que touts les philosophes des siècles dernier fondent la leur, en réitérant un geste qui est avant tout étatique (statique, inaugural) et finalement dans l'ordre du symbolique puisqu'il n'augure rien de la suite de cette institution, du combet qu'elle devrait mener s'il elle était réellement libre. L'institution telle que nous la vivons depuis 2500 ans, n'a rien à voir avec une quelconque prise de risque qui elle confronte directement avec la nouveauté. Paris 8, Paris Dauphine, Marseille-Luminy on fait parti d'un programme qui visait à s'inspirer mais le gouvernement au fond a peur de ses universités. Mr Sarkozy à bien parler de donner plus d'autonomie aux unversité mais celles-ci revient à la placer entre les mains des entreprises lucratives et non à subventionner les universités sans leur demander de suivre une ceertaine ligne de conduite (ce qui se fait de manière volontaire ou non dans la réalité par placement et cooptation des siens).

 

 

 

 

 

* La personne en question aurait écrit un mémoire sur la vertu, mais quitte à faire un procès d'intention, il faut connaître le type de mémoire très cadré qui se font à la Sorbonne. Un peu d'esprit critique voudrait que l'on voie par exemple que le terme vertu rentre dans une régime philosophique communautaire, la vertu ayant toujours été le ferment d'une communauté, avec son sage vertueux qui sert de modèle et ses disciples qui acquiescent. Ce mémorialiste l'a-t-il fait ? C'est un geste à vrai dire important puisque cela remet en cause toute l'histoire de la philosophie de Platon à Hegel, la faisant basculer dans son avant et son après, ainsi que les rares intestices de libertés comme Spinoza, Lucrèce des comètes incompréhensibles pour leur temps.

Bref tout ceci était une éloge de l'indiscipline ou une critique de la blogosphère ou circulent un mélange d'opinions mous et autoritaires, mais où l'on se demande où se trouve l'effort de pensée avec un tant soit peu de critique ou intuitif.

 


 

par Anthony publié dans : Tout contre les institutions communauté : La commune des philosophes
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