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La 1ère thèse de philo écrite pour l'hypertexte

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Sur le combat et les guerres

Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 14:33

 RETROUVER L’iNSTiNCT
« L’histoire du karaté okinawaiien n’est pas la même que celle du karaté japonais. L’une vient de la Chine, l’autre de l’esprit samuraï. J’ai cherché à retrouver chaque essence en voyageant dans les dojos et il me semble que le contenu fondamental est assez simple : le karaté, c’est  l’art de développer la force explosive. Par compression, extension, frottement,  autant de façons de faire de l’énergie... Ce  ’était pas pour se battre que les anciens ont travaillé ces techniques. Le combat à mains nues, cela  n’existe pas vraiment. Ils cherchaient à développer l’instinct juste, à ne pas le laisser s’atrophier sous l’humain. L’animal humain ne sait même plus ce qu’il doit manger dans la nature ! Les animaux ne  perdent pas la tête en vieillissant, ne se battent que quand c’est nécessaire, en cherchant à régler des problèmes de territoire. Chez l’homme, c’est ambigu, certains cherchent le risque plus bas que les bêtes. L’homme JUSTE »
« trois langages : celui de la guerre, celui de la contre-guerre – l’art de se défendre –, celui de la paix. On ne commence malheureusement pas par la paix. La réalité nous montre qu’il faut savoir imposer sa force. Le karaté donne de la force et apprend des choses essentielles que les autres ont oublié, comme le sens et le respect de l’espace de l’autre, savoir se battre s’il le faut. Le karaté nous apprend l’instinct juste et c’est essentiel. Qui peut le faire dans nos sociétés ? Sûrement pas les psychologues. Tu me demandes le secret du karaté ? Je pense que c’est la façon de procéder pour produire de la force. Au début on additionne, on produit énormément d’énergie pour faire le mouvement, en vieillissant, on entre dans le monde technique : on n’utilise pas la force pour bouger, c’est en bougeant qu’on produit de la force. Le mouvement produit la force. »

Par Le Cazals - Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Sur le combat et les guerres
Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 00:38

Nous publions ce texte pour montrer le lien peu connu qui existe entre l'activité comme fond primordiale de la volonte de puissance et l'orientation de l'énergie vitale qu'en japonais on nomme Ki, en chinois Qi ou énergie affective. Ceci montrant bien qu'un pont effectif existe entre deux traditions sans pour autant tenir du folkore mais de la science à venir. Ceci lie aussi les recherches sur les conjectures et les trajectoires inhérentes au Dô, le Budô étant la voie/le sens/l'art du combat apparu à l'ère Edo (XVIIe-XIXe siècle) quand le port des armes fut réservé à une caste. Expert de shito-ryu, puis fondateur d’une école de taido et naturopathe, shigeru uemura a consacré dix-huit ans de sa vie à des recherches approfondies sur l’énergie, en europe, en chine, au japon. Sa vision, à la fois profonde, érudite et décapante, éclaire singulièrement le sujet. Paris-philo.

 

Ma rencontre avec l’énergie interne

Elevé dans le Japon de l’après-guerre, une période terrible, j’ai commencé par entrer trois ans dans une école bouddhiste, sans doute pour chercher des réponses dans un monde qui n’en fournissait plus. Je me suis tourné ensuite vers le karaté, où j’ai été l’assistant de Me Nino. J’allais au dojo de la police, j’étais fort et bagarreur. Je suis arrivé jeune en France, sans rien, avec l’esprit et l’orgueil d’un samouraï, pour diffuser le shito-ryu. J’ai enseigné jusqu’en 1978, notamment à des hommes comme Philippe Pivert, et puis j’ai cessé. La fédération de l’époque voulait me faire passer un brevet d’État, je trouvais cela humiliant. J’en ai profité pour aller à la source de mon karaté, pour étudier librement. Il y avait trois racines, le Japon, Okinawa, la Chine. J’ai découvert le tai chi chuan à Taiwan, puis le i-chuan avec un élève direct du fondateur,MeWang, un iconoclaste génial et peu apprécié des experts de son époque. Un combattant qui avait plus de 1000 défis victorieux à son actif et qui a approfondi, diffusé, popularisé un art et des principes qui étaient complètement méconnus des Chinois eux-mêmes. Je parcourais la Chine en pratiquant dans les écoles et en combattant contre les experts. C’était, à mon idée, la meilleure façon de voir ce que ça valait. Au i-chuan, j’ai pratiqué des exercices de « tui shou » avec une jeune fille, elle m’a envoyé valser à trois mètres ! C’était magique. Mais la magie, c’est quand on ne comprend pas. J’ai perçu que c’était un problème postural, des éléments techniques que je ne maîtrisais pas. Un peu plus tard, j’ai fait un combat avec un champion de ce style et je l’ai frappé. Il a frappé ma frappe avec son ventre ! Il  m’a presquecassé le bras. C’était lumineux. Il y avait des concepts techniques à découvrir,des mécanismes ondulatoires à maîtriser.J’ai commencé cette étude en me disantqu’il me faudrait quelques années. j'ai mis 18 ans, passés en allers et retours,en science comparée pour tenter de faire le pont entre les cultures. C’étaient des hommes simples, qui n’expliquaient rien et n’auraient pas pu le faire, mais qui avaient les moyens de me montrer ce qui me manquait. Moi quin’avais pas leur génie, je me suis attelé à la tâche de collecter et de comprendre.

 

Deux traditions, une science à bâtir

La notion d’énergie est vaste et floue dans votre culture pourtant si précise sur le plan théorique. C’est un terme qui désigne un ensemble de choses diverses et complexes. Les ondes déplacent de l’énergie sans transporter de matière, la masse est aussi de l’énergie… E=MC2, c’est facile à dire, mais votre science a beaucoup de mal à s’emparer de phénomènes comme celui-là. La culture au quotidien sent qu’il y a quelque chose, mais la science tourne autour sans pouvoir mettre le doigt dessus. L’énergie est entre la matière et « autre chose » et ce concept n’a pas de sens en Occident. C’est une limite. Par exemple, dans votre médecine par ailleurs si efficace, il manque de cette subtilité : on perçoit ce qui est de l’ordre du physique et on agit dessus, mais ce «matériel qui n’est d’aucune matière» – pour moi la définition de l’énergie – on en sent les effets évidents, mais on ne peut rien en dire avec les mots de la science. Elle a même du mal avec l’électricité, le magnétisme, ou même la gravitation… La charge positive ou négative de la matière n’est pas observable, et pourtant, elle existe ! Cela dit je ne suis pas de ceux qui survalorisent les intuitions préscientifiques de la Chine. Même au Japon, beaucoup de gens doutent de la science des méridiens. Et il faut le reconnaître, sur le plan théorique, tout cela ne tient pas debout ! Jusqu’en 1930 par exemple, les Chinois n’avait aucune idée du pancréas. L’organe a été ajouté à cette époque à la théorie pour coller avec les découvertes occidentales. Faire une confiance absolue à une théorie millénaire, c’est un peu comme si enOccident on travaillait encore sur des traités du XIe siècle. Il faut prendre un peu de distance. Lesbons résultats de l’acupuncture, de l’ordre de 50%, montrent qu’il y a sans doute, dans nos cultures, une approche empirique intéressante, mais cela ne suffit pas. Nous sommes à l’aube de quelque chose denouveau, l’énergie est partout, dès le niveau « nano », à l’échelle de la molécule, tout est échange, vibration,onde… Tout a un effet sur l’ensemble comme le caillou dans la mare.Nous en sommes aujourd’hui à l’alchimie de la science du futur.

Le Chi et le Ki, les différences
Le «Ki », japonais et le « Chi » chinois sont sont très différents. Il y a une confusion liée à la domination culturelle des idéogrammes chinois sur la culture japonaise originelle. La culture chinoise est pragmatique, le « chi » c’est matériel, il y a celui de l’eau, de la terre. Au Japon, la culture est plus abstraite, le Ki est la manifestation multiple de l’énergie unique. Un peu comme une colonne dans laquelle on ouvrirait des fenêtres sur des manifestations spécifiques, positives, ou négatives… De  l’Occident, on croit à une culture commune sur ces principes fondamentaux, il n’en est rien. Les arts martiaux chinois cultivent globalement une énergie mâle, plus dure. Les arts martiaux japonais ont perçu l’importance d’une énergie plus féminine. Les sabres chinois sont massifs. On ne frappe pas durement avec un sabre japonais, on frotte la lame pour obtenir la coupe. Okinawa a aussi développé une façon de frapper spécifique. Tout cela fait partie de conceptions différentes de l’énergie et de ses effets.


L’énergie interne ? D’abord de la technique !
Le mystère, dans les arts martiaux, c’est de la science. L’énergie dans les arts martiaux, c’est d’abord une technique précise – et elle paraît d’autant plus miraculeuse que celui qui la fait l’exécute avec facilité sans savoir quoi expliquer. Dans la frappe, par exemple, la qualité de la vibration crée des choses différentes. Ce n’est pas de la magie, c’est de la balistique. On sait qu’une balle en plomb, qui éclate, fera plus de dégâts qu’une balle
de fer, qui traverse. Certaines frappes auront la capacité « vibratoire » d’éclater à l’intérieur. Le karaté est un patrimoine extrêmement élaboré qui permet à des hommes âgés de faire mieux que des jeunes. Ce n’est pas un miracle,  c’est de la maîtrise. À mon âge, je peux me retourner d'un coup à plat dos en me tenant en appui sur les mains à 10 cm du sol, frapper en une seconde plusieurs coupsdans différentes directions avec puissance. C’est de la gestion musculaire, du placement, des courbes des trajectoires, des appuis, des forces naturelles, comme celles de la gravité, de l’inertie. Un homme dont les muscles se relâcheraient d’un coup tomberait vers le sol avec énormément de puissance ! La gravitation, c’est la première des forces, parce que sans elle nous n’aurions aucun appui comme si nous nous déplacions dans l’eau. Quand j'ai commencé les arts chinois, on m'a dit que je devais d'abord me tenir pendant des années immobile dans la position de l'arbre. Le discours spirituel qui accompagne cette méthode est un fatras inutile. En revanche, il faut ce temps-là pour modifier la structure musculaire et obtenir les moyens physiques qui vont permettre de transmettre l'énergie dans la frappe. En outre on doit imaginer les mouvements, un procédé efficace pour progresser que vous appelez visualisation. Le secret n'est pas caché, ni magique, il demande juste énormément de travail. Cela dit, à force de précision et d'intuition, le génie des maîtres les amène parfois à la limite de ce qui est, encore, l'inconnu.

La transpiration des samouraïs
La recherche de la meilleure gestion de l’énergie, c’est ce à quoi les samouraïs consacraient toute leur vie. Ils avaient compris que l’énergie est un concept d’ordre général, qui va de l’alimentation, jusqu’à la manière de penser. Quand la vie est en jeu, tout est gestion de l’énergie, de la posture parfaite qui permet la meilleure répartition du poids et de la gravité sur la structure osseuse, de la façon de marcher, d’économiser le moindre geste jusqu’à la posture mentale, où il s’agitlà aussi de choisir juste, d’élaguer. Après une séance sportive, on peutboire une boisson énergétique. Sur un champ de bataille, survivent ceux qui dépensent le moins, qui ne se fatiguent pas.C’est pour cela que les samouraïs considéraient que suer pendant le combat était déshonorant, signe de manque d’efficacité. Ce concept, il l’ont étendu à l’existence dans son ensemble et c’est l’origine de notre travail martial.


Le « Fa Ling », les huit techniques d’explosion
Le phénomène ondulatoire de la frappe, qui la rend « magique » pour un non initié, les experts chinois l’appellent le « Fa Ling ». C’est essentiellement ce qu’ils recherchent :la capacité à rendre la force explosive. En karaté, à un petitniveau, on exploite essentiellement l’inertie.On lance la frappe et on suit. Cela ne va pas loin. Je dirais même que la technique commence quand on parvient à effacer l’inertie pour y substituer la force explosive. La tradition martiale en a identifié de nombreuses formes. J’arrive désormais à huit, dont trois de base : la compression, l’extension, le frottement. Rien de tout cela n’est secret ni caché. Rien n’est vraiment difficile à expérimenter. Il faut en revanche du travail pour installer cette compréhension des phénomènes dans les techniques. Je crois aussi que c’est universel. L’une des plus belles manifestations de Fa Ling, c’est le knock-out de Mohammed Ali sur Georges Foreman! Ali n’avait pas fait d’arts martiaux, mais il avait l’intuitionde la frappe non pas puissante, mais efficace. C’est pourquoi je considère les arts martiaux comme laseule discipline capable d’opérer une rééducation générale de l’être, de nous ramener à une gestion plus instinctive, plus animale de nousmêmes. Les animaux prennent rarement de risque, car la blessure, c’est la mort. Ils ont des mécanismes de politesse, fuient les combats difficiles. Ils cherchent naturellement ce qui est bon pour eux et esquivent le danger. Les hommes forts meurent facilement dans la rue d’un coup de couteau parce qu’ils n’auront pas su intégrer cette gestion instinctive : éviter le mauvais combat, éviter d’être touché. En karaté, j’aime bien considérer le coup, symboliquement,  comme un coup de couteau. Cela aussi, c’est de la gestion énergétique, au niveau émotionnel. Le réflexe de politesse, c’est une bonne inertie, une force qui vous entraîne du bon côté et évite le combat que d’autres, par mauvaise inertie, ne sauront pas voir venir.


Tranquillement rapide
Pour faire des arts martiaux un moyen de mieux exploiter l'énergétique, il y a des principes simples regroupés autour de deux concepts, seules clefs pour progresser en âge dans les arts martiaux : le premier est le relâchement qui rend le corps disponible qui permet la gestion technique. Quand vous utilisez cinq muscles, réduisez à deux. Celui qui frappe avec cinq muscles est moins efficace et s’épuisera beaucoup plus vite. Quand on regarde un mauvais combat, c’est un peu comme quand on est assis à côté d’un mau vais conducteur, on termine noué et courbatu d’avoir freiné de tout son corps. Le second est le principe général d’économie. Chercher à obtenir le même, ou un meilleur résultat avec moins de dépense. Ce n’est pas la force qui doit produire du mouvement, mais le mouvement qui produit de la force. Le bon combattant cherche non pas la vitesse, mais la rapidité. C’est-à-dire que les gestes ne doivent pas être effectués comme si on les précipitait, mais dans un timing juste, pour toucher rapidement la cible. Cette rapidité n’est pas réactivité neuro-musculaire, mais technique, placement, trajectoire. Par  exemple, quand on dégaine un sabre, le geste est plus rapide quand on recule en même temps la jambe et qu’on fouette avec le poignet. Gagner du temps c’est une question d’orientation articulaire, de placement d’appui, de suppression de gestes   intermédiaires. De l’intérieur, vous êtes « tranquille », de l’extérieur, cela paraît incroyablement rapide.

Par Paris-philo - Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Sur le combat et les guerres
Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 14:54

 

Réponse à Alain Bertho professeur d'Anthropologie à Paris 8.

 

La guerre est tout sauf déclarée. C'est pour cela qu'il n'y a pas de signature de la paix. Elle est atomisée, sournoise. C'est la Stasis de Nicole Loraux, la guerre civile de Sartre l'agité après la guerre (qui n'avait rien vu à Berlin en 36 et allait voir Céline pour que l'on joue Les Mouches), "La France ne le sait pas mais nous sommes en guerre contre l'Amérique, oui une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparent. Oui ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, une guerre sans morts apparent et pourtant une guerre à mort. Ceci repris par une protectionniste gaulliste Asselineau * qui connaît mal le jeu des viscères (entendez ce que la guerre peut faire sur le délabrement mental : Céline). Par cette citation on est loin du Mitterrand vassal des américains et qui trouvait que les vrais socialiste étaient les Est-Allemands, au début des années 80 il s'était aligné pour participer au bouclier américain, Reagan soulignait combien il était non courtois mais aimable. Bon et pas obligé de cliver selon les Etats-nations, ou de tout ramener à la vision faussé d'un dirigeant politique, la guerre économico-libidinale qui se joue entre "créateurs" plein d'imaginaire (idées) et le clan des crispés et réactionnaires, pour parler comme Foucault c'est un rapport de forces, dans lequel ne rentre qu'idéalistes et idéologues. La guerre épargne ceux qui ont de la stature, qui sont ancrés dans autre chose que les idées? Le Francophone a eu ses instinct travaillé par Rabelais, Montaigne, Pascal, Voltaire pour les plus bourgeois, Céline ne produisant que des imitateurs décadents (Solers, Nabe, Zagdanski) mais n'étant pas ancré dans les idées mais les viscères fut épargné. Voilà le tableau pour ce qui épargne la France, seul pays d'importance qui n'a jamais été en guerre contre les Américains paradoxalement.

La guerre des américains contre la famille islamique (et non musulmane : le Sud Est de l'Afrique et l'Indonésie sont épargnés) est soutenue par la mère américaine qui y confie ses fils parce que la famille islamique lui paraît rétrograde, je ne reprend que l'analyse d'un autre protectionniste (européen cette fois) : Emmanuel Todd.

Dit autrement nous sommes à une époque atone où il n' a plus d'ennemi mais des adversaires, la politique comme prolongation de la guerre civile (stasis), je ne paraphrase que vos propos, juste pour dire que la guerre n'est pas déclarée et que le terroriste n'est qu'un ennemi fantôme, un spectre. Pardon d'avoir centré mon commentaire sur un apparent anti-américanisme primaire, mais c'est actuellement l'exemple lancinant qui monte en tension et actuellement implose.

Revenant à ce qui est un objet d'étude pour vous Monsieur Bertho, s'il y a émeutes aux Etats-Unis, suite à l'implosion sociale dû à la banqueroute de la FED et l'insolvabilité future du gouvernement fédéral, elles seront non pas gérées humanitairement par l'armée mais par la FEMA avec ses camps et ses trains sans fenêtre, agence fédérale de gestion des états d'urgence. La souveraineté c'est ce qui est capable de déclarer l'état d'urgence et donc par suite la loi martiale qui se substitue à la loi civile (De Gaulle hésita en 1968 et alla voir Massu, celui, je crois, qui interdit au contingent de lire en Algérie, anti-guyotaïsme).

Pardon pour ces propos un peu talmudiques, aussi je finis par un sourire, autre chose qui épargne la guerre car il dissout la névrose obsessionnelle, la crispation de manière désarmante. Donc continuez, svp.

* au tout début de cette vidéo basée comme tous les propos crispés ou réactionnaires basés sur la construction des faits par isolation (http://fr.wikipedia.org/wiki/Isolation_%28psychanalyse%29), la grande majorité de ce que l'on trouve sur internet :
http://www.dailymotion.com/video/xbqfip_francois-asselineau-qui-gouverne-re_news

Par Anthony Le Cazals - Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Sur le combat et les guerres
Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 14:36


J’aimerais revenir sur la question de la « polémologie » ( du mot grec de genre masculin « polemos » qui est du genre féminin en français, « la guerre »). Certes Héraclite est un penseur de la tension, de l’antithétique, de la coexistence des contraires, de la contradiction comme motrice de toute chose produisant finalement « la plus belle harmonie » comme les cordes d’un instrument de musique que l’on écarte et tire pour les faire résonner, comme l’arc que l’on tend pour atteindre la cible: « Ils ne comprennent pas comment ce qui s’oppose à soi-même s’accorde avec soi: ajustement par actions de sens contraire, comme de l’arc et de la lyre » (fragment 51). Or le verbe grec mignumi (mélanger) signifie à la fois faire la guerre et faire l’amour. Pourquoi? C’est qu’il s’agit de mêler les corps, dans une mêlée guerrière ou une mêlée amoureuse. Donc cette lutte des contraires dominant le monde, puisque « la guerre (polemos) est le père de toutes choses et de toutes choses le roi… » (début du fragment 53) ne permet pas de dire, comme je l’ai entendu,que « la guerre n’est pas le mélangé » et que « personne n’assimilerait cela à la guerre » puisque, pour un esprit grec, la guerre, comme l’amour, est précisément ce mélange, ce corps à corps.
Patrice Tardieu

Par Patrice Tardieu - Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Sur le combat et les guerres
Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 00:04

Alain Jugnon a récemment sorti un livre sur le Théâtre du vivant chez Nietsche ou Simondon où il met en avant toute un pthéorie non-pathétique du pathos. Le pathos est ce que nous nommons l'affectif, l'émotion ce que les Indiens nomme la rasa. Une pensée de l'affectif telle que nous l'avions dévelooppée quelques années plus tôt peut donc passé par la formulation indienne de la Rasa qui conditionne essentiellement les arts dont celui du théâtre.

 

181_Rasa_Badami.jpg

Temple à Badami


La théorie du rasa, développée dans le Nâtyaçâstra, le traité indien d’art dramatique écrit probablement au IIème siècle apr. J.-C. et attribué au légendaire Bharata, est au cœur de l’esthétique indienne. Pour Abhinavagupta, le rasa constitue le fondement unique de toute poésie, qui ne doit avoir d’autre but que sa création.

Le mot rasa désigne d’abord le suc d’un fruit ou d’une plante, puis sa saveur particulière ; dans le domaine artistique, il représente la tonalité émotionnelle qui imprègne une œuvre et que ressent son spectateur ou son lecteur. Il désigne également le plaisir esthétique qui en résulte. La meilleure définition est celle qu’en propose Louis Renou dans l’Inde Classique : « c’est un état subjectif du lecteur ou de l’auditeur (c’est tout un) par lequel les émotions dormantes qu’il est en état d’éprouver sont réveillées au contact de l’œuvre littéraire et donnent la sensation d’un plaisir, d’une volupté (…) le lecteur recrée pour son compte et reçoit en lui l’expérience originale du poète, mais cette expérience ne devient rasa que si elle revêt la forme d’un sentiment universel, impersonnel, pour ainsi dire abstrait ».

Cette définition décrit aussi la naissance du rasa, que le Nâtyaçâstra résume dans cet aphorisme célèbre, appelé rasasûtra : vibhâvânubhâvavyabhicârisamyogâd rasanishpattis, « la naissance du rasa résulte de la combinaison des déterminants, des conséquents et des émotions transitoires » (chapitre VI). Pour qu’il y ait rasa, il faut en effet que les émotions que chacun de nous est capable d’éprouver, parce qu’elles appartiennent à l’expérience humaine dans ce qu’elle a d’universel, se cristallisent et nous deviennent présentes : on dit que l’émotion dormante (bhâva) devient « émotion stabilisée » (sthâyibhâva) ; ce phénomène est possible quand un ensemble de facteurs stimule la sensibilité du spectateur :

1) les « déterminants » (vibhâva), personnages propres à inspirer un sentiment ou éléments suggestifs formant le décor de la scène : par exemple, s’agissant du rasa érotique, l’homme aimé ou la femme aimée, ainsi que le printemps, le chant de certains oiseaux, l’aspect, la couleur ou le parfum de certaines fleurs , etc.

2) Les « conséquents » (anubhâva), qui sont les manifestations extérieures de l’émotion, propres à leur servir de signifiants, comme par exemple les regards tendres ou les soupirs ; parmi elles, les huit manifestations physiques spontanées, qui ne peuvent être feintes et donc impliquent de la part d’un acteur qu’il s’identifie au personnage : frémissement, pleurs, transpiration, pâleur, etc.

3) Les « émotions transitoires » (vyabhicâribhâva), qui sont des émotions passagères associées à l’émotion principale, et qui constituent une sorte de nœud émotionnel ; par exemple, l’amour peut se décliner en jalousie, colère, inquiétude, joie, etc.

Le Nâtyaçâstra dresse une liste de 8 rasa, que ses successeurs enrichiront. Chacun est associé à l’ « émotion stabilisée » qui le suscite :


8 rasa 
 8 sthâyibhâva
l’Erotique  çrngâra   plaisir d’amour rati
le Furieux  raudra     colère  krodha
l’Héroïque  vîra     fougue utsâha
le Repoussant  bîbhatsa     aversion  jugupsâ
le Comique   hâsya  rire  sa
le Pathétique karuna  affliction            çoka
le Merveilleux   adbhuta étonnement admiratif vismaya
le Terrible    bhayânaka terreur bhaya           
 



C’est dire que le rasa n’est pas l’émotion elle-même, mais à la fois la couleur particulière qu’elle confère à l’œuvre et le plaisir esthétique qu’elle engendre. Pour éprouver ce plaisir, le spectateur doit conserver avec l’émotion une distance suffisante, tout en ressentant vis à vis du personnage qui en est le sujet une sympathie profonde, source d’une compréhension intime et intuitive.

Sylvain Brocquet, maître de conférence à l'Université d'Aix-Marseille I


  • Shringara est un sentiment de nostalgie pour l’amant absent, à la fois sentimental et érotique, comme le πόθος (pothos) grec. Il englobe à la fois l’aspect physique et spirituel de l’amour et on le désigne parfois sous le terme de rasa adi ("originel") car il est supposé représenter la force créatrice universelle.
  • Hasya est un sentiment presque burlesque, incitant au rire. Il s’exprime musicalement à travers des dessins rythmiques syncopés ou un dialogue mélodique et rythmique entre les musiciens (jawab-sawal).
  • Karuna est pathétique, triste et plein de larmes, et exprime une extrême solitude et une vive nostalgie.
  • Raudra exprime la fureur ou la colère explosive. Ce rasa s’utilise souvent en art dramatique, mais en musique il peut personnifier la fureur de la nature. Musicalement, il se traduit par une série d’ornements rapides et "tremblants", qui produisent un effet vibratoire menaçant dans les notes graves.
  • Vîra exprime le sentiment d’héroïsme, de bravoure, de majesté, la gloire, la grandeur et une sorte d’excitation noble, une certaine fierté. Exagéré, il verse dans raudra.
  • Bhayanaka est au-delà de raudra. Il vise à provoquer l'effroi, la terreur. Il s'exprime difficilement avec un seul instrument, à moins qu’un texte vocal n’éclaire sa signification exacte.
  • Vibhatsa – rempli de dégoût ou le suscitant – est également difficile à exprimer par la musique. Comme le précédent, il s’utilise davantage en art dramatique.
  • Adbhuta traduit la surprise et l’étonnement, la gaieté et même une légère peur, comme lorsque l’on vit une expérience nouvelle, étrange. On peut l’exprimer par une rapidité extrême ou des trouvailles techniques.
  • Shanta exprime la paix, la tranquillité et la sérénité.

Certains mentionnent un dixième rasa, bhakti, imprégné de dévotion et de spiritualité et d’un sentiment presque religieux mais Ravi Shankar le considère comme une combinaison de shanta, karuna et abdhuta.

 

24/04/2010 14:26

Par Anthony - Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Sur le combat et les guerres

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Vous trouverez ici le nouveau plan de notre travail de thèse,  une rapide présentation qui, je l'espère, constituera un petit saut quantique dans la pensée, la soutenance est réportée à une date ultérieure.  Vous ne voyez ici qu'une partie des 1770 articles de ce site. 


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