Jeudi 8 janvier 2009


> Paris le 6 janvier 2009.

>
> Bonjour,
>
> La compagnie Erinna reçoit ce jour depuis la Grèce, le communiqué
> ci-joint, que nous vous transmettons traduit, avec la prière de le
> diffuser auprès de vos réseaux universitaires et autres, vu la situation
> d'extrême urgence humanitaire à Gaza.
>
> Expéditeur : Fédération hellénique des associations des enseignants
> universitaires
>
> Hellenic Federation of University Teachers' Associations (Π.Ο.Σ.Δ.Ε.Π. –
> A. E. I. )
>
> 35, rue Hippocratous GR 106 80 Αthènes – GRECE
>
> Contact : POLITIS Takis (Panagiotis), PhD
>
> Secrétaire de la Fédération hellénique des Associations des Enseignants
> Universitaires
>
> Professeur - adjoint en Didactique de l'Informatique,
> Université de Thessalie, Volos, GRECE.
>
> e-mail: ppol (at) uth.gr
>
>
> Résumé :
>
> Suite au bombardement de l'Université de Gaza, la Fédération Hellénique
> des Enseignants Universitaires signe l'appel aux universitaires
> européens et internationaux lancé par /Free Gaza Movement/ et invite à
> une expédition civile immédiate de soutien et de solidarité à Gaza, pour
> exiger le cessez -le- feu.
>
> Pour plus d'informations, lire le document ci-joint, ou écrire à : ppol (at) uth.gr
>
>
> En vous remerciant par avance de votre attention,
>
>
>
> L'équipe de la compagnie Erinna
>
>
> --
> Compagnie de création de spectacle vivant, la compagnie Erinna est une
> association de loi 1901
> soutenue par le Conseil Régional d'Ile-de-France, le Conseil Général du
> Val d'Oise et l'Ambassade de Grèce en France.
>
> Direction artistique : Anastassia Politi
> siège social : 15, rue de l'Union 95460 Ezanville - France
> contact courrier : 58, avenue de Saint Mandé Paris - France
> tel/fax : 01 43 47 00 84
> portable : 06 11 61 87 31
> email : cie.erinna (at) wanadoo.fr
> site : http://perso.wanadoo.fr/erinna
par Paris8philo publié dans : Actualité effervescente communauté : Politique Directe
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Mercredi 26 novembre 2008

Le mois dernier les familles sont allés réclamer justice à l'Etat. Plus de trois après la mort de Zyed et Bouana, electrocutés dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois, familles et associations ont marché sur le tribunal de Bobigny. Récit vidéo d'une instruction judiciaire qui n'en finit pas malgré la gravité des émeutes de 2005.

par Anthony publié dans : Actualité effervescente communauté : Politique Directe
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Dimanche 23 novembre 2008
Suite à la prétendue affaire terroriste sans doute organisé par l'Etat pour masquer notamment les défaillances de plus en plus nombreuses dans le réseau férré français suite à la privatisation de l'entretien coûteux des voix, nous apportons ici notre soutien aux neuf inculpés de Tarnac, Rouen et Paris. Ce n'est guère un écrit qui peut conduire à l'embastillement de personnes ni même la détention de ce livre que nous possédions dès sa sortie. Pour tout dire le lecture de ce livre dont les sept premières partie sont nihilistes avant d'imaginer quelques pistes à explorer dont il faut le dire la violence armée : d'où le titre l'insurrection qui vient. Construit comme L'Enfer de Dante en sept cercles ou "impasses" (Le soi, les rapports sociaux, le travail, l'économie, l'urbain, l'environnement et la civilisation), il explique que "sous quelque angle qu'on le prenne, le présent est sans issue, ce n'est pas la moindre de ses vertus"... Pour les auteurs du livre, la politique doit se faire non plus dans la repérésentation des villes mais dans l'invisibilité sur territoire et contre les réseaux de contrôle. En quelque sorte il s'agit de se fondre dans le paysage pour mieux saboter les réseaux qans que cela ne se voit. N'étant pas revendiquer cela ne relève en rien du terrorisme. Julien Coupat, Yldune L., Benjamin R., Elsa H., et Bertrand D. qu'on associent à ce livre pour appartente à une "cellule invisible' sont toujours incarcérés. Gabrielle H., Manon G., et Aria T. et Mathieu B. ont été relâchés.

La pétition signés par tous les grands intelectuels
Les neuf de Tarnac (Le monde)
Article de Giorgio Agemben, philosophe et professeur de Julien Coupat
Comité invisible (La républiques des lettres)
si l'un des liens venait à s'effacer nous mettrions en commentaire l'article en son entier (merci de signaler)

Respectant le souhait des auteurs du livre de ne pas appartenir à un milieunous n'avons pas signé la pétition mais l'avons indiqué plus haut.  Plutôt que des mileiux qui tuent la création les auteurs invitent à la consitution de groupe d'action à la manière des meutes de D^G indiqué plus haut.
par La rédaciotn de Paris-philo publié dans : Actualité effervescente communauté : Politique Directe
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Dimanche 17 août 2008

(De Genève) Depuis huit mois, les habitants du bassin minier de Gafsa dénoncent dans la rue leurs misérables conditions de vie. Des journalistes tunisiens sont venus en Europe pour faire connaître cette révolte étouffée par le gouvernement tunisien.

C’est en effet le plus long mouvement social de la Tunisie moderne, une rébellion contre le « modèle économique tunisien ».

Dans un huis-clos total, lycéens, étudiants, ouvriers, mères de famille multiplient les grèves et les manifestations pour protester contre le chômage, la corruption et la flambée des prix. Du côté des médias officiels, silence radio. Tandis que les forces de police ont ordre d’encercler, de harceler, voire d’arrêter les émeutiers et, surtout, de faire barrage aux journalistes trop curieux.

Le minerai extrait de ce bassin fait de la Tunisie le quatrième producteur de phosphate au monde. Or la région est restée l’une des plus pauvres du pays. Pas d’infrastructures, si ce n’est une ligne de chemin de fer servant uniquement au transport des marchandises.

La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) est, depuis le XIXe siècle, l’unique moteur économique de la région. Mais un plan d’ajustement structurel a drastiquement réduit les effectifs de la compagnie. De 11 000, les employés sont passés à 5 000. Le chômage touche 40% des jeunes.

Révolte des jeunes

Tout est d’ailleurs parti d’eux, le 5 janvier 2008 dans la ville de Redeyef, suite à un concours d’embauche de la CPG, considéré comme truqué. Recalés, les jeunes nouvellement diplômés de la région décident alors d’occuper le siège local de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Ils sont rapidement rejoints par leurs familles qui installent les tentes devant le bâtiment. Le mouvement ne cesse alors de s’amplifier.

Pour le contrer, le gouvernement opte pour deux priorités : éviter à tout prix que la protestation ne se propage dans les autres régions et que l’image du pays -qui a accueilli 6,7 millions de touristes en 2007- soit épargnée.

« La zone est interdite aux journalistes étrangers », explique Rachid Khéchana, à la fois rédacteur en chef de Al-Mawqif (L’Opinion, l’un des trois journaux d’opposition du pays) :

« Les autorités ne veulent pas étaler le scandale à l’extérieur. Si les infos sont diffusées hors du pays, la situation n’est plus maîtrisable. Mais tant qu’il s’agit d’un journal local, on peut toujours le confisquer dans les kiosques. »

Grâce à ce black out total, il n’y a, aux yeux du monde, ni émeutes, ni arrestations ni procès.

Une brèche éphémère

Pourtant, une équipe de la télévision pirate Al Hiwar Attounsi (Le dialogue tunisien) parvient tout-de-même à sortir des images de ces insurrections. Elles sont diffusées via satellite sur la chaîne italienne Arcoiris et sur France 3. (Voir la vidéo)


Depuis, les journalistes de la chaîne tunisienne font l’objet de tracasseries et de tabassages répétés. Raison pour laquelle son directeur Tahar Ben Hassine est venu témoigner, avec Rachid Khechana, cette semaine à Genève :

« Ces images sont les seules qui existent sur les insurrections de Gafsa. Elles ont été prises clandestinement. Leur diffusion par satellite casse la stratégie du pouvoir. Le gouvernement veut donner l’impression que rien ne se passe à Gafsa.

La police a l’ordre d’agir de manière dispersée afin de ne pas en faire un gros événement. Qui va savoir qu’ici un tel s’est fait tabasser ou que là-bas la caméra d’un journaliste a été fracassée ? Un étau invisible se resserre ainsi sur la population. »

Promesses présidentielles

En mars, le président tunisien contre-attaque. Signe apparent d’apaisement, il limoge le gouverneur de Gafsa et par la suite, le PDG de la Compagnie. Et en juillet, il s’engage à consacrer un pourcentage des revenus des exportations de phosphates pour construire une nouvelle cimenterie et de nouvelles infrastructures, avec à la clé des emplois pour la région.

Là, les médias officiels ont parlé de la région minière, ironise Rachid Khechana. C’est une des rares fois où Ben Ali a reconnu un problème social.

Après cette initiative présidentielle, la tension baisse… avant de très vite remonter quand les familles réalisent la vacuité des promesses présidentielles. Une nouvelle vague d’arrestations s’abat alors sur la région.

Syndicalistes criminalisés

« Trente huit représentants syndicaux attendent toujours leur jugement. Inculpés comme droits communs, ils peuvent encourir des peines très lourdes. L’un d’eux, Adnan Hajji, risque jusqu’à plusieurs dizaines d’années. »

Un journaliste de Al-Hiwar, Fahem Boulkaddous, est aujourd’hui inculpé de « constitution de bande de malfaiteurs » et risque dix ans de prison. « Cela juste parce qu’il a couvert le mouvement de protestation du bassin minier de Gafsa », remarque son directeur.

Les émeutes de Gafsa rencontrent un fort soutien de la société civile et des avocats. Ces derniers se déplacent à tour de rôle de Tunis -dix heures de route aller-retour- pour suivre les procès et défendre les détenus.

par Paris6philo (info Rue89.com) publié dans : Actualité effervescente communauté : Politique Directe
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Jeudi 26 juin 2008
Un colloque sur les universités populaires aura lieu au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle du 14 au 21 août. Vous trouverez en dossier joint le programme de ce colloque.
Quelques philosophes participeront à ce colloque (Séverrine Auffret, UP de Caen, Michel Onfray UP de Caen, Paule Orsoni UP d'Arras, Thierry Wuillaume UP de Lyon).
G Pouloin

Voir notre article sur les universités populaires (toute la liste des UP)
par Paris 8 Philo publié dans : Actualité effervescente communauté : La communauté des communautés
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Samedi 21 juin 2008
En un mot si vous plonger dans la foule ce soir n'oubliez pas de mettre votre tuba.
par Gauthier publié dans : Actualité effervescente communauté : De la Vie
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Samedi 21 juin 2008

Voici quelques articles relatant la prise de pouvoir instiutionnelle en Turquie par l'Etat obscur (cette collusion de nationalistes-musulmans, de militaire, de chefs de la police qui a investi tout les rouages de l'Etat turc et qui a déjà commis 4 coups d'état en 50 ans mais de manière plus violente et moins légale que cette fois-ci). Vu de l'extérieur, certains penseraient trop rapidement que la dissolution du parti pro-musulman modéré AKP serait une bonne chose et une volonté de faire respecter la laïcité, c'est oublier que les nationalistes sont sont d'autant moins modérés que l'AKP. Certains présentent ce coup d'état comme étant pro-sionniste, comme dans le premier article à suivre. Paris 8 philo

 

Coup d’Etat réactionnaire en Turquie

On Shamireaders, 13 juin 2008

shamireaders@yahoogroups.com

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

Des développements dramatiques en Turquie, où les juges de la cour constitutionnelle (la composante la plus réactionnaire de l’establishment), conjointement aux kémalistes alliés aux généraux pro-américains, soutenus par les sionistes et les néocons, ont mis en scène un coup contre Erdoğan, un modéré, ami de la Russie et de l’Iran, démocratiquement élu. L’article qui suit est d’un analyste indien reconnu, Bhadrakumar. Les ennemis de la démocratie et nos ennemis sont athées – et cela nous amène à y réfléchir à deux fois au sujet des projets d’ « Etat laïc », de « medina chilonit », des juifs antisionistes. Notre ami Paul Eisen, de Londres, l’a résumé de manière succincte : un « Etat laïc », c’est une autre forme de domination juive. Nous l’observons tout aussi bien en Europe – les plus laïcs des pays, la France et l’Angleterre, sont les plus lourdement influencés par leurs communautés juives. En revanche, un pays très influencé par l’Eglise comme la Grèce est parmi les plus libres par rapport à l’influence judéo-américaine. La Russie et l’Iran sont des Etats non-laïcs. En Turquie, le sécularisme n’est qu’une forme, parmi d’autres, de soumission à Sion. Voici l’article en question : (Israël Shamir).

 

Il serait illusoire de croire que dans le paysage politique des pays arabes, que ceux qui se considèrent  les "protecteurs" de ces sociétés contre l'islam politique, en dénigrant et en éradiquant leurs réalités religieuses, culturelles, ne soient pas dans le même état d'esprit que les fascistes turcs, les généraux algériens, BEN ALI, MOUBAREK ect...toute la ligue arabes et ses dictateurs, mais ausi certains groupuscules de la société civile aussi sont disposés à jouer ce rôle.En Tunisie dans le passé des individus comme HERMEL, CHARFI, CHAMMERI, ITTAJDID, les FEMMES DEMOCRATES et quelques vermines sionisantes,  avaient joué,  et parmi ceux qui vivent encore,  jouent ce rôle  d'une façon admirable, ils vampirisent, bloquent et nstrumentalisent pour mieux les vider de leur séve toutes les formes de conmbats populaires, quand ils ne jouent pas les supplétifs de la répression organisée, par toutes les violences criminelles et  liberticides.

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Etat d’alerte au sujet des problèmes politiques en Turquie

par M. K. Bhadrakumar *

 

Le récent verdict rendu par la cour constitutionnelle turque, cassant la tentative du gouvernement d’Ankara de créer une base légale permettant de lever l’interdiction du port des voiles pour les femmes fréquentant les universités, dresse le décor d’une bataille titanesque entre le parti au pouvoir du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan et l’élite laïque de la Turquie, laquelle inclut la justice, l’armée et les « kémalistes ».

 

Le Parti de la Justice et du Développement (AKP) d’Erdoğan mène une bataille de la dernière chance pour sa survie, pas même un an après sa victoire spectaculaire aux élections législatives de juillet dernier, au cours desquelles il s’était assuré un score sans précédent de 40 % des suffrages exprimés. D’après un commentateur politique de haut niveau, Ilnur Cevik, « nous assistons actuellement, en Turquie, à une tentative de coup inspiré par le milieu judiciaire et soutenu par les formations élitaires sécularistes. » Cevik avait averti, voici quelques semaines de cela, : « Ces dernières décennies, en Turquie, les coups d’Etat militaires ont été remplacés par des interventions postmodernes, dans lesquelles certaines formations civiles élitaires sont encouragées à défier le gouvernement élu, ainsi que le parlement, et à imposer leur volonté à la nation. »

 

Mais ce qu’il est en train de se passer ne peut être vu simplement comme des querelles politiciennes. En effet, ce sont des questions très profondes, qui sont en cause. Le cœur de la question, c’est de savoir si le type d’Islam politique pratiqué par l’AKP sera autorisé à fonctionner à l’intérieur des quatre murs des principes démocratiques et à se transformer, graduellement, de manière incrémentale, en une force progressiste, plutôt que de se voir refoulé dans le piège de la radicalisation.

 

Le résultat de ce bras-de-fer sera observé de très près au Moyen-Orient et partout où des musulmans pratiquants se battent, au sujet des questions des relations entre l’Etat et la religion. Inutile de préciser que l’instabilité politique croissante en Turquie aura des répercussions internationales massives, en des temps où l’observation hostile entre les Etats-Unis + Israël, d’un côté, et l’Iran, de l’autre, se rapproche d’un climax fatal, dans le courant des mois à venir.

 

Il a semblé, durant un certain temps de flottement, que les élections de l’année dernière, en Turquie, aboutiraient à générer un équilibre entre Islam, démocratie, laïcité et modernité. L’AKP a assuré ses mandats en tant que parti de croyants pratiquants, mais aussi en tant que parti du « Turc moyen » (pour citer Erdoğan), bien plus qu’en tant que parti profondément enraciné dans l’Islam.

 

L’AKP a insisté sur le fait que sa mission première réside dans l’intégration des différents segments de la société, en tant que mouvement dédié à la « socialisation » de la laïcité. L’AKP a défié la variété de laïcité intégriste régnant en Turquie, qu’il a accusé d’être un concept unidimensionnel, que les kémalistes turcs tiennent pour le stade ultime de l’évolution intellectuelle et organisationnelle de leur société. L’AKP a affirmé que la Turquie ne doit pas rester figée, et qu’elle doit, au contraire, évoluer, en cohérence avec la compréhension que des sociétés démocratiques modernes ont de la laïcité libertaire, qui offre un espace pour la cohabitation d’individus ayant des convictions et des styles de vie différents, dans la société.

 

La conviction de l’AKP, c’est que le sécularisme ne saurait être conçu comme une alternative à la religion, étant donné que c’est non pas l’individu, qui est laïc, mais l’Etat. On peut considérer que cette approche ne diffère pas réellement du nationalisme laïc d’inspiration européenne qui a fourni l’ossature idéologique du système étatique anglo-français, au Moyen-Orient, après la chute de l’Empire ottoman, en 1918.

 

Mais ce qui est en cause, c’est cette réalité, que les régimes nationalistes dans la région – y compris en Turquie – ont de plus en plus perdu leur légitimité politique durant les dernières décennies, ce qui a, a son tour, créé un vide que l’islamisme aspire de plus en plus à remplir. Le camp sécularistes discrédité est incapable de relever les défis de l’islamisme, qui a fait montre d’une habileté remarquable à intégrer les griefs socio-économiques, à les formuler dans un idiome révolutionnaire séduisant, et à leur donner la coloration d’un nationalisme antioccidental extrêmement répandu dans tout le Moyen-Orient.

 

A n’en pas douter, la politique mondiale post-11 septembre (2001) et l’ « islamo-fascisme » dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne insistent à dire qu’il est au cœur de la « guerre contre le terrorisme », ont énormément boosté la plateforme programmatique de l’Islam politique. Pour dire les choses simplement, les forces islamistes sont en train de défier frontalement les espèces ayant cours du pouvoir politique.

 

En recourant à des méthodes populistes, telle la formation de groupes de quartiers, et par leur habileté indéniable à maîtriser les médias, en particulier la télévision, ils se sont adressés à de vastes audiences afin de mobiliser les masses musulmanes. Théoriquement, pour pouvoir se dire laïcs, un système politique ne doit pas interdire les partis politiques confessionnels. Des pays tels que l’Inde, Israël et l’Allemagne se sont dotés d’un système politique inclusif qui autorise la participation des confessions religieuses ou de partis fondés sur la religion à la vie publique. La règle d’or devrait être que des partis comme l’AKP doivent respecter des normes très strictes de résolution non-violente des différends politiques. Et, dès lors que des partis tels ceux-là existent, comme l’AKP, par exemple, qui sont attachés aux principes démocratiques et qui ont reçu du peuple le mandat de gouverner, ils doivent être autorisés à le faire, et à s’intégrer au système politique.

 

Aussi ne devrait-il y avoir nul désaccord quant au fait que l’AKP a réussi au test au papier de tournesol, à savoir qu’il a réussi à être un parti politique fonctionnant conformément aux normes démocratiques. Mais le problème est ailleurs. Des sondages d’opinion récents ont montré que l’AKP continue à surfer sur une puissante vague de popularité. En janvier dernier, sa popularité atteignait les 54 % (à comparer au principal pari « kémaliste », le Parti Républicain du Peuple, dont l’acronyme turc est CHP, qui n’atteint qu’un score d’environ 20 %).

 

L’économie et la stabilité politique ont été des facteurs clés de la popularité constante de l’AKP. Manifestement, comme l’a écrit récemment l’éditorialiste turc Tahya Akyol dans son journal libéral, le Milliyet : « Le CHP n’est pas vraiment influencé par les développements sociaux. Il tourne autour d’une base électorale stable et constante… Le soutien élevé, mais fluctuant, dont bénéficie l’AKP, montre que ce parti est sensible à la conjoncture sociale. Le fait que le soutien au CHP soit bas, mais stable, montre que ce parti n’est pas autant affecté par le social. Ainsi, des millions de patrons de PME, de fermiers et de chômeurs ont des problèmes, et les appels à la démocratisation de la société ne font que croître, mais ces millions de personnes ne voient pas une alternative à l’AKP dans le CHP… Celui-ci n’est pas un parti exprimant la défense de besoins sociaux ; non, c’est un parti élitiste et idéologique.

 

« La structure élitiste et idéologique du CHP, inflexible et insensible aux revendications sociales, interdit à ce parti de devenir un parti de masse, pour les Turcs moyens… Le Turc moyen rejette un Etat théocratique, mais il veut que la religion soit respectée ; il croit à la laïcité démocratique, mais il veut que l’interdiction du voile soit levée ; et il apporte une importance au fait que tous les aspects de la vie courante ne deviennent pas des problèmes. A l’évidence, ce Turc moyen vote généralement pour l’AKP, un parti auquel il n’existe pas d’alternative, parce que, malheureusement, nous n’avons pas de parti social démocrate qui serait soutenu par des millions de citoyens ordinaires, originaires de toutes les régions de la Turquie. »

 

De manière significative, l’élite militaire turque n’a pas perdu une minute pour endosser la décision prise par la cour constitutionnelle mercredi dernier. La haute hiérarchie militaire avait observé un profil bas depuis le succès électoral massif de l’AKP lors des législatives de juillet 2007.

 

Mais, la semaine dernière, elle a montré sa tête, par-dessus le parapet. Le chef suprême de l’armée, le général en chef de l’Etat-major Mehmet Yasar Büyükanit, a retrouvé son élan perdu. Il a tonné : « La République turque est le seul pays, dans le monde musulman, à avoir une structure laïque. D’aucuns veulent détruire la structure laïque de la Turquie, ou qualifier le nom de notre pays au moyen d’épithètes. Les corps judiciaires ne le permettront jamais. Aucun pouvoir ne sera jamais assez puissant pour renverser la République et ses principes fondamentaux. »

 

 

Le général condamnait ainsi tout étranger qui aurait osé voir, en la Turquie, un « pays islamique modéré ». Il a ajouté : « La Turquie est un pays laïc, démocratique et social, gouverné par l’état de droit. Il est impossible de modifier en quoi que ce soit ses caractéristiques. Cela n’est pas un commentaire, c’est l’énonciation d’une évidence ! »

 

La décision de jeudi dernier est une mauvaise nouvelle, pour Erdoğan. Un procès disjoint, intenté par le procureur de la République, est en cours, qui fustige l’AKP pour son comportement anti-laïc et interdit à 71 de ses dirigeants les plus éminents – dont Erdoğan et le président de la République Abdüllah Gül – d’appartenir à un quelconque parti politique pour une durée de cinq ans. La plupart des observateurs turcs considèrent que le verdict de jeudi dernier fait de l’interdiction judiciaire du parti AKP une conclusion quasi-certaine (le verdict du tribunal est attendu pour le mois de septembre ou le mois d’octobre). Les autorités turques ont une longue tradition en matière d’interdiction de partis politiques. Cela s’est produit à plus de vingt reprises, dans le passé (depuis l’instauration de la République en 1921, ndt).

 

Mais l’interdiction de l’AKP aurait des conséquences très graves. Reste le fait que ce parti est le seul parti véritablement national dans le monde politique turc. Et quelles qu’aient pu être les aberrations de son comportement politique dans les mois récents, Erdoğan n’en demeure non moins un homme politique au charisme immense. Sa seule « faute » est le fait qu’il ait dirigé un mouvement représentant une menace très sérieuse pour les élites retranchées qui veulent se faire passer pour « kémalistes » et pour les porte-flambeaux uniques en leur genre du legs de Kamal Atatürk, en tant que fondateur de l’Etat turc moderne.

 

Conformément à des pratiques bien établies par le passé par les partis politiques frappés d’interdiction, l’AKP, selon toutes les probabilités, pourrait toujours ré-émerger sous une bannière différente. Erdoğan, même frappé de l’interdiction de toute activité politique, pourrait toujours rester un acteur influent sur l’échiquier politique turc. Mais ce n’est pas tout : la Turquie serait lourdement perdante. Son image est atteinte, sur le plan international. La revendication d’être intégré à l’Union européenne d’Ankara en souffrirait, très certainement. Les forces consensuelles de l’islamisme, qui sont des forces modérées – que ce soit au Levant, en Palestine ou en Egypte – en tireraient inévitablement des conclusions quant aux limites de la participation inclusive que peut bien offrir la vie démocratique…

 

Israël et ses partisans néoconservateurs aux Etats-Unis pourraient pousser un soupir de soulagement, de voir que le gouvernement AKP est enfin éliminé du paysage politique de la région. Ils ont observé avec horreur le retour de la Turquie, sous la conduite de l’AKP, à l’intérieur du monde musulman. Le rapprochement croissant entre la Turquie et l’Iran, son ouverture vis-à-vis du Hamas, en Palestine, et du Hezbollah, au Liban, ses rapports avec la Syrie – tout cela était « anathème », pour Israël.

 

Le sentiment de soulagement, dans le camp néoconservateur des Etats-Unis, est palpable. Michael Rubin, de l’American Enterprise Institute, voit dans la personne d’ Erdoğan moins un « démocrate douteux » qu’un « protégé » du Premier ministre russe (et ex-président) Vladimir Poutine, qui a élargi le gap entre l’Islam et l’Occident « en encourageant les théories du complot anti-américaines et antisémites les plus virulentes ».

 

Le problème, de toute évidence, est lié au phénomène Erdoğan. Que faites-vous, lorsque quelqu’un doté d’un acumen politique aussi extraordinaire qu’Erdoğan apparaît comme la figure de proue de l’Islamisme, et que vous ne disposez pas du moindre rival à mettre en face ? Le désespoir est évident, dans les propos tenus par Rubin. Il propose une ligne directrice bien utile pour la charte démocratique du Moyen-Orient : « Un succès électoral ne devrait jamais placer les hommes politiques au-dessus de l’état de droit. Le fait que M. Erdoğan ait gagné par 47 % des suffrages lors des dernières élections ne fait qu’exacerber la tragédie, mais cela ne devrait pas lui valoir une quelconque immunité… M. Erdoğan peut certes aspirer à être M. Poutine, mais il ne doit en aucun cas bénéficier du soutien américain, ou européen, qui ne ferait que conforter ses ambitions ».

 

A coup sûr, Israël va acquiescer aux propos de Rubin – d’autant plus qu’il excite la belligérance à l’égard de l’Iran, du Hamas et du Hezbollah. Pourtant, la question à un million de dollars est celle de savoir ce que le Sénateur démocrate Barack Obama, s’il est élu président des Etats-Unis, pensera d’hommes d’Etat musulmans charismatiques, tel celui de la Turquie, M. Erdoğan ?

 

[* M. K. Bhadrakumar a été diplomate dans les services des Affaires étrangères indiennes durant plus de vingt-neuf années. Il a notamment été ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (de 1995 à 1998) et en Turquie (de 1998 à 2001)]

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Islamophobie sur la couverture de l'Express

 

Cette semaine, l'Express annonce fièrement "Islam, les vérités qui dérangent". Sans vouloir faire de comparaison malsaine, c'est le genre de titre qu'on aurait pu lire dans des magazines fascistes des années 1930: "Judaïsme, les vérités qui dérangent". Le sujet occupe une dizaine de pages, qui tournent toutes autour d'un même sujet: l'incompatibilité de l'islam avec la République. Mais qu'un hebdomadaire modéré se livre à un tel dossier ne semble émouvoir personne. Le prétexte est l'affaire du mariage annulé, qui vient nous rappeler, selon l'Express, que "l'intégration musulmane est un défi continu". Et chaque article est un coup de pioche porté contre cette religion.

1. Premier article: "Les femmes, un statut d'infériorité"

"Allah est t-il misogyne?", interroge l'Express, reprenant l'argument fétiche de ceux
qui critiquent l'islam. Ces bien-pensants devraient se pencher sur les chiffres des violences conjugales en France: les Français chrétiens ou athées ont des comportements qui n'ont rien envier aux "méchants" musulmans (une femme sur dix est victime de violences conjugales, six femmes en meurent chaque mois).

2. Deuxième article: "Les enfants, Allah d'abord"

"Dans les textes sacrés, le nouveau-né est mis sur le même plan que les biens terrestres, explique Geneviève Gobillot, professeur d'études arabes et islamiques, à l'Université Lyon III, s'attacher à lui, c'est s'attacher à ce bas monde et se détourner de Dieu." La foi passe avant tout lien familiale.

Passage abject, qui sous-entend que les musulmans n'aiment pas leurs enfants… Cela me fait penser à certains mythes antisémites. Cette phrase, prononcée par une professeure, spécialiste de culture Arabe qui plus est, dépasse l'entendement, et serait probablement passible de poursuites.

3. Troisième article: "L'Individu. 'Sous le regard de Dieu'"

Ici, c'est la soumission qui est mise en exergue, et bien entendu pour nous autres
Européens, ce mot a une connotation négative (il s'oppose à la liberté). Le musulman est par définition "soumis" et il lui est impossible d'opérer une critique ou d'évoluer. Les questions posées par le journal à l'expert interviewé sont significatives de l'état d'esprit de l'hebdomadaire:

"L'idée d'égalité,au sens ou nous l'entendons en occident,existe-t-elle?", "Des chrétiens et des musulmans critiques sont aujourd'hui persécutés dans des pays islamiques. La liberté religieuse est-elle incompatible avec l'islam?"

"Dans des pays islamiques"… Une expression vague, qui masque les énormes différences entre les pays à majorité musulmane. Quel est le lien entre la République islamique d'Iran et le royaume du Maroc ou l'Indonésie?

4. Quatrième article: "la laïcité. L'Etat ou Mahomet?"

Ici, le ton est donné dans le titre, "l'Etat ou Mahomet?", comme s'il fallait choisir entre les deux, être musulman ou être républicain. Est citée la phrase très connue de Hassan al Banna, fondateur frères musulmans: "Le Coran est notre Constitution", mais sans que cette déclaration ne soit remise dans le contexte insurrectionnel de l'Egypte, colonie anglaise, en 1920. Une photo met l'accent sur cette incapacité de l'islam à vivre en république: "une manifestation contre le projet de loi interdisant les signe religieux dans les écoles en
2004"… sauf que nous sommes en 2008, et que ce problème a été réglé depuis.

5. Cinquième article: "la violence. Au nom du djihad"

"La religion du Prophète n'a évidemment pas le monopole du sang versé", commence l'article comme si on s'adressait à des gens qui pensent que la violence est constitutive à l'islam. Et… c'est bien ce qu'on lit un peu plus bas, en effet:

"L'Ancien Testament regorge de batailles et de tueries, et le christianisme a brulé les hérétiques et promu les croisades, en trahissant le pacifisme de son message
originel. L'islam, cependant, a admis la guerre sainte dès son origine: elle est non seulement juste, mais licite, dit le Coran… La tradition musulmane va donc réglementer et codifier très tôt l'usage des armes jusque dans la répartition des avantages matériels qu'il entraîne, et l'associer à un expansionnisme territorial étranger au judaïsme."

Donc, alors que les chrétiens ont travesti par le passé leur (beau) message pacifique, les musulmans eux, n'ont fait que suivre le message originel, le jihad. Photo qui illustre cet article: une "manifestation contre la reproduction d'une caricature de Mahomet".

6. Sixième article: "la modernité. Ce passé trop présent"

Ici est abordée la question de l'islam dans la vie privée:

"Le poids de la tradition et du Coran freine les sociétés musulmanes, comment trouver un autre chemin vers le progrès?"

Combien de fois avons nous entendu cela? Les musulmans sont arriérés, leur religion les tire vers le bas… Mais quelle différence y-a-t-il entre les croyants musulmans et les croyants évangélistes de la "Bible Belt" étatsunienne, si ce n'est leur niveau de vie? Il est également significatif de constater que l'article va jusqu'à nier l'efficacité des démarches visant à faire évoluer les mentalités musulmanes:

"La modernité ne se décrète pas non plus d'en haut, comme l'ont montré les limites des modèles de laïcité turc ou tunisien."

L'auteur oublie au passage le rôle joué en France par la loi pour annihiler l'influence de l'Église catholique. Le problème, poursuit le journaliste c'est que "dans l'écrasante majorité des pays concernés, l'exaltation du passé sert encore de grilles de lecture du
présent". En France, personne n'a osé dire que les célébrations du bicentenaire de la
révolution Française allaient à l'encontre de la modernité.

7. Septième article: "Esclavage. Histoire d'un tabou"

On continue dans la stigmatisation. L'auteur se délecte ici de nous rappeler la traite des noirs réalisée par les Arabes et se pique de bien rappeler au passage que "trois à quatre millions d'esclaves 'blancs' avaient été raflés par les Turcs". Pourquoi cette précision? Un esclave est un esclave, quelque soit sa couleur de peau ou sa religion, non? En plus d'insister sur le passé esclavagiste des arabes,le doigt est mis sur la continuité mais aussi la résurgence de cette pratique. Qu'on en juge en lisant la conclusion de l'article:

"Car aujourd'hui, comme le souligne Malek Chebel, les serviteurs noirs de Mauritanie,les domestiques des palais Marocains ou des monarchies du golfe, les enfants exploité en Afrique de l'ouest ou en Indonésie sont-ils autre chose que des 'esclaves modernes'?"

A cette aune, on pourrait également citer le sort réservé aux immigrants illégaux aux Etats-Unis ou en France, leurs bas salaires.

8. Huitième article: "Les plaisirs. Parfum d'Orient"

Le ton est donné d'entrée de jeu:

"L'islam,une religion hédoniste? Qui le croirait?"

Une fois de plus, on s'adresse à des gens qui sont supposés avoir une idée arrêtée et rétrograde sur l'islam, norme acceptée de tous. C'est certes le seul moment du dossier où l'islam n'est pas attaqué ou rabaissé. Mais il y a un problème: l'auteur, Malek Chebel, ne parle que du passé. Or, en insistant sur ce passé sensuel et érotique de l'Islam, c'est l'obscurantisme et le puritanisme prêtés aux musulmans actuels qui est souligné en creux. Sait-on pourtant que les femmes saoudiennes achètent plus de dessous "affriolants" que les Européennes, et que sur les chaines satellitaires arabes règne, sur les sujets sexuels, une véritable liberté de parole avec des questions souvent très crues?

9. Neuvième article: "Quand l'Algérie s'en prend aux chrétiens"

L'islam est ici stigmatisé à travers un problème Algero-Algérien, qui n'est en rien représentatif d'une quelconque volonté collective englobant les pays musulmans. Il est certes inadmissible que le président Bouteflika bafoue le droit élémentaire de choisir sa religion. Mais c'est une histoire propre à l'Algerie, dans une problématique spécifique de consolidation du pouvoir.

10. Dixième article: "Que devons nous aux philosophes arabes?"

Dernière des "vérités qui dérangent" de l'islam: c'est à la transmission des savoirs Grecs par les savants arabes, et plus précisément Averroès, que l'on s'attaque:

"Dans un livre critiqué, l'historien Sylvain Gouguenheim minimise l'influence du grand penseur musulman Averroès sur l'Europe chrétienne médiévale, s'explique et répond à ceux qui le taxent d'islamophobie."

L'Express donne ici la parole à un historien, qui, de l'aveu même du journal, "a cité dans ses remerciements un auteur d'extrême droite". Ce qui n'a pas l'air de gêner outre mesure la
rédaction, puisqu'il est offert à ce monsieur une large tribune…

Pour conclure, on doit se demander quel est le but poursuivi par l'Express qui expose ces prétendues "vérités qui dérangent"? En ces temps troubles, où le racisme guette à nouveau l'ensemble de la population, une telle une ne fait que jeter de l'huile sur le feu de l'islamophobie.

http://www.rue89.com/2008/06/19/islamophobie-sur-la-couverture-de-lexpress

par Paris 8 Philo publié dans : Actualité effervescente communauté : Politique Directe
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Mardi 1 avril 2008
Ce texte même s'il est la marque d'une politique du ressentiment et de la reconnaissance est déjà paru dans le numéro 23-24 (mars 2008) de la revue Ni patrie ni frontières. Une version légèrement modifiée (essentiellement sans les notes) du dernier chapitre va paraître aussi dans le numéro 22 du Quotidien des Sans-papiers. Nous le rendons maintenant disponible dans sa version complète. Celle-ci présente quelques légères modifications (exclusivement de style) par rapport au texte de la revue. Tel quel, il sera bientôt publié comme premier cahier d’une nouvelle collection, « Les cahiers du Quotidien des Sans-papiers ».  Paris8philo

1. Un «nègre», un livre


 

En 1961, au plus fort du mouvement de décolonisation, un livre eut son heure de notoriété auprès des intellectuels européens et notamment français. En voici la conclusion générale:

«Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses dessins et à sa gloire; des siècles qu’au nom d’une prétendue "aventure spirituelle" elle étouffe la quasi-totalité de l’humanité.»

Cet appel à l’abandon était aussi, expressément, un appel au désaveu des intellectuels européens en tant que tels, qui applaudirent néanmoins pour la plupart, souvent au nom de la «honte d’être européens». C’était l’époque de l’engagement sartrien et Sartre précisément donna le ton, en préfaçant le livre et en invitant les Européens à le lire: «Ayez le courage de le lire: par cette première raison qu’il vous fera honte et que la honte, comme a dit Marx, est un sentiment révolutionnaire (1).»

L’auteur, un «nègre», n’était pas un nègre quelconque, mais un Noir martiniquais insoumis, médecin psychiatre de son état et révolutionnaire algérien de son choix, un ancien colonisé, français de naissance, un asservi, mais ayant développé une conscience aiguë de l’avoir été, donc un regard perçant et le plus lucide sur les conditions de la libération.

C’est pour aider à développer cette conscience de la révolte nécessaire, libératrice, chez lui et chez tous les colonisés de la planète, qu’il écrivit son livre. Pour la développer jusqu’aux extrêmes conséquences; pour que, conscients d’avoir à abandonner toute répétition plaintive, tout mimétisme de l’Europe, lui et ses frères nègres de tous les coins du monde en arrivent à la seule, à l’extrême, salutaire conclusion: quitter la métropole blanche.

Le ton nouveau du livre était sensible d’emblée pour des Français. Il rompait jusque dans la forme avec la tradition des bienséances intellectuelles. Il s’adressait non aux intellectuels blancs, ni aux intellectuels colonisés, dont le rôle de classe fatalement conformiste et mimétique était stigmatisé sans concessions, mais directement aux combattants de la révolution anti-colonialiste. À eux seuls l’appel était lancé.

L’issue du combat historique ne faisait aucun doute. Ce dont il s’agissait, c’était donc d’abord de préciser la condition de sa victoire réelle, non illusoire. Et la condition c’était: quitter la métropole globale d’une manière définitive. Physiquement, certes, pour certains; mais avant tout et pour la très grande majorité, pour le peuple global des pays du Tiers-monde, la quitter idéologiquement: dans ses mécanismes de pensée, dans ses concepts et ses principes, dans sa culture. La quitter humainement, en tant qu’hommes. Condition pour en finir avec leur infantilisation orchestrée par tous les moyens, par les forces sociales matérielles ainsi qu’intellectuelles, et pour prendre enfin en mains, à proprement parler, leurs destins.

Bêtes de somme jusqu’à hier, hommes debout aujourd’hui. Hommes dignes, poursuivant dans l’action, expérimentant par la voie de l’insoumission directe collective et violente, jusque dans les replis de leur psychisme en libération, donc intériorisant radicalement, leur éloignement global de la civilisation européenne – des colonisateurs des esprits comme des colonialistes et néo-colonialistes matériels.

 

Que reste-t-il, passé un demi siècle, de ce livre, Les damnés de la terre, au titre déjà évocateur du chant d’espoir des foules esclaves européennes en lutte; du chant d’espoir, plus tard, des foules esclaves des continents du Tiers-monde, des «hommes colonisés, ces esclaves des temps modernes (2)»; et qui à présent ravive en nous la vision du torrent de désespoir planétaire, l’enfer sur terre des damnés de la civilisation, corps et nourriture de notre contemporanéité ?

Page après page, on en démêle, on en tend les cordes, on en fait l’essai; et il s’en dégage des sons aujourd’hui disparates, mélange d’inactualité et d’actualité profondes.

Profondément inactuelle la perspective politique. Celle d’un mouvement mondial des paysans pauvres, des surexploités du Tiers-monde insurgés dans les révolutions anticolonialistes et anti-néocolonialistes, organisés dans les armées nationales, appelés à rejeter à la mer, avec les anciens et nouveaux colons, leurs anciennes et nouvelles bourgeoisies colonisées et néocolonisées, les «esclaves affranchis» («clientèles urbaines», «élites intellectuelles ou commerciales»), appelés à instaurer donc dans le monde, par le biais des révolutions nationales, le socialisme révolutionnaire internationaliste: puisque, «dans les pays coloniaux, seule la paysannerie est révolutionnaire (3)».

Que cette perspective ait été bonne ou mauvaise à l’époque, ce n’est pas ici la question. Elle est à présent dépassée par la dynamique des faits, par les bouleversements sociaux intervenus dans la composition de la population mondiale, les masses paysannes du Sud du monde n’étant plus guère paysannes dans la plupart des cas.

 


 

2. Populations mondiales


 

Les pauvres et surexploités du Tiers-monde sont aujourd’hui une réalité surtout urbaine, ou en passe de le devenir à grands pas – si tant est que l’on puisse encore qualifier d’«urbains» les bidonvilles, favelas et autres inqualifiables périphéries peu ou non urbanisées (en expansion permanente accélérée, le plus souvent mal recensées, impossibles à recenser, dont personne ne sait où «la ville finit», où «la ville commence») des «conurbations» et autres agglomérations monstres, villes capitales géantes et autres «mégalopoles», où ils s’amassent sans nombre.

L’emploi même du mot «urbanisation» est impropre, paradoxal, face à un processus mondial qui, par son ampleur et son intensité, n’a plus rien ou pas grand-chose à voir avec le traditionnel contraste ville/campagne, ni avec l’idée même de la ville, auxquelles nous ont familiarisés deux siècles d’historiographie et de sociologie européennes. Ce processus, désormais, ne concerne plus seulement les situations dites de mal-développement, plus seulement les pays qu’on appelle moins avancés; il n’est même plus lié à une phase quelconque de formation des conditions de l’industrialisation (comme cela a été en Europe et ailleurs), mais bien très souvent à la persistance et à l’aggravation, voire au retour du sous-développement structurel – économique, des conditions de vie et culturelles. Bref, il faut retenir ici ce fait majeur de notre temps: tout en étant souvent d’origine rurale ou quasi rurale, les déshérités, les surexploités, en somme les pauvres de ce monde, ne sont plus aujourd’hui une réalité sociale qu’on puisse définir «essentiellement paysanne (4)».

On s’accorde généralement pour avancer, d’après les estimations des démographes, que la planète est entrée dans la période (2005-2010) du dépassement de la population rurale par l’urbaine, celle-ci étant évaluée à peu près à la moitié de la population mondiale, 3,2 milliards d’hommes sur un total de 6,5 milliards estimés pour 2005 (48 pour cent déjà en 2003). Les cinq septièmes (environ 2,3 milliards d’hommes) de cette population urbaine totale s’entassent désormais dans les villes du Tiers-monde. Un chiffre, à lui seul, exprime l’énormité des changements en cours: rien que depuis 1980, en peu plus de deux décennies, la masse de la main-d’œuvre urbaine sur le marché mondial du travail aurait «plus que doublé»(5). Ce processus inédit dans les annales de l’humanité s’est déroulé notamment dans les pays du Tiers-monde (Chine incluse), où il continue à progresser d’un pas accéléré.

Ces estimations (où l’écran des chiffres n’en cache pas moins la réalité toute nue de la misère et des mille famines de ce meilleur des mondes) s’appuient sur les statistiques des Nations unies. L’imprécision par défaut de celles-ci est notoire, car elles s’appuient à la fois sur des définitions sociologiques légales (nationales) très variées et confuses (ou internationales très restrictives) et sur des recensements (effectués par les différents États) qui sont souvent, dans les meilleurs des cas (et non seulement dans le Tiers-monde), peu fiables, et dans les pires délibérément et massivement faussés. Nous ne nous livrerons pas ici à la critique des méthodes et du fond des statistiques officielles; citons seulement, pour en donner une idée, quelques exemples instructifs.

«À la fin des années 1980, le taux de pauvreté officiel de Bangkok n’était que de 5 pour cent», alors que des études avaient fait ressortir que plus d’un million 150 mille personnes, «près d’un quart de la population» de la ville (soit 25 pour cent), vivaient dans des bidonvilles. Dans les mêmes années, le gouvernement mexicain «affirmait que seul un urbain sur dix était réellement pauvre» (soit 10 pour cent), alors que par ailleurs des statistiques des Nations unies mêmes montraient que «près de 40 pour cent des urbains vivaient avec moins de 2 dollars par jour (6)».

Des exemples analogues pourraient être mentionnés pour de nombreux autres pays du Tiers-monde, où la situation est allée généralement en s’aggravant; certes, pour un ensemble complexe de raisons, mais dont le résultat général a été, et continue à être, l’augmentation incontrôlable des populations pauvres urbaines. Venons plutôt aux pays occidentaux les plus développés.

Rien qu’aux États-Unis, près de 8 millions et demi de personnes «avaient été omises lors du recensement de 1990, avec des groupes fortement sous-enregistrés». Quels étaient ces groupes ? Caprice du hasard, les «minorités ethniques» défavorisées (en particulier les enfants d’Indiens) et les «populations pauvres des villes (7)».

En un mot, tout porte à croire à la stricte invraisemblance des estimations selon lesquelles le dépassement réel de la population rurale mondiale par l’urbaine n’aurait pas déjà eu lieu, et ce, depuis un temps déjà plus ou moins éloigné.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas tant le caractère descriptif des chiffres qui importe, ni la chronologie plus ou moins précise d’un phénomène mondial qui, par son envergure même, échappe pratiquement à un traitement de type événementiel. Ce qui importe est le caractère profond du processus, ses tendances fondamentales, ce que, des transformations en cours dans les sociétés humaines, l’enregistrement et la description des données, même très approximatives, voire faussées, permettent de discerner; et la conscience du phénomène, d’appréhender. On se bornera ici à un seul aspect, mais majeur, de ces transformations.

 

Le demi-siècle qui vient de s’écouler a vu se déployer un processus général accéléré d’expropriation des populations paysannes inédit dans l’histoire (8). La diffusion planétaire du capitalisme dans les campagnes, la transformation des rapports de propriété, donc le bouleversement des rapports sociaux fondamentaux, ont conduit à cette issue «classique» (jadis expérimentée en Europe): la paupérisation massive, généralisée des campagnes et la dissolution des anciennes communautés villageoises, quelles que fussent leurs formes de division du travail et d’organisation sociale. Ce processus, en se doublant d’une expansion démographique tout aussi sans précédent, a produit un surplus énorme (se comptant par centaines de millions déjà dans les premières années du demi-siècle) de paysans sans terre et desperados, et il a ainsi «libéré» sur les marchés mondiaux du travail et du crime salariés une quantité énorme de bras bon marché, inépuisable trésor pour toutes sortes d’activités tant de l’«économie formelle» que de sa consœur «informelle» (ou «sauvage», ou «criminelle»).

 C’est cette paupérisation en continu – cette prolétarisation au sens propre de la grande majorité de l’humanité – qui est à l’origine des grands déplacements récents de populations. Ces migrations toujours en cours, quelque comparables qu’elles soient, parfois, en pourcentage des populations locales déplacées, à celles d’époques passées, notamment de l’Europe moderne, sont, par leurs dimensions, par la démesure des nombres absolus et l’étendue planétaire, quelque chose de tout à fait nouveau. Ici, la mesure de la quantité définit directement la qualité nouvelle du phénomène. Elle dresse l’acte officiel de l’invasion de la terre par une nouvelle «hominisation» (par l’espèce homo œconomicus, diraient certains): l’acte de l’avènement mondial d’une humanité plus ou moins conforme, dans ses phénomènes vitaux et sa matérialité pensante, à l’ordre, matériel et culturel, des rapports sociaux de la civilisation capitaliste.

En schématisant à l’extrême, on peut distinguer trois phases successives, correspondant à trois types majeurs de ces mouvements migratoires.

 

D’abord, les migrations des paysans appauvris, affamés, en excès dans les campagnes, essaimant vers d’autres campagnes et surtout vers les villes: prêts à vendre leur force de travail sous n’importe quelle forme, à n’importe quel prix, pour n’importe quel gagne-pain. Cette phase représente, pour ainsi dire, l’«accumulation primitive» en main-d’œuvre urbaine des pays du Tiers-monde. L’afflux massif (incontrôlé parce qu’incontrôlable, donc le plus souvent non chiffrable, même théoriquement) vers les villes y apporte non seulement, dans un premier temps, un grand nombre d’anciens paysans, mais encore, du même coup, leurs taux de natalité élevés; aussi est également forte, dans un deuxième temps, leur contribution à ce que les démographes appellent l’accroissement naturel de la population (sans compter les apports extérieurs, les nouveaux immigrants), accroissement «devenu le premier facteur de la croissance urbaine» dans ces pays (9).

Ensuite, tout cela déterminant un important surpeuplement urbain (et donc la misère croissante des prolétaires pauvres urbains), les migrations entre les villes d’un même pays ou, au-delà des frontières étatiques, de pays plus ou moins limitrophes du Tiers-monde.

Enfin, les conditions générales de vie ne s’améliorant souvent pas, s’empirant même dans ces pays, du fait notamment des rapports qui ont été globalement qualifiés de néo-colonialistes (alors que, abstraction faite des cas particuliers, y progressent dans l’ensemble les taux et les niveaux de scolarité, et le développement des moyens de communication et de transport aidant par ailleurs), les migrations internationales à grande échelle, et notamment vers l’ensemble des pays développés, migrations en plein, nouvel essor depuis quelques décennies.

Cela va sans dire que ces trois phases majeures se sont déroulées dans le temps, et se déroulent encore, dans des proportions, selon des combinaisons, des variantes, avec des rythmes différents, suivant les différentes régions du monde. Mais, en tant qu’abstraction concrète – qu’exode rural planétaire –, on peut considérer la première phase comme globalement achevée, pour l’essentiel, au commencement du XXIe siècle. Il est vrai qu’il existe des pays, des régions entières, pour lesquels les statistiques semblent fournir une autre indication, mais cette diversité est non seulement locale mais partielle: des «poches de résistance» spécifiques et le plus souvent en voie de disparition hâtive. Mondialement, le processus de fond semble accompli ou sur le point de l’être, et la destruction des fondements des sociétés paysannes paraît avoir eu lieu partout.

Ceci d’autant plus que s’étend, comme le soulignent nombre d’observateurs sociologues, le phénomène des migrations «pendulaires», temporaires et répétées; que s’amplifie partout dans le Tiers-monde le mouvement de va-et-vient des personnes (par exemple, saisonnier) entre les campagnes et les villes, rendu possible par la diffusion des moyens de transport contemporains. Les anciennes définitions sociologiques, donc la distinction entre «urbains» et «ruraux», tendent ainsi à devenir caduques, de plus en plus inadéquates face au «flou» du mouvement des sociétés actuelles; et même la tendance depuis quelque temps observée à la diminution de la croissance urbaine globale pourrait n’être, après tout, qu’un leurre, lié à des modèles devenus impropres à décrire de nouvelles formes sociales.

 


Notes

1. Préface à F. Fanon, Les damnés de la terre, La Découverte, Paris, 1985, p.10 (1e éd. Maspero, 1961). La citation de Fanon se trouve p. 235.

2. Ibid., p. 51.

3. Ibid., p. 41-42.

4. C’est pourtant ce que fait le Bureau international du travail. Voir l’encadré.

5. M. Davis, Planet of Slums, 2006, traduction française sous le titre Le pire des mondes possibles, La Découverte, 2007, 2e éd, p. 8.

6. Ibid., p. 28.

7. C. Rollet, La population mondiale, 6,5 milliards, et demain ?, Larousse, 2006, p. 11.

8. Populations paysannes au sens large, celles tirant leurs principaux moyens de subsistance de la culture de la terre, sans tenir compte des formes historiques (pré- ou proto-capitalistes) et des buts de la propriété et de la production.

9. M. Guillou et N. Szotokman, Géographie mondiale de la population, Ellipses, Paris, 2004, 2e éd., p. 119.

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Jeudi 20 mars 2008
Voici l' intéressant programme du 2d semestre 2007-2008 du collège international de philosophie (cliquer sur le lien supra)

A noter quelques séminaires :
  • Hélène CIXOUS, La seule invention, le seul renouvellement, en vie… (II) [p.19]
  • Christian DOUMET, La vocation poétique de la philosophie [p.20]
  • Proche de la micro-sociologie de Goffman, Philippe SIMAY, La compétence du citadin [p.32]
  • Economie, Jérôme de BOYER des ROCHES, Nathalie SIGOT et Isabelle THIS SAINT-JEAN, Pensée économique et philosophie [p. 35]
  • Le grand non-philosophe François LARUELLE, Du Principe de Sécurité (PS) à la Défense générique [p. 40]
  • Dominique QUESSADA, L’homme sans Autre [p. 42]
  • Bruno BERNARDI, Société civile : genèse et actualité d’un concept p.43]
  • Georges COLLINS, Marc CRÉPON, Catherine PERRET et Bern a rd STIEGLER, Trouver de nouvelles armes. Pour une polémologie de l’esprit (III) : enseignement, polémologie de l’esprit et grammatisation [p. 44]
  • Antonio NEGRI, Qu’est-ce que penser à gauche, aujourd’hui ? [p. 51]
  • Jean-Michel VAPPEREAU, Joyce-Hamlet et Freud-OEdipe. Refaire la clinique freudienne à partir des manières de suppléer aux ratages du noeud [p. 56]
  • Pascal SÉVÉRAC, Le corps et ses affects. Actualité du spinozisme dans les sciences sociales et les
    sciences de la vie
    [p. 69]

Article d'Eric Lecerf (CIPh) sur la résistance et la colère chez Françoise Proust (CIPh)


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Mercredi 5 décembre 2007





Quelques photos prises un peu partout en France lors du mouvement étudiant


Violences policières, Nantes le 27 novembre 2007


Caen le 11 novembre 2007

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