Précisions à la suite de cet article.
Derrida dans son otobiographie relevait cette maxime de la généalogie de la morale : « rester fidèle à une seule promesse ». Nous la relevons à notre tour. La promesse que s’est donné est-elle de rester fidèle ou bien de ne se donner qu’une seule règle celle de n’avoir pas de règle. Car Demeure chez Nietsche comme chez l’un de ses inspirateurs Guyau, l’alternative de savoir s’il faut régler la conduite humaine ou la laisser sans règle, ce qui est une manière de lui donner une règle, celle de n'en pas avoir. Demeure alors la recherche du fondement de la règle ou de l'absence de règle. Cette quête est toute socratique par aveu d’une accointance paradoxale de la démarche dionysiaque ou dérangeante. puisqu’il s’agit non plus de courir après la sagesse, tout en ne rencontrant que des prétendants sages, mais la nature la plus profonde de la vie comme une activité qui trouve dans sa plus haute intensité et sa plus large extension sa plus haute jouissance, son plus large épanouissement. Est si la promesse était celle que reprend cette fois Kenneth White comme un précepte : « Amis, restez fidèles à la terre » c’est-à-dire restez fidèle au sens de la Terre c’est-à-dire au surhomme. Nietzsche reprend le terme de Surhomme directement au Faust de Goethe :- « Quelle pitoyable frayeur, dit Méphistophélès à Faust, s'empare du Surhomme que tu es ? » Nietzsche ne connaîtra pas cette frayeur ; il empruntera à Gœthe et le nom et la chose. Mais il paraît difficile de faire remonter comme le veulent certain le Surhomme de Nietzsche du « Surhomme » de Gœthe au « Génie » des romantiques . Si Le surhomme a une origine « romantique » c’est-à-dire une origine qui vient des deux premières vagues de réaction à la lecture de la critique de la raison pure : la première vauge sera celle de Kleist, la seconde celle du cercle de Iéna (qui plus particulièrement prend corps avec Schlegel et Tieck à Dresde, ville où Schopenhauer écrira sa grande Œuvre « du Monde comme volonté et représentation » quelques années plus tard après avoir quitté sa mère et que Goethe l’ait adoubé comme philosophe). Voilà pour l’histoire sinon pour les « idées ».
Je vous enseigne le Surhomme. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu'avez-vous fait pour le surmonter ? Tous les êtres, jusqu'à présent, ont créé quelque chose au-dessus d'eux et vous voulez être le reflux de ce grand flux et plutôt retourner à la bête que de surmonter l'homme ! Qu'est le singe pour l'homme ? Une dérision et une honte douloureuse. Et c'est ce que doit être l'homme pour le Surhomme; une dérision et une honte douloureuse Vous avez, tracé le chemin du ver jusqu'à l'homme, et il vous est resté beaucoup du ver. Autrefois vous étiez singes et maintenant encore l'homme est plus singe qu'aucun singe... Le Surhomme est le sens de la terre. Votre volonté doit dire: que le Surhomme soit le sens de la terre ! Jadis on disait Dieu, quand on regardait sur des mers lointaines ; mais maintenant je vous ai appris à dire : Surhomme... Et comment supporteriez-vous la vie sans cet espoir, vous qui cherchez la connaissance ? Vous ne devriez être invétérés ni dans ce qui est incompréhensible, ni dans ce qui est irraisonnable. Mais que je vous révèle tout mon cœur, ô mes amis : s'il existait des dieux, comment supporterais-je de ne pas être un dieu ? Donc il n'y a pas de dieux. C'est moi qui ai tiré cette conséquence, cela est vrai, mais maintenant elle me tire moi-même... J'appelle cela méchant et inhumain, tout cet enseignement de Tunique, du rempli, de l'immobile, du rassasié et de l'immuable.
Goethe avait dit, à la fin du second Faust : Tout ce qui passe n'est que symbole.
Nietzsche répond : Tout ce qui est immuable n'est que symbole. Et les poètes mentent trop. Mais les meilleures paraboles doivent parler du temps et du devenir : elles doivent être une louange et une justification de tout ce qui est périssable ... La beauté du surhumain m'a visité comme une ombre. Hélas mes frères, que m'importent encore les dieux.
Notons au passage qu’André Jouillée fait remonter la tradition du Surhomme, sans saisir ce qu’elle était véritable chez Nietzsche qui n’en a repris que le nom à Goethe : « Platon n'a-t-il pas mis dans la bouche de Calliclès ces paroles connues, qu'on croirait de Nietzsche lui-même: « Nous prenons, dès la jeunesse, les meilleurs et les plus forts d'entre nous; nous les formons et les domptons comme des ? ? ? ? ? ? ? et des prestiges, leur faisant entendre qu'il faut s'en tenir à l'égalité et qu'en cela consiste le beau et le juste. Mais, selon moi, qu'il paraisse un homme de grand caractère; qu'il secoue toutes les entraves, déchire nos écritures, dissipe nos prestiges et nos enchantements, foule aux pieds nos lois, toutes contraires à la nature ; qu'il s'élève au-dessus de tous et que de notre esclave, il devienne notre maître ; alors on verra briller la justice naturelle » »
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Le chien, meilleur ami de l'homme







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