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Samedi 4 juillet 2009
Dans la suite de nos articles sur l'activité contemporaine chez Le Corbusier ou de la praxis comme activité ou matérialisme chez Marx (qu'on ne confondra ni avec le marxisme ou communisme vulgaire, ni avec le matérialisme vulgaire qui pose la matière comme seule existence), intéressons-nous un temps à une variante la praxis chez Castoriadis. La praxis est à la politique c'est que l'exercice est à toute discipline.

La visée de Castoriadis était de dépassé la paralysie théorique et pratique issue des antinomies de la pensée spéculative, des dualismes (ce fut au passage le même point stratégique pour Merleau-Ponty par exemple quant il cherchait une troisième voie entre l'humanisme libérale et l'humanisme communiste. Pour Merleau-Ponty, Castoriadis parlerait de pensée contemplative parce qu'elle rejette le rôle moteur et central de la praxis : Merleau-Ponty est longtemps resté dans les tergiversations et la circonvenance, c'est-à-dire le fait d'être assailli par des options et des partis-pris contradictoires.

Le parcours de Castoriadis est l’illustration d’une des thèses centrales de sa pensée développée depuis les années 1940 : seule la praxis comme création sociale-historique qui lie indissolublement pratique et théorique, est en mesure de résoudre les antinomies de la pensée « contemplative », condamnée à osciller entre, d’une part, une quête de clôture et de totalisation achevée du savoir et, d’autre part, la reconnaissance du caractère essentiellement ouvert et inachevable de la connaissance.

Le rapport entre les pensées kantiennes et hégéliennes symbolise remarquablement la tension traversant ce cadre de pensée dominé au fond par une compréhension erronée du rapport entre théorie et pratique. En effet, la pensée kantienne dégage un nouveau type fondamental de subjectivité donnant forme universellement à l’expérience sensible, d’où proviennent les catégories a priori constitutives de toute connaissance absolument certaine, scientifique (s’il y a des contenus de savoirs absolument certains, c’est que toute connaissance ne peut provenir de l’expérience empirique : il faut donc postuler une subjectivité, non psychologique, constituant l’expérience).

La philosophie kantienne est donc indépassable en ce qu’elle pose les bases de toute philosophie non dogmatique de la connaissance ainsi que le caractère seulement idéal (régulateur) d’une clôture exhaustive du savoir : la connaissance qui ne se confondra jamais avec la chose en soi (noumène) en ce que cette première provient d’une organisation donnée, humaine de l’expérience ne peut qu’être une tâche infinie. Mais, dans le même temps, elle se trouve dans l’incapacité de résoudre la scission entre une subjectivité transcendantale immuable qui, située hors de toute effectivité historique, organise a priori l’expérience et, d’autre part, une subjectivité empirique historiquement située, contingente, prise dans le flux phénoménal.

Elle se trouve également dans l’incapacité paradoxale de déduire complètement l’expérience à partir des catégories. Elles sont en effet sans cesse renvoyées à l’existence factuelle des sciences qu’elles doivent pourtant fonder : parce qu’il y a, de fait, des contenus de savoir absolument certains, il faut dépasser l’empirisme qui tire tout contenu de savoir de l’expérience sensible et postuler simultanément la subjectivité transcendantale et ses catégories. Il ne peut donc y avoir, comme le prétend pourtant Kant, de véritable déduction à partir des catégories et des formes pures puisque les conditions de l’expérience se trouvent à leur tour conditionnées par l’existence de ce qu’elles doivent pourtant fonder. La déduction transcendantale n’est pas une véritable fondation, elle se transforme en cercle empirico-transcendantal.

Ces deux limites font ressortir, d’après Castoriadis, une conception inadéquate du rapport entre théorie et pratique, oublieuse de la praxis : c’est parce que les catégories et le transcendantal sont soustraits à toute historicité instituante que la subjectivité se trouve problématiquement clivée. C’est en outre le même oubli de la praxis qui explique que la déduction kantienne de l’expérience achoppe sur une circularité qui ne peut qu’être reconduite à une création social-historique : seule la création peut abolir toute priorité entre « condition » et « conditionné » et rendre vaine toute démarche déductive.

La pensée hégélienne de son côté procède à une véritable fondation processuelle et historique des catégories qui les fait sortir du cercle de la déduction et du dédoublement de la subjectivité en deux formes inconciliables. Loin d’être des données transcendantales figées de toute éternité, la logique hégélienne permet de voir comment elles s’engendrent et s’auto- dépassent réciproquement dans des formes de savoir toujours plus riches pour atteindre le Savoir Absolu, position ultime du savoir où s’identifient définitivement être et pensée. L’être en soi n’est pas, comme le pensait Kant, inaccessible : la différence entre subjectivité transcendantale et être en soi est encore insuffisante, elle manque l’identité dialectique ou les contraires trouvent leur unité dans une identité plus riche qui révèle le caractère abstrait de leur séparation. Mais, du coup, c’est l’historicité du savoir comme progression infinie (le second pôle de la tension indiquée ci-dessus) qui s’évanouit. La philosophie de Hegel, qui pourtant révèle le caractère processuel de la connaissance, hypostasie l’idée fictive de totalité (le savoir comme tâche infinie) en Savoir Absolu de sorte que la logique qu’elle déploie finit par résorber toute création dans une forme totalisante d’identité. Le devenir hégélien se révèle être celui d’une logique surplombante qui annihile toute véritable historicité, témoignant d’une même cécité à l’égard de la praxis : la création est ramenée à la différence elle-même réintégrée dans l’expression du Même (comme identité de l’identité et de la non-identité). Elle revient ainsi en deçà de ce qui constituait pourtant un des principaux apports du criticisme kantien : la non-identification entre être et savoir.

Ainsi, la pensée transcendantale reconnaît l’axiomatisation totale du savoir en système comme une tâche infinie mais fige ses formes et ses catégories dans une subjectivité dépourvue d’historicité tandis que la philosophie hégélienne fonde dans un ordre réversible et systématique les catégories mais bloque le processus de constitution dans un état prétendument indépassable du savoir. La praxis, dès lors, va apparaître progressivement, dans la réflexion de Castoriadis, comme le concept décisif permettant d’éviter les écueils auxquels succombent les deux emblèmes de la pensée contemplative.
La praxis comme solution aux antinomies de la pensée contemplative

En outre, si la praxis résout les impasses de la pensée contemplative en s’imposant comme constitutive du devenir des formes de la connaissance, elle affecte en retour la compréhension de l’histoire à laquelle elle s’identifie. Elle va donc permettre d’approfondir substantiellement la pensée politique de Castoriadis. L’histoire, en effet, ne peut plus être réduite à quelque prédétermination que ce soit puisque les formes constituées (cognitives mais aussi économiques, juridiques, idéologiques etc.) apparaissent désormais comme la cristallisation d’un processus instituant. Le structuralisme, dernier avatar de la pensée contemplative, tombe ainsi dans le piège d’ériger en invariants transhistoriques (transcendantaux) un nombre restreint d’éléments dont les combinaisons permettraient de produire toutes les sociétés humaines possibles. Nous noterons au passage que les pensées de Foucualt et Deleuze qui ont frayé la brèche opérée par Merleau-Ponty dans l'alternative entre une dialectique du sujet et un dispositif structuraliste, pourtant Castoriadis en penseur de la subjectivté les qualifiera avec une manque certain de naunce de penseurs structuralistes.

Si le structuralisme oublie que l’histoire est la création de ses propres conditions de possibilité, la praxis ne lui retire cependant pas sa prétention à la scientificité. L’axiomatisation de l’histoire est certes rendue inachevable par la praxis humaine mais elle n’est pas privée pour autant de scientificité. En effet, son axiomatisation n’est possible que dans la mesure où elle est essentiellement partielle, fragmentaire, certaines transformations historiques exigeant de poser de nouveaux axiomes irréductibles aux précédents. Ces nouveaux axiomes ne sont alors l’effet d’aucune cause, d’aucun processus dialectique, d’aucune combinaison d’invariants, mais d’une altération sui generis. Ainsi, le passage d’une économie marchande « artisanale » (sans régime d’accumulation) à une économie capitaliste (finalisée par une valorisation indéfinie du capital et par un projet de maîtrise rationnelle de la nature) ne peut plus se produire au sein des mêmes axiomes ni même à partir d’une nouvelle combinatoire.

Une telle évolution est notamment irréductible à la nouvelle combinaison que le capitalisme instaure entre le travailleur et les moyens de production (relation de dépossession se rajoutant à l’expropriation du produit). Le capitalisme, par rapport à une simple économie marchande (« artisanale »), est donc la création sociale – historique d’une nouvelle signification imaginaire à partir de laquelle pourront être comprises, entre autres, les nouvelles combinaisons de ce « mode de production ». L’imaginaire, création collective et immotivée de nouvelles significations, vient donc élucider (et non expliquer), l’impossible clôture de l’histoire et parachever les réflexions castoriadiennes dégageant la centralité de la praxis humaine. On trouve également, dans le droit fil de cette maturation intellectuelle, les bases de la critique virulente que Castoriadis adressera au marxisme au début de L’institution imaginaire de la société [4], accusé d’avoir étouffé toute praxis au profit d’une lecture déterministe de l’histoire c’est à dire d’une visée d’axiomatisation intégrale et définitive de celle-ci.
Par Anthony - Publié dans : Pensées - Communauté : Les philosophes épars
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Jeudi 11 juin 2009
D'un ouvrage à venir (janvier 2010), nous passerons par une langue des signe, une lingua franca , une langue qui a abandonné la grammaire philosophique (celle de la méthologie). Mais que nous dirons les plus piètres parce qu'ils y projèteront leur propre chaos et leur propre volonté d'ordre parce qu'ils sont incapables de survivre sans lui. A tous les piètres escogriffes qui chercheont à relever les incohérences d'un système nous répondrons que, sur ce blog  où s'inscrivent des nnotations éparses et documentations mises en ligne(s), il ne s'est jamais agi de pédance mais de générosité, avant même que l'esprit de vengeance ne cherche à capter ce que l'on a longtemps nommé la souveraineté du peuple.

Fuyons les nationalismes et tous les "-ismes" que l'on voudra nous raccrocher.
Nous sommes non dans un système où tout se tiendrait synchroniquement mais dans un parcours épars, le parcours de sagesse, car les parcours incrits suscitent les rencontres et les effervescences et les bouillonements. Will Hunting n'est pas une fiction, au sens où cela se produit de ci de là et qu'il vaut mieux s'inquiéter quand quelqu'un vous dit on ne voit cela que dans les films ; c'est que sa capacité de déclenchement est moindre et qu'il faut la négliger tout simplement. Dans les rencontres et les apprivoisements plus longs suriviennent alors des seuils inéluctables. Sans le voir on bascule alors dans un mélange d'affectivité et d'activté qui nous éloigne de cette subjectivité en manque d'énergie. Car la subjectivité survient toujours telle badiou, quand l'énergie manque. Goethe le fit à Weimar, Voltaire à Ferney. Mais d'autres encore dont les noms vous paraîtront obscurs, n'ont pas rejeté à demain leur propre parcours pour mieux le rêver. Jetez-vous dans l'activité corbuséenne, dans la pratique marxiste, de ce creuset naît un certain discours en prise avec le réel, la décision opportune. Discours qui n'est pas celui des livres mais celui forgé à plusieurs par sa propre éducation, souvent longtemps des livres, et par le seul recoupement de tout ce que les textes philosophiques ou non peuvent contenir de fulgurances qu'il n'est pas possible de raccrocher à des systèmes préconçus, de catégories de l'entendement ou de  . On dira trop aisément que ce texte délire. Mais il faut savoir petre connecté avec la puissance stimulatante celle do,t nous avons déjà parlé le mystique chez Bergson, le démonique chez Goethe, le dionysiaque chez Nietzsche, la puissance de l'indéterminé chez Deleuze : tout ce qu'un universitaire vous fera passer à la trape mais qui est visible dans les emplacements et les peuplements humains que l'on nomme villes. Les discours forgés à plusieurs ne sont pas affaire de transmission, sur ce point j'ai dépassé mes deux "maîtres", mais d'avantage de mariages contre nature, de rencontres inopinées dont il faut savoir cultiver la bonne distance, celle du travail, de l'exercice, tout en évitant le manque de "dignité" en amitié, c'est-à-dire le moment où affleure l'esprit de vengeance. En théorie il est très pregnant, dans la pratique de tous les jours c'est davantage la bêtise qui que l'on peut rencontrer encore qu'on puisse y être indifférent, c'est cela être négligent.

Suscitation : lire le dernier numéro de la Revue Internationale des Livres (RiVi), un bel article sur la ligua Franca, celle que je m'amuse à recréer de part et d'autre de la mer méditerranée et de la mer noire ... Barcelona, Catania, Odessa, etc.. tous ces ports du Levant. Au passage le contnent hispanique est le futur lieu philosophique à cause du gusto (qui est une traduction proche du goût nietzschéen) et du ganas (que relevait Ivan Illich). Même Cheniade le deuxième ironsite de France après Bdiou en conviendrait. Les choses se dépacent donc de l'Allemagne à la France puis de la France à l'Espagne.
Par Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
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Lundi 18 mai 2009

Il y a différents registres de pensée nous laissons de coté l'herméneutique, le formalisme mathématique, la philosophie analytique qui en reste au déterminé, différentes morales issues de Montaigne et Pascal. Mais voilà quelques registres irréductibles les uns aux autres :

 - la cohérence. Ce sont toutes les personnes qui recherchent les déterminismes et pose la loi du même (Platon, Descartes, Rousseau, Hegel, Badiou, Bourdieu, Laborit…). Pour eux penser c’est reproduire un modèle ou le repérer partout. Même l’exception (Laborit) qui confirme la règle. La cohérence vaut jusqu’à ce que le modèle casse, mais il ne casse pas chez les exceptions, trop intelligente pour cela. Cette survenance de l’esprit sur le corps et la matière est le mode de penser majoritaire avec un certain goût pour la manipulation via la « vérité » pour tenir à distance les rivaux ainsi que son propre « vide ». Ils sont dans la reproduction de la moindre action et évincent la concurrence. Lacan, Zizek, Belaj-Kacem en sont une variante qui bricole à partir de cette cohérence : décohérence sophistiquée.

 - l’émergence. Ce sont les biologistes anglo-saxons, les grendes Dames des salons jusqu'à leur dernière représentante Malwida von Meysenbug. Toutes les personnes qui pensent en terme de milieu d’émergence à la manière de « la vie » nue, ils sont « anti-aristotéliciens » et portent l’accent sur les petites attentions. Pour eux, exister c’est émerger dans un milieu et secréter. En fait, Aristote par son mezon et son attention au vivant et aux significations en est la véritable source.

 - l’excédence. Ce sont Paul Audi, Benoît Mandelbroot, Nassim Taleb. Ils pensent en anticipant la rupture et la fracture. Leur pensée a souvent émergé en période de guerre ou de conflits familiaux, Leur cerveau n’est pas déranger par les ruptures. Ont une belle situation pour ne pas être les dindons de la farce et procèdent par tâtonnement. Pour eux exister c’est penser l’excès et anticiper le risque là où d’autres avanceraient les yeux fermés. Michel Foucault par son scepticisme, son tâtonnement et sa compréhension de la folie s’en rapprocheraient, mais eux produisent leur propre système.

 - la différence. C’est Deleuze sans Guattari, Simondon, Ruyer, Tarde… Derrida dans une certaine mesure. Pour eux exister c’est différer : l’action diffère la réaction.

 - la contingence radicale. Bergson dans sa concentration sur la durée avant qui ne la recouvre de la rigueur de sa méthode intuitive qui donne le bergsonisme. Sartre avant qu’il ne la recouvre de son travail sur les situations ou liberté. Merleau-Ponty en est un type avorté du fait de sa circonvenance le fait de repérer les différents registres et d’en être assailli) : il n’a pas réussit à la recouvrir de sa chair. Recouvre leur grande imagination et perception d’une morale. Des formes de persistance et de permanence, subsistent.

 - la négligence : tous ceux qui néglige la pensée de l’être avec sa limite et ses vertus. Comme avec la différence, il n’est plus question d’esprit mais d’une littéralité programmatique, c’est une forme de déraison audacieuse là où Nietzsche et Voltaire y placerait une libération de l’esprit. Là critique étant passé sur le dogmatisme.

 - du style ou les polymorphes, Nietzsche, Loraux, peut-être Henri Poincaré. Penser dans le précipité., faire tourner, exercer son style.

 

Excepté la cohérence nous avons affaire à des théorie post-kantienne où la phrase magique, la maxime d’action, n’est « s’il faut faire, alors voir c’est faire » mais « l suffit de faire avec passion pour exercer son activité », là se situent les constructivismes. La maxime intermédiaire, toujours d’origine divine est « puisqu’il faut faire, autant faire avec passion », c’est la maxime des marins, de ceux qui ne laissent qu’un sillon. Souvent on peut les moduler soit par l’idiome de la prudence et de la tempérance ou bien par celui de la colère ou du combat (Bergson comme Sartre n’écrivaient que sous le coup de la colère, d’une colère intériorisée et transfigurée).
Par Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 6 mai 2009
Si la vie est pour Bergson ce qui augmente sa puissance en se divisant, il n'en reste pas moins que l'humanité telle que nous la connaissons actuellement n'est pas "préformée dans le mouvement évolutif". Pourtant "tout se passe comme si un être indécis et flou, qu'on poura appeler comme on voudra, homme ou surhomme, avait cherché à se réaliser, et n'y était parvenu qu'en abandonnant en route une partie de lui-même" BgEC_266-267 . Insistons bien sur le "comme si". Ces déchets sont réprésenter par les lignes divergentes . Non seulement Bergson, sous la forme de la durée ou de la vitalité intérieure est un penseur de la contingence radicale (l'impression de durée alliée à l'imagination forment ce que l'on peut appeler la contingence radicale. Mais resitués dans l' "élan de la vie", sa pensée et son style en font un penseur de la contingente relative, celle plus diffuse de l' "élan vital" : La vie n'est pas ce qui se divise en élément mais plutôt en tendances : tendances d'accumulation et de dépense, de contraction et d'expansion. S'il y a des éléments, s'il y a des individus et des cellules cela se rapporte à un autre processus. Nous estimons au contraire que, dans le domaine de la vie, les éléments n'ont pas d'existence réelle et séparée. Ce sont des vues multiples de l'esprit sur un processus indivisible. Et c'est pourquoi il y a contingence radicale dans le progrès, incomburantbilité entre ce qui précède et ce qui suit, enfin durée" (BgEC_27). Individualité et sociabilité sont liées (EC_260-261) comme les deux faces d'un élan indivisisible, comme deux vue de l'esprit : deux idéalités comme leur construction sémantique l'indique.

"La part de la contingence est donc grande dans l'évolution. Contingentes,
le plus souvent, sont les formes adoptées, ou plutôt inventées. Contingente,
relative aux obstacles rencontrés en tel lieu, à tel moment, la dissociation de la
tendance primordiale en telles et telles tendances complémentaires qui créent
des lignes divergentes d'évolution. Contingents les arrêts et les reculs ;
contingentes, dans une large mesure, les adaptations. Deux choses seulement
sont nécessaires : 1º une accumulation graduelle d'énergie; 2º une canalisation
élastique de cette énergie dans des directions variables et indéterminables, au
bout desquelles sont les actes libres." BgEC_151

Le chaos, l'incohérent est pour Bergson la coexistence de deux ordres, il naît précisément de cette contingence relative - par exempele celle de l'histoire, celle de l'évolution - : "Nous disions en effet que tout ordre apparaît nécessairement comme contingent.S'il y a deux espèces d'ordre, cette contingence de l'ordre s'explique : l'une des formes est contingente par rapport à l'autre ... Il n'y a pas l'incohérent d'abord, puis le géométrique, puis le vital : il y a simplement le géométrique et le vital, puis, par un balancement de l'esprit entre l'un et l'autre, l'idée de l'incohérent." (BgEC_141) ou un chaos dans l'"esprit".


Que la vie soit en réalité d'ordre psychologique, BgEC_258, est bien la preuve que l'on en est à une idéalité faite de finalité où la consicence et le psychologique préxisterait en suspens. Mais Dans ce mouvement de la pensée comme intuition insuffllée dans le vivant et non plus comme intelligence posée sur la matière (ce qui est déterminée à agir et à être agi pour les tenant de l'idéalisme), ce qui acquiert la dimension de nécessité est comme chez Nietzsche l'accumulation et la dépense d'énergie sous la forme d'une puissance, d'une capacité (dynamis) et non d'un pouvoir qui contrait. Que la vie soit une réalité d'ordre psychologique ne fait que répondre à la question que pose l'évolution Créatrice existe-t-il une durée (une contingence) en dehors de notre liberté intérieur. Le fait que cette contingence soit relative aux obstacle et non plus radicale (du fait de l'imagination ou fabulation) amène la légère par de scepticisme de Bergson quant à l'histoire ou la possibilité d'un changement radical comme le note Merleau-Ponty dans Signes.


La vie est donc la contingence qui ouvre à deux dimensions "nécessaires" que sont l'accumulation et la dépense d'énergie. La vie est la contingence de la nécessité, une manière de repousser l'usage de lois par la puissance, par l'indéterminé alors que les matérialistes institutionnels parleraient volontiers de nécessité de la contingence et ressortiraient alors leur Dieu métaphysique comme principe anhyptohétique, la matière leur servant de corrélat (car pour eux il n'y a que les matérialismes dialectique ou démocratique qui vaillent). La puissance encore une fois n'est que dynamis platonicienne ou potentia spinoziste : le possiblité d'agir et de penser de pair.

Mais, petit cours de critique, si vous définissez la vie, les tenants de l'intelligence et de la matière vous dirons que vous la réduisez et si vous ne la définissez pas tel un axiome (un hypothèse de départ plutôt qu'un principe alors vous demeurerez à leur yeux dans le vague, que ne ferait-on pas pour descendre son adversaire à coup de rhétorique et par là manipuler l'ignorance du disciple de tels procédés : si vous avez un axiome  vous ne pouvez définir et si vous définissez vous réduiser : toujours jouer sur deux tableaux et les tenir pour incomplets chacun séparément tout en évitant de se pencher sur les textes.

De manière plus "la vie comme prétendu corrélat de la chose en soi" n'est qu'un idiome parmi bien d'autres mais cet idiome, ce régime de penser a l'avantage de nous faire sortir du sujet dialectique aussi que de la structure axiomatique. La vie rentre dans le cadre de l'Ouvert, idiome que nous ne défendons pas sur ce site mais avec lequel nous avons des accointances. Au Dehors il n'y a pas LA vie, mais des existence contingentes qui savent comme Bergson et beaucoup d'autres que l'histoire est contingente et qu'il suffit de s'opposer à ses ''lois" et aux déterminismes en général pour changer le destin et l'histoire.


Voir aussi qu'est que la vie chez Nietzsche.

Par Anthony - Publié dans : Pensées - Communauté : De la Vie
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Mercredi 18 mars 2009
Nous faisons une petite pause d'une semaine. J'espère que vous apprécierez nos différents articles sur la situtation économique, politique et géostratégique actuelle. Tout ceci ne fait que pooser la manière dont une culture intensive peut émerger au milieu d'une civilisation dominée par un gouvernement de la Terre qui en est à son premier stade (financier ou commercial), la question fut posée du temps des Grecs quant à l'impérialisme perse et c'est Alexandre le Grand qui en donna une réponse. N'hesitez pas à laisser vos commentaires ou à vous inscrire sur la newsletter pour nous soutenir merci et bonne lecture à vous.
Par www.paris-philo.com - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
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