Samedi 19 juillet 2008
Condensé des précédents articles sur les systèmes clos et ouverts (c'est-à-dire transcendance et immanence ou encore pensée du  Pli ou de la stupeur et pensée du Dépli ou de la clâmeur). Paris8philo

Il faut savoir éviter aujourd’hui les écueils métaphysiques des pensées de la stupeur de l’être (toute la philosophie du jugement, Sartre, Althusser, Badiou, Rancière qui n’en est pas loin, tous ces idéalistes matérialistes) et de la clameur de l’être (Simondon, Deleuze sans Guattari, Gilles Châtelet, François Zourabichvili, Ivan Lapeyroux). Le non-être du négatif d’une part et le non-être du problématique d’autre part. Pour les premiers la vie est négative, condamnable comme une pourrissement, pour les seconds la vie, sa plus infime manifestation, est problématique, comme un poussement infime qu’il faut accompagner, cela ne peut faire que penser à Socrate, qui le jour de son suicide devait un coq au dieu de la médecine Asclépios : à lui déjà la vie apparaissait comme un problème.

 

Ces derniers, Deleuze et ses disciples, pour qui la vie est problématique, n’ont pas hésité, dès qu’ils posaient le virtuel comme un « en-soi » et que leur vie actuelle était trop douloureuse n ‘ont pas hésités à rejoindre ce « virtuel en soi et plein de promesses » par le geste du suicide. C’est qu’à force d’être un grand voyant et de voir la vie partout même dans ses formes les plus minables, les plus décatis, on n'a plus la force d’agir. L’envie de rejoindre le virtuel — ce Dedans, cette mémoire absolue — est trop forte. Mais il est sûr que quelque chose d’une tonalité affective que l’on nomme événement, communique avec les stoïciens. C’est dans ses plus grandes crises pulmonaires que Deleuze se mettait à parler des stoïciens, mais ussi de grâce de l’événement, de clameur de l’être, de virtuel et de leur manière d’envisager la mort — plutôt que de rejoindre la santé par un effort impossible. C’est que la vie était condamnée, non par un jugement, mais petit à petit, la vie comme étouffement, épuisement. Le recours à la création était salutaire dans ces moments-là, mais combien d’esprit de vengeance avons-nous avalé sous la forme de l’être ou de l’événement : « Dans tous mes livres j’ai cherché la nature de l’événement, c’est un concept philosophique, le seul capable de destituer le verbe être et l’attribut » (DzP_194). Il suffisait de poser le mouvement comme un état et non un processus, plutôt que de faire du style « le mouvement du concept », encore teinté de procès et d’avocats (les fameux intercesseurs) dédiés à la vie. Fuir la justice, combattre son arraisonnement. On est loin de cette vie qui va plus vite que la pensée écrite dans Mille-Plateaux par nos Zarathoustra français.

 

C’est cela qui arrive par moments, un éloge de la vie impuissante et le plus machinalement du monde c’est là que rebondissent les philosophes de la stupeur de l’être, du crépuscule de la vie plutôt que d’y être indifférent : la vie doit alors se faire digne ou elle n'est que survie. Monter le vide en épingle, faire du bruit de rien, tout faire pour que la crise advienne et qu’un nouvel ordre apparaisse. C’est qu’il faut accuser la vie comme variation de haut et de bas, la condamner comme un survie, prétendre mener une vie digne et bonne, au sein de l’institution. Faire oublier que l’on serait de grands malades hors de l’institution. La vie bonne du sujet au sein de l’institution contre l’inépuisable production des choses singulières. La subjectivité contre la singularité. Les penseurs d’institution ont tôt de qualifiés les vie des penseurs dits « privés » d’égoïste et de douteuse (Héraclite, Empédocle, Anaxagore, Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche…) et de montrer la voie de l’audace et de se présenter comme un modèle. Parlant de l'Ecole Normale Supérieure, « je me sens dans cette institution comme dans ma demeure » disait Badiou, (le 11/06/08). Indispensable Badiou, qui sous une pensée « crépusculaire », selon son mot, transforme ce qu’il touche en corruption, notre époque ou plutôt la précédente en a fait les frais. Vivre sa vie comme un œuvre d’art qui est déjà dans un musée depuis l’enfance, telle est la stupeur de l’être de tous nos « philosophes » normaliens. On a très vite oublié que c’est l’institution qui fait l’homme bon, l’homme aux affects et aux passions plus qu’apprivoisées et calfeutrées par la raison. Qu’en est-il des affects, ce thumos chez Platon, cette « tierce part de l’âme » que nos platoniciens ont tôt fait de balayer d’un geste de revers, alors que l’affect premier pour eux est la stupeur ? Dans le détachement de la vie que génère la stupeur face au monde, efface-t-elle à ce point tous les autres affects ?


Il y a donc eu deux manières d'envisager la philosophie dans notre période contemporaine, comme deux manières plus ou moins ouvertes de se laisser affecter. Transcendance et Immanence, si l'on veut caricaturer. Cela se retrouva aussi dans le creuset qu'est Paris 8, d'un côté ceux qui voient la vie comme une corruption (Badiou, Zizek, Medhi Belaj Kacem, Rémy Bac, etc... les idéalistes matérialistes), nommons-les les incorruptibles et ce qui cherchent à tout  l'innocence du devenir au travers du virtuel (Deleuze, Gilles Châtelet, François Zourabichvili, Yvan Lapeyroux, etc...), nommons les innocents. L'idée étant venu de cette présentation de l'éloge de la corruption (les incorruptibles passionnés) que vous retrouverez en cliquant ici. Ceci correspond aux deux courants de pensée qui proviennent pour l'un de la Stupeur de l'Etre et de l'autre de la clameur de l'Etre. Viendraient ensuite les probes et les prodigues (comme se qualifiait Nietzsche) de la complexité. Nos incorruptibles et nos innocents sont des métaphysiciens (de l'infini actuel ou Liberté absolue pour les premiers et du virtuel ou de l'Un-Tout pour les seconds). La complexité qui est un dépassement de la réalité physique pourrait être vue comme une métaphysique (car dépassement de la Nature ou physis) mais, rappelons-le, elle est avant tout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique grecque.


La complexité est un dépassement de la réalité physique dite classique. Elle pourrait être vue comme une métaphysique parce qu'elle est un dépassement de la Nature (physis chez les Grecs) mais elle est surtout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique Grecque. Certains audacieux, qui assumaient de franchir les limites kantiennes fixées à l’expérience, ont expérimenté le comportement de la lumière et ont vu qu’elle possédait ses propres « lois »,  un peu comme l’éruption d’un volcan, parlons alors d’autonomie. D’autres plus opportunistes encore ont vu que l’on pouvait accolé de l’information quand on faisait intervenir la lumière sur une impureté cristalline : libérant ainsi un électron en état quantique, sur lequel on indexera l’information, d’abord binaire (bit) puis quantique (q-bit). De là est née la complexité : c’est-à-dire le fait d’indexer de l’information sur de l’énergie. C’est ce qui a permis les sociétés de contrôle avec leur secret (cryptage) et leur codes (mot de passe). Nous sortions alors de la réalité des sociétés disciplinaires dont il reste des résidus qui fonction par mis au secret (enfermement) et mot d’ordre (discipline). Nous pouvons envisager que le basculement de la réalité de notre monde dans la complexité ne sera jamais totale, contrairement à ce que pensait Baudrillard : il y aura toujours du quotidien, de la banalité comme dimensions sans importance et donc irréductibles. Il y aura certainement des sacrifices mais ils seront soit consentis par l'audace ou une nécessité assumée soit imposés par une coercition (contrôle étatique et policier ou désastre du tribunal de l'égalité à la Badiou), les innocents, eux, resteront impuissants et se suicideront gaiement à la manière d'hérétique se jetant en chantant dans les bûchés de l'Inquisition.

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SYSTEMES CLOS ET SYSTEMES OUVERTS

Nous ne venons d'employer ici que ce que Deleuze appelle autrement pensée du Pli et pensée du Dépli, qui sont très exactement des systèmes clos et ouverts. Si nous avions parlé en termes bien abstraits de Stupeur de l'être et de Clâmeur de l'être, c'est que la philosophie contrairement à la sagesse reste prisonnière des systèmes. Badiou d'une part et Deleuze d'autre part n'échappe pas à la règle qu'ils se sont donné dès le début. Pourquoi n'ont il pas voulu d'une sagesse qui rompt avec tout système, pourquoi furent-ils les philosophes les plus institutionnels qui soient ? Il s'agissait comme le remarque lui-même Deleuze au fond de rester protégé plutôt que de se jeter comme les sages dans la vie et de pousuivre une oeuvre métaphysique qui consiste au final à reconduire des systèmes. Deleuze ne se cachait pas de produire un système de l'Ouvert ou du Dépli. En quelques mots « un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences », dans le second cas, le système est fermé, partant d'une hypothèse pour en retrouver le principe. Rappelons que Deleuze croit « à la philosophie comme système. C’est la notion de système qui me déplaît quand on la rapporte aux coordonnées de l’Identique, du Semblable et de l’Analogue. C’est Leibniz, je crois, qui le premier identifie système et philosophie. … Pour le système ne doit pas seulement être en perpétuelle hétérogénéité, il doit être une hétérogenèse, ce qui me semble n’a jamais été tenté » (Deleuze in Deux régimes de fous..., DzRF_338). « Un système c'est un ensemble de concepts / En fait les systèmes n'ont précisément rien perdu de leur force vives. Il y a aujourd'hui, dans les sciences ou en logique, tout le début d'une théorie des systèmes dits ouverts, fondés sur les interactions, et qui répudient seulement les causalités linéaires et transforment la notion de temps ... Un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences » (Deleuze, Pourparlers, DzP_48). Ceci pour les systèmes ouverts, qui posent une variation, une modulation, une élévation à l'infini de la substance, de quelque chose qui serait permanent. Même ouvert, un système appartient au tournant scientifique (ou épistémique) de la pensée, à ce moment particulier où la philosophie s'est arrogée la pensée du sage, pour l'amoindrir une pensée qui traite du commun comme Platon dans la République. C'est le passage de l'énigmatique au systématique. Alors que l'une des particularités de la pensée du sage est qu'elle n'est pas pousser à communiquer, à professer. Comme le remarque Deleuze : « Nous ne souffrons pas d’incommunication, mais au contraire de toutes les forces qui nous obligent à nous exprimer quand nous n’avons pas grand chose à dire » (DzP_188).

 

Ce qui se produit donc avec Badiou, l'archevêque de l'émancipation, Saint-Paul de l'infini actuel, celui qui reprend à son compte cette pensée du commun(-isme), c'est que sous couvert d'une égalité déclarée qui vise un absolu inatteignable (pléonasme) à savoir le Dieu-Liberté. Il se trouve que précvisément il respecte les énoncés de Platon, qu'il est allé avec sa grande lenteur de l'hypothèse au principe anhypothétique, de la l'égalité à la liberté. Pour montrer la clôture de Badiou, il suffit de voir en quoi, il reconduit le système communautaire ou de castre énoncé par Platon lui, le Sujet, appelant ses adeptes à mener une « vie bonne » comme lui, bref à porter un jugement de stupeur sur la vie, à se détacher de son mouvement. Pensée du commun veut simplement dire que notre cerveau n'opère plus de nouveau frayage, n'est plus stimmuler en vue d'un effort, d'une action et que l'on reste aux vielles habitudes, aux pulsions instinctives incorporées comme des vérités éternelles et qui sous la forme d'une morale commune dicte notre conduite. Pour Platon, si avoir en vue c'est faire, il suffit que la liberté soit aperçue pour qu'elle soit effective comme absolu, comme Badiou baignant plein de vanité en ce moment au milieu de son système. Très tôt déjà il affirmait qu'il n'y avait pas de nouveauté en philosophie. Disons que la nouveauté n'a pas lieu mais constitue une donnée importante . Badiou est dans un système qu'il nomme « parcours à l'envers », « trajet point par point » et qui consiste à « platoniser en paix », c'est-à-dire produire patiemment une métaphysique close. Nous avons donc là bien un système qui , les problèmes d'asservissement surgissent donc quand on veut passer à l'endroit tout bonnement, mettre en application ces idées transcendantes, qui ne sont là que pour empêcher tout effort, toute action autre que « morale ». L'envers de cet envers, ou plutôt l'endroit concert de cela, c'est que l'on tombe dans un système régi par un tribunal de l'égalité, ou en quelque sorte chacun est renvoyé par rapport à ses propres choix par rapport au système que Badiou met en place. C'est qu'il existe pas d'action morale, pas plus qu'il n'existe de phénomènes moraux, il n'y a qu'un jugement moral porté sur les actoin ou la réalité (admise de manière plus ou moins complexe). On est bien renvoyé à un système de jugement, un système qui tend à se fermer et à devenir crépusculaire parce que asservi à des Idoles, des Idées. ¨Pensez à toute la thématique chrétienne dont ne parvient à se dépétrer Badiou. Ce parcours symbolique est anticipable n'amènera rien sinon des malentendus quand certains chercheront à mettre en pratique tout ces illusions symboliques d'un vieux penseur de plus de 55 ans, qui au fond nous parle de sa vie « digne » mais ennuyeuse.  C'est certainement cela qu'il faut faire avec Badiou ne pas détacher le discours de celui qui l'a énoncé, car l'effet inverse produit  des vérité bien ennuyeuse pour notre avenir : « la vérité s'oirigine d'une disparition », celle du sujet qui l'énonce. Le seul échappatoire à ce retour au même et à cette variation du même est aussi entrevue par Deleuze, comme étant une Pensée du Surpli ou du Dehors. Elle consiste tout bonnement à sortir de la pensée en système : c'est la critique et la satire de Nietzsche, ce sont les prétendus « paradoxes » ou énigmes d'Héraclite, qui ne sont là que pour pousser à l'audace et à l'action, donc au final à la lutte et au combat contrairement à Badiou qui arrivera toujours après-coup pour interpréter de manière crépusculaire et Deleuze qui sera dans une attitude de fuite active, d'évitement mais qui au fond n'amène pas à s'intéresser plus au corps et à sa transformation (gymnasitque, arts martiaux) qui conditionne autrement la pensée que vers la dimension du suicide à force d'avoir trop épier le virtuel.

I
Il y a, comme l'affirme Friedrich Nietzsche in Par-delà Beni et Mal ou Henri Laborit in Biologie et structure, nécessité d'une grande synthèse. En effet si un individu qui lit 5 heures par jour, le faisait toute sa vie il ne parviendrait à dépassé les 25.000 ouvrages, ce qui est peu en comparaison des millions d'ouvrages que l'humanité a produits. Si on avait une vision synthétique de l'époque on passerai plus vite à l'action plutôt que de trouver dans la philosophie — comme quête métaphysique de la vérité — un prétexte à l'inaction, à la contemplation. Si la philosophie comme art du jugement peut-être rapprochée de la science à la quelle elle a donné une origine, c'est que toute deux repose sur un principe de moindre action. Au fond Les philosophes sont attachés aux systèmes que ceux-ci soient les institutions qui les abritaient ou les différentes manières d'articuler des concepts entre eux. La stupeur de l'être est tout simplement une expression bien compliquée pour parler de l'étonnement face à ce qui est, face au monde et du détachement que cela occasionne ou plutôt du détachement par rapport à la vie qui a conduit à cette angoisse plus qu'à un émerveillement. Si l'on s'émerveille alors qu'on est détaché c'est qu'il y a illusion. La Clameur de l'être n'est que la perpétuation d'un même mode de variation, une système qui ne vise que sa propre survie, il n'y a là aucun dépassement, sinon l'idée de poser un logique du multiple. Mais c'est par-delà les notions abstraite de l'Un et du multiple que se joue la sagesse. Vient un moment où il faut se donner les moyens d'agir, c'est là l'aspect le plus déraisonnable de la sagesse. Les philosophes ont interprété les monde, il nous revient face à son bouleversement d'en modifier notre approche, car ce sont les disciplines créatrices qui l'ont transformé…
par Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 4 juillet 2008
Petite note qui a pris de la longueur pour montrer que certains philosophes s'illussionnent à produire l'inverse de ce qu ils prétendent : l'émancipation. Dans une note précédente nous avions parlé en termes bien abstraits de Stupeur de l être et de Clâmeur de l être, ce qui correspond pour les philosophes contemporains à Badiou d'une part - Platon et son système de la République qui n'admet pas la nouveauté - et Deleuze d'autre part. Ils s'agissait comme le remarque lui-même Deleuze (voir note sur les systèmes chez Deleuze*). En quelques mots "un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences", dans ce cas c'est un système fermé.

Ce qui se produit donc avec Badiou, l'archevêque de l'émancipation, Saint-Paul de l'infini actuel, c'est que sous couvert d'une égalité déclarée qui vise un absolu inatteignable (pléona
sme) à savoir le Dieu-Liberté. Il se trouve que précvisément il respecte les énoncés de Platon, qu'il est allé avec sa grande lenteur de l'hypothèse au principe anhypothétique, de la l'égalité à la liberté. Pour Platon, si avoir en vue c'est faire, il suffit que la liberté soit aperçue pour qu'elle soit effective comme absolu, comme Badiou baignant plein de vanité en ce moment au milieu de son système. Très tôt déjà il affirmait qu'il n'y avait pas de nouveauté en philosophie. Disons que la nouveauté n'a pas lieu mais constitue une donnée importante . Badiou est dans un système qu'il nomme "parcours à l'envers", "trajet point par point" et qui consiste à "platoniser en paix". Nous avons donc là bien un système qui , les problèmes d'asservissement surgissent donc quand on veut passer à l'endroit tout bonnement, mettre en application ces idées transcendantes, qui ne sont là que pour empêcher tout effort, toute action autre que "morale". L'envers de cet envers, ou plutôt l'endroit concert de cela, c'est que l'on tombe dans un système régi par un tribunal de l'égalité, ou en quelque sorte chacun est renvoyé par rapport à ses propres choix par rapport au système que Badiou met en place. C'est qu'il existe pas d'action morale, pas plus qu'il n'existe de phénomènes moraux, il n'y a qu'un jugement moral porté sur les actoin ou la réalité (admise de manière plus ou moins complexe). On est bien renvoyé à un système de jugement, un système qui tend à se fermer et à devenir crépusculaire parce que asservi à des Idoles, des Idées. ¨Pensez à toute la thématique chrétienne dont ne parvient à se dépétrer Badiou. Ce parcours symbolique est anticipable n'amènera rien sinon des malentendus quand certains chercheront à mettre en pratique tout ces illusions symboliques d'un vieux penseur de plus de 55 ans, qui au fond nous parle de sa vie "digne" mais ennuyeuse.  C'est certainement cela qu'il faut faire avec Badiou ne pas détacher le discours de celui qui l'a énoncé, car l'effet inverse produit  des vérité bien ennuyeuse pour notre avenir : "la vérité s'oirigine d'une disparition", celle du sujet qui l'énonce.

Je rappelle ici que j'ai employé des idées creuses, liberté et égalité, qui ne sauraient nullement exister
: on passe plus de temps à les expliquer qu'à réussir à le mettre en oeuvre, car l'une comme l'autre participent d'un système de reconnaissance.

Nous ne venons d'employer ici que ce que Deleuze appelle autrement pensée du Pli et pensée du Dépli, qio sont très exactement des systèmes clos et ouverts. Pour montrer la clôture de Badiou, il suffit de voir en quoi, il reconduit le système communautaire énocé par Platon lui, le Sujet, appelant ses adeptes à mener une "vie bonne" comme lui, bref à porter un jugement de stupeur sur la vie, sur ce qui varie ou devient et donc à esquiver la dimension du combat, du par-delà le Deux (le ni... ni... plutôt que le ou bien... ou bien..). La seule échappatoire à ce retour au même et à cette variation du même est aussi entrevue par Deleuze comme étant une Pensée du Surpli ou du Dehors. Elle consiste tout bonnement à sortir de la pensée en système : c'est la critique et la satire de Nietzsche, ce sont les prétendus "paradoxes" ou énigmes d'Héraclite, qui ne sont là que pour pousser à l'audace et à l'action, donc au final à la lutte et au combat contrairement à Badiou qui arrivera toujours après-coup pour interpréter de manière crépusculaire et Deleuze qui sera dans une attitude de fuite active, d'évitement mais qui au fond n'amène pas à s'intéresser plus au corps et à sa transformation (gymnasitque, arts martiaux) qui conditionne autrement la pensée que vers la dimension du suicide à force d'avoir trop épier le virtuel.



Autres approches des systèmes.
1°) En biologie des systèmes, on parle de système fermé qui entre ensuite dans un servo-mécanisme. Ce système fermé effectue l'opération de régulation réclamée par un autre système auquel il est asservi : cette régulation ayant en vue le maintien en vie du système auquel est asservi le système fermé. C'est toute la biologie de Claude Bernard et à sa suite la théorie de l'homéostasie.
En physique pour parler de servomécanisme on pensera au thermostat qui permet de régler la température d'une pièce. Mais pour tout cela allez voir le site sur cybernétique et physiologie

2°) En dynamique des systèmes (Jay W. Forrester) et cybernétique (Robert Wiener, qui n'est autre que la théorie de la commande et de la communication : art du pilotage en grec) on parle de système à boucle de rétroaction négative pour les système fermés et à boucle de retroaction positive ou explosive pour les systèmes ouverts. Les systèmes ouverts sont alors soient des cercles vicieux soit des cercles vertueux. Et donc pour fermer la boucle, la nouveauté n'existe que pour un système ouvert, dans le cas de Deleuze, c'est la modulation, la différenciation s'appuyant sur un vituel. C'est pourquoi l'on peut dire que le virteul et vertueux.

Il reste tout de même des attitudes, des gestes, qui tendent à s'autonomiser, à se séparer des systèmes et donc de la pensée des philosophes, c'est la pensée des sages, le parcours de sagesse comme l'appelle Nietsche et sur lequel on cherche tôt ou tard d'un point de vue systèmique à y calquer les notions de Vérité, et voyant que l'énigme y est rétive celle de paradoxe, mais précisméent le paradoxe n'est pas dans la doxa, dans la moralité entendue puisque l'énigme est l'énoncé qui pousse à l'effort, à l'investissement corporel.
 
un exemple de boucle de rétroaction négative ou régulatrice

un exemple de boucle de rétroaction positive ou explosive. Les embouteillages dans le trafic nécessitent d'autres infrastructures routières pour décongestionner mais ces nouvelles infrastructures<induient un nouveau trafic qui finira en embouteillage, si l'on demeure dans une optique de croissance.





* "Je crois à la philosophie comme système. C’est la notion de système qui me déplaît quand on la rapporte aux coordonnées de l’Identique, du Semblable et de l’Analogue. C’est Leibniz, je crois, qui le premier identifie système et philosophie. … Pour le système ne doit pas seulement être en perpétuelle hétérogénéité, il doit être une hétérogenèse, ce qui me semble n’a jamais été tenté" (Deleuze in Deux régimes de fous..., DzRF_338). "Un système c'est un ensemble de concepts / En fait les systèmes n'ont précisément rien perdu de leur force vives. Il y a aujourd'hui, dans les sciences ou en logique, tout le début d'une théorie des systèmes dits ouverts, fondés sur les interactions, et qui répudient seulement les causalités linéaires et transforment la notion de temps ... Un système ouvert c'est quand les concepts sont rapportés à des circonstances et non plus à des essences" (Deleuze, Pourparlers, DzP_48).
par Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Mardi 1 juillet 2008
Nous entamons ici une serie de textes sur la sagesse, après avoir réécrit notre texte sur Rancière..

Combien meilleures et plus hautes que les pensées de cet auteur étaient les méditation de Thalès le milésien. Toutes choses, disait-il, sont communes entre amis, les sages sont les amis des dieux, toutes choses appartiennent aux dieux, donc toutes appartiennent aux sages. D'un mot donc, vce grand sage se faisait très riche par un mépris généreux des richesses et par leur quête sordide. Il a toute fois montré ailleurs que si les sages ne sont pas riches, c'est volontairement, non par nécessité. Des amis, en effet lui reprochant sa pauvreté, il répondit : Voulez-vous que je vous montre qu'il est en mon pouvoir d'acquérir ce que je juge ne pas en valoir la peine, et qui est pour vous l'objet d'une quête si laborieuse ? Oui, disnet-ils, et alors il loua tous les pressoirs de la Grèce (il avait vu, en effet, en grand astronome qu'il était, qu'il y aurait une grande abondance d'olives alors que les années précédentes la récolte s'était tourvée fort maigre), et il sous-loua au prix qu'il voulut ce qu'il avait eu à très bas pris. Il gagna ainsi en une seule année de très grandes richesses dont il disposa ensuite avec autant de libéralité qu'il avait déployé d'industrie à les acquérir, etc...

Lettre du 16 janvier 1671

par Anthony publié dans : Pensées communauté : Les philosophes épars
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Dimanche 22 juin 2008
Le devenir, bien qu'innocent comme cherche à le prouver Nietzsche, est toujours en procès contre l'Etre, le jugement que lui ont fait certains Grecs (Eléates ou Athéniens). Trouvons-lui d'autres trajectoires et abandonnons-le.
par Anthony Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 15 juin 2008
Ceci était à peine esquisser dans un précédent post, mais il y a eu deux manières d'envisager la philosophie dans notre période contemporaine (notamment à Paris 8), d'un côté ceux qui voient la vie comme une corruption (Badiou, Zizek, Medhi Belaj Kacem, Rémy Bac, etc... les idéalistes matérialistes), nommons-les les incorruptibles et ce qui cherchent à tout  l'innocence du devenir au travers du virtuel (Deleuze, Gilles Châtelet, François Zourabichvili, Yvan Lapeyroux, etc...), nommons les innocents. L'idée étant venu de cette présentation de l'éloge de la corruption (les incorruptibles passionnés) que vous retrouverez en cliquant ici. Ceci correspond aux deux courants de pensée qui proviennent pour l'un de la Stupeur de l'Etre et de l'Autre de la clameur de l'Etre. Viendraient ensuite les probes et les prodigues (comme se qualifiait Nietzsche) de la complexité. Nos incorruptibles et nos innocents sont des métaphysiciens (de l'infini actuel ou Liberté absolue pour les premiers et du virtuel ou de l'Un-Tout pour les seconds). La complexité qui est un dépassement de la réalité physique pourrait être vue comme une métaphysique (car dépassement de la Nature ou physis) mais, rappelons-le, elle est avant tout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique grecque.

La complexité qui est un dépassement de la réalité physique (classique) pourrait être vue comme une métaphysique (car dépassement de la Nature ou physis) mais rappelons-le elle est avant tout un dépassement de la physique envisagée par la métaphysique Grecque. Certains audacieux, qui assumait de franchir les limites kantiennes fixées à l’expérience, ont expérimenté le comportement de la lumière et ont vu qu’elle possédait ses propres « lois »,  un peu comme l’éruption d’un volcan, parlons alors d’autonomie. D’autres plus opportunistes encore ont vu que l’on pouvait accolé de l’information quand on faisait intervenir la lumière sur une impureté cristalline : libérant ainsi un électron en état quantique, sur lequel on indexera l’information, d’abord binaire (bit) puis quantique (q-bit). De là est née la complexité : c’est-à-dire le fait d’indexer de l’information sur de l’énergie. C’est ce qui a permis les sociétés de contrôle avec leur secret (cryptage) et leur codes (mot de passe). Nous sortions alors de la réalité des sociétés disciplinaires dont il reste des résidus qui fonction par mis au secret (enfermement) et mot d’ordre (discipline). Nous pouvons envisager que le basculement de la réalité de notre monde dans la complexité ne sera jamais totale, contrairement à ce que pensait Baudrillard : il y aura toujours du quotidien, de la banalité comme dimensions sans importance et donc irréductibles. Il y aura certainement des sacrifices mais ils seront soit consentis par l'audace ou une nécessité assumée soit imposés par une coercition (contrôle étatique à la Sarkozy ou désastre du tribunal de l'égalité à la Badiou), les innocents, eux, resteront impuissants et se suicideront gaiement à la manière d'hérétique se jetant en chantant dans les bûchés de l'Inquisition.

Ceci se retrouve dans les thématiques dans les réponses aux commentaires qui suivent :

--- Réponses à Oyseaulx ---

Pour ces qui est des deux "infinis" (laissant de côté l'infinitésimal). Je réponds assez tardivement, il y a donc chez les Grecs, l'anelpeiton et l'apeiron, c'est-à-dire l'infini (non-parcourable et que l'on voudrait nous faire passer pour actuel) et l'illimité (ou fini-illimité, ce qui ne contredit pas ainsi le Philèbe, puisque il est l'infiniment parcourable, ou encore le monde sans bornes de Einstein et Hawking, ou encore un corrollaire de l'éternel retour Chez Nietzsche). Ce fini-illimté remet en cause le Dieu spinoziste (comme l'infini production de choses singulières = La Nature), ce qui se comprend puisque la nature n'est pas inépuisable, seule la technique palliant aux insuffisances  par la maîtrise d'autres ressources. A sa réalité de la Nature, pour rivaliser avec elle voire la dépasser, ce que l'on appelait l'homme y a adjoint une complexité (c'est-à-dire que l'information et l'énergie sont liées dans les société de contrôles ou les appareils globaux hégémoniques... Les appareils totaux autonomes pour Loraux)

Pour les "lignes droites" il n'y a que des trajectoires courbes  (si on laisse de côté  le 5e postulat d'Euclide, qui  ne se déduit pas des  4 précédents), la masse inertielle est ce qui nous fait passé d'un monde de forces stabilisés à un monde des champs vectoriels. Je cherchait en fait dans un livre de Max Born sur les théories prédédents la Th. de la relativité d'Einstein, ed. Gabay, comment on pouvait se débarasser du principe d'inertie (que l'on retrouve sous les dimension de conservation ou de peuple dans d'autres domaines), or sous le principe d'inertie il y a le principe de moindre action. Ce dernier principe est à la base la physique classique est explique pourquoi on réduit tout à des lignes droites ou des trajectoires circulaires (jusqu'à Kepler). Le principe de la moindre action est ce qui laisse la part belle à l'appareil de contrôle où pour éviter toute erreur humain et le traitement d'un plus grand nombre d'information, tout est réduit à des opérations (théorie des graphes et des matrices). L'action et plus encore la dimension éthique sont rejetées ou admises sous la forme de la subjectivité (Badiou et sa suite ne sont que les symptôme de l'appeillage, son complément). A la subjectivité (la stupeur de l'Etre des idéalistes matérialistes face au monde en 1978-80 dans la suite de Sartre et Althusser) et à la singularité (La clameur de l'Etre de Spinoza à Deleuze, la Nature), qui sont les formes de il faut substituer l'affectivité (le fait d'avoir des affects actifs comme Nietzsche avec sondionysiaque. D'où les agencements collectifs ou constellations affectives, qui sont une autre manière d'inverstir la complexité offerte notamment par internet.
Comme le remarque Nietzsche, toutes les époques (qui comme la nôtre, depuis les année 80) mettent en avant la science (et sa détermination mathématique comme avec Platon et Kant) sont des époques de décadence, parce qu'on en oublie ce que les scientifiques fustigent sous le nom de force subjective (celle qui voit et qui éprouve dans le Leibniz de Deleuze, la force vive reprise par Mme de Châtelet), alors qu'il s'agit simplement de puissance, de capacité d'énergie. Même la manière scientifique d'envisager le travail (et donc les dimensions d'oeuvre et d'effort) est réductrice.


--- Réponse à Sancho ---

Ce que tu appelles réel est l'homme et la nature pensés par la dialectique. Mais dans le réel (j'entends la pensée qui s'y restreint) y a-t-il quelque chose de nouveau alors que c'est la complexité qui dépasse la dimension du réel (voir par exemple les nombres réels et complexes) que s'investit toute la nouveauté actuelle : j'entends notre passage aux sociétés technologiques. On pourra dire comme Illich que la technique industrielle ou informatique est contre-productive, car elle entraîne ses propres gaspillage (notamment en temps) et de nouveaux investissements qui ne repondent pas aux problèmes que la société voulait auparavant et idéalement résoudre . La pensée complexe se dérobant à toute image pour l'instant qui nous empêcherai de penser (parce que l'on mettrai un idéal entre nous et notre faire). La complexité est bel et bien là, elle me permet de communiquer avec toi, toute la question étant de savoir si l'on veut l'investir comme une Aurore ou la rejeter comme un Crépuscule, auquel cas il faudra comme avec Badiou et Sarkozy - qui traduisent d'une affinité plus profonde comme le dirait Héraclite - envisager nombre de sacrifices. La complexité peut permettre à ce que j'appelerai sphère autonome d'avoir sa propre santé. Badiou comme Sarkozy la nie, en tant que conservateurs de la vie bonne et communautaire.
par Anthony Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 23 avril 2008

Discret, presque effacé, Pierre Hadot, ce penseur singulier, pourrait bien être, en un sens, un des hommes influents de notre époque. Il n’a pourtant rien modifié dans aucun des registres où nous parlons habituellement d’influence-politique, économie, finance, communication. Son action est plus subtile, mais sans doute pas moins décisive, sur le long terme. Car Pierre Hadot, depuis une quarantaine d’années, transforme en profondeur notre conception de la philosophie.

On lui doit, dans ce domaine, un changement de perspective radical. Les philosophes, selon lui, ne construisent pas des châteaux d’idées pour le plaisir de les contempler. Ils s’efforcent de les habiter pour sauver leur peau. Au lieu de concevoir la philosophie comme une activité purement théorique, il faudrait donc l’envisager comme une transformation de soi, un entraînement pratique, quotidien, régulier, conduisant vers la sagesse, ou seulement un peu moins de folie.

Ce professeur au Collège de France a d’abord fait comprendre que les philosophes de l’Antiquité grecque et romaine n’étaient pas avant toute chose des faiseurs de livres. En écrivant, ils travaillaient en fait à changer leur regard sur le monde, sur eux-mêmes et sur leurs sentiments, afin de modifier leur propre existence. Même leurs spéculations les plus abstraites (en physique, en métaphysique, en astronomie) étaient destinées à comprendre pour mieux agir, et non pas à connaître pour connaître. Jour après jour, ces chercheurs de sagesse s’appliquaient à des « exercices spirituels », entraînements destinés à faire entrer dans le quotidien les principes de leur doctrine.


Roger Pol-Droit
par Anthony publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Mardi 22 avril 2008
Nous avions vu précédemment que l'esprit persistait sous la forme résiduelle d'envies chez Nietzsche : il emploie par exemple les expression "esprit de vengeance" ou d'"esprit de sérieux", nommer ces mêmes envies ou volontés. Nous savons aussi qu'il fait une critique sévère de l'Esprit dans un aphorisme du Gai Savoir, mais il demeure bien une sphère indépendante de la conscience pour Nietzsche qui demeure de l'ordre de la direction : c'est sphère est l'esprit qui est directement connecté à notre pouvoir de synthèse (qui pour Nietzsche marque les grandes philosophies). Qu'il soit possible de parler d'envie dans les premiers ou de direction pour cette sphère de la synthèse sans mentionner cette valeur illusoire et somme toute assez vague qu'est l'esprit, est de l'ordre d'un pari tout a fait tenable. La question qui demeure est celle de savoir si par direction, dans une philosophie sans but comme la philosophie tragique et non héroïque de Nietzsche hormis , on est bien sorti du registre de la gouvernance et de la connaissance. Le seul but que l'on pourrait attribuer à Nietzsche est l'idéal-type du surhomme, synthèse collective de l'artiste, du saint et du philosophe et leur dépassement. Nous donnons ici deux citations des Fragments Posthumes de Nietzsche traitant de la "direction" mais se relativisant l'une l'autre.

10[7] "La confiance stupide dans le cours des choses (vers le "mieux") ... la croyance qu'il suffit qu'il suffit que chacun fasse selon son devoir pour que tout aille bien - tout ceci n'a de sens que si l'on admet une direction des choses sub specie boni. ... 11[145] que l'on ne se méprenne pas sur le rôle de la "conscience" ; c'est notre relation avec le "monde extérieur" qui l'a développé. En revanche la direction, soit la surveillance et la prévoyance eu égard au jeu synthétique des fonctions corporelles, ne parvient pas à notre conscience ; pas plus que l'emmagasinement intellectuel : qu'il existe pour cela, une instance suprême on ne saurait en douter [...] "Plaisir", "déplaisir" sont autant de signes venus de cette sphère."

La direction sous l'espèce du Bien (du point de vue du Bien) n'est autre que la surveillance et la prévoyance dans un régime de gouvernance. Il y a donc toujours une aporie quant à savoir non ce qui entendu sous le terme d'esprit, mais de savoir si l'esprit existe au-delà de la sphère du Bein et du Mal.


A noter que les distinctions corps - âme (psychè-souffle) - esprit (noûs-pensée) se font en fait un peu différemment. L'esprit qui est davantage l'hégémonique, c'est à dire ce qui domine le corps (hêgemonikon) n'existe pas dans la tripartition qui est courante chez les Grecs entre la splacma (les viscères, les entrailles, la partie basse du corps, celle des désirs), la Psychè (la respiration, le souffle) et la jointure des deux le phrein (ce qui correspondrait à la zone du diaphragme, le muscle juste en dessous des côtes). Si vous lisez une citation du style "le coeur fait partie des entrailles" (Napoléon le dit, per ex.), elle n'échappe pas à cette répartition, même si le coeur est au-dessus du diaphragme.
par Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 20 avril 2008
... Reste le rapport à la loi, la loi envisagée par Kafka nous est secrète : elle requiert toujours un avocat, un "intercesseur" qui à travers elle parle pour nous ("Fürsprecher"), comme les principes obscurs requiert un prophète. La question de la vérité n'est pas posée, mais celle ne l'est que dans le cadre de la moralité qui comme la loi vise à si'ncorporer dans les corps et à les soumettre. Pensons à la grande interrogation de Foucault sur les infâmes qui la refuse. Si l'on suit Kafka la loi est faite par les aristocrates, pour les aristocrates. Elle est faite par eux pour leur maintien. La loi n'est juste que si son application dissocie le délit du crime, le délinquant du criminel. Là se situe une démarcation que peut relver le tranchant philosophique. Reste la question de l'amende et de la punition : on amende un délit et on punit un crime, c'est là la vision de notre société. Mais bien souvent et c'est le cas de notre petite époque, on justifie l'incarcération des délinquants, qui souffrent de misère culturelle (plus que de pauvreté finiancière et d'indigence alimentaire), par quelques . Un exemple la future prison de Nantes ne contient que des maisons d'arrêt (peine non jugée, incarcération de monis de 2 ans), un centre de détention (peine de 2 à 10 ans de prison), tout cela en somme jusitifié par 28 places dans les quartiers dit de longue peine. 700 délinquants emprisonnés et plus encore sur dix ans, justifiés par seulement 28 criminels sérieux. L'incarcération des corps visant à en mutiler un temps l'énergie (la fameuse mise au secret des sociétés de discipline) et on touche là une dimension sociale qui ne vaut que si l'on croït à l'amendement, c'est-à-dire au rachat des fautes or cela conduit autant à un endurcissement qu'à une inaptitude à retrouver la vie civile. Peut-on ainsi défendre la société, oui si elle est de discipline non si elle est de contrôle. Foucault a, toute sa vie, rejeté la dimension sociale maintenue sous la forme de l'infamité et de la discipline des corps (voir ses invectives sur "il faut défendre la société"). Autre symptôme, il a nié l'existence du peuple, lui qui cherchait à entailler les corps comme le bistouri de son père plutôt que d'en subir les frais. Grande mélancolie du sujet chez Foucault : "Ce que tait le père s'exprime dans le fils. Et souvent le fils n'est que la folie démasquée de son père" (Nietzsche, Zarathoustra). La question du peuple revient là, car "La seule petite note claire dans cette vision troublée du présent, c'est de croire qu'un jour viendra où la tradition et son exploration, reprenant en quelque sorte leur souffle, mettront le point final où tout sera clair, où la Loi n'appartiendra qu'au peuple et où l'aristocratie disparaîtra" (Kafka, A propos des lois). Faut-il penser comme Hugo qu'une école vaille mieux d'une prison. C'est contre toute cette discipline que s'est érigé le scalpel de Foucualt. Avec foucault on touche à la question de la némésis médicale, de l'esprit de vengeance. Ce qui compte ce n'est pas qu'on ait commis un crime mais de savoir ce qu'on en fait, disiez-vous. On touche là à la question de la rédemption.
par Le Cazals publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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Samedi 19 avril 2008
« Il n’y a point de volonté : il y a des projets de volonté qui constamment augmente ou perdent de leur puissance » NzFP°XIII,11[73]. Du point de vue scientifique il n’y a point de « Volonté – c’est une hypothèse qui ne m’explique plus rien ». Sans doute recherche-t-on cette volonté quand on manque d’envie, d’ « esprit », de flamme, bref précisménet de ce que l’on prend pour de la « volonté » et qui est un effort sur soi.

En tout cas, on a tort de penser que la première philosophie dont la chimère fut la volonté était celle de Nietzsche, car on trouve le primat de la volonté chez Descartes dans l’indistinction qu’il fait entre entendement et volonté au moment d’énoncer la création des vérités éternelles. La critique de la volonté et de la liberté se jouera là chez Spinoza et Nietzsche reprendra cela sou la forme proverbiale : « volonté et intellect (ou, comme on dit, le cœur et la tête. Si l’intellect relève de la tête et la volonté du cœur alors peut-être, comme Socrate, Descartes était menacé d’un manque de volonté à son retour de la guerre et des atrocités, ce qui le faisait jouer aux apprentis idiots. Ce n’est que lorsque l’on comprend que la volonté est envie et esprit, que l’on comprend que la Raison n’est pas l’Esprit. Rappelons que pour Spinoza (Ethique III, 9) la volonté est l’effort pour persévérer dans son être, quand on le rapporte à l’esprit seul ; le désir serait ce même effort mais rapporter aussi au corps : c’est l’appétit avec la conscience de l’appétit. Ceci explique pourquoi les natures trop intellectuelles manque de l’illusion contenu sous le terme de volonté. Nietzsche faisait une philosophie de la volonté tournée vers la puissance.

Nietzsche sait par ailleurs que toute philosophie qui ne prône pas la chimère de la volonté est décadence, c’est-à-dire qu’elle produit son effet sur celui qui n’a pas encore compris qu’elle n’est qu’une chimère, une confusion entre l’élan du cœur et la tête raisonnée. Là Nietzsche use d’un mensonge pour éduquer son lecteur qui dans un premier temps fera la confusion cartésienne de la volonté et de l’intellect, quand c’est précisément l’intellect, qui parce qu’il nie le corps, manque de volonté. Donc il n’y a pas contrairement à ce qu’avance Heidegger de métaphysique de la volonté, juste une éducation par elle. Mais la métaphysique de la volonté existait non seulement chez Descartes mais aussi chez Kant et Schopenhauer, Nietzsche en fait la critique implacable, montrant en quoi la Volonté était Une au final (Gai Savoir § 99) et surtout fait remarquer que les Allemands se sont plus attardés sur leur « volonté » que sur leur capacité.


Précision pour indiquer que l'esprit ne se love pas dans le coeur, pour laisser les choses en suspsens : "J'aime les esprit libres lorsqu'ils sont également de libres coeurs. Pour moi, la tête est comme les entrailles du coeur. Ce que le coeur avale, la tête doit le digérer et en faire des pensées". 4[104] Cette ddernière citation montre bien qu'à parler de coeur on introduit des , car cela est bien mal connaîtres les systèmes nerveux sympathique et parasympathique. Chacun, coeur et cerveau, agissant sur l'autre.
par Le Cazals publié dans : Pensées communauté : Les philosophes épars
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Jeudi 17 avril 2008
La question de la liberté se résout assez rapidement : on réclame la liberté quand on a pas de capacité. A un ami qui lui faisait remarquer « toi et Deleuze, vous ne parlez jamais de liberté. c’est quoi pour toi la liberté ? », Guattari répondait « la liberté c’est qu’on ne nous fasse pas chier ». Et Nietzsche de faire dire à Périandre, le septième des Sages « Qu’est-ce que la liberté ? – Votre bonne conscience ». C’est bel et bien que la liberté est prisonnière d’une forme réactive qu’est la conscience, qu’elle en est le fruit et que l’on peut se demander pourquoi les pensées japonaises n’est produisent pas. Pensez au pauvre traducteur japonais de Descartes qui se trouve démuni de n’avoir de mot dans sa langue.

La question de la liberté collective est donc celle de la capacité que se donne une époque pour résoudre les problèmes qui l’assaillent, de la marge qu’elle se donne à elle-même pour se renouveler. C’est parce qu’une époque décline, que d’une part elle se fige sur ses lois morales et politiques et que d’autre part elle produit ses penseurs détachés et contemplatifs, mais cette phrase comme le grand mot de Liberté reste trop générale.
par Anthony publié dans : Pensées communauté : La commune des philosophes
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