Pensées

Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /2010 10:00

Précisions à la suite de cet article.

 

Derrida dans  son otobiographie relevait cette maxime de la généalogie de la morale : « rester fidèle à une seule promesse ». Nous la relevons à notre tour. La promesse que s’est donné est-elle de rester fidèle ou bien de ne se donner qu’une seule règle celle de n’avoir pas de règle.  Car Demeure chez Nietsche comme chez l’un de ses inspirateurs Guyau, l’alternative de savoir s’il faut régler la conduite humaine ou la laisser sans règle, ce qui est une manière de lui donner une règle, celle de n'en pas avoir. Demeure alors la recherche du fondement de la règle ou de l'absence de règle. Cette quête est toute socratique par aveu d’une accointance paradoxale de la démarche dionysiaque ou dérangeante. puisqu’il s’agit non plus de courir après la sagesse, tout en ne rencontrant que des prétendants sages, mais la nature la plus profonde de la vie comme une activité qui trouve dans sa plus haute intensité et sa plus large extension sa plus haute jouissance, son plus large épanouissement. Est si la promesse était celle que reprend cette fois Kenneth White comme un précepte : « Amis, restez fidèles à la terre » c’est-à-dire restez fidèle au sens de la Terre c’est-à-dire au surhomme. Nietzsche reprend le terme de Surhomme directement au Faust de Goethe :- « Quelle pitoyable frayeur, dit Méphistophélès à Faust, s'empare du Surhomme que tu es ? » Nietzsche ne connaîtra pas cette frayeur ; il empruntera à Gœthe et le nom et la chose. Mais il paraît difficile de faire remonter comme le veulent certain le Surhomme de Nietzsche du « Surhomme » de Gœthe au « Génie » des romantiques . Si Le surhomme a une origine « romantique » c’est-à-dire une origine qui vient des deux premières vagues de réaction à la lecture de la critique de la raison pure : la première vauge sera celle de Kleist, la seconde celle du cercle de Iéna (qui plus particulièrement prend corps avec Schlegel et Tieck à Dresde, ville où Schopenhauer écrira sa grande Œuvre « du Monde comme volonté et représentation » quelques années plus tard après avoir quitté sa mère et que Goethe l’ait adoubé comme philosophe). Voilà pour l’histoire sinon pour les « idées ».

 

Je vous enseigne le Surhomme. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu'avez-vous fait pour le surmonter ? Tous les êtres, jusqu'à présent, ont créé quelque chose au-dessus d'eux et vous voulez être le reflux de ce grand flux et plutôt retourner à la bête que de surmonter l'homme ! Qu'est le singe pour l'homme ? Une dérision et une honte douloureuse. Et c'est ce que doit être l'homme pour le Surhomme; une dérision et une honte douloureuse Vous avez, tracé le chemin du ver jusqu'à l'homme, et il vous est resté beaucoup du ver. Autrefois vous étiez singes et maintenant encore l'homme est plus singe qu'aucun singe... Le Surhomme est le sens de la terre. Votre volonté doit dire: que le Surhomme soit le sens de la terre ! Jadis on disait Dieu, quand on regardait sur des mers lointaines ; mais maintenant je vous ai appris à dire : Surhomme... Et comment supporteriez-vous la vie sans cet espoir, vous qui cherchez la connaissance ? Vous ne devriez être invétérés ni dans ce qui est incompréhensible, ni dans ce qui est irraisonnable. Mais que je vous révèle tout mon cœur, ô mes amis : s'il existait des dieux, comment supporterais-je de ne pas être un dieu ? Donc il n'y a pas de dieux. C'est moi qui ai tiré cette conséquence, cela est vrai, mais maintenant elle me tire moi-même... J'appelle cela méchant et inhumain, tout cet enseignement de Tunique, du rempli, de l'immobile, du rassasié et de l'immuable.


Goethe avait dit, à la fin du second Faust : Tout ce qui passe n'est que symbole.

Nietzsche répond : Tout ce qui est immuable n'est que symbole. Et les poètes mentent trop. Mais les meilleures paraboles doivent parler du temps et du devenir : elles doivent être une louange et une justification de tout ce qui est périssable ... La beauté du surhumain m'a visité comme une ombre. Hélas mes frères, que m'importent encore les dieux.

 

Notons au passage qu’André Jouillée fait remonter la tradition du Surhomme, sans saisir ce qu’elle était véritable chez Nietzsche qui n’en a repris que le nom à Goethe : « Platon n'a-t-il pas mis dans la bouche de Calliclès ces paroles connues, qu'on croirait de Nietzsche lui-même: « Nous prenons, dès la jeunesse, les meilleurs et les plus forts d'entre nous; nous les formons et les domptons comme des ? ? ? ? ? ? ? et des prestiges, leur faisant entendre qu'il faut s'en tenir à l'égalité et qu'en cela consiste le beau et le juste. Mais, selon moi, qu'il paraisse un homme de grand caractère; qu'il secoue toutes les entraves, déchire nos écritures, dissipe nos prestiges et nos enchantements, foule aux pieds nos lois, toutes contraires à la nature ; qu'il s'élève au-dessus de tous et que de notre esclave, il devienne notre maître ; alors on verra briller la justice naturelle » »

 

Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /2010 10:00

 

Dans la série Qu'est-ce qu'un philosophe ?, Peter Sloterdijk ne définit pas ici le philosophe mais l'attitude de la. philosophie qui s'origine dans le jugement relatif à une défaite Ce qui correspond à la tradition dogmatique du philosophe qui a valu de Platon jusqu’à Schopenhauer. 

« Pour philosopher, il faut avoir perdu une bataille. On ne peut jamais être à la fois vainqueur et philosophe, car la philosophie est avant toute chose une réaction mentale que j’appelle  « romantisme du perdant ».  le « romantisme du perdant » dont i s’agit ici est celui qui naît de la certitude que la vie de la Cité ne pourra plus jamais mobiliser nos ambitions les plus intimes. Pour comprendre cela, il faut se rappeler que, historiquement, la philosophie est fille de la défaite. La scène à laquelle nous participons a déjà été jouée. Elle répète le drame qui a présidé à la naissance de la philosophie à Athènes il y a 2500 ans. C’est en réponse à l’effondrement du modèle démocratique athénien à la suite de la guerre de trente ans avec Sparte (~431/~404) que Platon décide de créer l’Académie. A l’issue de cette guerre tous les êtres nobles de la cité avaient péri au combat [sauf Socrate mais i n’était pas noble et plutôt lâche voir sa définition de la parrhèsia]. Seule la méchante canaille post-démocratique avait survécu. Il n’y avait plus personne pour tenir les promesses de la bonne cité défunte. Pour la première fois depuis très longtemps, les mots « solidarité » et « fidélité » étaient vidés de leur sens. Fort de cette expérience tragique de la politique, Platon a voulu élaboré un nouveau lien social reposant cette fois sur une solidarité avec le Tout et non plus sur une solidarité concitoyenne. « La Cité peut-être décevante la Totalité jamais », c’est cela l’évangile de la première philosophie.


Petit comentaire : on peut faire remonter la naissance de la philosophie bien avant Athènes, ce que fait Platon lui-même. Autres précisions que j’ai déjà développées ailleurs l’effondrement démocratique athénien ne provient pas des guerres avec Spartes mais davantage de la conjonction de la fièvre phtisique de -430 qui emporta entre autres Périclès en -429 et de l’échec de l’expédition de Sicile de -415 qui s’il est un épisode de la guerre entre la ligue de Délos et Sparte (-431 à -404), marque surtout l’envie de conquête de la grande Grèce (Sicile) qui est différent de la colonisation par cité, cet embourbement colonial produisit la perte de 20.000 vaillants « démocrates », d’où les réactions oligarchiques de 411 et 403..


Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : Les philosophes épars
Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /2010 21:14

Le hasard n'advient que dans un monde de buts et de fins. Ce n'est pas un hasard si ke terme provient de l'arabe al-zahr signifiant au départ "dés". Supprimez les jeux de dès et leur règles limitées et convenues et vous supprimez le hasard.

 

191_Des.jpg

Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
Laissez un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 08:12

f

Débutons à brut pourpoint.  Que dit Sartre. Je pense que quand l'on part de cela [la notion d'être], on fait soi-même de la philosophie. Autrement dit je ne crois pas que la pensée des philosohes de Veinne (et ceux qui ceux qui se rapprochent d'elle) soit une pensée valable. Nous ne nous rapprochons pas en tant que synthèse des valeurs de la pensée arbitrale analytique, mais nous voilà enfin élévé au rang de pensée non-valable par le plus grand des comédiens-philosophes celui qui a joué au sérieux de l'ontologie. Mais chercher l'être ce grand indéterminé et vous ne le trouverez pas. D'autres ont des formules bien pompeuse pour dire cela. Il est de ce fait difficile d'être non sceptique mais indifférent (distinction que Pascal avait déjà du mal à admettre dans sa dialectique du sceptique et du dogmatique) et donc d'être trè_s négligent à l'endroit de cette décadence.

 

187_Meilleur_ami_de_l-homme.jpg Le chien, meilleur ami de l'homme


Par son goût pour la psychanalyse existentielle de Sartre et son côté libertaire, nous ne saurions retirés Michel OnfraySartrienne. Dans l'entretien avec Julia Kristeva sur la controverse avec Freud on peut lire des chose intéressantes qui discréditent et rendent indigne toute notre pensée. C'est là qu'on dénote un chose chez Onfray, pour ce dernier, toute pensée digne de ce nom est dialectique pourtant la pensée pathique ou affective du Dehors qui porte à la création et au combat n'est en rien dialectique en ce qu'elle nie par avance les deux éléments en "contradiction" qui précèdent leur auto-dépassement . Si on prend le cas de la dialectique hégélienne ou encore les genres purs de la dialectique platonicienne. Mais c'est davantage le dépassement d'un courant de pensée et de son esprit de sérieux qu'il faut dépasser.

 

101_la-puissance-d-exister.jpg


 

Que nous dit-il encore : je ne crois pas à la vérité brute et impérialiste des neurosciences, un être ne saurait se réduire à un agrégat sommaire d'atomes simplistes (S'en est fini de Leucippe et Démocrite, je joue de la contradiction et sans doute d'une mauvaise foi qui . Mais là encore le sérieux qui se veut philosophique nous bassine avec l'être, être qui n'est que le grand indéterminé, le grand inconditionné des grecs qui fait que les philosophes ont toujours fonctionner dans la sous-détermination comprenez depuis Platon dans une forme de chute et de dépression.  La force irrationnelle dite quête de vérité vient de là. Il ne s'est jamais agi d'introduire de la puissance dans la connaissance comme avec Spinoza et Nietzsche.

 

En résumé et c'est une grande joie pour une forme basse de dialectique ontologiqe et phénoménologique la pensée du Dehors n'est pas digne et valable alors qu'elle est précisément le creuset des valeur puisque la valeur s'assigneLordon) non de l'être mais du dehors (comme le rappelait Frédéric

 

Les esprits lourds universitaire ont déjà bien du mal à nous comprendre à sortir de leur lourdeur ou sous-détermination (épistémologique ou analytique en fonction de la mode d'aujourd'hui) qui ne leur permet pas de vivre une vie en dehors de l'institution. Mais nous nous poursuivons la grande synthèse des nouveaux types, car c'est de là que naissent la diversité des trajectoires accomplies et non-avortées.

 

Les parties en gras valent pour des guillemets.

Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : Les philosophes épars
Laissez un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 20:17

Si le philosophe-médecin est un grand voyant qui ausculte la psychologie et la physiologie, le philosophe-forgeron a un autre usage du marteau. Il ne s'agit plus pour lui d'évaluer de manière sonnante et trébuchante les valeurs et les idiosyncrasies des penseurs et autres discoureurs, mais de forger ses propre outils. Et tant pis pour l'anathème, il s'agit de se créer à l'intérieur comme à l'extérieur, non plus par un praxis (un action) mais par un poiésis à la manière d'Hippias, celui que l'on a tant dévalué. S'il est une chose qu'il faut modifier c'est l'affectivité primordial là où l'esprit de vengeance verra la futilité voire la morbidité d'une civilisation en crise ne retenons que sa natalité et la vague des générations qui érode le socle « perpétuel » de la servitude volontaire. Il s'agit de transformer et de transfigurer les valeur plutôt que de rechercher l'origine d'un principe obscur fondamental. La fonte et la forge et et non le fondement et la fondation. Transvaluer, c'est l'activité qui passe par une éducation, une sélection. C'est que notre philosophe forgeron n'a rien d'un artiste romantique, toujours en réaction à un idéalisme. Il ne maudit pas la coupure avec l'absolu, avec le ciel, ne cherche pas le refuge intermédiaire de l'idéalité matérialiste ou opératoire (Dessanti, Badiou). Le philosophe-forgeron manipule le feu, il est homme de la Terre, il sait qu'en forgeant son activité résonne plus qu'elle ne raisonne, que la Terre vibre à l'unisson du marteau de son ouvrage. Le philosophe-forgeron est le continuateur du philosophe-médecin,  celui qui réalise après le grand voyant qui indique la santé du moment et l'éducation à la sauvagerie mais  ce philosophe bacchien est un philosophe-artisan, un homme de métier avant tout.

 

178_Forgeron.jpg


Pour revenir ce que nous disions précédemment. D'une part nous avons le champ opératoire qui « se » voudrait universel (hétéronomie) et de l'autre la volonté qui édicte de textes de lois (homonomie) mais qui a trop vouloir imposer produit ses propres turbulences, ses forçages et active la réaction des territoires autochtones. C'est d'une part le monde de la représentation et d'autre part le monde de la volonté pour parler en terme schopenhauerien. C'est d'une part la structure et d'autre part le sujet, pour parler en termes français des années 60 comme le relevait Merleau-Ponty, par exemple, dans Signes. Mais beaucoup n'ont pas aperçu cet espèce longtemps appelée génie que nous qualifierions plus justement d'autonome, pour la simple raison qu'elle ne produit pas de lois pour les autres mais pour sa propre conduite, pour sa propre éthique et qu'elle ne cherche nullement à la imposer aux autres sous couvert d'un fieffé universalisme comme le font les prêtres homonomes les araignées tisseuses de toiles. N'étant plus dans la vie contemplative des prêtres  :  c'est touche aussi bien les ascètes de la transcendance que les mystiques de l'immanence. Mais dans la vie active qui rejoint le rythme de la ville. Ces autonomes qui possèdent avant tout leurs territoires respectifs, leurs métiers permettent en fait le plus grand des téléscopage que l'on nomme grande synthèse ou « déterritorialisation ». Cette grande synthèse, cette non fixation est absolue et non relative parce qu'elle regarde l'avenir et non le crépuscule de ce qui est.

 

C'est en précisant bien à la fois la grande synthèse et ce qui relève du sens et de la dimension de la Terre, que l'on sort de la mystique immanente que l'on retrouve chez Bergson, Foucault ou Laruelle à la fin de leur vie comme s'ils avaient atteint un certain seuil de vérité. Mais le forgeron est celui qui se crée ses propres outils, dans le cas du philosophe ses propres concepts et sa propre synthèse.

Par Le Cazals - Publié dans : Pensées - Communauté : La commune des philosophes
Laissez un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    

Présentation

EDITO

TRADUCTION OF THIS SITE

 

Locations of visitors to this page

OTHER VERSIONS OF THIS SITE

 

       

 

(sorry we don't upload frequently)

 

EDITORIAL

Encore une fois bien venu. Vous trouverzez ici la série des EDITORIAUX du site

 

 

LIVRE A TELECHARGER : les signes d'une philosophie à venir

MEMOIRE A TELECHARGER : Création et peuple

Le 11 Septembre était-il si imprévisible que ça ?

Notre dossier Alain Badiou

Nouveau: De la dette infinie à la crise monétaire

Merci de participer à la vie de ce site en laissant un commentaire ou une quelconque trace de votre passage. Bonne lecture à tous

> Listes des penseurs et philosophes

> Liste des écrivains

> Liste des scientifiques

Criticalsecret

 

Catherine Kintzler

 

Oyseaulx 

 

Les vidéos de Ruz

 

Laurence Hansen-Love

 

Dominique Giraudet

 

Editions Germina

 

Démocrite

 

socioenlinea.blog.lemonde.fr


psychanalyse.blogspot.com


 


Rechercher

Images Aléatoires

  • dsc-0181.jpg
  • barria-re-de-potentiel-au-sein-des-cristaux.jpg
  • L-Heuillet Helene

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés