
Nous avons mis une centaine de portraits en ligne dans l'album philosophes (du XXe siècle pour l'essentiel).
Quelques article seront à venir dans les prochains jours.
bonne semaine à vous.
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1) Ne pas parler à la future Mme Sarkozy de vos goûts musicaux (Serge Lama, Jeane Manson, Enrico Macias...).
2) Dans le même ordre d’idées, éviter toute rencontre entre elle et Mireille Mathieu.
3) D’une façon générale, musicalement, faire un effort.
4) Eloigner votre fils aîné de votre nouveau couple.
5) A la réflexion, le cadet aussi.
6) Ne pas faire état, devant les Français, du pouvoir d’achat de Mlle Bruni, héritière d’une des plus grosses fortunes d’Italie : ce n’est pas le moment.
7) Ne même pas songer à combattre l’influence intellectuelle exercée sur Carla par son psychanalyste.
8) Ne pas abuser des visites de sites archéo- logiques en sa compagnie, elle finirait par mal le prendre.
9) En cas d’échec à la prochaine élection présidentielle, vous attendre à redevenir célibataire.
10) Un bouquet de fleurs à Laurent Fabius serait fair-play.
11) Carla dit qu’elle aime lire, ne pas croire pour autant qu’il faut lui offrir des livres.
12) Si vous voulez lui faire plaisir, laissez-la vous couper les cheveux, sa première vocation ayant été la coiffure.
13) En cas de chute de votre cote de popularité, ne pas renoncer à votre voyage de noces sur le yacht ou dans la propriété d’un multimilliardaire français ou étranger : on n’a qu’une vie.
14) Ne pas avoir peur d’inviter Christian Clavier à vos dîners de couples, Carla a le rire facile, comme beaucoup de grandes séductrices qui ont compris que les hommes se croient drôles.
15) Ne pas craindre que votre future épouse refuse de sacrifier pour vous sa carrière de chanteuse : c’est, comme pour Doc Gynéco, déjà fait.
16) Eviter de loger trop souvent Carla à la Lanterne, votre propriété de Versailles : ça pourrait donner des idées aux sans-culottes des Yvelines.
17) Ne pas toucher à votre ravissante belle-soeur, j’ai écrit tout un roman pour expliquer que ça ne donne jamais rien de bon.
18) Si le fils de Carla continue de se cacher la figure devant les photographes, on va finir par penser que c’est parce qu’il ne peut pas vous voir.
19) Ne pas inviter votre future femme dans un Resto du coeur, bien qu’elle ait parfois chanté pour.
20) Un voyage où ne pas emmener Carla : Washington, au cas où Barack Obama serait élu président des Etats-Unis, car on ne sait jamais.
21) Suivre ses conseils en politique étrange.
22) La maison de vacances des Bruni au cap Nègre me paraît une excellente et peu coûteuse destination pour vos prochaines vacances d’été : le contribuable appréciera.
23) Un tatouage pourrait lui plaire, mais évitez le percing à la langue : vous parlez quand même beaucoup.
24) Ne plus céder à la tentation du jogging
LE MONDE | 25.06.07 | 16h21 • Mis à jour le 25.06.07 | 16h21
e philosophe Richard Rorty, qui vient de mourir à l'âge de 75 ans, aura été l'un des grands
penseurs et intellectuels de son temps. Après des études à l'université de Chicago, où il eut pour professeur Rudolf Carnap, il a enseigné à Princeton et à l'université de Virginie, et était
professeur de littérature comparée et de philosophie à l'université Stanford. Il laisse une oeuvre considérable, qui touche aussi bien à la théorie de la connaissance et à la philosophie du
langage qu'à la réflexion morale et politique. Mais sa production académique s'enrichissait constamment d'interventions dans la presse, et d'écrits plus populaires et subjectifs.
Il fut, ces dernières années, parmi les plus vigoureux opposants à l'administration Bush et à la droite religieuse, et un critique acerbe de l'évolution du Parti démocrate et de son absence de vrai projet politique.
Richard Rorty revendiquait l'héritage des Pères fondateurs de la démocratie américaine, Jefferson, Lincoln, mais aussi de Roosevelt, Martin Luther King, contre une image dégradée de l'Amérique qui, selon lui, nourrissait à tort l'antiaméricanisme. En cela, il était avant tout l'héritier du pragmatisme, et de John Dewey, dont il n'a cessé de promouvoir et d'actualiser les idées. Rorty aimait l'Amérique et l'espérance sociale qu'elle signifiait à ses débuts - le titre d'un de ses derniers livres est Philosophy and Social Hope (1999). L'espoir, l'optimisme même, en dépit de toutes les déceptions, indissociables d'un refus solidement ancré de l'injustice : dès l'âge de 12 ans, raconte-t-il dans son beau texte autobiographique, Trotski et les orchidées sauvages, il savait "que l'intérêt d'être humain était de passer sa vie à combattre l'injustice sociale".
On demande parfois s'il y a des intellectuels, au sens strict, aux Etats-Unis : c'est la question que posait le premier philosophe américain, Ralph Waldo Emerson, dans son discours de 1837 The American Scholar, "déclaration d'indépendance intellectuelle" qui appelait à l'émergence d'une pensée américaine autonome par rapport aux traditions et prestiges de l'Europe, libre de réinventer la démocratie. Rorty était sans doute le seul philosophe américain, avec Stanley Cavell, qui veuille répondre à l'exigence d'Emerson : un intellectuel public, qui exprime à la fois l'aspiration d'indépendance de l'Amérique et sa capacité de discussion interne ; qui illustre la puissance du discours, et le bouillonnement des formes de la vie ordinaire et politique.
UN PARCOURS INHABITUEL
Le parcours de Rorty tranche dans le paysage parfois conventionnel de la philosophie américaine contemporaine. Elevé dans une famille où l'on vénérait Trotski à l'égal d'un dieu, Rorty avait deux passions : la conversation démocratique et les orchidées sauvages, dont il connaissait un nombre important de variétés. Cette conjugaison du public et du privé, du robuste démocratique et de l'ésotérique délicat, pourrait définir son style de pensée et d'écriture.
Son usage du pragmatisme est également ambivalent - critique et constructif. Rorty, dans son ouvrage le plus discuté, L'Homme spéculaire (Philosophy and the Mirror of Nature, 1979), puis dans Conséquences du pragmatisme (1982) rejetait le fonds "représentationaliste" commun à la philosophie traditionnelle et à la philosophie analytique : utilisant James, Dewey, Wittgenstein, Austin, mais aussi des arguments tirés de Sellars, Quine et Davidson, il critique l'idée de la connaissance comme représentation, "miroir" de la nature - constitué à partir d'un donné empirique que notre esprit, notre langage travailleraient de façon à atteindre le vrai.
Ses idées sont encore au centre des discussions présentes sur le "contenu conceptuel". Reprenant des thèmes de la philosophie analytique - vérité, sens, objectivité -, Rorty définissait, avec d'autres penseurs américains comme Cavell et Putnam, ce qu'on a appelé l'esprit "postanalytique", une transformation dans la pensée américaine aussi importante que l'introduction du positivisme logique dans les années 1940. A la différence d'un Quine, qui a voulu combiner empirisme et pragmatisme, Rorty a utilisé les ressources pragmatistes et les outils du "tournant linguistique" pour démythifier la fascination pour la science et la peur du relativisme, recentrer notre attention sur les pratiques et les ajustements aux situations, enfin ébranler les certitudes d'une philosophie analytique "professionnelle" devenue (intellectuellement et politiquement) conformiste.
Le versant positif de l'héritage pragmatiste est la constitution d'une rationalité communautaire et conversationnelle, définie par Rorty comme une extension progressive de la solidarité, du refus de l'injustice et de la cruauté : par un travail sur nos usages, une nouvelle sensibilité à nos vocabulaires, à nos modalités d'expression. Il définit joliment son idéal comme "romantic bourgeois liberal" : cultiver notre sensibilité à la souffrance et notre capacité langagière à la décrire.
Rorty a toujours suscité, voire provoqué, la critique et le débat. Cela correspondait à son idéal de la discussion critique, souvent revendiqué par les philosophes mais rarement mis en oeuvre. Il disait que si on pouvait définir la meilleure position intellectuelle comme celle qui était attaquée aussi vigoureusement par la droite que par la gauche, il était bien parti : dénoncé par les conservateurs comme irrationaliste et dangereux, par la gauche comme élitiste et proaméricain. Son interprétation du pragmatisme a été contestée par ceux qui en voulaient un usage plus normatif ; son ironie vis-à-vis des idéaux proclamés de la rationalité scientifique a été stigmatisée comme relativiste. Rorty pourtant n'a rien d'un sceptique. Il considère qu'il y a des solutions aux problèmes philosophiques dès lors qu'on les cherche dans les activités communes et non dans des théorisations et lexiques irréalistes.
L'introduction de sa pensée en France - à l'époque lointaine où les grands éditeurs traduisaient les livres importants - a suscité bien des débats au sein d'une communauté philosophique qui commençait à s'installer et hésitait à s'ouvrir à une critique interne.
On a pu avoir l'impression que Rorty traversait la division bien établie entre philosophie analytique et "continentale", mais, en dépit de son intérêt pour Heidegger, Nieztsche, Derrida, Gadamer, il reste l'héritier des grandes traditions de pensée américaines, d'Emerson à Dewey, de Sellars à Quine. Comme le dit Cavell : "Qu'on soit d'accord avec lui ou non sur tel ou tel point, Richard Rorty a été le philosophe américain, après Dewey, qui a montré de façon la plus accomplie et féconde que la philosophie était inextricable du discours public américain. Je lui en suis pour toujours reconnaissant."
Rorty, amoureux de l'Amérique, ami de l'humanité, voyait encore dans son pays, et dans la philosophie, "une ouverture sur des paysages démocratiques illimités". Il manquera à la vie philosophique commune.
Cette fille d'officier de l'Empire russe était une forte tête, dotée d'une "intelligence redoutable", aux dires de Freud, et d'une beauté envoûtante. En outre, chose remarquable à l'époque, elle manifestait une indépendance d'esprit et de moeurs encore rares pour une femme. Lou a vécu en parfaite autonomie financière, a réduit son mari, Andreas, à une existence administrative et a choisi libremement ses amants et ses maîtres intellectuels. L'un d'entre eux, le psychanalyste suédois Zemek, résume fort bien son génie : "Elle avait le don d'entrer complètement dans l'esprit de l'homme qu'elle aimait. Son immense pouvoir de concentration attisait, si l'on peut dire, le feu intellectuel de son partenaire." Et de conclure que cette capacité à entrer en résonance avec l'autre répondait à un besoin vital chez la jeune femme : "triompher des hommes."
Elle eut de longs monologues qui formèrent l'une des principales richesses de sa vie intérieure et solitaire, brouillant les cartes du réel et elle ne parvient plus à distinguer le vécu du rêve "Elle ment vrai". Il en sera ainsi toute son existence.
Elle ne trouvera le chemin qui ouvre le monde de la sexualité, que très tardivement. Cette ambiguïté jettera le doute dans l'esprit des êtres de son entourage. Elle a refusé pendant trente cinq ans tout contact sexuel. Il est avancé l'hypothèse de relations incestueuses avec l'un de ses frères lorsqu'elle était enfant. ?
Elle disait : "Etre une femme et accepter le destin à dominante érotique de la femme, c'est en même temps se priver de tout ce dont un être humain est capable par ailleurs".
Mais alors pourquoi, peu de temps avant de rencontrer Rilke, Lou est-elle devenue une femme sensuelle, avide de "festins d'amour" et théoricienne de la sexualité féminine ?