Petit propos d'Henri Laborit, le psycho-physiologiste sur l'intelligence
On m'a reproché parfois de ne jamais parler d' « intelligence ». La première raison en est que ce mot sert à expliquer et à valider
l’innéité de toutes les hiérarchies sociales. Cela m’énerve, sans doute par manque d’intelligence. La seconde raison est que je ne connais pas d’aire cérébrale où cette fonction se situerait.
Cependant, si l’on accepte la définition étymologique du latin inter-legere (« lier entre eux », en quelque sorte), les systèmes associatifs pourraient jouer ce rôle de
connaissance entre des voies nerveuses, des neurones codés par les traces mémorisés. L’intelligence dans ce cas serait l’équivalent de ce que je définis comme l’ « imaginaire ».
L’intelligence serait liée à la mémoire et à sa richesse sans y rester enfermée. Ces même en fonction des possibilités qu’il aurait de ne pas obéir à des automatismes, et d’utiliser ses
apprentissages dans une activité créatrice de nouvelles structures, qu’un individu pourrait être déclaré « intelligent ». Malheureusement j’ia l’impression qu’en général l’adjectif
« intelligent » est surtout utilisé pour honorer une activité de mémoire et la facilité d’établissement d’automatismes culturels. Le plus souvent est déclaré intelligent celui qui
réussit socialement, c’est-à-dire le plus conforme, le moins imaginatif.
Est-ce que les génies sont obligatoirement intelligents je n’en suis pas sûr. … Quel était le QI de Schumann, de Van Gogh ? L’intelligence me paraît n’être qu’un mot et les tests qui ont la
prétention d’en résumer le contenu sémantique ne me semble qu’explorer des activités cérébrales utiles à la reconduction d’une société d’un certain type, à une certaine époque à laquelle ceux qui
les ont élaborés étaient soumis.
Henri Laborit, L’esprit du Grenier, pp. 84-85.
Voici un extrait remanié du Cours de Mr Loraux du 18/04/08
La science est chez les Grecs comme chez Descartes l'opération de mettre ce qui est à l'abri du mouvement. Elle assure au réel (pensée) une transtemporalité. Mais pour cela il faut être à la source
du mouvement et du non-mouvement [si l'on pose le second comme éternel]. Cette source est la physis. La physis, on la traduit par « nature » mais cela est mal traduit. Claudel, en traducteur
averti, parle de poussement. Ce sont les latins qui ont traduit cela par nature et en ont fait la natura naturata et natura naturans .
/ La subjectivité est un problème moderne ou cartésien, les Grecs n'avaient aucuns mots pour dire notre intime (l'idée de conscience n'est apparue qu'avec Plotin, sous la forme de l'accompagnement
de la procession des idées, de leurs « chute dans les corps », parakoloumeta), La subjectivité est taraudé par tous les problèmes c'est même sa définition, Comment alors se débarrasser du problème
du Dedans et du Dehors ? C'est une grande affaire de la philosophie contemporaine. La subjectivité reste la non-appartenance de soi à soi, qui conduit à des expériences d'errance et de solitude. /
(Ceci était pour le cours de Loraux à Paris 8 du 18/04/08). Vous ne pouvez pas vous atteindre et en même temps quelque chose s'échappe de vous, dont Aristote faisait l'une des trois instances du «
sujet » avec le souffle et le corps à savoir l'ombre. Cet dimension sera beaucoup par un auteur africain comme Edga (cours de Douailler à Paris 8 du 17/04/08).
elle n'est pas exactement la capacité d'énergie comme le voudrait Guattari (comme je le suppose), la sujectivité est simplement du vécu qui n'arrive pas à se dire, hors les grande philosophie
contrairement à celle de Badiou ont cherché à affirmer un
logos qui n'est tenu par personne (Loraux le 4/4/8). Apophanticos disait Aristote, mais on
retrouve cela chez trois grands que sont Héraclite l'obscurci, Platon le découpeur-tisseur, Spinoza l'éterniseur de choses singulières (quoiqu'il y ait là un pléonasme), trois grand qui ont
effectuer selon Nietzsche le parcours de sagesse, 1°) communauté d'opinions et d'affects d'une époque, la base des problèmes, 2°) départ (le détachement a eu lieu avant) et traversé du désert 3°)
retour affirmateur à la Zarathoustra descendant de sa grotte dans la plaine.
Si la subjectivité, est l'impensé d'une situation, si elle était la capacité d'énergie active que lui prête Guattari, alors elle ne serait en rien une conscience, c'est-à-dire la manière réactive
de réagir à un danger, cela se manifeste par exemple dans le discours par ce que l'on appelle l'ironie. La subjectivité est sans doute cette volonté forgée sous les plus hautes pressions, mais
pourtant il est possile de faire état du fond d'affectivité ou d'énergie d'où est née cette volonté. C'est le cas chez Nietzsche, chez le cas dans les Dionysies ses fêtes printanières vouées à
Dionysos et d'où naissèrent dans le rapport entre un bouc qui chante (symbole de Dionysos) et une choeur qui représente la foule des anonymes. Etymologiquement la tragédie (tragos-odos) est le
chant du bouc. Il n'y a là pas de héros, car celui-ci finit en martyre, accalée soit par la morale religieuse soit par la justice de la cité. Il n'y a pas là de subjectivité, mais un entraînement,
une stimulation qui dépasse les individualités et les communautés. Ni sujets, ni assujettis. S'il demeure une sujectivité spécialement en psychanalyse c'est que celle-ci entretient l'acceptation de
la névrosé plus que son dépassement suliminal (qui n'est que le souffle, le moment de grâce après l'effort). Une puissance affirmée et une pouvoir rejeté à la névrose des articles du quotidien.
Le créateur (l'autonome) est celui qui se crée ses propres fictions et non celui qui en invente pour soulager les autres comme le ferai
le prêtre. Il se crée de l'intérieur comme de l'extérieur dirait Hippias.
Quoiqu'il en soit le créateur (de valeurs non lucratives) est celui qui est nié par le bourgeois héritier de l'humanisme triomphant. Ce dernier est l'homme dominant, le maître de l'esclave, parce
que lui-même auparavant était un serf ou un esclave et que sa seule manière de sortir de sa condition d'escvale (de s'affranchir, de se libérer) étaient de devenir lui-même un maître.
Le créateur vise de manière directe la puissance, la puissance de faire comme celle de penser, l'un n'allant pas sans l'autre. L'homme supérieur, lui, le bourgeois dont nous avons parlé, vise une
forme dégradé de la puissance ou de la capacité. Il n'a pas de compétence propre sinon celle de dominer les compétences des autres. C'est pourquoi, avec Nietzsche, on peut dire que la volonté de
dominer, la volonté de pouvoir, est une forme dérivé et amoindrie de volonté de puissance. A défaut de pouvoir faire pourquoi ne pas dominer ceux qui savent faire et qui font.
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