Dans le présent article, il sera question d’une analyse de certaines oeuvres de David Cronenberg. Notre choix de films étudiés est exhaustif pour plusieurs raisons. Nous nous
contenterons pour cerner une certaine problématique de circonscrire une époque de réalisation où David Cronenberg a mis en scène ses propres scénarios. Il sera donc question de la fin des années
70 et des années 80. Il est difficile de percevoir un projet esthétique « continu », c’est-à-dire de qualifier le projet de Cronenberg comme la redondance d’une thème à partir d’une
même emploi des figures de styles. La multiplication des histoires et leur différence mettent en avant la répétition d’un thème, celui de la chair et du corps, qu’il réalise sous différents
points de vues. Le cinéaste déploie sa propre obsession sous différentes perspectives ; il s’emploie à dominer un thème en le répétant sous différents modes narratifs. Nous nous contenterons
d’énumérer et de recouper l’analyse de ses films pour retrouver le thème. Bien sûr, il s’agit de mettre en évidence une généalogie commune où chacun de ses films seraient une
variation interprétatives de ce thème.
I.La critique du corps et la vie de la chair.
La vision de la science par Cronenberg est sans doute pessimiste aux premiers
abords, car l’essence du savoir est perçu comme profondément technologique, c’est-à-dire que ce qui est savoir (Theoria) ne peut être technique (techné). Il
s’agit d’asservir l’étant, c’est-à-dire que la nature est comprise sous l’angle du logo-centrisme : l’homme doué de la raison (et donc de la science) voit l’essence de l’étant comme centrer
sur la rationalité et son pouvoir transformateur. Il est question de manipuler la nature à une fin technique. C’est dans cette mesure que Cronenberg peut être comparé à des
auteurs du 19ème siècle telle que Mary Shelley et de son personnage du Baron de Frankenstein et de sa créature, ou de Robert Louis Stevenson et de son Docteur Jekyll
et monsieur Hyde. Mais la comparaison à ces auteurs classiques du fantastiques se limitent ici, car le projet de Cronenberg et l’idée de la science qu’il se
fait, est dans une autre perspective. En effet, ses personnages sont les résultats d’expériences menées par des scientifiques ; l’esthétique est centrée non sur l’angoisse de l’homme face à
la science moderne, mais plus profondément sur la défaite du corps et du retour à la chair. Les œuvres de
Cronenberg amène notre interprétation sur le problème du pouvoir et de la vie.
A. L’administration de la vie : la critique du corps.
L’homme vu par Cronenberg est dans une nouvelle configuration. Destituer la forme de la chair, c’est voir celle-ci aller au-delà des frontières dans laquelle
elle se restreignait, s’étendre là où habituellement elle est absente. Réduire le corps à sa surface charnelle, c’est restituer l’unité la plus profonde de la vie. Le corps, comme image, institue
des frontières fictives ( de l’ordre du discours). Les créatures mutantes révèlent la transgression. Elles vont à l’encontre des interdits que nous posons
sur le rapport au corps La fonction de négation de la mécanique du corps est un retour à l’élément primordial qu’est la chair. Par exemple, l’ordre du discours scientifique et
médical conçoit le ventre dans une unité tripartite (digestive, sexuelle et excrémentielle) ; conçu dans son unité, comme faisant les points de
convergences des fonctions organiques partageant la même chair. Il s’agit de concevoir la mutation comme la mis en place d’un ordre nouveau, la formule
qu’emploie le personnage Max Renn est révélatrice pour cela « The long live for the new flesh ». Dans Videodrome et The
Brood le ventre est conçu comme une unité où les trois fonctions ne sont pas distinguables, mais sont rapportés à la vie de la chair uniforme. Dans Videodrome, Max Renn voit
apparaître une fente verticale au milieu de l’abdomen ou Convex lui insère une vidéo cassette ; dans The Brood Nora Carveth donne naissance aux enfants de la haine comme
ex-croissance abdominale.
B. La chair hétérogène.
Si Cronenberg est dans une rupture avec le « corps », c’est pour mettre à nu
l’expérience de la chair comme surface illimitée, surface de contacts et de transformations où le monde n’est plus frontalier avec un moi physique du corps, mais où la chair est le lieu même d’un
confusion des lieux. Le simple moi, identité simple de la conscience inhérent au corps physique, n’est plus de mise dans la chair. La
thématique cronenbergienne est proche de l’expérience de la chair évoqué chez Artaud : « Il me parle de narcissisme ; je lui rétorque
qu’il s’agit de ma vie. J’ai le culte non pas du moi mais de la chair, dans le sens sensible du mot chair. Toutes les choses ne me touchent qu’en tant qu’elles
affectent ma chair, qu’elles coïncident avec elle, et à ce point même où elles l’ébranlent, pas au-delà. Rien ne me
touche, ne m’intéresse que ce qui s’adresse directement à ma chair. Et à ce moment il me parle du Soi. Je lui rétorque que le Moi et le Soi sont deux termes
distincts et à ne pas confondre, et sont très exactement les deux termes qui se balancent de l’équilibre de la chair.»
Dans la chair, l’homme nouvellement transformé est l’alliance d’éléments incompatibles. Ainsi, ce qui est en jeu dans l’idée de la mutation, est celle de la naissance d’une nouvelle forme de vie.
La nouvelle vie est l’interpénétration d’éléments préexistants au monde dans lequel les personnages évoluent. Cronenberg conçoit l’humain comme un matériel indéterminé, le corps est une entité
imparfaite, soumis à la transformation. La chair sans la figure du corps, est une superficie sans limite, qui recouvre un territoire inconnu. L’homme transformé chez Cronenberg, est soit
l’alliance d’une chair des-organisée avec des outils (Videodrome : Max Renn homme revolver, Nikki devient le poste de télévision) soit une chair se dédoublant dans une
fonctionnalité ( The Fly : Brundel est homme et mouche dans la même peau ; The Brood : Nora Carveth est la Reine d’une ruche d’enfants ). Par ces images de
mutants, il donne à réfléchir la contiguïté de la chair en deux sens. Il y aurait une contiguïté de l’extériorité, la chair se propageant vers l’espace extérieur, il y aurait une fusion avec le
monde des objets. En second lieu, il y aurait une contiguïté interne de la chair, deux formes se partageant la même matière. La forme première du corps n’est pas détruite, elle
est simplement expulsée de la matière. La dissociation forme matière permet de réfléchir l’en soi de la vie naturelle (inhérente à la chair) et le
pour-soi du corps comme figure.
II. Esthétique de Cronenberg : la surface.
Son esthétique repose sur une ontologie de la chair, de la surface. Il évite l’écueil d’une esthétique classique, celle d’un dualisme de la transcendance et l’immanence, le
spirituel et le corporel. Il développe la représentation dans son cinéma à partir de cette surface qu’est la chair. On observe cette absence de profondeur, de la verticalité dans la
représentation. La transcendance et l’immanence sont des mots désignant une rapport ordonnateur où le champ des événements est compris par rapport à un plan eidétique. Il s’agit de retrouver dans
l’événement la trace d’un sens et de sa présence qui lui fait défaut dans sa manifestation. L’événement est événement par rapport à un lieu qui n’est pas dans l’événement, disjoins de celui-ci
mais l’administrant par une grille rationnelle. Transcendance et immanence pose le problème de la causalité. Celle-ci, est déduite de notre part, en retraçant dans la
manifestation ce qui fait l’événement, de la raison vers le monde. Il s’agit de comprendre l’être dans le devenir.
Cronenberg est dans une rupture de cette vision de l’événement chosifié dans le non-événement. Il conçoit non un rapport entre être et devenir, mais le devenir pur, comme association de
différentes figures d’une même surface. le montage d’un devenir pur, comme conjonction hétérologique de la surface charnelle. Ce n’est pas le
« est » qui est invoqué mais le « et ». La chair mutée, libérée du corps, est dans son hybridité, un être unitaire, mais une agglomération de pluralités hétérogènes (Max Renn
dans Videodrome, est à la fois une conjonction entre l’homme et l’arme à feu ; A la fin de The Fly, Brundel sortant du téléporteur est une association entre L’homme,
la mouche et la machine). Absence de la transcendance et de l’immanence, la surface dans les films de Cronenberg est conjonction dans l’unité narrative. L’un et l’autre ne sont pas dans une
relation de la causalité comme la transcendance et l’immanence. Elles sont deux sphères dans une coexistence, sans lien causal, mais dans une autonomie et une interdépendance
l’une de l’autre. Il y a dans l’espace de ces films, la recherche de cette conciliation des contraires.
Si la chair est perçue comme devenir contenu dans le corps, le corps est révélé comme une structure ordonnée fictive et arbitraire. Nous
projetons par l’imagination, comme simple préjugé, un ordre sur un lieu qui par essence n’est pas ordonnée. Dans son immédiateté, la chair est dans son vécu pour la conscience
un lieu de sa visée. La chair est « corps » dans le rapport entre le monde et la conscience, dans la constitution primitive de l’expérience du monde et du moi. La
chair en tant que corps, est le médian entre conscience (intériorité) et monde (extériorité). Le terme de « corps » définit la chair dans ce
passage entre intériorité de la conscience et extériorité du monde. Le corps est un croisement entre l’ordre du monde et l’ordre de la conscience. Ce que fait Cronenberg dans
la mutabilité du corps est la destitution de la structure.
L’élément médian d’un corps organique devient un corps sans organe (la chair). Ainsi, l’élément central comme chair voit sa transformation rejaillir sur l’expérience de la conscience et du monde
qui se trouve en elle. Dans quelle mesure la chair transformée éclaire l’ombre de la conscience et l’ombre du monde ? Il dévoile ce
qui est caché dans les profondeurs de la conscience et du monde. Opérant le déploiement de la conscience au niveau fantasmatique et imaginaire et déploiement du monde vers
ses zones obscures. Déploiement et mis en surface de la chair dans ses pulsions expulsent fantasmes de la conscience dans le monde. Il
conçoit la vie dans la chair, comme devenir pur , réduit à sa propre force. Dans une perspective nietzschéenne de la vie comme volonté de puissance. La chair libérant sa force dionysiaque en lutte contre les formes de l’apollinien. Cette lutte est au source de l’esthétique de Cronenberg.
L’homme parasité dans sa reconfiguration, est la libération de la force dans la recherche de nouvelles formes de mettre dans le lieu de la chair
III. La surface : Mesure et démesure du temps.
a. Chronos et Aiôn.
La chair est dans son identité, l’oubli de l’unité, de l’équation simple « moi égal corps ». La chair du mutant est l’hétérogénéité de plusieurs lieux, la proximité
de l’animé et de l’inanimé concentrés dans un même espace. Mais la transformation dans la chair chez Cronenberg est en cela prise dans une dynamique de la
propagation, en éternel devenir contre le statisme de l’être. Il est vrai que dans Videodrome Renn est soumis petit à petit aux mutations par les hallucinations ; dans The
Fly, Brundel se transforme lentement en mouche. Ce que filme Cronenberg n’est pas l’immédiateté de la transformation, mais le processus par lequel cette chair se voit transformer. Il
s’agit de filmer la lenteur de ce changement, de saisir les étapes du processus tout en restituant le flux continuel. Ainsi, on assiste à cette propagation dans la chair mais aussi dans quelle
mesure le monde environnant se voit lui-même transformer, a l’instar de la chair mutante. Il est toujours question de cette surface, de ce déploiement de la transformation sur
plusieurs plans. Comment restituer cette dialectique entre le monde et le mutant ? Il s’agit en effet de restituer cet effet de surface- transformation
du monde à l’image de la transformation du mutant- ou bien est-ce l’inverse ?
La chair est absence de sens, elle est perte de repère spatial. Elle est comprise comme flux ou tout advient et coexiste dans sa présence. Est-il possible d’affirmer au sein de
la mutation de la chair une temporalité physique ? La chair défiée de cette forme qu’est le corps, est le déchaînement des pulsions et des forces. Peut-on encore considérer la chair sous la
perspective de la temporalité des corps? Le temps est communément admis comme une mesure du mouvement des objets comme les aiguilles d’une montre en rotation autour d’un cadran. La
conception du temps est celle de la mesure du mouvement, des corps parcourant une distance. Le temps dans sa mesure est celle du présent, où passé et futur ne sont que deux dimensions relatives à
une certaine durée de la conscience comme nous la comprenons chez Saint Augustin. Le temps est vu comme Chronos s’appliquant aux corps. Elle mesure les
effets et les causes. Elle assure à la pensée le rapport stable entre les objets. Privée de sa forme de corps, la chair révèle un autre
temps, celle d’un devenir fou, celle de l’Aiôn. Dans Logique du sens, concernant l’Aiôn Deleuze écrit : « le devenir fou de la profondeur est donc un
mauvais Chronos, qui s’oppose au présent vivant du bon Chronos. Saturne gronde au fond de Zeus. Le devenir pur et démesuré des qualités menace du dedans l’ordre des corps qualifiés. »
La chair est trace de l’Aiôn dans le vivant, mais ce devenir fou vécu dans la chair n’est qu’un écho, une répétition d’un devenir parcourant le monde. Les œuvres de Cronenberg
se présentent comme surface. La chair est un effet sur une surface qui elle-même est muée par le devenir. Il y a cette mutation du monde s’opérant dans les
alentours de la chair. Videodrome exprime cette logique du devenir de la surface. Le cinéaste opère une mise en abîme, filmant la télévision, il institue dans le cadre narratif de
l’ordre du film, un second ordre. La succession des images sur le poste de télévision est un flux, faisceau visuel d’un assemblage hétérogène d’images. La
télévision est en elle ce lieu des conjonctions des formes. Elle est le signe de cet assemblage épars faisant écho à la future transfiguration de Max Renn en un nouvel homme.
Cronenberg pousse cette logique du devenir pur de la surface, en instituant de la transformation d’éléments. Il y a dissymétrie dans le devenir-fou des surfaces est dans un
déséquilibre permanent. La surface en elle est réfraction du sens, et résonance des effets. Si la télévision est symétrique à Max Renn, elle est même incluse dans le devenir propre du monde. La
télévision se greffe telle un parasite à l’ordre du monde. Le monde n’est qu’apparence (phenomenon), elle est illimité dans son essence. Max Renn
achète des programmes érotiques à des japonais dans la chambre d’un hôtel miteux ; les décors d’un restaurant huppé précèdent la visite d’un hospice médical pour mendiant.
Le cinéaste filme la superposition de scènes d’une géographie urbaine où tout se mêle, se mélange. Le mutant, lieu géographique d’une dualité entre chair et matière, est infraction de l’ordre
naturel, se voit exclu de l’ordre social ; le mutant se voit destitué de son rôle social ( dans Videodrome Max Renn, de directeur d’une chaîne de télévision, devient un meurtrier
pourchassé ; dans The Fly Brundel se cloître dans son appartement pour cacher sa monstruosité ; dans Scanners, les mutants télépathiques sont des
mendiants vivants dans les rues). Le mutant transgressant l’ordre naturel, est chassé pour se réfugier dans les bordures de la civilisation urbaine ( dans Videodrome, Max Renn se cache
dans un bateau en cale sèche, désaffecté rouillé dans la banlieue de la Ville où il se donne la mort). La vie pulsionnelle et instinctive de la chair dans
son déchaînement ne peut se limiter à cette espace. La chair est montrée par Cronenberg comme propagation. Elle n’est pas lieu précis. Cronenberg assume le devenir de la chair au delà du corps
transformé.
les prés-mutants sont dans une relation d’incursion dans des espaces non normalisées, Cronenberg filme banlieues grisonnantes dans
Videodrome et Scanners; Des endroits de claustrations (Chambres exiguës d’hôtels piteux ; Salles de tortures). A l'arrière du monde fonctionnel, Cronenberg laisse des traces,
des indices d'un arrière-monde, excrément du monde fonctionnel.
b. La narration cronenbergienne : variation interprétative sur
Videodrome.
Le mode narratif de Cronenberg appartient à cette expression de la surface. Cronenberg opère cette rupture avec le modèle narratif classique, cette fausse réalité qu’est le montage. En
effet, le montage est une acte de réorganisation de la réalité filmée. Le temps du monde fonctionnel, comme temps physique, est lié à
l'oppression des corps. Le temps physique galiléen est la mesure du mouvement des corps dans une logique de la cause efficace (la cause précède l’effet). Il n’y a pas de dépense superflue du
mouvement. La succession est conçue, couramment par l’esprit comme effet suivant la cause, mais la cause n’est plus, elle est déduite à la présence de l’effet. Le montage en
cinéma, est dans une perspective de ce temps fonctionnel. Il s’agit de montrer par une alternance de plan, ce qui fait cause au plan suivant. Le montage hérite de ce préjugé
sur le temps du découpage de la temporalité ( passé - présent - futur). Dans le monde excrément, monde réellement renversé, Cronenberg emploie le montage et le détourne pour signifier la négation
de cette logique du corps fonctionnel et de cette temporalité.
Prenons comme exemple la scène de clôture de Videodrome, Max Renn regarde un poste de
télévision. L’image de son amour Nikki apparaît sur l’écran pour lui dire qu’il est nécessaire maintenant de se débarrasser de son corps (« old
flesh ») pour laisser place au règne de la nouvelle chair. L’écran lui montre sa personne dans la pièce s’approchant d’un feu et plaçant sur sa
tempe son pistolet en récitant « The long live for the new flesh ». La télévision explose, vomissant de la chair rouge. Renn répète cette scène à l’identique. Dans un espace de
plans, Max Renn assiste sur l’écran de télévision à son propre suicide, lui encore vivant. Dans cette espace visuel, Max Renn regarde Max Renn, il s’agit ici d’une coexistence de la personne dans
une distanciation. Renn répète cette scène à l’identique. Ainsi, la coexistence et répétition de l’identique, de la répétition du suicide est celle d’un
« retour à » . Cette séquence échappe à la logique d’un temps profane, à celle d’un montage explicatif. Le sens de cette scène ne joue pas sur le préjugé de la temporalité
des corps fonctionnels (demandant au spectateur de faire la relation causale). Le sens explicatif est interne à la séquence, elle consiste à la redondance de l’image, qui laisse place à la
transposition d’un temps à venir identique à un temps du déjà vécu. Le vécu de Max Renn est présenté dans un temps sans scission. En effet, si ce qui précède est identique à ce qui est à venir,
Max Renn voit son existence cloisonnée dans la répétition. Le montage chez Cronenberg, institue un temps de la suffocation, de la claustration existentielle. Le suicide de Max Renn n’est pas
filmé, à la fin de Videodrome, Cronenberg insère un écran noir avec le bruit d’un coup de feu. Suggère-t-il que la mort soit une échappatoire ou soit la renaissance promise de
Nikki ?
Conclusion.
Le déclin du corps, la figure passagère de la chair, telle est la vision de la vie chez Cronenberg. Dépassant
largement les limites d’une esthétique particulière, les questions que soulèvent l’image de la chair transformée, posent d’emblée la compréhension de Cronenberg dans les champs de réflexion de
l’Ethique et de la morale. En effet, la question du mal et du bien comme éléments identifiant le beau et le laid est réfutée. Il y a bien une esthétique du mal, celle mettant
en avant nos conceptions de la vie comme préjugés moraux.
Le mal est le thème fondateur du cinéma de Cronenberg. Non d’un mal qui serait une puissance négative, entravant la
vie, mais un mal qui serait un autre versant de la vie, de la chair. il est une puissance sans limite qui ne connaît pas l’ordre, voir qui serait la consécution des
persécutions menées contre la chair. Nous sentons gronder la révolte au sein de la vie dans le cinéma de Cronenberg.
Derniers Commentaires