Dimanche 3 février 2008
Le principe de la brêche : "il faut aller la où personne ne va".

Partons de l'idée que la vie procède par mutation et par hasard. On continue sur la même lancée que le texte sur l'éperon de la vie (ou hormesis). Je pourrais développer un peu plus l'antinomie entre systèmes statiques (la philosophie comme "hobby" métaphysique, qui est au fond une manière de ne pas prendre de risque et de se mettre à l'abri des événements) et les systèmes émergents ou dynamiques qui ne sont jamais bouclés, car la richesse d'une vie de philosophe est nécessaire pour les expliquer, en contre-point. C'est un petit pied de nez à Wlatzinblack.

Qu'est-ce que la brèche ?

Le principe de la brèche : "il faut aller la où personne ne va".

1°) Se tenir sur la brèche / faire la brèche

Être sur la brèche ou mieux encore s'y tenir, ce n'est pas être sur la schize. La
schize c'est la différence entre un actuel et un virtuel mais qui au fond préfère la fuite à l'effort ou au conflit, c'est cette position au bord de la société où l'on peut se tenir et l'observer avec un regard critique (posture du schizo). Se tenir sur la brèche c'est se tenir à l'affût, être aux aguets prêt à bondir, prêt aussi à entrer en conflit comme le guerrier, mais c'est surtout s'acharner au travail en tenant la même ligne de conduite (qui peut être justement celle de changer sans cesse de point de vue). Combattre , se dépenser jusqu'à ce que vienne l'heure du repos, celle du repos du guerrier.

Faire la brèche, suivre cette ligne de vie, par intuition, ruse (metis), sagacité (phronesis), opportunité, c'est se détacher de tout principe de minorité qui lui renvoie toujours à une majorité. Comme le dit si bien Zizek "résister, c'est déjà capituler", en somme être minoritaire, c'est déjà manquer d'affirmation... Faire la brèche c'est produire une émergence.

2°) Systèmes cohérents et systèmes émergents

Les systèmes cohérents sont de l'ordre du symbolique, ils confondent souvent l'abréviation du singe (symbole ou la dite "puissance de la lettre") avec le signe lui-même. Si l'émergence quant à elle ne vise pas avant tout la cohérence mais la brèche, c'est que le non-sens révélateur de sens est plus que tout porteur de valeur. Parler de non-sens c'est encore être enfermer dans une vision dépréciatrice.
C'est pourquoi, pour prendre un exemple interne au système de reconnaissance philosophique (
l'Institution), François Zourabichvili se trompait lorsqu'il voyait dans l'agrégation, le critère capable de désigner la communauté des philosophes. Mais combien, cette agrégation est grégaire, combien tous se dirige vers l'enseignement qui n'est pas la pratique (ou tout au plus la pratiques des textes avec souvent un manque de philologie certain). Cette remarque quant à Zourabichvili est d'autant plus flagrante, que contre toute moralité, il n' a même pas survécu au sein du système dont il héritait : plus précisément il n'a pas survécu face à l'inhumanité où le plaçait Badiou, tout en se coupant et de Nietzsche et de Bergson (c'est-à-dire par deux fois de schopenhauer). C'est précisément hors de l'institution que les choses se jouent, sur la brèche. plus encore que sur le métier (d'enseignant)


3°) La brèche entre le pathétique et le dynamique

En chaque chose, il y a du pathétique et du dynamique, de la conservation et de la dissipation ou dispersion. Le pathétique comme le dit Kierkegaard est ce qui ressort d'un choix de conscience d'un "ou bien ... ou bien ..." (voir à ce titre "Ou bien ... ou bien" de Kierkegaard). Mais au-delà de cette opposition entre conservation et de la dissipation, il y a la création. Cette création de valeur qui en philosophie se traduit par delà la conscience de soi et l'oubli de soi par l'affectation de soi par soi. A travers la conscience de soi et l'oubli de soi on retrouve deux processus mis en avant des les années 60-70, à savoir les processus de subjectivation et de dépersonnalisation, le pathétique et le dynamique se sont manifestés sous la forme de ces processus, mais la brèche est précisément l'oscillation entre les deux.

Cette oscillation par-delà l'être et le devenir, la forme et le flux se rapproche de la philosophie du neutre de Blanchot (du "ni ceci ni cela"), qui n'est qu'une reprise du "ni ... ni ..." stoïcien, lui-même issu d'Héraclite quand il disait que "la nuit et le jour c'est la même chose...", et que ce qui entre en conflit est avant tout la marque d'une affinité plus large entre les deux (pensons aux gendarmes et aux brigands, pensons au film de Scorcese les infiltrés). De manière plus pragmatique et économique (comme nous l'avions dit avec l'éperon), ceux qui entrent en conflit ne seront pas les véritables vainqueurs, c'est toujours un tiers qui en sort gagnant, car les "belligérants" épuisent leur forces et sortent amoindris du conflit. Boston, puis New York sont devenus les centre du capitalisme un fois que l'or s'est échappé d'Europe, chaque fois que l'Allemagne et la France et le Royaume-Uni sont entrés en guerre. Même chose pour le premier empire d'occident, Alexandre mis fin à l'hellénisme (fin que déplora Aristote sur son lit de mort, lui qui avait enseigner à Alexandre) en fusionnant l'Empire perse et les cités grecques qui y résistaient.


edition du 10/02/08 16:00


SIGNES D'UNE PHILOSOPHIE A VENIR / L'émergence
SIGNES D'UNE PHILOSOPHIE A VENIR / La brèche



PENSEE / Epoques à conjectures
PENSEE / Nous les Hyperboréens...
PENSEE / Sortir de Foucault
PENSEE / L'affirmation de la personnalité
PENSEE / Récuser le concept d’être
PENSEE / S’il n’y a pas réellement de forces du dehors

par Le Cazals publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Lundi 28 janvier 2008
Après avoir vu les dimensions de l'émulsion et de la substitution, il y a une dmension qui apparaît de manière très saisissante dans nombre de discours : celui de l'émergence. Voici un texte en réponse à Orphée,  pour ce qui est de l'émergence en philosophie.... Anthony

il y a un groupe d'auteurs comme Paul Audi, Clément Rosset et Michel Henry, qui pourrait rentrer dans une métaphysique de l'éxcédence (je te définirai la chose une autre mais c'est li'dée que le dépassement de soi permet un retour à soi, à l'ipséité comme la nomme Michel Henry). L'excédence qui se veut l'étape après toute la métaphysique de la différence (Deleuze, Lyotard, Derrida, etc....). Mais je ne sais pas si la pensée émergente a à voir avec la métaphysique qui demeurera toujours un discours rapporté sur la réalité, une théorie en rupture avec la pratique (même Onfray avoue cet échec pas plus tard qu'hier chez FOG). L'excès, l'hybris, le polemos (combat héraclitéen qui revèle une affinité plus grande), la joute, la grande politique chez Nietzsche ont à voir avec ce par-delà le régime morale de la gouvernance (qui quoiqu'en dise Badiou marque encore toute sa pensée qui n'évacue pas les malentendus du double discours)

Reste que ce qui excède et déborde les dualismes est dans la droite ligne des stoiciens qui ont repris l'essentiel de leur concept à Heraclite. Ce que je voulais dire c'est que c'est à l'opposé du choix moral de Badiou ou plutôt cela constitue le non-choix ou l'indifférence par excellence vis-à-vis de tout Deux (Etre et Evenement, Bein et Mal, Vrai et faux). Compte le processus émergent qui va au-delà de ce type d'antinomie (réciprocités métaphysiques ou dualismes), en cela on se rapproche du Nieztsche, Par délà les antinomies de Monique Dixaut et de la plasticité énoncée par Catherine Malabou.

S'il y a une philosophie émergente elle doit prendre le contre-pied exact de la pensée-et-vérité-du-Même de Badiou (la lignée Parménide-Platon)

Pour ce qui est de la philosophie des sciences, ce type de discipline institutionnelle marquera toujours un recul, une "décadence" par rapport à une culture. il y a là une volonté de civilisation, d'acculturation, de maitrise de concepts qui sont métaphysiques plus que scientifiques et emcombrerait le discours scientique plus qu'il n'en faciliterait la pratique. L'Emergence ne peut viser de fait ou de prime abord la cohérence, puisqu'elle est une déviance qui se fera ensuite tendance. La pensée (émergente ou non) est affiare de sagacité (de phronesis comme disait Aristote : "La poésie comme la philosophie est affaire de sagacité" , Poétique III) La philsophie des sciences est pratiquer par des esprit lourds mais n'a rien à voir avec la biologie émergente ou la physique quantique.

Aussi c'st pour cela que toute philosophie émergente doit s'éloigner au maximum de la pratique mandarinale (y compris Foucault et Deleuze qui sont restés au sein de l'institution). Même Rosset et Audi n'en sont pas réellement sortis, mais ils ont comme Michel Henry saisi la dimension d'afffectivité propre à Spinoza et à Nietzsche. Seulement l'affectivité pour qu'une culture advienne doit se débarasser de tout le pathétique pour conquérir le dynamiqque dans un geste spinoziste (l'affectivité est seulement pathétique ou liée à la conscience pour le phénomélogue Henry, elle est "à la fois dynamique et pathétique" pour Audi dans [i]Où je suis[/i], mais l'affectivité c'est avant tout pour Nietzsche "le fond primordial de la volonté de puissance", l'affectivité étant à rapprocher de la dimension du Soi/Self/Selbst/Autos qui n"est pas celle du Même/Same/Sich/Homos, qui luiest de l'odre de la conscience, du côté du pathétique voir our cela le chapitre de Badiou sur Keikegaard et Ou bien... ou bien où la conscience morale qui doit opérer un choix entre deux alternative est qualifée de "pathétique" au sens fort du terme. Puisque la question est celle des nouvelles possiblités des vie pour qu'advienne une culture philosophique non sa parodie institutionnelle (questions du tragique et du double chez Rosset). Plus que posibilité de vie ou un devenir virtuel qui devrait s'actualiser, il s'agit bel et bien de la capacité à faire émerger des nouvelle formes d'existences qui no'nt rien à voir avec l'enseignement de la philosophie qui est son pluus grand piége. Mettre en pratique ses prorpes capacités d'autonmies et augmenter sa volonté de puissance voilà ce qui demeure une philosophie émergente.

voir aussi Avant-garde, dissidence et émergence
par Anthony publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Samedi 5 janvier 2008
Dans le chapitre XVI du Traité théologico-politique, Spinoza établit d'abord que le droit naturel de chacun, sensé ou insensé, s'étend aussi loin que sa puissance, ce qui établit le risque de la violence. Mais l'état de société, de même que la raison, sont naturels à l'homme. Le but de l'État est l'utilité commune. Pour que ne règne pas la violence anarchique, il faut que la force appartienne à l'État, au souverain (collectif ou individuel). Mais le pouvoir du souverain est borné par la puissance, qu'il est impossible que les sujets ne conservent pas, et qu'il est avantageux qu'ils conservent aussi grande que possible. pour ne pas devenir des automates. La liberté ne se limite donc pas arbitrairement. Elle ne peut se limiter que naturellement, par la réciprocité des puissances, et la recherche par chaque partie de son utilité propre. Or cette utilité propre ne peut être contraire à la raison. L'État démocratique qui se fonde sur l'intérêt général est le plus rationnel, donc le plus libre. Merci à Laurence Hansen-Love pour l'indication de cet extrait :)

Des fondements de l'État tels que nous les avons expliqués plus haut, il ressort avec la plus grande évidence que sa fin dernière n'est pas de dominer ni de tenir les hommes par la crainte, ni de les soumettre au droit d'un autre ; mais au contraire sa fin est de libérer chaque homme de la crainte, afin qu'il vive, autant que faire se peut, en sécurité, c'est-à-dire qu'il conserve le mieux possible son droit naturel à exister et à agir, sans danger pour lui et autrui. Non, dis-je, la fin de l'État n'est pas de transformer les hommes, êtres raisonnables, en bêtes ou en automates, mais au contraire de faire en sorte que leur esprit et leur corps accomplissent sans danger leurs fonctions, qu'eux-mêmes usent de leur libre Raison, qu'ils ne s'opposent pas par la haine, la colère ou la ruse, et se supportent mutuellement dans un esprit de justice. La fin de l'Etat est donc en réalité la liberté.
En outre, nous avons vu que pour former l'État, une seule chose était nécessaire : que tout le pouvoir de décider soit entre les mains, ou bien de toute la collectivité, ou de quelques-uns, ou d'un seul. En effet, comme le libre jugement des hommes est tout à fait divers et que chacun pense à lui seul tout savoir, et qu'il est impossible que tous pensent également la même chose, et parlent d'une seule voix, ils ne pourraient vivre en paix si chacun n'avait pas renoncé au droit d'agir selon le seul décret de sa pensée. C'est donc seulement au droit d'agir selon son propre décret que l'individu â renoncé, non au droit de raisonner et de juger ; par suite personne ne peut, sans danger pour le droit du pouvoir souverain, agir à l'encontre du décret de celui-ci, mais il peut totalement penser et juger, et par conséquent aussi s'exprimer, à condition cependant qu'il se contente de parler et d'enseigner, et de défendre son opinion par la seule Raison, sans introduire par la ruse, la colère et la haine, quelque mesure contraire à l'État qui ne ressortirait que de l'autorité de son propre vouloir.
Par exemple, si un citoyen montre qu'une loi contredit la saine Raison et pour cela estime qu'il faut l'abroger ; si, en même temps, il soumet son avis au jugement du pouvoir souverain à qui seul appartient le droit de fonder et d'abroger les lois, et s'il ne fait rien pendant ce temps de contraire à ce que prescrit cette loi, il mérite bien de l'État, et se comporte comme le meilleur des citoyens. Mais si, par contre, il agit ainsi pour faire accuser le magistrat d'injustice, et le rendre odieux à la foule, ou s'il s'efforce séditieusement d'abroger cette loi contre _ le gré du magistrat, il est assurément un perturbateur et un rebelle.
Nous voyons donc de quelle façon chacun peut dire et enseigner ce qu'il pense sans danger pour le droit et l'autorité du pouvoir souverain, c'est-à-dire sans danger pour la paix de l'État : i1 lui suffit de laisser au pouvoir souverain le soin de décréter sur toutes les décisions à prendre, et de ne rien faire contre ce décret, même si souvent il doit agir à l'encontre de ce qu'il juge et pense ouvertement bon. Voilà donc ce qu'il peut faire sans danger pour la justice et les valeurs sacrées".

Spinoza Traité théologico-politique , Livre XX

 

 

par Anthony publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 18 novembre 2007


Dans un précédent article, nous avions parlé de l'emulsifiant, de ce qui fait tenir ensemble ce qui normalement ne tient pas ensemble. L'émulsion en tant que produit vaut pour la nourriture, l'exemple le plus courant étant le lait, mélange d'eau et matière grasse qui ne se mélange pas, mais dans le même ordre d'idée, il y a l'Hormesis, nom grec pour l'éperon, une variante plus dynamique de l'aiguillon moral et statique de Socrate (en grec élenchos). En science, pour donner un exemeple, on parle de principe d'hormesis ou loi d'Arndt-Schulz pour parler de l'effet stimulant de doses faibles de substances toxiques : c'est le cas, par exemple, des matières organiques polluantes qui activent les bactéries symbiotiques de l'eau. C'est aussi le cas de la vaccination, qui consiste à injecter préventivement, dans le sang d'un individu, un microbe pathogène dont la virulence est artificiellement atténuée. Ainsi est activée la production d'anti-corps capables de répondre à une attaque d'une souche plus virulente du microbe. Le terme de vaccination provient de l'injection de broyats de pustules de vaches atteintes d'une maladie bénigne : la cow-pox (ou vaccine). La vaccine immunisait les vaches contre la variole comme le remarqua Jenner, médecin angkais de 18e siècle, qui pratiquait ce type d'inoculations. L'hormesis, le fait d'intoxiquer à légère dose, est utiliseée par l'homéopathie autant que par la médecine traditionnelle (allopathie et ses vaccins) mais c'est aussi l'idée un peu gentillette que des petits malheurs de la vie nous faont en apprécier les bonheurs, nous maintiennent dans une certaine santé mentale et non dans l'apathie comme le cherchèrent les philosophes qui se regroupaient en école.

L'hormesis en philosophie consiste donc à éperonner l'adversaire dogmatique pour lui faire ressentir l'affectivité, l'énergie en devenir qui est au fond de toute expérience, car pour le dogmatique il n'y a que la stabilité à l'abri de la morale qui compte, ce "fond primordial" de toute expérence, Nietzsche l'appelait aussi dionysiaque. Mais il n'est pas nécessaire d'en diviniser la nature pour rendre compte de qui relève d'une énergétique. Cette affectivité, à la base de toute volonté vers la puissance. L'expression est un peu abrupte comme cela mais par volonté vers la puissance on entend nullement la volonté d'acquerir un pouvoir hiérarchique mais une volonté d'augmenter sa capacité d'autonomie. La volonté de dominer n'est que le double amoindri de la volonté de puissance, c'est une volonté de puissance qui sentant que la puissance lui échappe se fixe sur un pouvoir dont elle peut détenir les rênes. Mais cette une des grandeur de notre époque de faire que l'on aperçoit tant les limites du pouvoir coexcitif de l'ancien régime que les limités du pouvoir représentatif de nos démocratie, les lois, décrets d'application et circulaire ne font pas tout et ne pallient pas grand chose. Tout l'enjeu de l'autonomei est de dépasser le constat que au fond tout est devenir, affect, relation à un milieu (lamarckisme de Nietzsche), que tout pourait nous échapper, nous submerger et que l'on peut influer ce milieu ambiant (que Nietzsche nommait époque ou esprit) de manière intempestive ou subversive en s'en faisant l'exception, la minorité ou la déviance. Comme Nietsche le dit lui-même, il s'est orienté vers tout ce qui était méprisé par les valeurs dominantes de son époques pour mieux les renverser. C'est alors que l'on resssent le Ki, cette énergie comme disent les maîtres d'arts martiaux.

L'hormesis, n'est pas seulement la critique que Nietsche a mené contre le christianisme ou encore la grande pllitique qu'il comptait méner contre les Hollenzollern, la dynastie de grands électeurs puis d'empereurs allemands, mais c'est aussi une technique dont use certains arts martiaux orientaux. Produire une dissolution de la conscience qui juge la vie, qui est ancrée sur ses certitudes, alors que la seule certitude que nous puissions nous forger est celle de la capacité d'agir de notre corps et celles-ci (tant notre capacité énergétique que la perception que l'on en a) réclament un effort, plsu que l'effroi d'une conscience que les philosophe académique et même Kierkegaard nomme la stupeur de l'être.

Comme cela va contre tous les dogmatismes et les académismes qui veulent que la pensée parte de principe, on pourrait se dire que l'hormesis n'est pas loin de l'acte cynique qui consiste à nier l'existence des idées platoniciennes, acte de vie perturbateur qui consiste à stopper le discours du philosophe avec ses trop long développements. On pourrait aussi penser à un acte qui rejoindrait un acte sophistique, mais nous en resterions aux deux premiers des 3 poings http://paris8philo.over-blog.com/article-12026195.html qui constitue l'art de la joute ou du combat selon Shigueru uemura http://paris8philo.over-blog.com/article-12026134.html. Tels serait les superstition paranoiaque des philosophes dogmatiques qui voient des sophistes (Platon) et des anti-philosophes (Badiou). Pourtant l'hormesis n'est pas loin de l'elenchos de l'aguillon par ironie que pratiquait socrate pour faire accoucher les esprits vers le questionnemenrt philosophique. Mais c'est aussi d'autre hose qu'il question avec l'éperon, ou le saisissement qui fait découvrir le fond d'affectivité ou le Ki que d'autres associerait à un Dedans à un noman's land berberovien (Nina Berberova, Le roseau).  Déjà la dialectique platonicienne comprenait cette dimension, emulsifiante, quelle proportion de mal faut pour , en somme quelle est la bonne sanction pour rendre la justice ? Cette intoxication le dicours dominant ou académique peut la produire, c'est de l'ordre de l'aiguillon de la consience morale (elenchos), mais éperon est plus frontal, ne s'attaque pas à la prétendue âme ou conscience, mais davantage à l'énergie corporelle par la stupeur qu'il produit. C'est alors que se comprend la dépersonnalisation vers le devenir comme possiblité de s'en sortir, de dépasser la peur qui saisit le corps. Oui il existe un devenir que l'on ne peut raccorder à l' "être" comme les ferait tous les philosophes académiques, parce qu'il nb'y a pas de devenir pur, mais une affectivité qui sert de relief à la volonté vers la puissance (Wille zür Macht), la voloné d'augmenter sa capacité à intensifier la vie. C'est en somme dans le combat que l'on intensifie la vie, si précisement on ne fait que déstabiliser l'adversaire plus qu'on ne gaspille son énergie à le vaincre, quelque chose alors le maintient à distance et peut en modifer sa conception du monde, non plus bornée dans un système statique (comme c'est le cas de ceux qui prétendent détenir des vérités génériques par exemple Badiou, p. 475 de Logique des mondes) mais prise dans un certain dynamisme, celui-là même que l'on reprochait déjà Héraclite et que l'on jugeait obcur parce qu'il mettait, à raison, les valeur réciproques comme le Bien et la Mal dans un même sac. Si Badiou en est l'exemple pathétique des pensées réductrices qui rabattent les nuances sur des dualités (sa conscience du Bein et du Mal rélevant du pathéique selon le lexique qu'il emprunte à Kierkegaard, ibid. p. ), c'est que sa venue marque en France un certain désert philosophique. L'hormesis consiste précisément à dire que ces vérités (génériques) partent du postulat qu'il existe des genres abstraits (comme L'Être, le Même et l'Autre), et que donc il en va de la métaphysique comme des mathématiques (là où précisément, l'opinion populaire veut qu'il y ait des vérités), ce ne sont que des fictions desquelles dépendent l'énergie et la capacité que l'on peut mettre en oeuvre pour ésoudre les problèmes qui nous arrrivent dans les pattes (pléonasme)

Le "principe" de l'inoculation d'une toxine est que "Tout ce qui ne tue pas rend plus fort"
par Le cazals publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 25 octobre 2007
Ou comment l'intuition  détermine la direction par où notre volonté peut s'accroître, et donc notre liberté. Les Grecs, Platon et les philosophes qui le suivirent, fonctionnaient sous le regime de la contemplation (transcendance), les philosophes modernes ont, selon Bergson une tout autre conception de la liberté, puisqu'elle requiert la volonté et le travail de l'intuition.

« Quoiqu'il en soit, c'est par là que je conclus, il y a immanente à la philosophie moderne, l'idée du primat de la volonté, non seulement par rapport à l'intelligence, mais même, sinon en fait, au moins en droit, par rapport à la nature, par rapport aux faits naturels. Que si on cherchait l'origine psychologique de ces deux idées, l'idée du double primat, on la trouve certainement dans ce fait d'observation psychologique que la volonté est en effet quelque chose de merveilleux, quelque chose qui, par certains côtés, par certains aspects au moins, participe du miracle. La volonté est bien une force qui est capable de s'accroître elle-même indéfiniment. Une force naturelle, c'est quelque chose de donné, donné non seulement en qualité, mais même en grandeur ; mais la force morale, enfin la force du vouloir, c'est quelque chose dont la grandeur n'est pas donnée, en ce sens qu'avec un peu on peut faire beaucoup, ou plutôt qu'il n'y a pas de peu, ni de beaucoup ; on peut vouloir, vouloir se donner de la volonté.
Au point de vue physique, il y a un paradoxe mais ce paradoxe est une vérité morale, une vérité d'observation morale, la volonté est capable de se multiplier elle-même ; elle est créatrice d'elle-même, dans certains cas créatrice d'intelligence ; peut par une espèce d'appel de force accroître et comme illuminer l'intelligence ; on l'a bien dit des fois, une intelligence obscure peut s'illuminer dans un accès d'enthousiasme, c'est-à-dire par l'effet de la volonté arrivée à l'état aigu. Il y a donc là comme un réservoir indéfini d'énergie en quelque sorte transformable en intelligence. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette puissance de la volonté tient avant tout à la direction. Les forces de la nature sont des forces dont l'intensité n'est pas fonction de la direction, ne dépend pa de la direction qu'on leur donne; mais la force de la volonté lui vient de sa direction; si la volonté adopte une direction au hasard, sa force se neutralisera, il y a une direction et une seule, que nous appelons la bonne, où au contraire sa force se multiplie indéfiniment. Voilà une vérité psychologique que les Anciens n'ont pas aperçue ou qu'ils n'ont aperçue que très confusément, c'est ce que nous appelons l'intuition psychologique. Maintenant cette intuition, la philosophie d'une part, la théologie de l'autre, pourront l'interpréter, et nous verrons combien ces interprétations ont varié, mais en général, la tendance des philosophes modernes, de Descartes en particulier, a été d'arrêter très vite la participation de la volonté humaine à ce quelque chose d'infini, et d'y voir aussitôt l'intervention de quelque chose ou de quelqu'un d'infiniment supérieur à l'homme. En somme la discussion porte là-dessus, sur l'intervention, mais au-dessus de toutes les discussions il y a ce fait qui est un fait, o peut dire d'observation psychologique. C'est là, semble-t-il un des points essentiels, une des idées essentielles qui ont passé dans la philosophie moderne et qui expliquent le renversement du point de vue sur la question de la liberté.
De ce renversement nous parlerons, Messieurs, avec plus de détails dans notre prochaine leçon, où nous étudierons le problème de la liberté chez Descartes »

Ce texte qui traite de l'interaction de la volonté et de l'intuition avec la question de la liberté est extrait de la leçon d'Henri Bergson du 12 mars 1905. Il a été établi à partir du dactylogramme rédigé, à l'intention de M. Péguy, Par les frères Corcos, sténographes judiciaires. C'est donc le propos même de Bergson auquel nous avons accès. le dactylogramme est déposé à la bibliothèque Jacques Doucet, 8, place du panthéon, à Paris. Nous remercions Mme Annie Neuburger d'avoir bien voulu nous autoriser à en reproduire une partie.
par Le Cazals publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Vendredi 27 juillet 2007
Nietzsche est sans doute l'un des philosophes qui a introduit le plus llberté dans la philosophie, il était aux yeux de son ami Overbeck l'homme le plus libre qu'il connaisse. C'est ce qui explique son ton toujours critique, le nihilisme destructeur de ses débuts, car souhaitant éviter tous les systèmes, il se tenait dans une posture qui rejetait sans cesse les valeurs décadentes, hétitées du passé, ou leur donnait une autre orientation. Philosopher à coup de marteau consistait à cela casser les valeurs ancienne pour y subsituer de nouvelles qui ellle soient en adéquation avec la vie et non avec la mort ou un ailleurs inatteignable. Même si pour Nietzsche l'important n'était pas de dire de quoi il s'était affranchi (on peut penser qu'il s'est avec effort libéré du chirstiannisme qui hantait les valeurs reçu de son éducation et même s'éloignant de sa famille composée uniquement de femme après le décès de son père et de son frère quand il avait 5 et 7 ans), il tenait à se démarquer tant du libre-arbitre chrétien que de la libre-pensée, son pendant athée (dont un des représentant à l'époque était Guigau).

La notion de libre-arbitre fut mis en avant par Augustin au IIIe Siècle ap. J.C. précisons que cette doctrine était couplée au don de la Grâce divine qui la rend possible : en réumé, Dieu a créé l'homme libre (ou prétendûment comme tel), libre de ses choix, notamment de rechercher le Bein ou de s'orienter vers le Mal. Augustin s'opposait en fait à l'hérésie
« pélagienne ». qui  estimait que le libre-arbitre était humain et ne dépendait pas de la Grâce divine. Nietzsche, quant à lui, montre combien le libre-arbitre tient de la conscience (bonne ou mauvaise) et de la responsabilisation des esprits. C'est parce qu'il y avait libre-arbitre et que les hommes n'étaient par conditionnés par leur situation sociale (voir habitus) que l'inquisition et toute la machinerie d'aveu au travers de la confession a pu faire son oeuvre dans le christiannisme. Libre-arbitre veut dire que l'on est repsonsable de ses pêchés, ce qu'on retrouve au niveau de la justice quand on dit que quelqu'un est responsables de ses actes. On est là à l'opposé exact de ce que voulait Jésus Christ, qui ne souhaitait pas d'Eglise et s'attaquait verbalement à tout ce genre d'institution.

Ainsi n'hésite-t-on pas pour affirmer sa prétendue liberté individuelle, on parle de libre-arbitre sans savoir de quoi il en ressort. Mais bien au delà de cette liberté individuelle, qui n'est que celle de l'homme supérieure ou du bourgeois, (personnages que l'on retrouve à la fin du Zarathoustra : la rimbambelle d'hommes supérieurs malades qui entourent Zarathoustra après sa convalescence), il y a cette liberté que l'on s'offre chacun par la diversité de nos comportemnts et de nos activités, cette liberté n'est pas donnée mais est celle que l'on conquiert contre les institutions héritées et notamment l'Eglise et sa prétendue liberté absolue. Sans doute, y aura-t-il toujours un malentendu au travers du terme de liberté, sans parce qu'il n'y d'effectif qu'un libération. Pour finir, voici un extrait d'un aphorisme de Nietzsche, o ù celui-ci s'exprime clairement sur le libre-arbitre :

« Il ne nous reste aujourd'hui plus aucune espèce d'indulgence pour l'idée du « libre arbitre » ; nous savons trop bien ce que c'est : le tour de passe-passe théologique le plus suspect qu'il y ait, pour rendre l'humanité « responsable » à la façon des théologiens ; ce qui veut dire : pour rendre l'humanité dépendante des théologiens... Je ne fais que donner ici la psychologie de cette tendance à vouloir rendre responsable. Partout où l'on cherche à établir les responsabilités, c'est généralement l’instinct de punir et de juger qui est à l’œuvre.  On a dépouillé le devenir de son innocence, lorsque l'on a ramené à une volonté, à des intentions, à des actes de responsabilité, le fait d'être de telle ou telle manière : la doctrine de la volonté a été principalement inventée à des fins de châtiment, c'est-à-dire avec l'intention de trouver coupable. Toute l'ancienne psychologie, la psychologie de la volonté, n'existe que par le fait que ses inventeurs, les prêtres, chefs des communautés anciennes, voulurent se créer le droit d'infliger une peine, ou plutôt qu'ils voulurent donner ce droit à Dieu... Les hommes ont été considérés comme « libres », pour pouvoir être jugés et punis, pour pouvoir être coupables : par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l'origine de toute action comme se trouvant dans la conscience. »
in "Le crépuscule des idoles ".

Mais ce que Nietzsche entend pas liberté on le retrouve dans cet autre extrait, avec toujours cette référence à l'esprit :

« Ce que j'entends pas « liberté de l'eprit » une chose très bien définie : être centt fois supérieur aux philosophes et autres disciples de la
« vérité », par la sévérité envers soi-même, par la pureté et le courage, la volonté aboslue de dire non quand le non est dangereux, - je considère tous les philosophes du passé comme de méprisables libertins cachés sous le capuchons de Dame « Vérité ». » in VP°I,41 (Volonté de Puissance, I, éd. Gallimard) ou Fragm. XV,465.

par Anthony publié dans : Intuitions et concepts communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 2 mai 2007
il n'y a pas la « matière ». Dire cela ou dire que la « matière » n'existe pas peut paraître incongru ou tirer par les cheveux et pourtant. L'idée de matière repose selon Kant sur le principe de permanence qui lui-même repose sur l'idée qu'il y a de la « substance ». Or l'idée de substance en soi a été battu en brèche depuis bien un siècle en philosophie. L'idée de Matière repose sur :
1°) le principe de permanence de la substance.
2°) l'inertie : elle serait inerte et n'aurait ainsi pas de virtualité.
3°) l'impénétrabilité.
4°) Enfin la matière serait le corrélat de l' « esprit » pour les spiritualistes et le corrélat du « vide » pour les matérialistes.
 
 
Revenons sur ces points un à un :
 
 
 
1°) Le principe de permanence de la substance. - Le premier à avoir dit « il n'y a pas de Matière » est sans doute Nietzsche vers 1872, en écrits théorétiques non publiés. Mais il n'hésite pas à réécrire, en 1881,  la matière est une erreur au même titre que le Dieu des Eléates NzGS°109. Nous pourrions l'expliquer à nouveau mais le principe de substance n'est plus valable aujourd'hui, pour Kant à la suite de la Critique de la Raison Pure, le concept de chose en soi (essence ou substance) ne vaut plus, c'est un concept vide. Si la chose en soi est un concept limitatif, un recours dans l'exposition doctrinale, il ne désigne au final qu'une réalité sans cesse repousser : Kant y a eu recours pour  reprendre les propriétés primaires et les propriétés secondaires de Locke et distinguer  la chose en soi des phénomènes. Mais comme le dit Kant la chose en soi n'est pas explicable, il n'y a au fond pas de propriétés primaires et plutôt que de parler de prioriétés secondaires la science préfère parler de disposition à la mesure ou de paramètres.

2°) L'inertie. - Ce serait tout à fait valable, puisque ce qu'on appelle à tort la matière est qui entoure notre quotidien comme les tables, les chaises, les murs est statique mais c'est oublié que tous ces objets ne sont en effet que des matériaux contraints par des forces. Si ces forces n'existaient pas, ces objets se disloqueraient. La forme (corrélat de la matière) n'est qu'un composé de force, une brisure dans le continu, un écran dans l'ordre du visible. Ainsi ce serait une substance inerte sur laquelle reposerait la matière, substance qui ne serait plus permanence mais équilibre de force. Schopenhauer reprend cette idée et soupçonne qu'au fond ce que l'on a nommé jusqu'alors substance n'est en réalité que des forces qui s'équilibrent : « Force et substance sont inséparables, parce qu'elles sont au fond une seule et même chose : en effet Kant l'a montré, la matière elle-même ne nous est donnée que comme alliance de deux forces, la force d'expanson et la force d'attraction. Entre la force et la substance il y a donc, non pas une opposition mais plutôt une identité absolue.  » SchMV_1028-1029
Comment si l'on pose la matière comme inerte expliquer qu'il y ait du mouvement (ou comme l'on dit en philosophie que le mouvement soit premier), sinon par le recours à un moteur premier, une substance. Partir de la matière, c'est au fond consentir à partir de l'engourdissement de l'« esprit », de la « conscience » prisonnière de sa réflexion, un atermoiement vis-à-vis de la dynamique des forces (qu'en physique on nomme « champs »).

3°) L'impénétrabilité de la matière. - Celle-ci est valable si on réduit le monde à une schéma phéménologique, à une perception visuelle des choses. Mais alors que faire des neutrinos (plusieurs milliards émis par le soleil nous traversent à chaque seconde), ils ne font pas partis de la matière puisqu'ils ne sont pas soumis à la loi de gravitation. Mais alors que faire de la lumière et les états quantiques sur lesquels on ne peut superposer le schéma traditionnel de la mécanique classique (Newton). Mais alors que faire des deux définitions qui suivent :

4°) Deux définitions admises de la matière. - Les matérialistes définissent la matière comme l'ensemble de la réalité objective, existant indépendamment de et antérieurement à la connaissance que l'on peut en avoir. Ils ajoutent que cette matérialité est « intelligible » toujours de manière partielle, provisoire et révisable. Pour les matérialistes, la seule alternative a leur doctrine est le solipsisme.
- Par commodité, les scientifiques désignent par matière avant tout le réseau cristallin des atomes (baryons), puis les états liquides et gazeux de ceux-ci.
 
Enfin dernière objection, s'il y avait de la Matière (en soi), comment pourrait-il y a avoir de l'anti-matière, de la matière noire et de l'énergie noire ? Preuve sans doute que de parler de matière est impropre, non exhaustif si l'on veut faire d'elle la réalité objective (à moins de voir la réalité objective comme une réduction visuelle et anthropomorphique. 

La Matière n'existe pas, il n'y a pas de Matière sinon sous la forme d'une erreur irréfutable qui persiste dans nos têtes, qui en appelle à des « esprits » qui aiment le statique et les certitudes. On ne peut plus parler à présent de Matière en tant que telle, de matière en soi : ce n'est qu'une abstraction. Abandonnons donc les réciprocités abstraites sans nuances qui existent entre « forme » et « matière », « esprit » et « matière » et mettons-nous alors à penser et non plus à réfléchir à partir de schémas éculés.

- En 1°, que matière et substance soit réciproque l'une de l'autre, Schopenhauer en fait la critique à sa manière :  « La proposition a priori : « La matière se conserve donc sa quantité ne peut ni augmenter ni diminuer », peut s'exprimer ainsi : « La substance est immortelle », SchPP_458. Reste que par commodité on parle encore d'un mouvement de matière mais le terme même n'apparaît pas dans les équations, sinon au niveau de la masse comme dans l'équation E = mc2 , qui suggère « la création de matière à partir de l'énergie » HawTN_95 mais dans ce cas, la masse n'est  pas la matière mais une forme d'énergie.

- En 2°, ce que l'on a montré au final ce que la matière est un crible homogène qui induit une certaine appréhension de la réalité qui n'est plus adéquate aujourd'hui car trop générale, « trop » universelle : On y retrouve les binarités dialectiques de la forme et de la matière. « Si la forme était le fondement de la diversité, en ce qu'elle serait brisure dans la continuité, la matière ne pourrait être pensée que comme un homogène absolu » SchMV_717. La même réciprocité se retrouve ici : La matière forme la liaison entre l'Idée et le principe d'individuation SchMV_275 Bref l'hétérogène (la diversité) s'oppose à l'homogénéité et l'on ne sort pas de la pensée dialectique si peu adéquate avec les positivité tacites de notre époques les processus qui l'animent.

Aussi pour revenir à ce qui nous occupe là, c'est-à-dire souligner la distinction qui existe entre intuitions et concepts abstraits, reprenons à la lettre Schopenhauer : « la matière en tant que telle ne peut être objet d'aucune représentation intuitive mais seulement d'un concept abstrait »  SchMV_274. En effet  « La différence de la matière, pur objet a priori de la pensée, et des intuitions [...] c'est que nous pouvons faire abstraction complète de la matière » SchMV_1025. Faire complète abstraction de la matière, c'est, à la lettre, ne pas recourir à ce concept et à son corrélat qu'est la forme. Ceci est tout à fait envisage si l'on appréhende les choses comme des composés de forces et de matériaux.

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Bibliographie :
 

HawTN, Stephen Hawking, Trous noirs et bébés univers...
NzGS : Nietzsche, Gai Savoir, trad. Blondel.
SchMV : Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme réprésentation, PUF.
SchPP : Arthur Schopenhauer, Parerga et paralipomena, Coda, 2005

par Anthony publié dans : Intuitions et concepts communauté : Hédonisme
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Vendredi 30 mars 2007

Le vide est avant tout un concept philosophique. Il désigne l'absence de matière. Mais concrètement il n'existe pas plus de vide que de matière. Il n'y a pas de vide mais de l'ultravide (quand on atteint la pression très faible de 10-7 Pa). Pour ce qui est de la matière nous verrons dans un prochain post qu'elle n'existe pas "en tant que telle", que c'est un concept abstrait, qui a été mis en doute par les recherches sur la lumière. Si la matière est complémentaire soit du vide soit de l'esprit, suivant que l'on est matérialiste ou spiritualiste alors la lumière n'a pas sa place dans l'affaire. Mais revenons-en au vide pour évacuer (:-)  cette notion, en effet si le vide existait de manière absolu il y aurait pas de pompe à vide pas plus qu'il pourrait y avoir de neutrinos qui le traversent. Paris-philo

Au quotidien

Dans le sens commun, lorsque l'on dit qu'un contenant est vide, il est en fait rempli d'air qui adhère à tout. Un verre vide, une bouteille vide, un carton vide… contiennent en fait environ 2·1015 molécules par millimètre cube, deux billions de molécules.

En philosophie

La notion de vide est intimement liée à la notion d'être. Le vide est l'absence de matière, l'absence d'être. Mais peut-on parler du vide comme d'une entité en soi, ou uniquement comme une absence. Parménide disait « l'être est, le non-être n'est pas » ; le vide est-il de l'être ou du non-être ?

Le statut du vide varie beaucoup selon les cultures. Leucippe, lorsqu'il imaginait la division de la matière, concluait que l'on arrivait à une particule indivisible (a-tomos, l'atome), sinon on arriverait au vide ; il était inconcevable pour lui que la matière pût être faite de vide.

Ainsi, lorsqu'un européen voit un verre, il voit d'abord la matière, sa forme ; un taoïste y verrait d'abord le vide qui le rend utile (qui permet d'être rempli). Le vide taoïste est conçu comme un potentiel, quelque chose qui attend d'être rempli, et par extension d'être réalisé : c'est l'esprit vide de pensée dans lequel peuvent naître les idées, c'est le blanc de la feuille qui attend d'être dessiné (voir Taoïsme: Plénitude du vide et autres paradoxes).

Dans le bouddhisme, le vide désigne l'absence de nature propre de toute chose, la vacuité.

En physique

En physique, le vide est un concept qui recèle des propriétés tout à fait surprenantes et néanmoins fondamentales.

Ce n'est pas le néant (l'absence de tout). La physique moderne nous indique d'ailleurs qu'il est tout à fait pertinent de discuter de l'énergie du vide. Ce n'est pas non plus un éther, un milieu matériel, suivant les époques, mouvant ou fixe et indépendant de tout référentiel, imaginé, par exemple, comme support des ondes électromagnétiques. Faute de preuve de son existence, on a abandonné l'idée de ce dernier.

On peut dans une première approche dire que le vide est un espace dans lequel les molécules sont fortement raréfiées. Ainsi, pour « faire le vide », on prend une enceinte étanche et on pompe l'air avec une pompe à vide ; on définit la qualité du vide par la pression d'air résiduelle, exprimée en pascal (Pa, unité du système international), ou plus souvent dans le milieu industriel en millibar (mbar) ou torr (mm de mercure). On ne peut atteindre ainsi qu'un vide partiel, quelle que soit la température.

Un vide considéré comme très poussé, « ultra-vide », correspond à une pression de l'ordre de 10-8 Pa ; on y dénombre encore 2 millions de molécules par centimètre cube[1]. Par comparaison, la densité au sein des gaz interstellaire est de l'ordre de 1 atome par centimètre cube.

Mais qui dit absence de matière ne dit pas absence d'événement. Ainsi, les ondes électromagnétiques traversent le vide, et c'est le milieu qui s'oppose le moins à leur avancement (la vitesse de la lumière dont on parle usuellement, limite à toute transmission d'information, est celle dans le vide) ; il y a dans le vide des variations du champ électrique et du champ magnétique, mais ces champs ne nécessitent aucun support matériel. Le vide total nécéssite donc l'absence à la fois de matière mais aussi de rayonnement.

Le vide absolu défini ci-dessus est donc un milieu statistiquement sans particules élémentaires. La physique quantique, qui définit le vide comme l'état d'énergie minimale de la théorie, montre qu'il reste néanmoins le siège de matérialisations spontanées et fugaces de particules et de leur antiparticules associées, on parle de particules virtuelles, qui s'annihilent presque immédiatement après leur création. Ces fluctuations quantiques sont une conséquence directe du principe d'incertitude d'Heisenberg qui affirme qu'il n'est jamais possible de connaître avec une certitude absolue la valeur précise de l'énergie. On appelle ce phénomène les fluctuations quantiques du vide[2].

Einstein consacre l'annexe 5 de son livre Relativité - Théories spéciale et générale (Relativity - The Special and the General Theory, traduction de Robert Lawson, 1961) à la relativité et [au] problème de l'espace. Il y cite Descartes et Kant et donne raison au premier contre le second, en niant l'existence du vide, c'est-à-dire, précise-t-il, l'existence d'un espace vide de champ. Il note dans sa préface à la 9e édition du livre : « les objets physiques ne sont pas dans l'espace, mais ces objets ont une étendue spatiale. De la sorte, le concept d' « espace vide » perd son sens. »

La pression du vide

Une des propriétés les plus curieuses du vide quantique est mise en évidence par l'effet Casimir : lorsque le vide est réalisé entre deux plaques conductrices, et en l'absence de toute contrainte mécanique externe, une pression est exercée sur les plaques dont la valeur dépend de la géométrie particulière du système. Cet effet est expliqué dans le cadre de la théorie quantique des champs qui affirme que la notion de vide dépend de la géométrie. Ainsi le vide enfermé entre les deux plaques conductrices possède une densité d'énergie différente du vide extérieur à l'enceinte. Cette différence de densité d'énergie a pour conséquence directe l'apparition d'une force mécanique exercée sur l'interface séparant les deux milieux.

Propriétés physique du vide

perméabilité magnétique du vide μ0


≡ 4π×10-7 kg·m/A²s² (ou H/m)

Conductance du vide


= 1/119,916 983 2·π S
≈ 2,654 418 729 438 07×10-3 A²s³/kg·m²
≡ 1/μ0c

permittivité du vide ε0


= 1/35 950 207 149·π F/m
≈ 8,854 187 817 620 39×10-12 A²s?/kg·m³
≡ 1/μ0c²

Impédance caractéristique du vide Z0


= 119,916 983 2·π Ω
≈ 376,730 313 461 770 68 kg·m²/A²s³
≡ μ0c

Petite histoire du vide

  • 1644: Découverte de la notion physique du vide par Torricelli
  • 1646: Pascal confirme et affine cette théorie
  • 1654: Otto von Guericke fabrique la première pompe à vide
  • 1855: Geissler fabrique la première pompe à vide à déplacement de mercure. Le vide obtenu est proche de 1/10 de Torr (= 0,1 mm Hg ou 0,133 mbar)
  • 1865: Sprengel invente la trompe à mercure
  • 1905: Gaede crée la pompe à vide rotative à mercure
  • 1910: Gaede invente la pompe à palettes (principe inchangé à nos jours !)
  • 1913: Gaede invente la pompe turbomoléculaire, puis, dans la foulée, la pompe à diffusion, qui sera perfectionnée par la suite par Langmuir.
 
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par Paris-philo publié dans : Intuitions et concepts communauté : Science
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Mercredi 28 février 2007

Voici un extrait de l'allocution de clôture de Badiou au Colloque des 24 et 25 novembre 2006 autour de son livre Logiques des monde, à l'U. Américiane de Paris, notamment. Il y évoque la notion de crépusculaire. C'est en lien avec cet article L'oiseau de minerve ne s'envole qu'à la tombée de la nuit. Paris8philo

 

Dans la philosophie d'Alain Badiou "L'anticipation est dominée par le crépuscule. "L'oiseau de minerve ne s'envole qu'à la tombée de la nuit", il y a une vérité là dedans, il y a une vérité dans le rapport de la philosophie à ses conditions pour parler mon propre jargon. la vivacité ou le principe de commencement interne à la condition doit produire un effet de déjà-là pour la constitution par la philosophie de la contemporanéité. Quelque chose tout de même précède toujours la philosophie elle-même, La philosophie est décalée après. Dans sa singularité elle va au secours de ce qui naît, elle la grande protection crépusculaire des naissances, elle prend sous sa garde bienveillante, tutélaire, parternelle la fragilité de ce qui surgit ..."

 

"Dans ces journées complexes [toussotements de Badiou, il parlent des deux journées du colloque sur son livre Logiques des mondes dont cette allocution sert de clôture] il s'agissait de savoir ce qui dans le temps ménacé, fragile et à certains égards désertique, qu'est-ce qui nous fait défaut ? en réalité ma conscience est installée que la vraie vie est absente, pour citer Rimbaud. Qu'est-ce qui nous fait défaut ? La recherche se fait tantôt du côté des circonstances tantôt des symptômes de l'exception. La recherche de ce qui nous fait défaut se fait tantôt du côté de la circonstance (du côté de la mondanéité du monde), tantôt du côté des symptômes de l'exception. on cherche les traces de traces dans le tréfond dans une analyse en quelque sorte archifondamentale, comme quelqu'un qui creuse, qui défouit les symptômes et les traces (homme de la bêche) ou bien on les cherche dans ce qui survole, ce qui est en éclair (l'homme des oiseaux qui passent), qui ne ressemble pas au monde et qui est très rapidement disparu. On cherche deux manières diffèrentes On est marqué, on est tenté par deux registrations spéculatives différentes. Dans le premier cas on demande quand même une pensée deu monde, une théorie du mondes, des moyens nouveau pour savoir ce que c'est notre monde au fond ... ce que j'appelerais une recherche des transcendantaux d'orientation... Et puis si on est plutôt dans l'autre recherche, on demande la promesse que ce qui est la promesse de ce qui disparaît est réel (l'être de ce qui disparaît est quand même comme une promesse) ... la promesse de : puisque cela a eu lieu peut avoir lieu ce qui a figure d'évènement. Qand les temps sont incertain, quand lms temps sont incertains suivant que l'on est l'homme de la bêche ou de l'oiseau on est dans des répèrages différents. ..."

par Paris 8 philo publié dans : Intuitions et concepts communauté : Les philosophes épars
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Lundi 13 novembre 2006

Voici nos différents articles sur le thème Intuitions et concepts :

1 / L'homme rationnel et l'homme intuitif par Friedrich Nietzsche

2 / Cerveau de philosophe, cerveau de scientifique par Vincent Descombes

3 / Restons des chiens-chiens

4 / La complexité est une simplicité enrichie

5 / La pensée complexe 2 : l'émulsion ou le fait de faire tenir ensemble ce qui n'a pas de rapport 

6 / Les signes d'une philosophie à venir : l'émulsion ou la différence entre pensée intiuitive et pensée discursive, c'est-à-dire entre pensée tragique et pensée théorique

En clair, nous cherchons à travers ce site à vous montrer les tensions et complémentarités qui existent entre autonomie et hiérarchie (ici), entre la puissance et le pouvoir (lien à venir), entre l'existence tragique et la morale (ici), entre la capacité et la résignation (lien à venir), entre affectif et quantitatif (ici) ou encore entre éternité vivante et immortalité (ici). 


 

Ceci même si cela est moins accessible est applicable aussi à la physique quantique et nous expliquons pourquoi. Il est impossible de les rassembler les intuitions et les concepts de la physique quantique en une image unique décrite à l’aide des concepts de la vie journalière BohPA_186, à l’aide de nos représentation habituelles BohPA_188, à l’aide des traditions de mœurs et pensée (morale) qui sont à la base de notre culture BohPA_189 ou à l’aide d’une vision ou hypothèse inhérente déjà aux convention ordinaire du langage et pleinement justifiée par notre expérience journalière BohPA_185. Cette image intuitive qui n’est pas celle de la vie quotidienne BohPA_186 réclame un nouvelle appréhension de la réalité. Ceci se retrouve donc en physique entre une conception classique, qui possède ses absolus, et une conception quantique, qui les abandonne de part et d’autre de la limite admise par ce que l’on nomme le principe d’incertitude d’Heisenberg ou encore la brisure spontanée de symétrie.


Bibliographie :

BohPA = Niel Bohr, Physique atomique et connaissance humaine, Paris, Gallimard, 1991

par Paris 8 philo publié dans : Intuitions et concepts communauté : De la Vie
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