Mardi 2 décembre 2008
Nous avons été assez discrets sur la chose, mais peut-être l'avez-vous remarquez avec toute la série de commentaires publiés ici ou ici, Monsieur Jean Gayon, professeur en la Sorbonne, a menacé de porter plainte auprès du Procureur de l République de Paris pour diffamation suite à l'article de février 2007. Je souligne qu'outre le fait d'angliciser le style français d'histoire des sciences, monsieur Gayon enseigne la méthologie à la Sorbonne et nous accuse de nuire à sa notoriété, elle serait supériere aux écrits de Galilée de 1638. Afin d'éviter toute équivoque et tout emportement nous avons obtempéré dans un premier même si les faits sont clairs et portent sur deux titres. Le premier de vouloir faire, à la suite de Koyré, de Galilée un platonicien qui ne pratiquait pas d'expériences. Ceci est vrai pour les expériences de lacher d'objet du haut de la tour de Pise mais comme le rapporte lui-même Galilée :

Galilée fait dire à ses protagonistes de Discours concernant deux sciences nouvelles, 1638 qui s'oppose comme s'oppose la science aristotélicienne et la science nouvelle de Galilée ceci : l'adversaire de Galilée : « Pouvez-vous nous dire si vos expériences donnent des résultats conformes à vos conclusions théoriques ? », le représentant de Galilée, Salviati, répond : « (Galilée) n’a nullement négligé de faire des expériences ; soucieux moi-même de m’assurer que l’accélération de des graves en chute libre s’opère bien selon la proposition que nous avons décrite, j’en ai plus d’une fois cherché la preuve expérimentale, en sa compagnie, de la façon suivante » . Il dit ensuite qu’il a fait une centaine d’expériences avec des boules et des plans inclinés dont voici quelques retranscriptions :

« Dans une règle, ou plus exactement dans un chevron de bois, long d’environ douze coudées, large d’une demi-coudée et épais de trois doigts, nous creusions un petit canal d’une largeur à peine supérieure à un doigt, et parfaitement rectiligne ; après avoir garni d’une feuille de parchemin bien lustrée pour le rendre aussi glissant que possible, nous y laissions rouler une boule de bronze très dure, parfaitement arrondie et polie. Plaçant alors la l’appareil dans une position inclinée, en élevant l’une de ses extrémités, d’une coudée ou deux au-dessus de l’horizon, nous laissions, comme je l’ai dit, rouler la boule en notant (…) le temps nécessaire à une descente complète ; l’expérience était commencée plusieurs fois afin de déterminer exactement la durée du temps, mais sans que nous découvrissions jamais de différence supérieure au dixième d’un battement de pouls. La mise en place de cette première mesure étant accomplie, nous faisions descendre la boule sur le quart du canal seulement : le temps mesuré était toujours rigoureusement égal à la moitié du temps présent. Nous faisions ensuite varier l’expérience en comparant le temps requis pour parcourir sa moitié ou les deux-tiers, ou les trois-quarts, ou toute autre fraction ; dans ces expériences répétées une bonne centaine de fois, nous avons toujours trouvé que les espaces parcourus étaient entre eux comme les carrés des temps, et cela, quelle que soit l’inclinaison du plan,i.e., du canal dans lequel on laissait descendre la boule».

Galilée, Discours concernant deux sciences nouvelles, 1638, Troisième journée.

 

 


pris sur : http://www.philocours.com/cours/cours-galilee-experimentation.htm

autres réferences : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12290687 et http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=12305114

Le but clair est de faire passer Galilée pour un platonicien alors qu'en s'écartant de l'ontologie platoncienne et de la métaphysique par l'expérimentation de mobiles sur plans inclinés, Galilée a permis la discrétisation de l'accélération : le mouvement acquérant la dimension d'état qui ne produit aucun effet. C'est un peut comme si on sortait du systèmes des causes et des changements qui requiert quant à lui une substance, c'est-à-dire un inobservable. Ce sont Lamarck et Newton qui assureront la mise en équation de la dynamique des forces et de la gravitation. Nous pourrions donner plus de pièce mais je pense que le raisonnement reste éloquent.

Quant au deuxième point cela porte sur l'histoire de la biologie... ( à venir avec la refonte de notre précedent article)

par Anthony Le Cazals publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Vendredi 1 août 2008
La philosophie — en tant que science, que jugement porté sur l’existence — repose sur le principe de raison suffisante pour lequel rien n’est sans raison. C’est l’autre nom de la prétendue « loi de causalité » pour Schopenhauer. Dans la limitation ainsi fixée,  Schopenhauer insiste sur : « L’importance du principe de raison suffisante [qui] est si grande que l’on peut l’appeler l’assise de toute science. Science veut dire, en effet, système de connaissance… » (SchQR_24). Mais déjà Platon : « il est nécessaire que tout ce qui naît, naisse par l’action d’une cause ; comment naîtrait-il autrement ? » (Philèbe 26e) ou dans le Timée (28a) « tout ce qui naît, naît nécessairement par l’action d’une cause, car il est impossible que quoi que ce soit puisse naître sans cause ».

La science classique repose sur le principe de moindre action avant même de partir du principe d’inertie. Ce dernier n’est que le pendant de la loi de causalité pour laquelle toute action entraîne une réaction. Ainsi est donné le cadre de toutes les expériences faites in vitro ou à l’abri de la « loi morale ». Mais alors le in vivo est  une autre affaire, trop à vif pour être cadré. La raison ou la moindre action — et même la Nature — n’ont fait que guider la décadence de la pensée depuis le double coup fait à l’hellénisme par les Eléates puis les Athéniens. Si les premiers l’ont sans doute fortifier pour la simple raison que ce qui ne tue pas rend plus fort, les seconds sous couvert de moralité, ont par leur jugement sur la cité, accaparé les jeunes esprit vers la moindre action : contempler plutôt que faire. Pour les Eléates, l’extase de l’être immobile — Parménide et son poème — leur permis de poser qu’il y a un être infini du mouvement, stoppant net le mouvement — Zénon — . Pour les Athéniens, Socrate déboulant sur l’agora, toute action avait une raison morale et cette raison, cette intelligence comme moyen de progrès moral, le déraisonnable dans les passions, le manquement à l'utilité dans le mal-être. / Platon dit non ! C'est l'amour du bien qui apporte le progrès  moral ; mais l'intelligence est nécessaire à la saisie du bien. C’en était fini de l’hellénisme, car vint le désir de science plus que de sagesse. Le désir de connaissance plus que d’une vie immorale.

De la recherche des causes, de l’Epistémè — la « science » en grec — naît la décadence de la pensée grecque qui se coupe de sa source, qui est non une quelconque cause mais la joute. C’est pourquoi le discours était tranchant et concis et non étendu comme les grands discours des enseignants. Car ce n’est pas la même chose de poser le principe de raison ou de moindre action et le principe du combat ou de la plus grande action. Que tout naisse nécessairement de l’action d’une cause n’est pas que tout naisse de l’issue d’un combat, c’est-à-dire de ce qui excède l’affinité viscérale des adversaires : que ce soit la fuite active ou le tiers qui ne s’épuise pas ses forces dans le combat. On a avec Platon et Aristote préféré la connaissance distante à l’épreuve de la vie. On pourra toujours dire que l’on a placé la vie dans le formol, qu’on l’a mise en formes, en idées en critères moraux, parce qu’on sentait l’hellénisme décliné, mais c’est surtout qu’en capturant dans ce formol de science et de morale les « grandes intelligences » on a inhibé l’action des jeunes corrompus. L’homme de connaissance qui a besoin d’une institution pour survivre n’est pas le sage qui admet plus frontalement l’épreuve de la vie plutôt que la promotion dans l’institution.
par Anthony publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Jeudi 29 mai 2008
Voici un mail daté d'aujourd'hui envoyé à Alexis de Saint-Ours qui traitait du passage de la physique aristotélicienne à la physique galilléenne au travers de l'autonomie du mouvement (en clair il n'y a pas de repos, mais de l'inertie, c'est-à-dire une force qui freine un état de mouvement). Le mouvement n'est donc plus un processus et le repos son opposé.

1°) Je voulais vous dire que votre cours était prodigieux et votre thèse prometteuse. En somme vous avez réussi à abordé Galillée de manière non-platonicienne, evitant la mathématisation du mouvement, vous avez au fond dit que le mouvement s'éprouve dans l'inertie. Je repensais là à la phrase qu'a dite votre étudiant et ami de l'ENS au repas qui a suivi mardi dernier, il relevait une phrase de Deleuze de dans le pli : "la force n'est pas ce qui agit mais ce qui perçois et éprouve" (Deleuze faisant là un amalgame entre la force vive leibnizienne * et la puissance spinoziste, mais il n'aime pas parler de puissance donc il ramène cela à la force). Pour en revenir au mouvement, par la désontologisation de Gallilée il y a une indifférence au paradoxe de Zénon qui naît : ce qui est très puissant. La seule manière d'en sortir était pensait-on de poser l'innocence du devenir, mais une fois posé, une fois commis l'écart entre la procédure idéale et le processus défaillant, tout devenir (processus) est coupable de s'écarter de la procédure idéale (pour reprendre les interrogations actuel de Mr Loraux). La philosophie n'a été que ça, depuis et jusqu'à Galillée, accompagnement qui corrige les processus pour les rapprocher d'un idéal. Mais pour rejeter l'idéal inverse de l'innocence du devenir, on ne peut pas penser le devenir sans le culpabiliser par rapport à l'être, donc comme le dit Loraux l'innocence du devenir est d'une autre époque, d'un autre temps que notre monde actuel (un peu à la manière de l'Aion jamais présent). C'est à cette aporie qu'en est en ce moment Patrice Loraux. Mais Galillée dépasse cela, puisqu'avec l'autonomie physique du mouvement par rapport à la métaphysique, il n'y ni primat du repos sur le mouvment ni primat du mouvement. Anisi il ne s'agit plus d'opposer un processus (le mouvement entendu par Aristote) à un état (qu'est le repos) et de se demander métaphysiquement qui du mouvement ou du repos est le premier, c'est-à-dire qui du processus ou de l'état est le premier. Mais bien de comprendre qu'il n'y a plus de repos. C'est une inertie qui freine le mouvement jusqu'à un équilibre de force mais le repos n'est pas un état mais un conflit équilibré (la stasis chez Patrice et Nicoloe Loraux) posé cett

Je vous dit cela parce que précisément vous ne percevez pas le style très en mouvement de votre cours, qui j'avoue me subjugue, contrairement à c'autres de vos collègue soit pris dans une subjectivité toute empriente de Badiou-Zizek-Rancière, soit tentés par l'innocence du devenir qui n'adviendra pas. Il y a dans votre cours par contre un point d'achoppement, un possible arrêt de votre mouvement de pensée, "rectiligne uniforme", qui tient de l'apriori kantien, comme le relève Jérôme Letourneur. Je m'explique de suite.

En posant la désontologisation ou autonomie du mouvement Il me faut tout de même vous avertir que par là même vous amoindrissez la distinction vertueuse** entre virtuel et actuel, je sais que vous tenez à cette distinction, sans doute l'a priorisme kantien de Gilles Châtelet qui ressort là. Le virtuel est encore de l'ordre de la croyance, j'en sais quelque chose par ma fréquentation de David Lapoujade qui pousse jusqu'au bout la logique du virtuel, car il y a deux circuit d'actualisation le petit (celui de l'image cristal) et le grand (qui suppose un virtuel en soi qui s'il est parlant pour les artistte qui mène un projet et l'exact réplique de la chose en soi de Kant qui n'est qu'un concept limitatif, c'est-à-dir dont on évide sans cette le contenu). Repartant des bases de la physique, je m'en teins aux observable et à ce qui est inaperçu (en cela on demeure dans l'opérationnalisme) mais n'est en rien invisible ou métaphysique, seulement une indistinction qui relèce d'un manque de sincérité dirait Nietzsche. Aussi n'avez-vous peut-être pas peser ou simplement aperçu les conséquences considérable de ce que vous avez énoncé dans votre cours, quand au virtuel. En fait vous avez autant nier la clameur de l'être chez Deleuze (affirmation du virtuel), que la stupeur de l'être chez Badiou (réaction de l'envers, une variante du négatif) mais aussi l'extase de l'Etre (que l'on retrouve chez Parménide et dans l'être immobile du mouvement chez Zénon).

Pour la stupeur de l'être chez Badiou, je m'en tiendrait à Logiques des mondes, c'est là aussi qu'il parle du paradoxe de Zénon et c'est là aussi que l'on comprend le double discours qu'il a "en fidélité" par rapport à tout événement en particulier par rapport à mai 68, car son mai 68 n'a commence qu'au Québec et demeure dans les années 70, car en bon maoiste il a eu un étonnement, une stupeur face à la poussée libidinale et 'rigolarde' de mai 68 (voir l'interview de Tadéi et son rapport au film de Jean Yann). Je tranpose ici la posture face à tout évènement dans la seule politique pour mieux l'expliciter: mais la stupeur face à l'être(qui est l'évènement chez Badiou) et tout le trajet à l'envers qui s'en suit, rejette l'extatique, ne peut en rester à Parménide et Zénon, mais demure pris au piège de la métaphysique, c'est-à-dire ici la procédure qui fixe un idéal et dénonce tout processus comme fautif de commettre un écart (avoir en vue (horan) c'est faire (dran) pour Platon, agir c'est être fautif).

2°) Sur Anaxagore, je dois avouer une synthèse un peu abusive de ma part, je pensais qu'il avait émis que la terre était ronde, ce qu'il a dit c'est que le soleil était une masse incadescente comme le relève diogène Laerce (Vie des philosophes, II, 8, 12). : "Le soleil est une masse ardente, plus grande que le péloponèse". Mais surtout, c'est par son enseignement, qu'Anaxgore permit à Périclès d'éviter une catastrophe pour Athènes en levant une superstition, car les Grecs voyaient dans les éclipses qu'ils ne savaient prédire avant Thalès un message des dieux. Une éclipse du soleil survint un jour où une imposante flotte s'apprêtait à appareiller pour une mission importante. Craignant le pire parce que la panique s'était emparée des troupes, Périclès fit venir le pilote, comme le rapporte Plutarque, et lui mit son manteau devant les yeux. «Eh bien! lui dit-il, quelle différence y a-t-il entre mon manteau et ce qui cause l'éclipse, sinon que ce qui produit les ténèbres est plus grand que mon manteau?». Si la terre est pensée ronde, et que l'on s'imagine deux billes de même taille tournant l'une autour de l'autre, on peut très bien s'imaginer qu'elles permuttent, la grande invention de l'héliocentrisme repose sur le fait que la terre est rond mais suppose surtout que la terre tourne sur elle-même ce qu'il fallait pouvoir concevoir. En tout cas cette conception du soleil comme masse incandescente valut à Anaxagore d'être ostracisé pour certainement affaiblir le pouvoir de Périclès.

3°) Système d'inertie et prétendu fondement de la physique quantique. Sur le livre dont je vous parlais, il s'agit La Théorie de la Relativité chez Einstein de Max Born, là encore ma mémoire était approximative (c'est pour cela que je m'en tiens souvent à la lettre des textes et à l'écrit). C'est une histoire de la physique depuis Galillée. Born y pose surtout les bases des systèmes inertiaux. Un système d'inertie repose sur l'Espace et le Temps, mais non l'inertie en elle-même qui préfigure la Gravité de Newton. C'est l'idée de système qui présuppose la représentation de l'espace et du temps, c'est-à-dire le fait que ces variables soient coordonnées selon un origine. Ce référentiel sera absolu, c'est avec la théorie de la relativité que le référentiel devient relatif, mais l'origine et donc "la commutativité" des variables, leur mise en relation par des axes, demeurent. Ce qui n'est plus le cas avec la physique quantique, car l'on passe d'une irreversibilité de l'action dans le temps (qui présuppose une morale) à une non-commutativité des opérations (le temps n'a plus d'importance). Je cherche par là à vous dire que la physique quantique, où plus exactement la technologie, a une incidence sur la philosophie : ce qui est viser là c'est une réduction de l'erreur humaine au travers de l'action : l'homme n'a plus qu'à déclencher des opérations effectuées par des machines, ceci est le raisonnement tenu par tous les "ingénieurs" qui savent qu'une manipulation humaine introduit des erreurs et qu'une rigueur maximum suppose le minimum d'intervention humaine. Le domaine de la complexité naît aussi de là, des premiers calculateurs. Revenons en donc à la physique quantique, pour attirer votre attention sur le fait que la complexité, avant toute dimension mathématique, est ce qui n'a pas d'origine, mais procède de tensions (on pourra parler à la rigueur de système auto-tendu et non plus de système fondé, ceci pouvant être tranposé en une métaphore architecturale, l'architecture n'étant pas que de fondation). Reste la question de la physique quantique, puisque l'on ne peut donc donner trop d'importance aux "fondements mathématiques" puisque la complexité n'a pas d'orgine. Ce que je veux, à la suite du livre de Selleri sur le grand débat de la théorie quantique, c'est que les fondements mathématiques que Von Neumann offre aux tenants de la théorie quantiques comme Bohr et Born, est de l'aveu de ses derniers, après l'attaque de leurs adversaires, non un fondement universelle mais une justification singulière sde la réalité (cdomplexité) quantique. Voulioir fondé ce qui n'a pas d'origne c'est encore être de l'ancien monde, de la même manière que de rechercher l'objectivité de la mesure, comme le kantien Michel Bitbol, alors que la réalité quantique n'est pas indépendante d et notamment des prouesse techniques qui font que je peux vous envoyez ce message, cela me paraissant être sa plus grande preuve, sa plus grande réussite, car c'st bien plus que la simple révolution de l'imprimerie, c'est la mise à mal de la réprésentation sans pour autant virer dans l'abstraction.

4°) L'illimité. Sur ce dernier point j'attirerai votre attention sur la question de l'illimité. Comme le relève Mr Loraux les Grecs faisaient la distinction entre ce qui peut être parcouru sans limite (l'illimité) et ce qui ne peut être parcouru en tant qu'infini (l'hyperbolique chez Platon, le plus qu'asymptotique, le au-delà de la limite). Ceci a son importance puisqu'il y a chez Nietzsche l'idée que les Grecs est des penseurs de l'éternel retour, en tout cas le premier penseur qui a penser la rotondité de la terre (surface prcourable à l'indini) a ouvert à la dimension de l'éternel retour (la mmoins sélective et la plus pratique)


Pour conclure,

Peut-être aurai-je fait émergé quelque qu mais que la science est avant tout une affaire de conception, n'en déplaise à Deleuze, la fonction n'en étant que le succédané comme la discours philosophique avec la conception et l'approche dont il provient. J'espère ainsi porter l'accent sur l'outil mathématique (calculabilité) et on le fondement mathématique de la physique quantique (reste très proche de la posture de Poincaré sur sa propre discipline, très proche de Gauss et Riemann) ou  n'est pas à la base des conjectures scientifique mais vient s'y greffer sinon ce serait la femme d'Einstein qui devrait avoir le prix Nobel. Donc ce qui fera décliner votre entrain seront toute les formes de Fregelite ou de Godelite (voir Giuseppe Longo) qui s'initieront dans votre dicours (Frege n'étant que la réaction à Riemann, ce qu'oublie de dire Badiou pour masquer sa réaction, sa stupeur), que jusque là vous avez la facilité d'éviter. La deuxième point d'achoppement de votre entrain sera sans que vous ne le perceviez vraiement la réintroduction de la métaphysique au travers du virtuel, car vous touchez là à un en-soi, à une variante de la chose en soi. Votre a-priori kantien qui donne trop d'importance aux mathématiques sans doute, mais cela n'enlève rien au fait que votre manière d'exposer les mathémaitques est magnifique et demande à être poursuivie. Mais le calcul est second et les mathématiques ne sont ni une "ontologie" de l'actuel, ni du virtuel. Si on est dans le mouvement, un peu à la manière de Bohr ou de Feynmann qui ne font que des constats sans poser avant eux le calcul (toute fondation se faisant par truchement après coup), il n'y a pas besoin de recours au virtuel, mais au contraire à s'éprouver dans l'inertie, à maintenir sa légéreté dans la gravité.

Bonne thèse à vous
______________________________________

* Je laisse de côté le rapprochement qu'a fait Emilie du Châtelet entre la force vive de Leibniz et les expériences de Koening sur l'enfoncement d'une bille de plomb dans le sable, rapprochement qui un "percurseur" de la théorie de la rélativité, car l'élévation au carré de la vitesse est pour la première fois mise en avant.

** la vertu est ce qui lie une communauté qu'elle soit artistique ou scientifique, c'est ce qui sert de ferment à une communauté en faisant croire que chacun parle de la même chose, a la même quête (illusion que l'on a retrouvé dans la résistance ou dans les communauté hippies qui elle ont vite éclaté), chacun a sa propre chimère, son propre idéal et il n'y a donc pas de virtuel en soit, c'est-à-dire de virtuel qui subit une contre-effectuation, simplement du mouvement qui affronte de l'inertie. Ceci touchant à la question de l'effort et de la puissance qu'il ne faut pas esquiver. Inviter à l'effort reste l'une des plus grande sagesse.
par Anthony Le Cazals publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Dimanche 23 mars 2008
C'est à Koening et à Emilie du châtelet (dont nous avons fait l'éloge) que l'on doit la relation faite entre la force vive de Leibniz et les expériences qui démontrèrent que contrairement à ce que pensait Newton, l'énergie d'un corps mouvement n'est pas le produit de la sa masse et de sa vitesse, mais


énergie d'un mouvement = masse d'un corps x vitesse au carré de ce corps

Ainsi est renvoyé aux oubliettes, le paradoxe de Zénon d'Elée selon lequel l'être du mouvement (c'est le paradoxe du lièvre et de la tortue ou d'Achille terrassé par l'infini du mouvement). Car depuis Schopenhauer, qui développait Kant et Newton sur ce point, on sait que la substance d'une chose si on peut la nommer ainsi est avant tout la force qu'elle est capable de développer. Si un corps en mouvement a une énergie finie, comme l'accorde sa masse et sa vitesse, l'énergie même du mouvement et sa "substance" sont finies. Achille ne s'en sort qu'en renonçant à l'immobilité de l'être, à la procrastination et l'engourdissement qu'engendre une telle conception du monde, et ainsi se rapproche du fini-illimité qui constitue tout mouvement que peut se réenclencher de manière illimitée, dès lors qu'il n'est pas séparé de source d'énergie (force motrice, attraction ou inertie). Ceci sonne une belle débandade pour tous les prêtres abstraits qui s'amusent à soutenir que l'Etre du mouvement est infini et immobile car l'Être, cette conception inerte et morale des choses n'a aujourd'hui guère d'importance (dans leurs propres termes, l'Être inconsiste, c'est à dire est) un concept sans référent, un concept creux). La dynamique : une manière donc de sortir de la maladie de l'Etre et de la vita contemplativa.


voir l'autonomie du mouvement
par Anthony publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Mercredi 23 janvier 2008
Un américain de 39 ans, professeur de Snowboard à ses heures prétend avoir unifier la mécanique quantique et la théorie de la relativité. Si vous savez lire l'anglais et les algèbre de Lie, c'est à ovus d'en juger. Pour téléchager "An exceptionnally simple Tnheory of Everything" cliquez ici
par Paris8philo publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Samedi 6 octobre 2007

n'y Lettre à Michel Bitbol, epistémologue de la physique quantique, pour le sortir de ses pantoufles kantienne mais aussi une réponse à tous les philosophes analytiques qui pense établir une théorie de la connnaissance à partir des travaux avortés de Russel (1912). Paris8philo

 

 

Concédez à faire un pas

Monsieur Bitbol

 

 

 

Je voulais dire combien j'avais admiré la manière dont vous aviez introduit la physique quantique cette. Je m'excuse par avance du ton polémique de ce texte, il ne reprend pas tout ce que je voulais vous dire de louable mais s'attache à l'essentiel qui tient je veux l'affirmer et le répéter à la théorie et certainement pas à votre personne, je suis sûr que vous en conviendrez, mais il me faut faire ce que Wittgenstein avait produit comme objections non à Russel lui-même mais à l'une de ses théories. Ceci afin de cadrer ce qui pourrait ressembler à une polémique et qu n'en est pas une. Le temps a voulu que je ne puisse vous produire mon texte en entier et notamment à introduire les louanges que faisait Schopenhauer àau génie de Kant. Tout ceci afin que nous puissions avancer dans le respect, la rigueur et la stimulation que requiert la science.

 

 

Il ne peut y avoir de théorie de la connaissance valable, c'est-à-dire de connaissance de la connaissance.

 

Sur ce point je m'en tient à deux philosophe Wittgenstein que vous avez lu et Schopenhauer (par facilité de ne pas avoir à énoncer à nouveau un long développement). En effet les distinctions que vous reprenez des deux types de connaissance de Russel (par définition, "je sais qu'aujourd'hui il fait beau ou que "2+2=4", et par accointance "je connais Paul pour l'avoir déjà vu") ne rendent pas compte de la distinction qui a toujours existé entre connaissance abstraite et connaissance intuitive, c'est d'ailleurs pour cela que Wittgenstein, alors simple étudiant a dissuadé par de simple objection Russel dont il suivait les cours de publier sa théorie de la connaissance en 1915 (beaucoup de personne s'appuie encore sur ses écrit de 1912 dont vous). Quant à la connaissance de la connaissance « Le sujet ne se connaît, par conséquent, que comme sujet voulant, mais pas comme sujet connaissant. Car le moi qui se représente, le sujet de la connaissance ne peut jamais devenir lui-même représentation ou objet, parce que, comme corrélat nécessaire de toutes les représentation il est leur condition même ... c'est pourquoi il n'existe pas de connaissance de la connaissance, car il faudrait que pour cela le sujet se distingue de la connaissance et puisse quand même connaître la connaissance, ce qui est impossible ». Schopenhauer, de la quadruple racine du principe de raison... §41 (la suite*). L’idée d'une théorie de la connaissance requiert que l'on face abstraction du sujet alors même que la « connaissance » ne peut s'en passer. Sujet que vous appeliez autrefois « esprit » dans la droite ligne de Hegel. Peut-être que tout simplement la connaissance dans les limites de l’expérience fixées par Kant n’est pas le bon cadre de l’expérience, qu’une dimension qui est celle d’une compréhension accrues de la natures des choses (j’entends ici comme Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche, Deleuze, les forces et les processus ; dimension à laquelle il faudrait ajouter celle du tacite ou du discret : les énoncés foucaldiens, l’impensé deleuzien, l’inconscient qui ne consent à se taire).

Ce que vous faites c'est poser un théorie de la connaissance sur la « réalité » quantique, sur le comportement des particules qui ne rentre plus dans la catégorie des corpuscules de matière ou du déplacement d'énergie sans mouvement de matière qu'on nomme onde. Vous parlez de mettre en place une objectivité différente « acte de constitution d' "objectivité" : on conserve les cadre générale fixé par Kant mais non les formes de sensibilité [espace et temps] ni les catégories de l'entendement [la causalité étant la principale] » (27/03/07) mais comment peut-il y avoir "objectivité" quand par ailleurs vous parler de « l'obligation d'une descente "ontologique" » qui renonce à « la définition d'un objet et de ses propriétés » et à « la prévision des résultats d'expérience » (ce qui est faux si l'on suis les intégrales de chemin de Feynman qu'Hawking appelait sommes des histoires). Je me entre " " les mots ("objectivité" et "ontologie") qui me semblent manquer de rigueur, ou être la reprise de spéculations impropres quant à la compréhension facilité de la physique quantique et donc de la réalité (à moins qu'il ne faille pas tenir compte des disposition quantique de la lumière et en rester à la bonne vieille matière). Ces spéculations impropres étant,  pour préciser, prises dans le "schéma standard antérieur, familier et classique", si je puis me permettre. Employer "objectivité" et "ontologie" c'est demeurer pris dans les ornières où nous mène le langage "antérieur, familier et classique". Ce langage finit par produire de faux-problèmes, des"problèmes" insolubles car mal posés à cause précisément d'un langage inapproprié (j'y reviens dans le prochain paragraphe). Je précise que la notion de conversion du langage est présente chez Nietzsche et Merleau-Ponty, qu'elle est sous-tendue par le malaise dans la culture ou la civilisation chez Wittgenstein et Freud mais ne sortons pas de la science qui nous occupe. Simplement, de cet inadéquation, découle la métaphysique de Platon qui provenaient des genres suprêmes (cf le Sophiste) dont l'appréhension face à la réalité est "précaire" aux dires même de Badiou (qui les emploie), il en va de même pour la métaphysique d'Aristote basée sur les catégories (notions de quantité et qualité) et que Kant refond complètement dans ses douze catégories de l'entendement. mais puisque vous dites qu'il ne faut pas conserver les catégorie de 'l’entendement je vous suis entièrement et vous emboîte le pas (cf. au passage sur les catégories Schopenhauer MV_599 **).

Un exemple les physiciens ne parle plus de "propriétés" mais de paramètres et de variables, à la rigueur de dispositions à la mesure, il ne parle plus de "phénomènes" mais d'évènement et d'impulsion (dans le cas de Bohr). Si vous employez ces termes là vous oublié les découpes qui les ont forgé ou la métaphysique qui s'y rattache. Ceci est dit simplement pour avoir le meilleur outillage, les meilleurs concepts pour comprendre les particularité de la physique quantique qui prend en compte la lumière et ses application aux nouvelles technologies contrairement à la mécanique classique qui en reste à la Matière et la Nature. Hors il n'y a pas de Matière, par qu'il n'y a pas de substance observable, c'est-à-dire pas de principe de permanence transcendant sur lequel repose la "Matière en soi" (Kant n’ayant lui-même pas aperçu ce qu’il avait mis en marche à savoir la critique posée jusqu’à ses extrêmes conséquences).

 

 

Vous dites vous-même les paradoxes, et il faut vous saluer pour ça, « apparaissent dès lors que l'on veut greffer un formalisme élémentaire (traditionnel) » c'est aussi pour cela que la mécanique quantique ne se résume pas (hors de la théorie que vous pratiquez j'entends bien et qui est théorie de la connaissance) . Je m'appuie cette fois-ci sur Feynman, autre prix Nobel : « Je vous ai fait remarquer ces choses car plus on découvre de comportement étrange de la Nature et plus il est difficile de construire un modèle qui explique le déroulement réel des phénomènes, même les plus simples. Aussi la physique théorique  y a-t-elle renoncé » (Feynman, Lumière et matière, p.115). Le formalisme théorique proche de ce que Schwinger appelle symbolisme est l'un de ses modèles et ne me semble par recouvrir tout ce qu'est la physique quantique qui est avant tout une expérimentation (de pratiques et de pensées) qui ne se réduit pas non plus à un opérationnalisme. Vous en restez en posant cette définition qui est propre à la théorie de la connaissance que vous défendez (Théorie quantique) mais non aux "phénomènes" (évènements et impulsions de lumière) que met en avant la physique quantique. Les forces échappent aux formes en ce que les formes sont des composés de forces. Je n'ai pas le temps de développer sur la substitution des forces au substances classique, le passage du principe de raison au principe d'incertitude. Mais la rigueur de pensée veut qu'on s'en tiennent aux forces et non aux formes (puisqu'il y a dans une certaine mesure indistinction entre a priori formels et formes a priori précisément au point où nous devons être pertinent avec la réalité, c'est-à-dire l'expérience), et c'est cette indistinction qui limite notre compréhension non notre connaissance qui malheureusement se suffit à elle-même (dimension du Moi *).

Le pas qui vous auriez à concéder est en fait une enjambée, un saut qui en rien ne franchi la barrière du langage "défendue" par Wittgenstein et à laquelle vous tenez. Bohr, Feynman, Hawking me semble avoir un crible sagace pour reprendre le mot d'Aristote avec lequel il qualifie toute recherche même la philosophie. Est plus douteuse la posture d'épistémologue surtout si celui-ci dit qu'il faut passer à une "objectivité" différente (sans oser employer l'expression de nouvelle "objectivité"), je ne fais que reprendre les propres mots d'Hawking : « Le "philosophe des sciences " devraient être mieux outillés. En réalité beaucoup d'entre eux sont des physiciens ratés ; trouvant trop difficile d'inventer de nouvelles théories. Il en sont toujours à débattre les théories du début du siècle, comme la relativité et la mécanique quantique... » (Hawking, Trous noirs et bébés univers, p. 55). Ces propos sont un peu forts puisque ce sont parmi les dernières théories établies (si on les distingue comme Carlo Rosselli, des théories spéculatives, Pour la science n°322). Ceci dénote bien que l'on ne peut poser le crible de l' "objectivité" ou de l' "ontologie" sur la réalité sans aggraver les problèmes alors que la philosophie des sciences ou épistémologie aurait pour prétention de donner de nouveaux outils conceptuels alors que ceux-ci sont pris à des théories philosophiques indépassables dans leur systématique mais dépassées d'avance si l'on veut les appliquer aux problèmes qui surgissent actuellement (c’est une des dimensions du réel incontournable que la venue de nouveaux problèmes).

La seule échappatoire quant à une théorie qui serait supérieure à l’expérimentation et à la pratique est platonisante, Schrödingérienne si l'on veut. Elle consiste à dire que le physicien étant pris dans sa pratique ne sait ce qu’est la science qu'il pratique. Pourtant la physique quantique est avant tout une science d'expérimentation (science n'est recouvrant ici plus l'acception grecque de simple théorie qui cherche la sérénité ou savoir pur ou sagesse) :. Mais l'objection que l'on fera c'est en la pratiquant que tout une réalité inaperçue à nos yeux s'est ouverte à nous, il ne s’agissait plus de la matière mais de la lumière et de son comportement intelligible par la mécanique classique. Pensez au fier discours de Lord Kelvin, dans son célèbre discours inaugural du xxe siècle à la société anglaise de physique en 1892, annonçant : « la physique est définitivement constituée avec ses concepts fondamentaux. […] Il y a bien deux petits problèmes : celui du résultat négatif de l’expérience de Michelson et celui du corps noir, mais ils seront rapidement résolus… ». Tout cela rend compte d’une différence majeur qui sappe l’Epistémè, c'est la différence entre un savoir inepte et une expérimentation qui repose sur un savoir-faire fécond (Pensez aux nombreuses expérience que Galilée a menées non à Pise mais à Padoue, pensez aux longue-vues qu’il s’est construit pour ses observations, sans cela pas de théorie). Le savoir (la théorie) ne peut être posé comme absolu car ce serait violé la distinction nécessaire que fait Kant et que reprennent nombre de philosophes après lui, sauf Hegel ***, entre vérité et savoir, entre vérité et loi. Un savoir qui serait absolu serait aussi la Vérité, chose désastreuse que cette extase pour la science.

En m'excusant d'avance de vous mettre face à une impossibilité, mais la question est devons-nous penser le réel en toute rigueur ou rester camper sur les illusions d'un Moi (je renvoie au passage qui suivent la citation de Schopenhauer *), d'une pensée transcendantale quand, à notre époque, nous sommes  passés du principe de raison suffisante (= rien n'est sans raison) au principe d'indétermination (principe dit d'incertitude d'Heisenberg qui existait déjà chez Aristote quant il disait qu'il n'existait pas de règle prédéterminée pour s'orienter dans l'indéterminé. Allons plus loin que la définition que vous donnez de la mécanique quantique, la définition que vous faites s’applique à la théorie par laquelle vous l’aborder : la théorie quantique (et non la physique quantique) est une formalisme qui permet de déterminer Allons plus loin que ce formalisme, car la réalité quantique est avant tout un saut par délà la bande d’énergie interdite. Contournons donc le paradoxe du chat de Schrödinger. Je vous rappelle vos propres propos « les paradoxes apparaissent dès que l’on vient greffer [sur la réalité] un formalisme élémentaire » (27/03/07). Sortons donc le chat de sa boîte puisque Schrödinger l’y enferme avec un ampoule de gaz mortel. Les dresseurs de chat vous apprendraient qu’on ne peut pas dresser un chat mais que l’on peut l’observer, repérer ses habitudes. « Dresser » un chat, c’est comme modéliser une particule ou formaliser la amplitude d’un probabilité (je n’ai pas de mots plus clairs) : le « dresseur » qui sait qu’un chat se lèche quand on l’allonge, lui « ordonnera » en s’adressant à un public de se lécher avec de l’allonger sur le côté et le chat par habitude se lèchera. « Dresser » un troupeau, « modéliser » un système, « formaliser » une particule (en fait l’amplitude de la probabilité de l’une de ses variables) c’est ce à quoi sont bons tous les platoniciens, mêmes les plus illusionnistes. Mais Feynman le dit bien « la physique théorique y a renoncer », en ternes scientifiques que je n’expliquerait pas ici, il dit qu’il faut additionner les probabilités et non les amplitudes supprimant ainsi le recours aux équation (notamment celle de Schrödinger). La mise en équation pose des problèmes dès qu’elle génère des infinis que l’on ne peut réduire (cela rend les calculs impossibles comme avec la division par 0).

 

Il y a un déni, dans ce que vous exposez, quant au terme de pensée en ce que vous souhaiteriez ne manipuler que de l’objectivité, n’ayant pas en votre possession une vision synoptique des différents régimes de pensée qui existent. Ne pas reconnaître que vous vous trouvez être dans le domaine de la pensée sur la science et non de la science a ses risques. Toute théorie de la connaissance aussi peu valable dans sa rigueur qu’elle soit (si elle en reste aux définitions, vérité de fait et accointances) est du domaine de la philosophie et non de la théorie scientifique. Il y a une frontière épistémologique qui serait alors violée. En somme il ne peut y avoir de science dite cognitive, c’est-à-dire dans laquelle le sujet qui se connaît en tant que sujet connaissant, car il faut être sujet connaissant pour prétendre à un objet et surtout à une objectivité, j’insiste sur le qualificatif de connaissant. La seul façon de sortir du subjectif, est de se personnaliser c’est-à-dire d’en passer par l’expérimentation (qui n’est en rien l’expérience kantienne avec ses limites théoriques et morales), mais ce faisant par l’expérimentation on sort précisément du registre de la connaissance (par définition et par accointance) pour une compréhension de ce qui est du registres des forces et des énergies. La physique quantique est une science qui étudie les comportements de la lumière sans chercher à les modéliser autour d’un « moi » *, ou d’une objectivité, puisque forces ou énergies ne sont en rien des objets ou des formes, mais si elle en composent. Aussi chercher une "objectivité" différente, une nouvelle objectivité semble vain car ce serait nier qu’il y ait une seule objectivité à l’œuvre contrairement aux multiples subjectivités, plus exactement révèle bien le fait que toute théorie de la connaissance se trouve prise dans différentes possibilités qui ne sont pas des objectivités mais subjectivités. En ceci, la proposition de Nietzsche « il n’y a pas de faits [objectifs], il n’y a que des interprétations [subjectives] » reste vraie, tout en se rappelant bien que tout ce qui existe ne se résume pas à des interprétations.

Ainsi vous ne pouvez demeurer dans la finitude kantienne (ce que j’appelle « concéder à faire un pas »). La position intermédiaire de « philosophe des sciences » ou d’épistémologue par rapport à la science et à la philosophie est intenable. Vous devez soit aller vers l’expérimentation scientifique soit vers la expérimentation philosophique ou sinon vous ne pouvez prétendre à un discours rigoureux. Ce que vous faites en somme c’est engourdir les apports de la science par des concepts philosophiques datés que l’on ne peut réinvestir si l’on a quelque respect pour la science telle qu’elle se fait actuellement. Allégez-vous, sortez de votre finitude et mettez-vous enfin à penser et non à réfléchir au travers d’une théorie de la connaissance auto-satisfaite mais sans rigueur de penser (il y a confusion en elle entre savoir et vérité). C’est d’ailleurs vous qui vous félicitiez à juste titre en février 2005 que la physique quantique soit issue d’un processus de penser collectif (et en premier lieu d’expérimentation si l’on pense au travail de Bohr sur l’atome dans les années 10). Sortir de la finitude kantienne, c’est consentir non à un infini qui serait un échec pour la science et une manière de ruiner la pensée, mais à ce que Hawking appelle un fini « sans bord », (cf. Une brève histoire du temps p. 150 et pp. 177-178  et Trous noirs…p. 91 et sq.), c’est-à-dire un régime différent de la finitude empirique et à un niveau plus soutenu que ne l’est le transcendantal kantien (qui n’est que la garantie dans le cadre de la connaissance, qu’un sujet ait forcément un objet, faisant que le retour des données sur les conditions produisent de nouvelle conditions ouvrant à de nouvelles données). L’une des dimension qui échappe au transcendantal est le délire tel Socrate dans le Phèdre (244a mais aussi le Phédon 69c). ce que certains logiciens platoniciens ont précisément omis quand il a parlé du transcendantal à 4 valeurs possibles ou algèbre de Heyting.

Je cherche simplement à vous mettre devant une impasse en m'en tenant aux pensées deux prix Nobel Feynman et Hawking, simplement parce que le saut au-dessus d'impossibilité est la marque d’une pensée impersonnel et non d’une réflexion autour de la théorie de la connaissance c’est-à-dire autour de votre moi. Le problème était donc Comment sortir des schémas traditionnels, familiers et classiques quant avec une dite « théorie de la connaissance » ce sont précisément ces même schémas qui sont remis sur la table car en effet il ne peut y avoir de connaissances vraie sur la connaissance car on ne peut être juge et parti à la fois, si l’on reste dans le cadre d’un subjectif qui vise objectif c’est au fond ce que dit Schopenhauer *.

 

 

 


* « A l’objection non seulement je connais, mais je sais que je connais », je répondrai que ces deux expressions « je sais que je connais » et « je connais » ne différent que dans les mots. « Je sais que je connais » signifie la même chose que « je connais » sans détermination plus précise, ne dit rien d’autre que « moi ». Si votre connaissance et le savoir que vous en avez sont deux choses distnictes, essayez donc une fois de les avoir séparément, c’est-à-dire de connaître à un certain moment sans en avoir conscience, puis une autre foisde savoir que vous connaissez sans que ce « savoir » soit en même temps le « connaître ». On peut bien faire abstraction de toute connaissance particulière et arriver ainsi à la proposition « je connais » qui est la dernière abstraction dont nous soyons capables ; mais cette proposition est identique à celle-ci : « il existe des objets pour moi » et cette dernière est identique avec cette autre : « je sais que je suis sujet » qui ne renferme pas autre chose que le simple « moi ». » Schopenhauer de la quadruple racine du principe de raison suffisante § 41 SchPR°41

 

** « J'ai donc été obligé de rejeter la théorie kantienne des catégories, comme Kant lui-même avait rejeté les théories d'Aristote sur le même sujet. ... Ce que l'un et l'autre cherchaient sous le nom de catégories, c'étaient les concepts les plus généraux qui dussent nous servir à embrasser toute la diversité - si complexe qu'elle fût - des choses, et par suite penser d'une manière souverainement générale tout ce qui s'offre à nous. » SchMV_ 599.

 

*** celui-ci déclarant qu’il faut déposé le nom philosophie pour la science mais déclarant avoir atteint le savoir absolu c’est-à-dire la sagesse, de là viennent aussi les assertions : pourquoi la nature est-elle si réticente à mon système et. Spinoza ou pas de philosophie


publication originale 03/04/2007 21:09
par Le Cazals publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Vendredi 10 août 2007
Aussi géniale que soit la supercherie freudienne voici le pastiche d'un texte de Richard Feynman relevé par Jean-Philippe Ravoux dont nous avons mis quelques extraits de son dernier livre dans le post suvant pour répondre aux questions d'Oyseaulx sur le rapport de Freud à Schopenhauer : un préam­bule à la proposition de chemins qui peuvent conduire à la compréhension de la réalité affective ou énergétique (on dirait psychique par habitude, par le langage que l'on nous a inscrit dans la tête ou devrait-on dire l' "esprit") et, par voie de conséquence, à l'élaboration d'une pratique thérapeu­tique. Si quelqu'un a le livre sous la main il pourra vérifier.

« L'autre jour, je lisais, avec mon fils, qui fait des études de psychologie, un passage de Freud. Le raisonne­ment était absolument enfantin, mais c'était enrobé dans un tel méli-mélo de refoulement, de topique, de transfert, de stades de développement de la sexualité et autres bali­vernes, qu'au bout d'un moment nous avons éclaté de rire. Là vous devez trouver que j'exagère. Quand même, rire d'un penseur de la taille de Freud ! Mais c'est que Freud n'a aucune excuse. À la même époque, il y avait Ebbinghaus proposant les premiers travaux sur la mémoire, Pierre Janet qui inaugurait la psychologie expé­rimentale et étudiait l'évolution de la mémoire, Von Hart­mann et sa philosophie de l'inconscient, William James et Henri Bergson qui réfléchissaient sur les niveaux de conscience, il y avait des tas de gens qui, grâce à leurs méthodes d'analyse et à l'étude des pathologies, faisaient avancer les sciences neurologiques. Prenez n'importe laquelle des propositions de Freud ; transformez-la en la proposition contraire et regardez autour de vous ;je vous défie de pouvoir dire laquelle est juste. Les gens se sont laissés impressionner parce que Freud avait eu le courage d'aborder les questions importantes; mais à quoi sert-il d'avoir le courage si ça ne débouche sur rien ? Ce n'est pas tant la psychanalyse que la cuistrerie qui m'insupporte ! Si seulement les psychanalystes pouvaient ne pas se prendre tellement au sérieux et se persuader qu'ils détien­nent la Vérité sur la face cachée de la conscience; si seu­lement ils pouvaient dire: « voilà ce que je pense, mais untel pensait autrement et c'était pas mal envoyé non plus ». Mais non ! Ils profitent du fait que, peut-être, il n'y a pas de mémoire inconsciente pour nous exhorter à en rester là; et les voilà qui pontifient: votre pensée ne va pas assez au fond des choses, laissez-moi vous donner une défi­nition préalable de l'Inconscient, vous dessiner une topique et son économie libidinale. Eh bien, non! Je suis bien décidé à explorer la conscience, ses dessous et son support cérébral sans en avoir une définition préalable ! »
Richard Feynman, La Nature de la physique, p. 285.
par Paris8philo publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Dimanche 27 mai 2007

Suite de l'article de Evelyne Barbin  (que nous avons tronqué)

« Selon Poincaré et d’autres mathématiciens, la rigueur peut condamner l’invention et l’intuition, et elle réduit la portée des mathématiques. En 1906, dans La science et l’hypothèse, Poincaré explique que les syllogismes garants de la rigueur ne permettent pas de créer : « Il faut bien concéder que le raisonnement mathématique a par lui-même une sorte de vertu créatrice et par conséquent qu’il se distingue du syllogisme. » L’idée que les syllogismes ne permettent pas d’inventer n’est pas nouvelle. On la trouve au début du XVIIe siècle sous la plume de Francis Bacon, de Galilée ou de René Descartes.
Dans les années 1630, les mathématiciens se sont notamment posé des problèmes nouveaux sur les courbes. Or les savants de l’Antiquité, Archimède notamment, avaient donné des démonstrations rigoureuses dans ce domaine : les résultats étaient obtenus déductivement à l’aide des définitions et des propositions sur les courbes, et ne faisaient pas usage de l’infini. Mais leurs démonstrations procédaient toutes par l’absurde, et supposaient donc que l’on connaisse a priori les résultats énoncés. Elles avaient ainsi un inconvénient majeur, celui de ne pas indiquer de méthodes permettant d’obtenir de nouvelles propositions sur de nouvelles courbes. C’est pour subvenir à ce besoin d’inventer que les mathématiciens du XVIIe siècle ont introduit les indivisibles et les infiniment petits (notions qui seront ensuite contestées).
Au XVIIe siècle, la rigueur déductive des Anciens se trouvait ainsi opposée à la possibilité d’invention. Dans les Règles pour la direction de l’esprit, Descartes exprimait en 1628 son insatisfaction à la lecture des textes des Anciens : « Certes, j’y lisais une foule de développements dont le calcul me faisait constater la vérité ; quant aux figures, il y avait beaucoup de choses qu’ils me mettaient en quelque sorte sous les yeux et qui étaient la suite de conséquences rigoureuses. Mais pourquoi il en était ainsi et comment on parvenait à le trouver, ils ne me paraissaient pas suffisamment le montrer à l’intelligence elle-même. » Les Anciens étaient alors suspectés d’avoir caché leurs méthodes d’invention.
La tension entre rigueur et invention est lisible dans l’histoire des mathématiques, tout comme l’est la tension entre rigueur et intuition. Poincaré explique dans La valeur de la science que « l’intuition ne peut nous donner la rigueur, ni même la certitude ». Mais, écrit-il plus loin, « pour faire l’arithmétique, comme pour faire la géométrie, ou pour faire une science quelconque, il faut autre chose que la logique pure. Cette autre chose, nous n’avons pour la désigner d’autre mot que celui d’intuition ». Ces intuitions de mathématiciens, présentées comme des démarches mathématiques, ont bien souvent été condamnées.
Cela a été le cas avec Jean-Victor Poncelet (1788-1867) et son « principe de continuité », qui permet de passer d’une figure géométrique à une autre par un mouvement en conservant ou en transposant les propriétés de l’une des figures à l’autre. Poncelet énonçait ainsi ce principe dans le Traité des propriétés projectives des figures : « N'est-il pas évident que si […] on vient à faire varier la figure primitive par degrés insensibles, ou qu'on imprime à certaines parties de cette figure un mouvement continu d'ailleurs quelconque, n'est-il pas évident que les propriétés et les relations, trouvées pour le premier système, demeureront applicables aux états successifs de ce système, pourvu qu'on ait égard aux modifications particulières qui auront pu y survenir ? » En 1820, l’influent mathématicien Augustin-Louis Cauchy considérera ce principe seulement comme une « forte induction, à l’aide de laquelle on étend les théorèmes », ajoutant qu’« en lui accordant trop de confiance, on pourrait tomber quelquefois dans des erreurs manifestes ».
Poincaré a exprimé la crainte des philosophes que ce que l’on gagne en rigueur, on le perde en objectivité. L’idéal logique risque de couper les liens des mathématiques avec la réalité et d’interdire toute application. La science perd bien quelque chose en devenant rigoureuse : « Elle prend un caractère artificiel qui frappera tout le monde ; elle oublie ses origines historiques ; on voit comment les questions peuvent se résoudre, on ne voit plus comment et pourquoi elles se posent. » L’exigence du pourquoi et du comment de Poincaré est à rapprocher de l’exigence de Descartes évoquée plus haut. Il ne s’agit pas seulement de savoir, il faut que l’on sache pourquoi et comment l’on sait. Il est donc exclu de considérer que la rigueur soit un but à elle seule. Le mathématicien invente et imagine, le mathématicien produit des calculs et des figures. »


De nos jours, la rigueur passe par l'axiomatisation (voir la citation d'Einstein) ou par l'arithmétisation. Arithmétiser : « une tendance plus vaste observée dans les mathématiques au cours des deux derniers siècles, qui consiste à arithmétiser – c’est-à-dire à fonder sur l’arithmétique des entiers – les concepts de l’analyse afin d’y apporter plus de rigueur. Mais il convient aussi de remarquer que les nombres entiers n’ont pas toujours été portés au pinacle : depuis Euclide et jusque-là, ce sont les figures géométriques plutôt que les nombres qui avaient servi de fondement aux mathématiques. »

par Le Cazals publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Lundi 2 avril 2007

Les scientifiques communiquent bien souvent de façon erronée. Fascinés par leurs idées, il ne distinguent pas une théorie établie d'une théorie spéculative : une théorie n'est établie qu'après de très nombreuses confirmations expérimentales de prédictions spécifiques.

La distinction, quelque fois une peu floue, entre théories établies et spéculatives évolue continuellement, mais n'en est pas moins essentielle : la mécanique quantique (avec la théorie quantiques des champs, qui en est l'application aux champs physiques [dynamiques]), le modèle standard des particules élémentaires, la relativité générale d'Einstein sont les théories aujourd'hui établies. Ajoutons à cette liste les théories plus anciennes comme la mécanique classique [Newton] ou l'électroùagnétisme [Maxwell]. Ces théories ont fait leurs preuves, elles sont le fondement de la technique contemporaine. Sur leurs prédictions (dans leur domaine de validité), vous pouvez jouer votre argent ou votre vie. Tout ce qui est au-delà, comme la gravité quantique, la théorie des cordes, la géométrie non commutative, les modèles d'unification des forces fondamentales, la supersymétrie, les univers des dimensions supplémentaires, le multi-univers etc. est spéculatif. Rien ne nous assure que ces hypothèses décrivent correctement notre monde : elles n'ont aucune confirmation expérimentale, n'ont jamais été utilisées concrètement, et seul un fou se risquerait à parier sur la validité de leur prédictions. Et pourtant sur certaines théories spéculatives, comme la théorie des cordes, des milliers de chercheurs travaillent depuis des décennies. [...] Toutefois nous ne saurons pas si les théories aujourd'hui explorées seront les bonnes : ce ne serait pas la première fois qu'une théorie pratiquée par un grand nombre de scientifiques et qui mobilise passions loyauté et ressources, se révèle, à l'épreuve des faits une fausse piste (pensons à la phlogistique, à l'éther...). [...] c'est l'expérience et non pas le nombre ou la dialectique qui tranche. [Ce qu'oublie certains philosophes trop limités dans leur a priori... NDLR] La théorie des cordes a été quelque fois présentée comme si elle était avérée. En deuxième lieu j'ai le sentiment que la confusion entre théories établies et théories spéculatives se répand à l'intérieur même de la communauté scientifique. L'effet de cette très grave dérive est néfaste pour les jeunes chercheurs. A une récente conférence internationale je parlais à un jeune chercheur techniquement très brillant. la discussion concernait deux théories : la théorie de la relativité générale et une certaine théorie de " Yang-Mills supersymétrique N = 4 ". Quand j'ai mentionné le fait qu'une des deux théories était vérifiée en tant que théorie physique, le jeune brillant m'a demandé, très candide : « laquelle ? » Il ne plaisantait pas car il ne comprenait pas la différence entre la relativité générale qui a donné un très grand nombre de prédictions nouvelles toutes vérifiées par l'expérience, est une théorie qui n'en a donnée aucune. Cette confusion introduit un malaise en physique fondamentale [mais c'est la même chose avec la métaphysique toujours inféconde en philosophie NDLR]. La clarté sur la théoire des boucles, sur la théorie des cordes, ou surtout sur ce qui est appelé « au-delà du modèle standard », est essentielle pour une science saine et une communication claire avec le public.

 

Carlo Rovelli, professeur à l'Université de la méditerranée à Marseille, Les théories physiques sint invérifiables, Pour la Science n°332, juin 2005, pp. 16-17

par Paris - philo publié dans : Physique quantique communauté : Science
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Lundi 2 avril 2007

Aucune forme de connaissance humaine n'est aussi digne de confiance que la science. Si les astronomes nous affirment que le mois prochain il y aura une éclipse de soleil, nous pouvons parier qu'ils auront raison. Bien sûr, une étoile à neutrons pourrait arriver sur nous à une vitesse proche de celle de la lumière, et arracher la Lune, mais ce n'est pas probable.

Pouvons nous être certains que ce que la science nous dit du monde est vrai ? Une théorie spéculative peut ne pas résister à l'épreuve des faits et être fausse. Est-ce que cela veut dire qu'une théorie établie nous donne une image certainement vraie du monde ?

 

Evidemment non. Toutes les théorie scientifiques ont été un jour, ou l'autre, remplacées par des théories meilleures. Même les plus efficaces. L'efficacité du modèle de Ptolémée, par exemple, est stupéfiante ! nous pouvons aujourd'hui ouvrir son livre, écrit il y a 19 siècles, et utiliser ses tables et sa géométrie pour prédire avec exactitude la position de Vénus dans le ciel le mois prochain. Néanmoins, nous savons que le monde n'est pas bien décrit par les « épicycles » et les « déférents » utilisés par Ptolémée.

Encore plus étonnant est le succès de la théorie de Newton, que nos ingénieurs utilisent chaque jour pour construire ponts et avions. Néanmoins, nous savons que l'espace plat de Newton ne décrit pas bien le monde. / Je ne sais pas si « vraiment » l'espace est courbe, comme le veut la relativité générale (je ne suis pas certain de ce que « vraiment » signifie dans ce contexte), mais je ne connais pas, aujourd'hui, une façon d'envisager le monde physique plus efficace que de penser « l'espace est courbe ». Les autres vision du monde ne rendent pas compte de la complexité du monde. /

Les théories dont aucune prédiction n'a encore été contredite par l'expérience, comme la relativité générale ? Eh bien nous savons qu'elles énonce des prédictions déraisonnables. Par exemple, elle prédit qu'au centre des trous noirs et au début de l'expansion de l'Univers, certains quantités physique ont des valeurs infinies. Plus grave encore est la contradiction profonde entre la relativité générale et la mécanique quantique, de même nature que les contradictions entre théories établies qui ont incité Einstein à dépasser ces théories. Par exemple la mécanique quantique que la rapidité d'écoulement du temps n'est pas affectée par la matière, ce qui contredit la relativité générale.

On peut rêvé que jour une théorie « finale » sera trouvée. Ca me semble un rêve futile ; ce que nous ne savons pas de la Nature est immense et les problèmes ouverts par la physique fondamentale sont majeurs, que je ne crois pas que nous soyons proches de la fin du chemin.

Alors pourquoi la science est-elle crédible ? Non pas qu'elle nous dise des choses certainement vraies, mais parce que ses réponses sont les meilleures que nous ayons.

Carlo Rovelli, professeur à l'Université de la méditerranée à Marseille, Les théories physiques sint invérifiables, Pour la Science n°332, juin 2005, pp. 18-19.

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