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Jeudi 28 mai 2009
Voici ube lecture succincte de l'ouvrage pru en France en Février 2009, Comment le peuple juif fut inventé de l'historien israelien Shlomo Sand. Il a fait frand bruit en Israel et est déjà un best-seller depuis l'année dernière. Une lecture plus détaillée est à venir

La reconstitution racialiste de l'histoire des croyants juifs pour en faire un "peuple" unique.

Pissner l'un des premiers fondateur du sionisme avec Herzl ne prônait pas le retour en terre sainte mais la constitution d'une nation. Pour cela il a fallu fare quelque arrangmeent avec l'historiographie. Nul doute que le sionisme contient des préceptes racialistes, qu'il faut combattre. Moses Hess, autre père mécréant du Sionisme, s'est éloigné par ses hypothèses de la tradition juive et s'est fondé sur la notion de "race" pour rêve un peuple "éternel". Pour Moses Hess estime que l'histoire juive "conserve un caractère national, elle ne se réduit absolument pas à l'histoire d'une religion ou à l'histoire d'une confession" (1). Moses s'exprimait là avec enthousiasme suite à la lecture de l'histoire des Juifs en cinq tomes de Graetz où l'on peut aussi lire comme interprétation à la suppression du mariage mixte (avec des non-juifs et à l'expulsion des femmes non-juives comme la grand-màre moabite du roi David : que pour Esdras (2)  "la race israélite était une race sainte, à qui tout mélange avec des étrngers, eussent-ils renoncé à l'idolâtrie, imprimait une souillure. [...] ce fut un instant grave pour l'avenir de la nation" (3). Mais s'il fallait faire remonter cette histoire des Juifs jusqu'aux Hébreux il faut bien voir qu'elle ne dépasse nullement l'épisode de l'exil des Hébreux de Canaan à Babylone . Les hébreux jusque là ne voulaient pas entendre parler des tables de Moïse mais c'est en cotynt les Perses qu'ils en reçurent une langue, la science, une nouvelle conception de religieuse, qui les fit enfin se distinguer des populations paiennes qui les entouraient avant leur exode. Ce détail est important puisque les chefs militaires de Tsahal se refèerent implicitement à cet épisode quand ils souhaitent étendre Israel  du Nil à l'Euprate sur les rives duquel se sitait Babylone. Jusqu'à leur séjour perse, les hébreux avaient repoussé à plusieurs reprises les commandement divins hormis quelques prêtres. Ceci est pour le début, mais il n'y a pas que l'histoire qui fut mis à profit par les sionistes, histoire qui est toujours écrite par les vainqueurs, puisqu'on ne se souvient jamais des perdants.
Nathan Birnbaum, qui forgea le terme sionisme, n'hésite pas à dire « Seule la sciences naturelles peuvent expliquer la spécificité intellectuelle et affective d'un peuple particulier. "La race est le tout", a dit l'un de nos grands corélégionnaires, Lord Beaconsfield [aliais Benjamin Disreali], la spécificité du peuple se trouve dans celle de la race. Les différences de races sont à l'origine de la multiplicité des variétés nationales [ce qui est improuvé]. C'est en raison de l'opposition entre les races que l'Allemand ou le Slave pensent et sentent différemment [on aurait pu pensée à une question de sensibilité et surtout d'affectivité due aux concepts de chacun mais rappelons que l'affectivité nationale dépend elle aussi de la race, comme quoi]. » (4). Mais il n'y a pas que lui, les préceptes racailistes pulullent dans l'idéologie sioniste, qui contraiement à certain fascisme inspiré de l'eugénisme et d'une supériorité de la race n'a lui jamais été remis en cause dans les faits. Autre exemple pour montrer le caractère racialites du sionisme qui ne s'est pas apaisé avec le temps.


Un Etat Israelien à caractère juif, tel est la définition que s'est donné Israel.


Il ne s'agit heureusement pas d'un Etat juif ni même d'un Etat isralien à confession juive. Nous allons revenir sur ce caractère juif qui est avant tout racial. Peu de gens ont compris que ce qu'il y a de gênant dans le statut de l'Etat d'Istraël est précisément qu'il ne s'agit pas un Etat juif mais d'un Etat national (i.e. israélien) à caractère juif. C'est le terme de caractère qui relève du racialisme, alors que l'on ne peut être juif que de confession, comme on peut être dans l'ntiquité hébreux quant au peuple et actuellement Israélien quant à la nationalité. Pour la petite histoire, on parle souvent et à tort, du royaume Hasmonéen, en 63 avant J.-C., comme du dernier Etat juif indépendant dont Israël serait la renaissance. Mais c'est oublier que dans le causcse existait le royaume Khazar dont le roi avec ses sujets se convertit au judaïsme. Or la plupart des juifs d'Israel sont d'origine Ashkénaze (3/4) c'est-à-dire qu'ils sont semble-t-il les descendants des Kazhars. Ce que l'historiographie officielle israélienne  semble oublier. Sur les Khazars et sur les Rhadanites on a bizarrement peu d'informations historiques et archéologiques car cela ne sert nullement le mythe de l'origine unique du "peuple" errant. Les juifs n'ont jamais contrairement aux hébreux formés un peuple. Comme ce fut la première religion non paënne, le premier monothéisme, ils convertissaient même leurs esclaves, c'est à partir de période plus récente que les lois rabbiniques ont poussé au renfermement sur la "communauté" la mère transférant la judéité et le père la confession, c'est ce qui expliquerait qu'il y ait des juifs yéménite ainsi que la conversion des juif Khazars dont il ne fait pas bon de parler devant n'importe qui.IL N'Y A PAS UNE ORIGINE UNIQUE DES CROYANTS JUIFS, il ne forme pas un peuple, mais des communautés aussi diverses que yéménite, marocains, juifs d'Ethiopie, séfarades chassés en 1492 d'Espagne, descendants des juifs rhadanites (commerçants ayant ouvert de voies commerciales entre la vallée du Rhône et la Chine, avant Marco Polo), Ashkénazes descendants des tucrs nomades convertis (Khazars). Il n'y a pas de peuple juif, mais des communauté de croyants qui respectent plus ou moins les lois talmudiques (qui comme en philosophies dogmatiques sont les interprétations morales d'une Vérité supérieure celle inscrite dans la Torah).  Le Rhadanites ont à leur manire perpétué "la légende du peuple errant" mais dans leur voyages commerciaux qui duraient plusieurs années ne ce sont-ils pas mélanger aux population traversées, pensons aux Khazars qui pour tenir contre l'empire byzantin chrétien et l'empire perse mulsumam se sont convertis au judaïsme sous l'invitation des Rhadanites certainement (3).


Une logique suicidaire à terme
Comme le souligne Rony Brauman, la visée d'Israel est actuellement suicidaire un peu à la manière de la RDA avec son mur qui n'a tenu que 30 ans avant de fissurer de partout. IL N'Y NI PEUPLE JUIF NI PEUPLE PALESTINIEN, AUCUN DES DEUX NE PEUT COEXISTER DANS LA PAIX cela est le jeu des  nationalismes qui vit le jour à la suite de la disparition des empires, certains diront sous le jeu de l'empire thalassocratique britannique, rien n'est moins sûr. Les "arabes" israéliens n'ont pas le droit de faire partie de Tsahal alors que dans la déclaration d'indépendance il est dit, autre du caractère non laïc et discriminatoire de l'Etat d'Israel à caractère juif.
Ce que peu de gens ont compris, Sartre y compris quand il disait à Claude Lanzman, qu'il fallait recommencer leur travail sur les juifs à Zéro, en apercevant mal l'aiguille sionniste sous la compassion d'après guerre... Ce que peu de gens ont compris donc,c 'est que même si Hitler a perdu la guerre il a dès lors que l'on parlerait d'Etat "Juif" remporté une victoire, qu'à travers Israel les idées racialistes des sionistes aient trouvé une réalisation concrète.. C'et ce que suggère Shlomo Sand à deux reprises dans son livre Comment le peuple juif fut inventé, p. 35. Pire, et c'est que l'anti-sionisme ne peut être à point paroxystique un anti-sémitisme, c'est que la sionistes ont transformé comme le reconnait Gadi Algazi (http://paris8philo.over-blog.com/article-30485514.html) des victimes et des réfugiés en colons, mais sur le principe du sauveur qui se transforme en bourreau, les sionnistes ont joué aux joueurs de flûte en attirant tous ceux qui un attachement viscéral pour Israel comme on peut les entedre qur les radios communautaires juives, risque de se retrouver piégés sans possibilité de retour puisque pour la première fois cette semaine les experts américains ont parlé de l'arme nuléaire israélienne qui jusque là était tabou, souhaitant que les Israeliens signe le traité de non-prolifération (l'inof se trouve ici http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13652). L'échappatoire envisagé de transférer Israel en Utah ou en Idaho a été imaginé par certains américains face à la situation inextricable au proche orient mais suite à la crise financière l'appui indéféctible des américain . Ce sont comme la souligné Thierry Meyssan l'Arabie Saoudite et l'Egypte qui ont financé l'attaque contre Gaza de 2009. Ainsi c'est plus un cri d'alarme que finissent par pousser certains "sionistes" voyant l'aspect guet-apens de l'affaire et trouvant que trop de sionisme nuit en fait aux juifs. Il n'y a plus que les murs epour protéger car le rêve d'un peuple revenant sur la terre de ses ancêtres n'est qu'un leurre, une farce, où alors la majeure partie des survivants de l'Holocauste doivent repartir en Ukraine et en Russie, là où autrefois ils formaient des tribu turcs nomades. Le problème des des sionistes était tout autre celui de détenir le pouvoir en s'appuyant sur l'emprie britannique dont la stratégie courante de ses services secrets étaient de monter les gens les uns contre les autres l'Allemagne contre la France, Les sudistes confédérés contre Yankee de l'Union, Israelien contre "Palestiniens" et meêm Hamas contre Fatah, etc... Tant que le libre échange par mère et la piraterie sont assués l'Empire britannique se porterait bien foi de Cheminade.

Sur le sionisme, une autre étude.



(1) Moses Hess, Rome et Jérusalem, la dernière question des nationalités, Paris, Albin Michel, 1881.
(2) personnage séparatiste dont les actes figurent dans le retour à Sion
(3) Graetz, histore des juifs, t. II, P. 13.
(4) Birnbaum, "nationalisme et langage », article de 1886.

(2b) voir aussi Karl kautsky Are the jews are a race ? (non traduit en hébreux)
(3) voir Koestler la treizième tribu (non traduit en hébreu) ou encore
Par Anthony - Publié dans : Lectures - Communauté : Litterature
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Dimanche 19 avril 2009
Voici un intéressant article sur Mehdi Belhaj Kacem. Cliquez ici.
Par www.paris-philo.com - Publié dans : Lectures - Communauté : Les philosophes épars
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Jeudi 16 octobre 2008

Critique et clinique représente dans la troisième période de Deleuze, celle ou la création n'est plus volonté (affect) ou fuite (concept) mais contemplation (percept), le livre des combats et des guérisons. Dans une moindre mesure de la guérison. C'est la dualité que suggère déjà le titre, ou plus exactement c'est la dualité du titre que dépasse le combat en menait à la conversion à une santé nouvelle. Comme il le dit lui-même Critique et clinique n'est pas un livre sur la combinaison secrète ou le chiffre contenu dans tel ou tel oeuvre d'un écrivain ou d'un penseur, mais nous ajouterons, bel et bien un livre qui rapporte des combats et de probables guérisons.


Le Combat.

Ainsi pourrez-vous retrouver cette dimension qui fut longtemps rejeter par Deleuze que le combat ou la lutte. La lutte depuis son Nietzsche était toujours lutte du plus grande nombre, jamais il n'avait envisagé le duel ou si l'on préfère ce qui pousse à rivaliser. Ce n'est qu'avec q€u'est-ce que la philosophie qu'apparaît le terme de joute ou d'agpn qui pourtant est très présent chez Nietzsche et qui pour Deleuze sera déterminant quant à l'apparition du milieu philosophique. C'est que l'ami est avant tout un rival, dans la sociétés des hommes libres, on parlerait volontiers de concurrence ou d'émulation dans nos termes contemporains pour rendre la choses plus saisissables. Mais celui qui a le dernier mot est au fond le plus endurant, ansi sont les combat en pensée. Deleuze se met même à entrevoir la prédominance d'Héraclite sur les stoïciens et nombre de leur conceptions, c'est le combats des profondeurs, des affinités profondes chez Héraclites, qui n'apparaissait pas avec la surface de l'événement chez les Stoïciens. "Lawrence retrouve intensément Nietzsche
Notons au passage que tout naît d'un combat et que par-là même le combat arrête le délire et empêche l'excès, ce qui nît du délire c'est un bien. On passe du "tout grand bien ne nous echoit que par un délire" de Platon (Socrate dans le Phèdre) à "le combat est père et roi de tout" d'Héraclite. Ce qui provient d'un combat n'est pas bon (ou mauvais), une fois le duel ou la guerre déclarée. Non ce qui provient d'un combat c'est la natalité, l'apprentissage, qui n'est ni la bonté ni la nouveauté : pensez au "bébé qui présente cette vitalité" _167. Bonté et nouveauté comme actualités requièrent la finalité du Bien et la virtualité du Tout.

Relevons donc ici les occurrences non exhaustives du combat et de la lutte in Critique et clinique. :
I. La littérature comme lutte contre le délire de domination en tant que fascisme lavé DzCC_15
II. Wolfon. La langue maternelle comme combat de tous les instants _23.
III Lewis Carrol : Le combat des profondeurs. « Tout commence chez Lewis Caroll par un combat horrible » _34.

V. Kant. « Le Sublime fait jouer les facultés de telles manières qu'elles s'opposent l'une à l'autre telles des lutteurs, que l'une pousse l'autre à son maximum ou à sa limite, mais que l'autre réagisse en poussant l'un à l'inspiration qu'elle n'aurait pas eu toute seule ... c'est une lutte terrible _48-49.

[...]
VIII. Whitman. « Entre la Guerre et la Nature il y a une cause commune » _77-78.

IX. Enfants. « Plus que les adultes les enfants résistent au forcing » _81.

XI. Jarry et Heidegger. « On dirait que chez les deux auteurs la technique est le lieu d'un combat » _118.

XII. Nietzsche. La simple critique de l'homme supérieur par Nietzsche comme achèvement de l'humanisme.

XIII. Bégayer. Face à face entre le bégaiement et le langue portée à sa limite, le silence, pour "fendre l'opinion" et  « conquérir des visions fragmentées » _142.

XIV. T. E. Lawrence. « Le corps à corps presque spirituel » entre gloire et Honte.

XV. Nietzsche-Artaud. Le passage d'un système du jugment à un système de la cruauté ou du combat. _158-166.

XV. Kafka. les combats contre le château, contre le jugement, contre le père, contre les fiancées « Ainsi toutes les oeuvres de Kafka pourraient recevoir le titre de déscription d'un combat » _165.

XV. Artaud : le combat contre le jugement de Dieu _166 : « Le combat n'est pas un jugement mais la manière d'en finir avec dieu et le jugement » _168.

XVI. Nous, Platon, les Grecs. l'abandon du projet de sélection des rivaux par la prétentions aux idées pour une sélection plus modeste par la puissance — le combat si vous voulez.

XVII. Spinoza. la sélection des signes non par un effort personnel de la raison mais par la lutte passionnelle, le combat inexpiable entre affects passifs, actifs (et réactifs), "au risque d'en mourir" _180.


La Guérison comme conversion.

Le combat est en fait l'instance qui subvertit la dualité de la critique des mots et de la clinique des corps, car son urgence fait fondre cette dualité qui est propre au « Repos », à l' « Être » et dont on sait à présent, depuis Galilée, que ni l'être ni le repos n'existe mais que chaque chose est mouvement. C'est en ce sens que le terme de conversion est encore tout religieux ou métaphysique (pensez à Plotin)

I. La littérature. La santé comme écriture ou la conversion à l'écriture. « La littérature est délire et à ce titre joue son destin entre deux pôles du délire... Le délire est une maladie, la maladie par excellence... et la mesure de la santé... La maladie n'est pas processus... la littérature apparaît alors comme le processus de santé » _14-15.

II. Roussel. La conversion de la phrase originelle _21.

X. Melville. « Faire naître le nouvel homme ou l'homme sans particularité » _108.

X. Bartleby, Melville et Lawrence. L’échec des deux révolutions, américaine et soviétique, pragmatique et dialectique et la nécessité d'une communauté nouvelle, "la sociétés des sans pères" dont les membre soit capable de "confiance" _108-109.

XI. Jarry : "La technique planétaire est donc le lieu de renversements, de conversions ou de tournants éventuels" _119.

XII. L'Ariane de Nietzsche : "Passer de Thésée à Dionysos, c'est pour ariane une affaire de clinique, de santé et de guérison" _133.
Par Anthony Le Cazals - Publié dans : Lectures - Communauté : Les philosophes épars
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Lundi 14 avril 2008
Mathieu Kessler, Nietzsche ou le dépassement esthétique de la métaphysique, Paris, PUF (coll. « Thémis »), 1999, 312 p.
L’ouvrage fait suite à L’esthétique de Nietzsche publié dans la même collection l’année précédente. Dans ce nouvel ouvrage, c’est la question du dépassement de la métaphysique par l’esthétique qui préoccupe l’auteur. La mort de Dieu conduit au nihilisme (absence de toute valeur) puis aux doctrines de l’éternel retour et de la volonté de puissance (création de nouvelles valeurs). Tout commence donc avec le problème du nihilisme et l’entreprise nietzschéenne consiste à le surmonter en substituant le mot « esthétique » partout où l’on a employé le mot « métaphysique », autrement dit à « transvaluer » les valeurs métaphysiques en valeurs esthétiques. La pose nihiliste, c’est-à-dire le pessimisme de la sensibilité romantique qui prétend mener au suicide, exaspère Nietzsche qui qualifie cette attitude de psychologie de bas étage, car si elle conduisait inévitablement au suicide, alors il n’existerait plus aucun nihiliste ! Être vraiment nihiliste, c’est donc en un sens plus profond lutter contre lui tout en le maintenant pour le rendre philosophiquement indépassable. Antérieur à toute morale, l’art est une solution concrète et effective au problème du nihilisme : il existe « entre l’art et la philosophie [...] une inégalité fondamentale d’aptitude à surmonter le nihilisme [...], d’où l’importance extrême accordée par Nietzsche au paradigme artistique dans sa philosophie » (p. 16). La stratégie de Nietzsche consiste à emprunter aux artistes leur talent « déconcertant » dans la lutte contre le principe autocontradictoire Comptes rendus · 229 du nihilisme, allant même jusqu’à qualifier la philosophie d’intrinsèquement décadente, car elle présente la solution sous sa forme abstraite dans la pensée de l’amor fati, alors que l’art en est la forme concrète dans la vie. Nietzsche en devient clairement conscient lorsqu’il caractérise l’art comme le grand stimulant de la vie. Il existe, comme l’auteur l’a montré dans son ouvrage précédent, deux solutions au problème du nihilisme, qui correspondent aux deux grands axes de l’esthétique de Nietzsche : ou bien on retrouve une vision globale, par l’intermédiaire de la métaphysique, et on pratique une « métaphysique d’artiste » à l’exemple de la première esthétique de Nietzsche ; ou bien on modifie profondément la signification de la discipline esthétique, sans passer par l’étape problématique de la métaphysique, et on a recours à une « physiologie de l’art » (p. 25). Dans sa fonction la plus générale, l’art obéit à une logique apollinienne et la philosophie à une logique dionysiaque, mais lorsque l’esthétique s’élargit et acquiert une fonction morale, donc axiologique et non plus seulement logique, l’esthétique de Nietzsche fait place à un ensemble de perspectives incontestablement artistiques, puisqu’il n’y a pas de formes artistiques en dehors de celles créées par l’artiste, au point que « le monde lui-même est tout entier art ». De toute façon, l’option métaphysique ne surmonte pas entièrement le nihilisme, puisqu’elle continue d’adopter la pose pessimiste, et la stratégie physiologique se contente d’esquiver le problème. L’auteur montre que Nietzsche est avant tout un philosophe de l’art et que la doctrine de la volonté de puissance peut être en grande partie comprise comme une sorte d’esthétique, débordant par ailleurs largement ce que Nietzsche désigne péjorativement par « l’art des oeuvres d’art ». La compréhension de la fonction de la notion d’art donne une perspective privilégiée sur son oeuvre pour rendre compte de sa philosophie, de sa morale, de sa politique et même de sa religion. Il ne s’agit pas de réduire toutes les disciplines à l’esthétique, mais de montrer qu’elles doivent être considérées du point de vue de l’artiste pour être pleinement comprises, et qu’elles reposent sur des critères ou des principes physiologiques, c’est-à-dire esthétiques au sens le plus large. L’esthétique peut être considérée comme une éthique, puisque la vie est à la fois envisagée comme phénomène artistique (création d’oeuvres) et définie comme phénomène moral (création de soi). Il y a donc un fondement esthétique à l’éthique, et ce fondement est fourni par l’art. Et cependant l’art ne « supporte » pas la morale ; alors comment comprendre l’idée d’une esthétique conçue comme une éthique chez Nietzsche ? En effet, on ne peut dicter à la volonté de puissance, en tant qu’acte de création, un sens ou une valeur qui déterminerait à l’avance le but de l’art, car il ne suffit pas pour la morale d’appliquer au monde un a priori pour résoudre le problème du nihilisme. À une telle éthique de la généralité, Nietzsche oppose une éthique de la singularité : le sens ou la valeur de la vie ne peuvent être donnés selon lui à l’occasion d’une loi morale, d’abord parce que le sens n’est pas déjà présent, et ensuite parce que c’est la volonté de puissance qui détermine la valeur et non l’inverse. La volonté de puissance n’est pas une volonté « bonne » par opposition à une volonté « mauvaise » : elle surmonte le sens et la valeur et les maintient par-delà le nihilisme. L’inversion esthétique de la valeur de toutes les valeurs par laquelle Nietzsche veut surmonter le nihilisme et dépasser la métaphysique est expliquée par lui comme « un retour sur soi-même de l’humanité ». Le projet consiste à critiquer les fondements métaphysiques des anciennes valeurs et à en créer de nouvelles en fonction de critères ou de principes essentiellement esthétiques, quoique ce ne soit pas les valeurs elles-mêmes qui doivent d’abord changer mais la façon dont on procède à leur évaluation. Nietzsche accorde dans ce projet une attention particulière à la singularité (ou subjectivité) et au souci de soi comme mesures de l’éthique et de l’esthétique, ainsi qu’au goût comme critère du jugement esthétique et fondement de l’éthique. Il imagine « un art supérieur à l’art des oeuvres d’art » où le « goût moral », du point de vue de la subjectivité animée par un « souci de soi », tranche en faveur de telle morale, politique ou religion plutôt que telle autre, de tel critère de santé ou de civilité plutôt que tel autre. Tous les problèmes liés aux différentes pratiques et disciplines humaines se résorbent toujours, selon Nietzsche, dans une question de goût. La radicalité de Nietzsche en matière de morale tient au refus de l’universel au nom du singulier, et son originalité réside dans le caractère artistique de l’action morale : les jugements esthétiques fondent les jugements éthiques et la morale est réduite à l’esthétique. Nietzsche adopte un critère jusqu’alors considéré comme fondamentalement amoral : le goût. Puisque la vérité n’existe pas, seule l’esthétique — l’art de l’apparence — peut affirmer une valeur ou un sens dans la mesure où elle est singulière. Reposant sur la subjectivité, la valeur esthétique est fragile et mobilise toute l’énergie de l’individu, pour qui l’art a un pouvoir falsificateur. L’art conscient et spécifique se distingue d’un art inconscient et générique qui correspond à « l’art des oeuvres d’art » auquel Nietzsche n’accorde guère d’importance, car l’art véritable est la célébration de la vie — la fête — et non l’oeuvre. Le parallélisme de la praxis morale et de la poiesis artistique est ici souligné par l’auteur : l’artiste détermine ses propres valeurs comme si elles étaient absolues et universelles, même si elles sont relatives et singulières et qu’il n’est nullement dupe de leur origine. Chaque individu cherche à accroître la puissance de sa singularité, chacun est ainsi tour à tour maître et disciple dans la pratique d’une recherche de soi où il « devient lui-même ». L’inversion de la valeur de toutes les valeurs consiste à fonder la morale sur une singularité qui inspire un sentiment accru de joie et de puissance et incarne le type humain le plus réussi et le plus fort. Comme l’explique encore l’auteur, « il existe une éthique de l’esthétique, tout comme il existe une esthétique de l’éthique, sans aucune discontinuité réelle à partir du moment où l’art est pratiqué dans un rapport immédiat à la vie » (p. 102). La morale de Nietzsche valorise le risque en laissant la création de valeurs entre les mains de l’artiste plutôt que du philosophe. Le principe d’une éthique de la singularité suppose que le souci de soi (ou même l’égoïsme) soit le fondement de la moralité effective, puisque toute action est réductible à un processus dans lequel la volonté de puissance s’exerce au mépris de toute règle ; seul le « goût moral » est contraignant : il requiert le jugement et permet l’évaluation. Le principe suprême de cette éthique, dans le cadre de la doctrine de la volonté de puissance, est de « prendre joie à l’humanité ». La vraie moralité « est singulièrement déterminée par Nietzsche en tant qu’aristocrate créateur de valeurs entièrement positives » (p. 141). Bref, « le sens moral est un goût » et « la plupart des évaluations esthétiques sont plus fondamentales que les évaluations morales ». L’évolution du goût est déterminante sur le plan politique : des individus isolés, puissants et influents, expriment et imposent leurs goûts et leurs dégoûts parce qu’ils ont l’aptitude et le courage de se réclamer de leur propre nature. Dès lors, la physiologie engage l’esthétique, qui soutient à son tour la morale et la politique. Il convient toutefois de ne pas concevoir la doctrine de l’éternel retour du même et la pensée de l’amor fati qui l’accompagne comme des solutions purement morales au problème du nihilisme : un fondement physiologique de l’esthétique signifie aussi que « le style doit prouver que l’on croit à ses idées, et que l’on ne se contente pas seulement de les prouver, mais qu’on les ressent ». L’éternel retour est une expérience esthétique, un événement qui a été vécu, comme l’explique Nietzsche dans Ecce homo. Le style est un gage de la profondeur de la pensée exprimée ; c’est pourquoi le style de Nietzsche est si saisissant : la forme vaut pour le fond. L’auteur observe que « les idées étroitement liées d’éternel retour et d’amor fati ne procurent un sens au monde qu’à partir de la notion de singularité [...], idéalement représentée par l’oeuvre d’art [...] ; si on peut acquiescer à un seul instant de l’univers, alors la série complète du temps est justifiée ». Il en déduit que « seule l’oeuvre d’art fait apercevoir et comprendre le sens de l’éternel retour et de l’amor fati »(p. 156-157). Partout dans l’oeuvre de Nietzsche, on retrouve des fragments qui mettent en évidence la relation étroite entre la morale et la notion de goût que l’on peut définir comme une recherche de l’excellence et de la distinction, marquée d’un réel souci de soi. L’examen de ce lien offre la possibilité de substituer un nouveau fondement à la physiologie qui simplifierait autrement la morale de Nietzsche à un biologisme réducteur ou à une attaque futile contre le christianisme. La physiologie de l’art comme esthétique de la création repose sur une doctrine d’abord soucieuse de comprendre l’« état esthétique » défini par Nietzsche en termes de douleur et de plaisir, sur la base de conditions physiologiques telles que la sexualité, l’ivresse et la cruauté. La seule mesure de cet état est le goût, ultime fondement de la morale. Nietzsche crée une morale, une politique et une religion esthétiques et non l’inverse (une esthétique morale, politique ou religieuse), car « il n’y a pas de phénomènes moraux, mais seulement une interprétation morale de ces phénomènes ». L’interprétation elle-même est d’origine extra-morale : avant même de recevoir des déterminations physiologiques, les phénomènes et les concepts sont d’abord compris comme métaphoriques ou esthétiques. Les valeurs physiologiques sont donc redevables de critères esthétiques qui transfigurent l’expérience considérée dans un premier temps comme morale ou religieuse. La moralité et la religiosité doivent être surmontées par la méchanceté d’un surhomme désormais cruel et séducteur. Étant donné qu’il ne semble pas y avoir de la part de Nietzsche de tentative de définition ou de caractérisation des critères de distinction et d’excellence qui supportent la notion de goût, c’est à ces qualités de cruauté et de séduction qu’il faut sans doute s’en remettre. Le « goût moral » est naturel, alors que le devoir moral a été créé par des individus, comme les autres impératifs de la religion, de la politique ou de la société dans son ensemble. L’homme étant le seul artisan de ses valeurs, la conscience morale s’éteint à cause d’une exigence supérieure venue d’un goût aristocratique pour l’excellence et la distinction. Ainsi, Nietzsche ne s’oppose pas à la création de nouveaux dieux (« Et combien de dieux nouveaux sont encore possibles ! », écrira-t-il en 1888), mais ils ne doivent pas devenir des idoles ; autrement dit, l’homme doit rester conscient qu’il les a lui-même inventés à son image, en s’appuyant sur un goût prononcé et relevé pour la vie exaltée, jaillissante, frénétique. Est condamné ce qui nuit à la vie : la croyance en autre chose que la vie ou en un au-delà de la vie, et la morale ou la religion qui supporte cette croyance ; d’où l’intérêt esthétique que l’homme de goût porte à lui-même et à ce qu’il produit plutôt qu’à la croyance. La valeur des valeurs est en cause puisqu’il s’agit de choisir les valeurs qui favorisent la vie. La notion de « souci de soi » ou de « sculpture de soi » est le dernier mot de l’immoralisme de Nietzsche. Fondé sur un narcissisme raffiné, nuancé et intelligent, l’immoralisme est l’expression la plus forte et la plus probante de la volonté de puissance et de son égoïsme naturel. L’éthique n’a pas de fondement rationnel et objectif, mais personnel et subjectif. L’auteur observe en effet que « l’égoïsme narcissique, préconisé par Nietzsche comme l’adaptation esthétique de l’hypothèse de la volonté de puissance, est [...] le principe effectivement retenu par chaque morale. » (p. 196-197) Évidemment, tout individu ne peut arriver à faire reconnaître sa morale. Il s’opère donc tout naturellement une division entre deux morales : « une morale des maîtres affirme son narcissisme, sans répugnance aucune [...], et une morale des esclaves nie cette honteuse origine. » (p. 197) La première est une morale de l’authenticité, la deuxième une morale de l’inauthenticité ; la probité ou l’absence de probité trace ainsi une ligne de partage entre deux types moraux qui se sont côtoyés au cours de l’histoire de l’humanité. L’ouvrage de Mathieu Kessler, qui traite en outre de la politique et de la religion esthétiques de Nietzsche, est extrêmement fouillé et démontre une connaissance approfondie de l’oeuvre, y compris des fragments posthumes. Il est certainement, avec Patrick Wotling (Nietzsche et le problème de la civilisation, Paris, PUF, coll. « Questions », 1995), l’un des commentateurs les plus sûrs de la pensée de Nietzsche. PHILOSOPHIQUES 28/1 — Printemps 2001, p. Philosophiques / Printemps 2001
Par Pasquier Lambert - Publié dans : Lectures - Communauté : Les philosophes épars
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Lundi 24 mars 2008
La question de l'engagement national-socialiste de Heidegger a suscité de très vives controverses dans l'histoire de la philosophie. Entré au parti nazi (NSDAP) le 1er mai 1933 et recteur de l'université de Fribourg, Heidegger tient le 27 mai, lors de la fête de l'université, son discours rectoral, intitulé "L'autoaffirmation de l'Université allemande" (Die Selbstbehauptung der deutschen Universität).

Comment lire ce texte ?


Heidegger, un philosophe

La pensée de Heidegger a influencé de nombreux philosophes contemporains, dont, en France, Merleau-Ponty, Sartre, Lévinas et Derrida. Héritière critique de la phénoménologie husserlienne, son oeuvre la plus connue, Etre et temps (1927), est fondatrice aussi bien pour l'existentialisme que pour la pensée de la déconstruction. Son projet d'analytique du Dasein ("être-là" ou "être-le-là") propose d'interroger l'existence humaine comprise comme être-aumonde ouvert à la "question de l'être". Le Dasein est cet étant (existant concret) pour lequel il y va en son être de cet être même. La philosophie est comprise ainsi comme ontologie. Heidegger en appelle à la reprise de la question de l'être, en référence à la philosophie grecque antique, celle d'Aristote, de "l'être en tant qu'être", et celle des présocratiques. L'histoire de la métaphysique, parvenue à sa fin, est celle de l'oubli de cette question. Heidegger en propose la reprise et la déconstruction, au sens où il faut au penseur défaire
les scories accumulées au cours de l'histoire de la philosophie pour en retrouver le sens originel, le sens existentiel. C'est au moment de l'élaboration de cette pensée que Hannah Arendt fut l'élève du philosophe.

Le discours du Rectorat

Remplaçant à la tête de l'université de Fribourg le social-démocrate von Möllendorf, qui n'exerça sa charge que quelques jours, Heidegger entend rénover l'Université allemande, et par là l'Allemagne tout entière ainsi que la civilisation européenne. Il s'inscrit dans le mouvement de mise au pas (Gleichschaltung) de la société allemande qui vise, au-delà, à poursuivre la "révolution" nationale-socialiste. Le Discours du Rectorat a aussi bien un aspect philosophique qu'un aspect politique. Réorganiser le savoir et la science, c'est tresser un nouveau lien entre l'action et la pensée.
La théorie comprise comme authentique pratique, idée héritée des penseurs grecs anciens,
désigne la mission spirituelle de l'université : "il ne s'agit pas "d'assimiler la praxis (action) à la théorie (savoir, contemplation), mais au contraire de comprendre la théorie elle-même comme la plus haute réalisation de la praxis authentique. Pour le Grecs, la théorie n'est pas un "bien culturel" comme un autre, mais le centre le plus intimement déterminant de l'ensemble de l'existence populaire au sein de
l'Etat".

 
Le Discours en appelle à l'extension du Führerprinzip au savoir. Heidegger propose de réorganiser le travail des étudiants en trois "services", du travail, de la défense et du savoir. "La première obligation est celle qui les conduit à la communauté populaire. Elle leur fait un devoir de prendre part à la peine, aux aspirations, aux capacités de tous les membres du peuple, quel que soit leur état, en partageant le fardeau et en mettant la main à la pâte. Cette obligation est désormais fixée et enracinée dans l'existence étudiante par le service du travail."
"La troisième obligation de la communauté étudiante est celle qui la lie à la mission spirituelle du peuple allemand. Ce peuple travaille à son destin dans la mesure où il place son histoire dans une certaine possibilité : celle de manifester la surpuissance de toutes les puissances formatrices de monde de l'existence humaine, et où il conquiert toujours à nouveau son monde spirituel. (…) Une jeunesse étudiante qui se risque tôt dans l'âge adulte et qui étend son vouloir jusqu'au destin à venir de la nation, s'oblige de fond en comble au service de ce savoir. (…) Mais ce savoir n'est pas pour nous la tranquille prise de connaissance d'essentialités et de valeurs-en-soi, il est la plus tranchante mise en péril de l'existence au milieu de la surpuissance de l'étant. (…) Les trois liens - lien par le peuple au destin de l'Etat dans une mission spirituelle - sont pour l'essence allemande également originels. Les trois services qui sortent de là - le service du travail, le service militaire, le service du savoir - sont également nécessaires et de rang égal."

Arendt : Idéologie et terreur

"Le régime totalitaire transforme toujours les classes en masse, substitue au système des
partis, non pas des dictatures à parti unique, mais un mouvement de masse, déplace le
centre du pouvoir de l'armée à la police, et met en oeuvre une politique étrangère visant
ouvertement à la domination du monde."
"La légitimité totalitaire, dans son défi à la légalité et dans sa prétention à instaurer le règne
direct de la justice sur la terre, accomplit la loi de l'Histoire ou de la Nature sans la traduire
en normes de bien et de mal pour la conduite individuelle. Elle applique la loi au genre
humain sans se s'inquiéter de la conduite des hommes. (…)
Les habitants d'un pays totalitaire sont jetés et pris dans le processus de la nature ou de
l'histoire en vue d'en accélérer le mouvement ; comme tels, ils ne peuvent être que les
exécutants ou les victimes de la loi qui lui est inhérente. Le cours des choses peut décider
que ceux qui éliminent aujourd'hui des races et des individus, ou les représentants des
classes agonisantes et les peuples décadents, sont demain ceux qui doivent être sacrifiés.
Ce dont a besoin le pouvoir totalitaire pour guider la conduite de ses sujets, c'est d'une
préparation qui rende chacun d'eux apte à jouer aussi bien le rôle de bourreau que celui de
victime. Cette préparation à deux faces, substitut d'un principe d'action, est l'idéologie. "
"Une idéologie est très littéralement ce que son nom indique : elle est la logique d'une idée.
(…) L'idéologie traite l'enchaînement des événements comme s'il obéissait à la même "loi"
que l'exposition logique de son "idée"."
"L'"idée" d'une idéologie (…) est devenue un instrument d'explication."
"D'un côté la contrainte de la terreur totale qui, en son cercle de fer, comprime les masses
d'hommes isolés et les maintient dans un monde qui est devenu pour eux un désert ; de
l'autre la force auto-contraignante de la déduction logique, qui prépare chaque individu dans
son isolement désolé contre tous les autres."
Sources : Victor Farias, Heidegger et le nazisme, LGF Le Livre de Poche, collection Biblio Essais, Verdier, 1987,
p. 126-141.
Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, troisième partie, chapitre 13, p. 813, p. 825, p. 826, p. 831.
Par Paris8philo - Publié dans : Lectures - Communauté : Les philosophes épars
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