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    <title><![CDATA[Les devenirs de la philosophie à Paris]]></title>
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    <description>Des pensées pour être apte à un plus grand nombre de choses. Non pas changer le monde mais mais être capable d'en voir les positivités : les autonomies (comme à Paris 8) </description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Les devenirs de la philosophie à Paris]]></title>
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    <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:26:01 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 20 Feb 2012 16:26:01 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.paris-philo.com</copyright>            <category>Culture</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[334. c. L’autonomie.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-334-c-l-autonomie-96806503.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Mais que signifie l’autonomie&nbsp;? Autos, soi-même&nbsp;; nomos, loi. Est autonome celui qui se donne à lui-même ses propres lois.
    Non pas qui fait ce qui lui chante&nbsp;: qui se donne ses propres lois <sup>CstFP_118</sup>. Peut-être comprendrez-vous dès lors que l’autonomie échappe à l’hétéronomie. Les anarchies vivantes
    et couronnées de liberté échappent à la hiérarchie, mais toute autonomie est et reste minoritaire par rapport à l’hégémonie d’une hiérarchie, à sa domination. Le principe d’une autonomie est de
    ne pas se faire voir de la majorité, ce n’est pas qu’elle veuille échapper à la majorité mais puisque cette autonomie avance elle ne peut ralentir pour se faire voir. Le fait de ralentir
    générerait sa dynamique — qui est principe même — la déstabiliserait voire l’anéantirait. On ne peut pédaler et se regarder avancer c’est-à-dire s’«&nbsp;accompagner&nbsp;» du regard, comme une
    conscience accompagne une institution, une hétéronomie. C’est que la pensée est issue d’un milieu collectif connu comme étant la philosophie, que l’on peut appeler constellation affective ou
    pléiade et alors que la réflexion est solitaire et donc praticable par n’importe qui. <em>L’homme peut penser mais en est-il capable&nbsp;?</em> se demandait Heidegger qui ne parvient du fait de
    sa déréliction à reproduire le <em>continuum</em> de pensée comme chez Grecs. Tout est affaire de milieu qui délire plus ou moins à la même vitesse, tout est affaire de constitution d’un
    continuum de pensée. L’autonomie ne se fera pas en se reposant uniquement sur les institutions. L’autonomie se fait comme on glisse sur une peau de banane par inadvertance, c’est un événement qui
    se fait comme tous les événements sans fracas. Pensons à la désinvolture et la <em>naïveté involontaire</em> <sup>NzHH2b</sup>°<sup>4</sup> avec laquelle Nietzsche et Deleuze-Guattari, traversent
    les souffrances.<br>
    <br>
    <br></span><span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><br></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">En résumé... L’hétéronomie se transcende et accumule, l’homonomie forme et juge cette première, l’autonomie se crée et se dépense mais
    n’est pas vue des deux premières. L’autonomie se rapproche d’une surhumanité, l’homonomie se rapproche d’une inhumanité, l’hétéronomie n’échappe pas à la condition humaine&nbsp;: humanité. Pour
    parler de manière imagée, il s’agit de se mettre face à un ravin, une impossibilité apparente de franchir une étape. Nous ne faisons que poser les conséquences de ce que la physique quantique a
    vu au travers du dit «&nbsp;principe d’incertitude&nbsp;» ou de la «&nbsp;brisure spontanée de symétrie&nbsp;», de ce que l’éthologie a compris de la «&nbsp;hiérarchie&nbsp;» chez les rats.
    L’autonomie va bien au-delà de l’institution et de ce que développe Castoriadis<span style="color: #000080;"><sup><span style=
    "font-family: Verdana,serif;"><strong>lien</strong></span></sup></span>. Si l’on songe qu’il y a là un ensemble qui tient à la fois de la volonté de puissance (capacité) et de l’éternel retour de
    Nietzsche, on comprend qu’il s’agit bien d’un saut de civilisation, d’un <em>«&nbsp;bond&nbsp;»</em> comme le disait Foucault qui dépasse la simple rupture épistémologique.</span>
  </p>


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        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span></span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:24:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">82d9e24c5fbe50da1f5c353048a0b3f8</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-334-c-l-autonomie-96806503-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[334. b. L’homonomie]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-334-b-l-homonomie-96805338.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;">Une homonomie est simplement une abstraction. L’homonomie doit être acceptée pour ce côté abstrait ou précisément soustrait à la
    hiérarchie des faits. Elle est entre autres <em>l’équivalent philosophique de l’imaginaire de l’hétéronomie</em> <sup>CstFP_137</sup>. L’homonomie est le fait de poser la <em>loi du Même</em>
    pour amener une dialectique avec de <em>l’Autre</em>. C’est une abstraction qui repose sur la conviction des vérités absolues, que l’autonomie serait un absolu jamais présent. Notons à l’aide de
    Nietzsche qu’<em>une conviction est la croyance d’être, sur un point quelconque de la connaissance, en possession de la vérité absolue. Cette croyance suppose donc qu’il y a des vérités
    absolues&nbsp;; en même temps, que l’on a trouvé les méthodes parfaites pour y parvenir&nbsp;; enfin que tout homme qui a des convictions applique ces méthodes parfaites. Ces trois
    conditions</em> <em>montrent tout de suite que l’homme à convictions n’est pas l’homme de la pensée scientifique</em> <sup>NzHH</sup>°<sup>630</sup>, le physicien par excellence. Pensons à nos
    physiciens grecs Thalès, Anaximandre, Pythagore, Xénophane, Héraclite, Démocrite. De manière différente donc, l’homme de conviction (l’homonome) est davantage un métaphysicien. Poursuivons en
    prenant un autre aphorisme de Nietzsche où il parle de «&nbsp;ses&nbsp;» <em>vérités</em> <sup>NzEH_début</sup>. <em>Sont-ils de nouveaux amis de la «&nbsp;vérité&nbsp;», ces philosophes qui
    arrivent&nbsp;? C’est assez probable&nbsp;: car tous les philosophes ont jusqu’à présent aimé leurs vérités, c’est-à-dire qu’ils ont fonctionné en comète que l’on ne comprend pas. Mais à coup
    sûr, ce ne seront pas des dogmatiques. Cela blesse nécessairement leur orgueil, leur goût également que leurs vérités doivent être encore une vérité pour tout un chacun&nbsp;: ce qui fut jusqu’à
    présent le souhait et le sens secrets de tous les efforts dogmatiques</em> <sup>NzBM</sup>°<sup>44</sup>. Toute vérité est obtenue dans l’effort, dans une autonomie passagère, sa valeur tient à
    l’effort que l’on a consenti pour l’inscrire. Une vérité est une formalisation qui cache que l’on a beaucoup souffert, une esthétisation comme agrément de bonne conduite. L’homonome est celui qui
    adopte une position paradoxale, en même temps qu’il juge la vie et la société, il indique ou relève des absolus pour cette société (<em>République</em>, <em>Utopie</em>, <em>Léviathan</em>,
    <em>Contrat social, Communisme</em>) et pousse la société (hétéronome) à se dépasser, à se transcender. La conviction d’un homonome devient la vérité intangible pour un hétéronome. Mais il
    n’existe pas des vérités absolues qui s’unifieraient en une <em>quête de la vérité</em>. C’est ainsi qu’on comprend que Nietzsche s’en prenne à <em>la vérité</em> et nullement au fait qu’il y ait
    des vérités, à la conviction mortifère que ces vérités seraient absolues. Simplement parce que cette quête détourne de ce qui a de l’importance et nous rend ainsi malheureux car comme le dit
    Platon&nbsp;: nous nous rendons malheureux parce que nous ne savons pas ce qui a de l’importance. Pour un hétéronome, l’important est le bonheur ou le profit (bref la reconnaissance à quelque
    échelle que ce soit)&nbsp;; pour un homonome, ce sont les vérités abstraites&nbsp;; pour un autonome ce sont ses propres intuitions qui comptent, comme celles de dire&nbsp;: s’affranchir ou
    périr. Bref, l’homonomie est l’autre nom du dogmatisme, du chemin qu’on veut tenir et prendre à l’envers&nbsp;: des hypothèses au principe. L’homonome porte une conviction jusqu’à ses extrêmes
    conséquences mais peut-être par là s’aveugle sur ce qui a de l’importance, de l’intérêt, là est l’abstraction. C'est ce qui est régi selon les catégories du faire et du sujet selon Sartre
    (SarSG_77).<br></span>
  </p>


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        <span style="font-size: 10pt;">﻿</span><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">﻿</span></span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:06:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b2441534d9932f2c5dc10ba9a728ba32</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-334-b-l-homonomie-96805338-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[334. a. L’hétéronomie.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-334-a-l-heteronomie-96805204.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Une hétéronomie est simplement une hiérarchie de représentations et d’aspirations «&nbsp;humaines&nbsp;». Dans les sociétés
    hétéronomes, les lois sont l’œuvre des êtres humains et c’est ce qui explique qu’elles soient si mauvaises, alors qu’elles devraient exprimer un ordre outre-humain, rendu possible par la
    médiation d’un être «&nbsp;exceptionnel&nbsp;», et être protégées des tentatives d’altération des hommes par un «&nbsp;noble mensonge&nbsp;», la fable de leur origine divine
    <sup>CstFP_137-138</sup>. Le mythe (<em>muthos</em>). Mais ceci n’est qu’une vision que porte l’homonomie sur l’hétéronomie. Un discours (logos). L’autonomie quant à elle est une tragédie que
    l’hétéronomie a voulu faire passer, de son point de vue, pour intenable. L’homme hétéronome est aujourd’hui à n’en pas douter l’homme économique. L’homo oeconomicus… c’est celui qui passe, use et
    perd sa vie à échapper à l’imminence de la mort <sup>FcMC_269</sup>. Nietzsche parlerait volontiers d’un homme qui ressent sa vie comme fugitive. C'est ce qui est régi selon les catégories de
    l’être et de l’objet selon Sartre <sup>SarSG_77</sup>.</span>
  </p>


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        <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 16:04:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fef3e8535aa786ce930dcd93781ce4b3</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[334. Hétéronomie, homonomie et autonomie]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-334-heteronomie-homonomie-et-autonomie-96805028.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Au triptyque transcendance-idéalité-immanence <span style="color: #333399;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong><a href=
    "http://www.paris-philo.com/article-315-point-de-conciliation-entre-badiou-et-deleuze-formaliser-interpreter-et-experimenter-96799097.html">315</a></strong></span></span></sup></span> ou à celui
    humanité-inhumanité-surhumanité — qui clôt <em>Le Siècle</em> de Badiou <sup>BdLS</sup> — correspond avec quelques décalages le triptyque hétéronomie-homonomie-autonomie. L’homonomie, dont Badiou
    est l’un des représentants actuel, marque le vide de l’être par l’aporie et relève les contradictions (ou antinomies) de l’hétéronomie, bref l’homonomie est juste avant l’inhumanité et fait sans
    cesse le point, contrairement à l’autonomie qui pour sa part fonce tout droit sans se préoccuper du qu’en-dira-t-on quitte à connaître la mort ou l’exil, il y correspond aussi le triptyque des
    multiplicités, du vide de l’être et des singularités — une équivoque demeure quant à savoir si les multiplicités sont hétérogènes ou homogènes. Ce qui veut dire aussi que Badiou comme Deleuze ont
    raison&nbsp;: au-delà de la limite de la loi du multiple il y a à la fois le vide de l’être et l’instance sélective. Notons que la même équivoque demeure quant à savoir si ce «&nbsp;à la
    fois&nbsp;» est vide ou pleine coexistence, c’est-à-dire savoir s’il est pensé de manière générique ou constructiviste). Ce dispositif peut être transposé de manière non métaphorique au travers
    des bandes d’énergies de la physique quantique (spinélectronique et optoélectronique)&nbsp;: bande de valence, bande d’énergie quantique et bande de conductivité. Avec transcendance, idéalité,
    immanence c’est donc hétéronomie, homonomie et autonomie qu’on retrouve. Toutes, poussées à leurs extrêmes sont des quêtes d’immortalité ou d’éternités — c’est selon, et il existe plusieurs
    éternités. L’hétéronomie est une quête du bonheur&nbsp;; l’homonomie est une quête de la Vérité, de son advenue&nbsp;; l’autonomie, indépendante vis-à-vis de la Vérité mais non des vérités, est
    une quête de sens et de puissance (ou capacité). Elle passe d’abord par la recherche d’intensités inouïes, car il faut pouvoir sortir du marasme, des situations de délitement à l’intensité nulle
    (C’est un passage obligé pour qui veut s’affranchir de l’Un ou de l’Autre). Chacun de ces trois régimes de pensée possède sa propre liberté, liberté de mouvement et d’acheter, liberté dans un
    trajet immortel, autonomie vis-à-vis de la morale et de la hiérarchie. Certains refusent d’aller droit dans le mur et se soumettent facticement aux aspirations d’un système (qu’il soit
    hiérarchique ou dialectique-révolutionnaire) et d’autres sont contraints à le traverser par des situations d’oppression <a href=
    "http://www.paris-philo.com/article-326-la-hierarchie-chez-les-rats-96803672.html"><span style="color: #333399;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong>326c</strong></span></span></sup></span></a>. Les situations de marges, d’oppression et de dépression sont seulement le symptôme qu’un système a ses limites et qu’avant
    de retrouver un équilibre, il faut passer par une zone de turbulences. Cet équilibre les philosophes l’appelaient sérénité ou béatitude. Dans tout les cas il y a effort et engrenage, travail sur
    soi, sur ses instincts. Pour prendre une image facile&nbsp;: un navire désemparé est davantage sujet aux courants latéraux, aux turbulences.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Ce dispositif relance aussi la pensée de Nietzsche, comme nous l’avons vu auparavant avec le dionysiaque, le socratique et
    l’apollinien, car se trouve aussi réinvesti le schéma humanité-inhumanité-surhumanité comme à la dernière page de l’essai de Badiou <em>Le siècle</em>. Le surhomme s’y trouve congédié comme étant
    une anticipation de l’homme nouveau déjà advenu. Dans les deux dernières pages de son Foucault, Deleuze ne dit pas autre chose, en parlant des potentialités du silicium, la physique quantique
    s’ouvre clairement un monde relationnel de dispositions, où des forces inouïes peuvent être animées. Le surhomme est cela. Du point de vue de la vie, Deleuze a bien relevé, reste le langage — la
    conversion à faire — et le travail — les technologies issues entre autres des potentialités du silicium. Déjà nos ordinateurs et nos téléphones portables portent jusqu’au bout les premières
    conséquences de la physique quantique. Mais encore une fois nous sortons des formes habituelles. Il y a bien là un point au-delà duquel la loi du Même n’est plus valable, c’est aussi pourquoi mes
    propos sont infondés&nbsp;: n’y trouvant le Même, on ne peut y trouver l’Autre et l’hypothèse, qui l’accompagne, selon laquelle il y aurait, du «&nbsp;Deux&nbsp;» mais on peut en douter tout
    autant que pour l’«&nbsp;Un&nbsp;». La question est&nbsp;: faut-il discerner l’indiscernable comme indiscernable — avec la nuance élevée au rang d’idéalité — ou discerner dans l’indiscernable —
    les nuances porteuses de création et l’anomalie des intensités. Mais pour en revenir à l’hétéronomie et à l’autonomie, ne perdons pas de vue que ce sont des perspectivismes, des régimes de
    forces, chacun possédant son type d’éternité et donc son type de capacité.</span>
  </p>


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        <span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Sun, 19 Feb 2012 16:01:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">86783d718fb7bb2781d260136fbfced1</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-334-heteronomie-homonomie-et-autonomie-96805028-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[333. L’affectif n’est ni qualité ni quantité.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-333-l-affectif-n-est-ni-qualite-ni-quantite-96804809.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Chacun de ces régimes de forces produit ses agencements, mais on peut en définir quelques entités&nbsp;:</span>
  </p>
  <ul style="text-align: justify;">
    <li>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>a.</strong></span></span></span> Homme supérieur et communauté d’«&nbsp;esprit&nbsp;» pour le régime capitaliste&nbsp;: ce sont les thèmes du collectivisme
      capitaliste, du complexe militaro-industriel.</span>
    </li>
    <li>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>b.</strong></span></span></span> Sujet et institution pour le régime discursif.</span>
    </li>
    <li>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>c.</strong></span></span></span> Créateur et peuple pour le régime affectif.</span>
    </li>
    <li>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Le procès du capital a pour effet l’aliénation (constitution d’un autre ou d’un ailleurs), le procès de vérité a pour effet la
      subjectivation porteuse de vérités, le procès de création a pour effet la dépersonnalisation. En tout cas il serait trop simple de faire correspondre à ces trois forces en présence le
      spiritualisme, le matérialisme et le vitalisme. Ce qu’il faut retenir ici&nbsp;est que l’intensité n’est ni la qualité ni la quantité. Ce serait ruiner les intensités que de parler en termes de
      quantité ou de qualité. La pensée rhizomatique ou convergente s’appuie sur les intensités. Elle est aussi appelée pensée du Dehors par Foucault ou du Surpli par Deleuze. elle est de l’ordre de
      l’intensif et non du quantitatif ou du qualitatif qui relèvent de l’interprétation qui hiérarchise le monde. L’intensif ou affectif n’a rien à voir avec les représentations humaines qui
      s’attachent aux formes, aux objets, aux personnes. C’est pour cela qu’on peut dire qu’elle vise l’impersonnel et plus encore qu’elle tend à nous dépersonnaliser, à nous rapprocher de
      l’existence tragique des Grecs immergés dans la «&nbsp;République des Sages&nbsp;», ce qu’ont compris Spinoza et Nietzsche en solitaires, le premier implicitement avec sa petite santé, le
      second au travers de sa grande santé.</span>
    </li>
  </ul>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>


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        <span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span>
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        <pubDate>Sat, 18 Feb 2012 15:58:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">42e91cd71e6fe76554a268a33c543c74</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-333-l-affectif-n-est-ni-qualite-ni-quantite-96804809-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[332. Le discernement au-delà du point où la loi du multiple entre en défaillance.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-332-le-discernement-au-dela-du-point-ou-la-loi-du-multiple-entre-en-defaillance-96804714.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;">Si comme nous l’avons vu avec Badiou la théorie des ensembles aide à penser l’être jusqu’à la limite, jusqu’<em>au point où la loi du
    multiple entre en défaillance</em> <sup>OT_58</sup>, la physique quantique peut servir de condition à une pensée d’un extra-être comme l’appelle Deleuze et que nous nous ne permettons de tenir en
    suspens loin d’un sens langagier. Pour cela on pensera au positif du Taquin ou du gap, qui se joue entre bande de valence (matière pensée classiquement, relations statiques entre atomes = valence
    du carbone), bande d’énergie interdite (vide ou neutre) et bande de conductivité (état quantique = semi-conductivité du silicium). L’excitation ou la taquinerie d’un électron par un photon, son
    affection, permet de faire passer l’électron par delà le gap ou la bande d’énergie interdite de l’état statique de la bande de valence à l’état quantique de la bande de conductivité. La question
    de la défaillance de l’«&nbsp;être&nbsp;» demeure. Deleuze pense l’anomalie quantique et la perte d’intelligibilité qu’elle suscite, indirectement au travers de l’annexe sur le monde sans autrui.
    Chez Michel Tournier dans <em>Logique du sens</em> et dans le concept d’anomal dans <em>Mille Plateaux</em>, il n’est plus question d’hétéronomie ou d’autonomie mais d’une anomalie.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;">Il y a trois types de valeurs ou de créances qui correspondent aux trois forces en présence que sont&nbsp;:</span>
  </p>
  <ul>
    <li>
      <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>a.</strong></span></span></span> le capitalisme exacerbé sous la forme d’un matérialisme démocratique ou d’une loi du marché (qui obéit à la loi du nombre, sa valeur
      étant le numéraire et le surnuméraire ou profit qui en découle). On peut parler de régime quantitatif ou lucratif qui dans l’urgence où il est pris, a une composante répressive. Sa valeur
      relative est le profit, sa valeur absolue la réussite. Cette force «&nbsp;compte&nbsp;».</span>
    </li>
    <li>
      <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>b.</strong></span></span></span>- le régime discursif, dont la fonction est de conserver dans un registre et d’assister toute constitution ou d’apparaître digne
      d’intérêt, car toute naissance qui n’est pas accompagnée, se fait dans la violence et à terme n’est pas viable ou plus exactement subjectivable. Sa valeur est la vérité (matérielle ou
      spirituelle) et sa composante étatique ou académique peut avoir un effet dissuasif sur la dernière force en présence. Suivant sa logique, cette force «&nbsp;persuade&nbsp;» ou
      «&nbsp;prescrit&nbsp;».</span>
    </li>
    <li>
      <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
      "font-size: 10pt;"><strong>c.</strong></span></span></span> Enfin la troisième force en présence est le régime affectif, qui est le régime amené par le troisième genre de connaissance de
      Spinoza et qui suppose un «&nbsp;sens&nbsp;» qui bien que neutre soit producteur. Sa valeur est la création en tant qu’émergence du singulier et sa composante est intempestive ou subversive.
      Elle résiste à la première force et «&nbsp;contamine&nbsp;» (ou affecte) la seconde, en tant que ses créations sont enregistrées ou reconnues. Ce régime affectif n’est autre qu’un régime
      intensif qui procède par degrés et par seuils entre différentes polarités contemporaines. La pensée affective n’est autre que la pensée contemporaine, une pensée qui n’est ni de déviance ni de
      tendance mais de mouvance&nbsp;: elle indique un sens et des débouchés pour l’investissement d’énergie.</span>
    </li>
  </ul>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>


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        --&gt;
        <span style="font-size: 10pt;">﻿</span><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">﻿</span></span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Fri, 17 Feb 2012 15:56:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4bcb247ece4fcf7032e57df6c06d3dc9</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-332-le-discernement-au-dela-du-point-ou-la-loi-du-multiple-entre-en-defaillance-96804714-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[331. Vers un régime affectif propre au fini-illimité.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-331-vers-un-regime-affectif-propre-au-fini-illimite-96804084.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;">Si la pensée affective n’est pas une pensée des liens affectifs mais de ce qui est contemporain, c’est simplement que l’affection n’est
    pas l’affect. Ce qui nous est contemporain n’est pas forcément la douleur ni l’extase. Une affection est un état de représentations, d’aspirations, et aussi un sentiment tenace <sup>DzCC_175 et
    SzE</sup>°<sup>III,déf.3</sup> tandis qu’un affect est ce qui modifie notre puissance d’agir. L’affect actif n’est pas séparable de l’action, de l’entrain, alors que l’affection est plus
    généralement une réaction,: <sup>DzCC_175</sup>. Si l’on parle ici d’affectif, c’est en prenant bien soin de distinguer ce qui est de l’ordre du lien (affection) de ce qui est de l’ordre d’une
    échappée (affect). L’affection est effet d’un corps sur un autre corps dans la représentation et la hiérarchie des corps, l’affect est l’effet d’une affection sur une capacité, une puissance ou
    une sagacité — pertinente impertinence. Nous avons déjà vu que l’éternité de coexistence chez Spinoza <a href=
    "http://www.paris-philo.com/article-232-eternite-de-succession-et-duree-porteuse-de-nouveaute-chez-bergson-96795693.html"><span style="color: #000080;"><sup><span style=
    "font-family: Verdana,serif;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>232</strong></span></span></sup></span></a> est différente de l’éternité de succession chez Bergson <span style=
    "color: #000080;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><a href=
    "http://www.paris-philo.com/article-231-deleuze-et-la-pensee-du-surpli-les-deux-eternites-96795529.html">231</a></strong></span></span></sup></span>. Cette éternité n’est nullement substantielle
    ou permanente, elle est ce qui sans cesse revient comme événement, comme aberration qui fait sens. L’éternité si on la détourne de sa conception purement spinoziste, c’est-à-dire ne concernant
    que la part éternelle de l’esprit, la réincorporation qu’en fait Deleuze, est de dire&nbsp;: qu’un corps expérimente l’éternité en ce qu’il est apte à un plus grand nombre de choses. J’insiste
    sur ce point car elle rejoint me semble-t-il une définition qu’Alain Badiou donnait du sujet dans le <em>Panorama de la philosophie française</em> <sup>BdPPF</sup>. le sujet qui est effet du
    procès de vérité, n’est pas un sujet conscient (asservi) ou seulement corporel il est <em>quelque chose qui est comme une production ou une création qui concentre en elle des forces plus
    vastes</em> <sup>PPF</sup><em>.</em> Ceci rejoint au plus haut point une définition que l’on pourrait donner de l’affectif, de l’intempestif ou du taquin. Qu’est-ce que l’affectif&nbsp;? C’est la
    part éternelle de l’esprit <sup>Ethique,</sup> <sup>V_39</sup> ou un corps — individuel ou social — apte à un plus grand nombre de choses. Mais la question devient alors comment se faire un corps
    affectif ou intensif&nbsp;? Chez Deleuze et Guattari, la solution à cette question prend deux directions — échelle individuelle et échelle sociale — au sens où chacun des deux conçoit le
    corps-sans-organes dans une de ces deux directions, donc à une échelle différente.</span>
  </p>


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        <span style="font-size: 10pt;">﻿</span><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">﻿</span></span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 15:47:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e0320c986d16d3e35cbc0c86f8fa68dd</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-331-vers-un-regime-affectif-propre-au-fini-illimite-96804084-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[330. Vers une pensée de l’affectif : être en capacité autonome]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-330-vers-une-pensee-de-l-affectif-etre-en-capacite-autonome-96803924.html</link>        <description><![CDATA[<h6 class="western"></h6>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><strong>Ensemble des articles du dossier. Il suffit de cliquer sur les liens :</strong></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-331-vers-un-regime-affectif-propre-au-fini-illimite-96804084.html">331. Vers un régime intensif propre au fini-illimité.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-332-le-discernement-au-dela-du-point-ou-la-loi-du-multiple-entre-en-defaillance-96804714.html">332. Le discernement au-delà du point où la loi du
    multiple entre en défaillance.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-334-heteronomie-homonomie-et-autonomie-96805028.html">333. L’affectif n’est ni qualité ni quantité.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-334-heteronomie-homonomie-et-autonomie-96805028.html">334. Hétéronomie, homonomie et autonomie.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    &nbsp; <a href="http://www.paris-philo.com/article-335-les-trois-politiques-imaginaires-96806944.html">335. Les trois politiques.</a>
  </h6>
  <p style="text-align: center;">
    <strong><span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><a href="http://www.paris-philo.com/article-336-la-liberte-resulte-d-une-capacite-96808337.html">336. La liberté résulte d’une
    capacité.</a></span></strong>
  </p>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-337-la-liberte-resulte-d-une-capacite-96808501.html">337. La liberté résulte d’une capacité 2.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    &nbsp;<a href="http://www.paris-philo.com/article-338-vers-la-capacite-autonome-96808910.html">338. Vers la capacité autonome.</a>
  </h6>
  <h6 class="western">
    <a href="http://www.paris-philo.com/article-339-pour-conclure-cette-livree-96809155.html">339. Pour conclure cette livrée.</a>
  </h6>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; page-break-before: always; text-align: center;">
    <span style="font-family: verdana,geneva; font-size: 10pt;"><em>Beaucoup de choses importantes sont arrivées depuis les Lumières qui ne se limitent pas à leurs idées. Surtout si une nouvelle
    période d’activité politique tendant vers l’autonomie devait survenir, elle nous mènerait bien au-delà non seulement des Lumières mais aussi de tout ce que nous sommes capables d’imaginer.</em>
    Castoriadis <sup>CstFP_131-132</sup></span>
  </p>


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        <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 15:46:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">08f7222db6d5c28b51c2366ca61af7d4</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-330-vers-une-pensee-de-l-affectif-etre-en-capacite-autonome-96803924-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[327. Antigone faite comme un rat : retour sur la dimension terrible.]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-327-antigone-faite-comme-un-rat-retour-sur-la-dimension-terrible-96803797.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Ce passage se veut avant tout pris dans l’apparente impasse d’une aporie. Il s’agit de pousser jusqu’au bout la confrontation de la
    dimension morale et de la dimension terrible. Si nous restons très proche du texte de Castoriadis <sup>CstFP_24-34/39-46</sup> plutôt que d’une interprétation renouvelée de l’Antigone de
    Sophocle, c’est avant pour déconstruire ou circoncire ce que Castoriadis nomme l’institution imaginaire non de la société mais d’une nouvelle constitution. C’est en fait dans d’autres textes et
    entretiens<span style="color: #000080;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><strong>lien</strong></span></sup></span> qu’il développe ce qu’il entend par constitution autonome, à
    savoir le tirage au sort des politiques et l‘élection des experts. Présentement, il l’évoque cette constitution non par son contenu pragmatique mais comme un talisman&nbsp;: l’institution
    imaginaire de la société. Il s’agit par notre étude de la déconstruction d’un texte par un autre texte comme Derrida pouvait en sonner le glas en les confrontant les marges. Donc l’aporie qui
    suit interroge non des textes mais le sort, qui tiraille les hommes par l’impossibilité de trouver une issue ou un débouché. Est-ce la dimension terrible de l’homme ou bien la dimension tragique
    du destin&nbsp;? En résonance avec la hiérarchie des rats, la tragédie de Sophocle, <em>Antigone</em>, nous met face à ce que les grecs nommaient la démesure ou à la mesure de l’homme, son côté
    terrible. La démesure ou l’<em>hybris</em> est ce qui excède le langage qui tisse les choses ensemble. Elle ne peut être mise en rapport avec le discours habituel. Elle suscite l’incompréhension
    des résignés et la violence des révoltés car ce qui en découle ne peut être tissé avec les exigences de la vie quotidienne. Mais au milieu de cette démesure exagérée surgit une part de réel qui
    révèle l’aspect terrible de l’existence humaine.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Rappelons le mythe d’Antigone, fille du roi de Thèbes Œdipe. Elle est l'une des enfants nés de l'union incestueuse d’Œdipe et de sa
    propre mère, Jocaste. Antigone est la sœur d'Ismène, d'Etéocle et de Polynice. Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les
    routes, Antigone lui exprime un grand dévouement et lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu'à la fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments. Puis Antigone revient à Thèbes.
    Elle y connaît une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir. Ce dernier fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et combattre son frère
    Etéocle. Après la mort des deux frères, Créon, leur oncle prend le pouvoir. Il ordonne des funérailles solennelles pour Etéocle et interdit par une loi à quiconque de donner une sépulture à
    Polynice, coupable à ses yeux d'avoir porté les armes contre sa patrie avec le concours d'étrangers. Antigone cherche avec audace à trois reprises à recouvrir le cadavre de son frère de terre
    afin de répondre à ce que Sophocle en poète nomme la justice des dieux&nbsp;: un corps laissé sans sépulture condamne l’âme du défunt à errer éternellement. La troisième fois, Elle est surprise
    en train de jeter de la terre sur le corps de son frère défunt par l’un des gardes qui surveillent le corps. Créon la condamne donc à être ensevelie vivante. Pour Castoriadis, que ce soit les
    lois de la cité ou la justice des dieux, <em>aussi bien Antigone que Créon sont incapables de les tisser ensemble&nbsp;; chacun d’eux, pour s’être voué à la défense aveugle et absolue de l’un des
    deux principes, devient hubristès</em> (emporté, excessif) <em>et apolis</em> (mis au ban de la cité). Or Créon revient sur sa décision et au cinquième épisode de la pièce, il accepte que soit
    rendue une sépulture à Polynice et il veut libérer Antigone. Mais trop tard, Antigone s’est pendue. Hémon, son fiancé, fils de Créon se suicide à son tour sur le corps d’Antigone. Eurydice, femme
    de Créon apprenant la mort tragique de son fils, désespéré se suicide à son tour. Créon reste tout seul.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">L’acte d’audace (<em>tolmas kharin</em>) est surtout du côté d’Antigone, c’est elle qui transgresse l’interdit fixé par son oncle
    Créon.&nbsp;Quand Créon revient sur sa décision et retisse donc la loi des hommes et la justice des dieux, devient-il grand dans la cité pour autant&nbsp;? Non puisque Antigone oppressée par la
    situation se pend, prise entre la loi politique et l’obligation religieuse d’enterrer les morts. La justice des dieux amène des valeurs morales&nbsp;: comme celle d’enterrer les morts pour que
    leur âme n’erre pas. <em>L’homme peut devenir</em> <em>grand</em> (<em>hupsipolis</em>) <em>en tissant ensemble la justice des dieux et les lois de son pays</em> <sup>CstFP_26/32</sup>, ce que
    parvient à faire Créon même s’il le fait trop tard, à la fin de la tragédie. Créon s’en tient à un haut rang dans la cité alors qu’Antigone franchit par audace les mœurs admises par la même cité,
    les <em>astunomous orgaï</em>. Les <em>Astunomous orgaï</em> sont tout aussi bien les mœurs civilisées hétéronomes que les impulsions autonomes. Ce sont donc capacités d’énergie qu’admet une
    cité. On est davantage dans un monde de dispositions et d’impulsions que dans un monde de propriétés ou de lois. Les <em>orgaï</em> sont des <em>poussées spontanées et incoercibles</em>
    <sup>CstFP</sup>, des désirs. Ainsi les <em>astunomous orgaï</em> sont les capacités d’énergie tolérées par une époque ou une société et qui augmentent à mesure qu’il y a moins d’antagonismes et
    de vains conflits.&nbsp;Antigone, quant à elle, n’est que le symptôme d’un non-événement, la marque d’une incapacité&nbsp;: elle périt de ne pouvoir affranchir n’ayant le choix qu’entre deux
    types de soumission&nbsp;: la loi des hommes et la loi des dieux. Notons, pour faire le lien avec le cinéma contemporain, que c’est la même chose avec le <em>Cercle des poètes disparus</em> où
    Todd Anderson se trouve dans une impasse. Antigone et Todd Anderson sont des souffre-douleur.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Le dispositif principal que met en scène Antigone est l’antagonisme ou plutôt la concurrence entre celui qui a un haut rang dans la
    cité (l’homme supérieur) et d’autre part la personne qui affligée par un lourd passé ne parvient à dépasser les valeurs morales et à devenir ainsi créatrice et autonome. L’Antigone de Sophocle
    nous permet au moins d’affirmer une chose sans hésitation&nbsp;: la justice des dieux ne suffit pas, pas plus que ne suffisent les lois des hommes qui toutes deux appartiennent à une hiérarchie
    des représentations. <em>Antigone</em> ne porte pas sur la différence entre morale religieuse — justice des dieux incarnée par Antigone — et les lois de la cité mais sur l’acte d’audace commis
    par Antigone. Voulant enterrer son frère, elle se place dans une situation inacceptable pour le pouvoir. Créon tombe dans un excès d’orgueil mais n’a pas d’audace. S’il est homme qui insulte les
    autres c’est par le fait que comme Antigone il pense être le seul à penser juste, à pouvoir juger. Il tombe dans le <em>monon phronein</em> et sort comme Antigone de l’<em>ison phronein</em>.
    S’il y a un aspect démocratique il est bien dans le nivellement moral que suggère l’<em>ison phronein</em> comme <em>sagesse égale commune à tous les citoyens</em> <sup>CstFP_26</sup>. Cette
    tragédie, sortie de la pensée commune et égale pour tous, ne parle nullement de démocratie <sup>CstFP_27</sup>. Nos sociétés actuelles via les villes cosmopolites qui admettent des personnes
    rejetées par leur communauté. On peut alors se demander si une pensée libre n’est pas possible par un collectif réduit ou épars de gens qui ne relèverait ni du <em>monon phronein</em> ni de
    l’<em>ison phronein</em>, ni de l’individu ni de la communauté. Rien n’est plus terrible, capable de création que l’espèce humaine parce qu’elle concède à perdre son humanité, sa trop grande
    tendance à la compassion, à l’amour propre ou à l’égalité. Le <em>deinos</em> est une autre dénomination pour ce qui dissimule la capacité. Castoriadis met Antigone et Créon tous deux dans le
    côté <em>apolis</em> de la balance sans voir que Créon se veut <em>hupsipolis</em> puisqu’il pense obéir au bien. Castoriadis, animé de morale, estime que l’homme qui se crée lui-même doit aussi
    s’auto-limiter, se restreindre. Mais c’est la puissance erratique du pouvoir, qu’il faut freiner non l’audace d’Antigone, qui si elle n’était pas une anomalie vaincue et s’ancrait sur une
    activité, des projets serait puissance. Ce que trame <em>Antigone</em> dépasse les faits, les différents égoïsmes et altruismes, pour quelque chose de plus éclatant qui serait de nous confronter
    à notre propre audace. Mais dans la cité grecque la morale est sauve puisque, pour celle qui se met au ban de la cité, <em>le résultat concret ne peut être que la mort, la fuite ou l’exil</em>
    <sup>CstFP_26</sup>, ce que nous avons résumé par ailleurs par «&nbsp;fuir ou périr&nbsp;» <span style="color: #333399;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong>334b</strong></span></span></sup></span>. Sophocle fait de l’homme non un «&nbsp;vivant pourvu de langue&nbsp;» ou un «&nbsp;vivant politique&nbsp;» mais un vivant
    pourvu d’un caractère terrible. Le terrible, le <em>deinos</em>, c’est ce que l’homme en tant qu’espèce possède plus que toute autre espèce, mais c’est aussi le puissant ou l’étonnant <em>parce
    que capable au plus haut degré</em> <sup>Cst_28</sup>. Freud et Heidegger traduit le terrible par <em>das unheimliche</em> <sup>Cst_28</sup>, <em>inquiétante étrangeté</em>. L’inquiétante
    étrangeté se comprend comme l’appréhension par un point de vue moral chargé d’habitudes de ce qui échappe à la compréhension et déstabilise par son audace. Ce qui (d)étonne possède simplement sa
    propre loi, produit de la surprise pour qui n’est pas enclin à la nouveauté. Avec <em>Antigone</em>, nous nous trouvons donc dans un dispositif qui met en concurrence l’homme supérieur, Créon, et
    l’anomalie souffre-douleur qu’est Antigone. L’un assume jusqu’au bout l’hétéronomie (les lois qu’il promulgue dans la cité) et la seconde reste prisonnière de son trop grand dévouement familial
    et par là d’une morale religieuse (la justice divine). Antigone est une anomalie vaincue de n’être parvenue pas à l’autonomie, à sa propre capacité, ce qui n’est pas permis à tout le monde, mais
    est aujourd’hui possible à un plus grand nombre.</span>
  </p>


<style type="text/css">
        &lt;!--
                @page { margin: 2cm }
                P { margin-bottom: 0.21cm }
        --&gt;
        <span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span></span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 15:44:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">deb20a370a7517f90cd95939a15e85ac</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-327-antigone-faite-comme-un-rat-retour-sur-la-dimension-terrible-96803797-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[326. La hiérarchie chez les rats]]></title>
        <link>http://www.paris-philo.com/article-326-la-hierarchie-chez-les-rats-96803672.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><em>Dans des conditions égales, nombre d’hommes périssent continuellement, l’unique individu sauvé en est d’ordinaire plus fort, parce
    qu’il a supporté ces circonstances fâcheuses grâce à une force innée indestructible et y a encore trouvé pour cette force exercice et accroissement&nbsp;: ainsi s’explique le miracle.</em>
    Nietzsche <sup>NzHH</sup>°<sup>242</sup>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Parlons à présent de ce qui peut être, non la destination de la philosophie mais le bras de levier sur lequel elle a toujours opéré
    comme l’une de ses conséquences. C’ est de l’ordre du taquiner&nbsp;: comme la physique quantique taquine les matériaux semi-conducteurs isolants en les rendant conducteurs). Je ne développe pas
    ici la différence entre autonomie et hétéronomie mais c’est de cela dont il est question&nbsp;: la soumission à sa propre loi ou à la loi de l’autre (ou encore la distance prise par rapport à la
    loi du même qu’est l’homonomie <span style="color: #333399;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>334b</strong></span></span></sup></span>. On
    peut par éducation avoir quelques réticences à parler de hiérarchie mais il suffit de passer par la Sorbonne pour savoir combien elle existe, pleine de bêtises. La hiérarchie n’empêche pas les
    relations transversales de type ouvert ou disjoint, comme les a mis en avant Guattari, mais c’est qu’alors, quelque chose s’est mis en place dans la société ce qui n’est pas le cas dans les
    sociétés closes ou pestilentielles. Tout ceci pour introduire la hiérarchie chez les rats, le comportement des rats en espace clos.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Une expérience a été effectuée sur des rats. Pour étudier leur aptitude à nager, un chercheur du
    laboratoire de biologie comportementale de la faculté de Nancy, Didier Desor, en a réuni six dans une cage dont l'unique issue débouchait sur une piscine qu'il leur fallait traverser pour
    atteindre une mangeoire distribuant les aliments. On a rapidement constaté que les six rats n'allaient pas chercher leur nourriture en nageant de concert. Des rôles sont apparus, ils se les
    étaient ainsi répartis: deux nageurs exploités, deux non nageurs exploiteurs, un nageur autonome et un non nageur souffre-douleur.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Les deux exploités allaient chercher la nourriture en nageant sous l'eau. Lorsqu'ils revenaient à la
    cage, les deux exploiteurs les frappaient et leur enfonçaient la tête sous l'eau jusqu'à ce qu'ils lâchent leur magot. Ce n'est qu'après avoir nourri les deux exploiteurs que les deux exploités
    soumis pouvaient se permettre de consommer leurs propres croquettes. Les exploiteurs ne nageaient jamais, ils se contentaient de rosser les nageurs pour être nourris.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;L'autonome était un nageur assez robuste pour ramener sa nourriture, passer les exploiteurs et se
    nourrir de son propre labeur. Le souffre-douleur, enfin, était incapable de nager et incapable d'effrayer les exploités, alors il ramassait les miettes tombées lors des combats. La même
    structure&nbsp;: deux exploités, deux exploiteurs, un autonome et un souffre-douleur, se retrouva dans les vingt cages où l'expérience fut reconduite.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Pour mieux comprendre ce mécanisme de hiérarchie, Didier Desor plaça six exploiteurs ensemble.
    Ils se battirent toute la nuit. Au matin, ils avaient recréé les mêmes rôles. Deux exploiteurs, deux exploités, un souffre douleur, un autonome. Et on a obtenu encore le même résultat en
    réunissant six exploités dans une même cage, six autonomes, ou six souffre douleur.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Puis l'expérience a été reproduite avec une cage plus grande contenant deux cents individus. Ils
    se sont battus toute la nuit, le lendemain il y avait trois rats crucifiés dont les autres leur avaient arraché la peau (sic). Moralité: plus la société est nombreuse plus la cruauté envers les
    souffre douleur augmente. Parallèlement, les exploiteurs de la cage des deux cents entretenaient une hiérarchie de lieutenants afin de répercuter leur autorité sans même qu'ils aient besoin de se
    donner le mal de terroriser les exploités.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Autre prolongation de cette recherche, les savants de Nancy ont ouvert par la suite les crânes et
    analysé les cerveaux. Or les plus stressés n'étaient ni les souffre-douleur, ni les exploités, mais les exploiteurs. Ils devaient affreusement craindre de perdre leur statut de privilégiés et
    d'être obligés d'aller un jour au travail.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-left: 1.59cm; margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">«&nbsp;Se pourrait-il que pour chaque espèce animale il existe une sorte de grille d'organisation
    spécifique. Quels que soient les individus choisis, dès qu'ils sont plus de deux, ils s'empressent de tenter de reproduire cette grille pour s'y intégrer. Peut-être que l'espèce humaine est
    tributaire elle aussi d'une telle grille. Et quel que soit le gouvernement anarchiste, despotique, monarchiste, républicain ou démocratique, nous retombons dans une répartition similaire des
    hiérarchies. Seuls changent l'appellation et le mode de désignation des exploiteurs.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;">Livrons-nous à une pure spéculation fortuite pour essayer de figurer ce qui nous intéresse là et ainsi imaginer ce que cela peut
    déclencher. Imaginons qu’on nous donne un livre à un rat, comme dans le film <em>Mon oncle d’Amérique</em>. Celui-ci n’est pas focalisé sur l’objectif de se battre pour sa nourriture, de rentrer
    dans le petit jeu des convenances et des aspirations humaines, toujours représentatives et hiérarchiques, bref si ce rat n’est pas focalisé sur sa propre survie, il a l’esprit libre à la lecture.
    Que se passe-t-il si ce livre qui fait entrer de l’infini et en est ainsi plus sulfureux que <em>L'amant de Lady Chaterley</em>&nbsp;? Il se met très certainement à forger des outils pour
    s’échapper de la boîte, pour créer une échappée, une ligne de fuite. On peut dénommer de tas de manières différentes cette petite fenêtre&nbsp;: capacité autonome, création, subversion,
    dépersonnalisation, devenir-imperceptible, singularité. Heureusement les choses sont beaucoup complexes et l’on a des rats imprimeurs ou informaticiens, des rats diffuseurs et surtout des rats
    penseurs qui ne sont pas tout à fait des rats écrivains focalisés sur eux-mêmes et sur la domination d’autres rats qui résignés par les discours diffus finissent par leur rapporter de la
    nourriture. L’une des tâches du philosophe est d’introduire de l’infini dans la situation soit sous forme de nuance, soit comme un acte interminable et joyeux. Les deux sont liés. On retrouve
    cela chez Voltaire combattant l’<em>infâme</em> ou encore le <em>«&nbsp;je perçois de l’infâme&nbsp;»</em> de Foucault. Chez Nietzsche on retrouve ce frein déclencheur, cette crispation à
    l’amorce des choses sous le nom de sottise. Chez Deleuze c’est la bêtise <sup>DzP_177</sup>, chez Montaigne c’est l’imprudence, chez Foucault et Sénèque la <em>stultitia</em>.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong>a.</strong></span></span></span> <em>Les souffre-douleur</em> – Si les opprimés s’en sortent ce n’est que par eux-mêmes, parce qu’ils trouvent leur propre échappée,
    leur propre liberté. Ils n’ont que peu d’issues&nbsp;: périr ou s’affranchir. De quoi sortent-il&nbsp;? Ils se sortent d’une situation de pourrissement, d’oppression, plutôt que d’être affligés,
    ils se sortent des structures et des systèmes établis, y compris les institutions et les organisations. On peut prendre le cas difficile des criminels emprisonnés, ce sont des sortes d’opprimés
    de la société qui payent pour leur passé, qui subissent la croyance au libre-arbitre et à l’acte libre. L’essentiel, ce qu’il faut souligner, ce n’est pas qu’ils ont commis un crime, mais
    qu’eux-mêmes sachent ce qu’ils vont en faire. Pensons-là à Dostoïevski. Hommes <em>fugitifs</em> <sup>NzVP4</sup>°<sup>244</sup> ou rédempteurs. Périr ou s’affranchir telle est la condition des
    opprimés. Ces opprimés ne sont pas les dominés. Les opprimés ce sont les souffre-douleur, ou comme dirait Nietzsche les <em>affligés par leur passé</em>, ceux qui portent le fardeau de la
    hiérarchie — l’institution, la famille, l’état, la bureaucratie et les violences qui les traversent, l’exploitation salariale. Ainsi les souffre-douleur de toute situation d’oppression — et non
    de domination — sont caractérisés par une incapacité, une impossibilité qui n’a d’autre alternative que de périr, même à petit feu, ou de fuir pour une autre situation. Ils ne peuvent recouvrer
    leur capacité que si on les affecte activement&nbsp;: c’est-à-dire qu’on les pousse et les encourage à l’action plus qu’on ne les aide car c’est ainsi que naît l’attachement du résilient. D’où
    l’importance, de l’inscription d’intensités de vie, des livres subversifs comme recueils de ce qui doit être affirmé. Ils ne seront, par contre, jamais sujet à l’événement. L’événement étant
    toujours un point de vue hétéronome sur une autonomie, mais les opprimés ont franchi un horizon et c’est bien pour cela qu’on les entend peu. Honte à eux&nbsp;! Entendrait-on crier. Ils n’auront
    aucune fidélité ni pour la quête de vérité (homonomie), ni pour l’hypothèse qu’il y ait du Même et de l’Autre. Le système hiérarchique les a rejetés parce que les valeurs qu’ils subissent
    n’étaient pas les leurs. Ils sont indifférents aux abstractions des systèmes homonomes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong>b.</strong></span></span></span> <em>Les autonomes.</em> — Sortis de l’oppression, «&nbsp;émancipés&nbsp;», les affranchis (ou autonomes) n’oublient pas qu’ils sont
    passés par la case des opprimés dans leurs trajets sinueux qui les ont conduit à l’autonomie. C’est par là même qu’ils biaisent l’objection de Nietzsche&nbsp;: les hommes capables se fourvoient
    dans leur capacité&nbsp;: réussite, aspirations humaines ou hiérarchiques. Ils sont incapables de juger librement. Mais c’est que l’autonomie, la capacité repart sans cesse de zéro, de
    l’intensité nulle. Les «&nbsp;hommes capables&nbsp;», comme les appelle Nietzsche, n’ont plus besoin de juger librement puisqu’ils sont libres après avoir été dans la hiérarchie puis
    «&nbsp;affligés&nbsp;» par celle-ci. Chez les philosophes, ce moment d’oppression se caractérise de plusieurs manières&nbsp;quant à son issue et son intensité&nbsp;: c’est l’excommunication de
    Spinoza&nbsp;; c’est le détachement de deux années pour Hegel après l’écriture de <em>La phénoménologie de l’esprit</em> <sup>DesMA_59-60&nbsp;</sup>; c’est un trou de huit années chez Deleuze
    <sup>DzP_185</sup> qui faisait dire à Michel Tournier sur cette l’époque où il s’occupait de lui&nbsp;: «&nbsp;un génie n’est pas viable&nbsp;». On devrait corriger, un génie seul n’est pas
    viable, c’est pour cela qu’il surgit toujours dans un milieu, une constellation affective. Sorti de cette période d’oppression grâce à des amis, des «&nbsp;tuteurs de résilience&nbsp;» pour Boris
    Cyrulnik, l’individu s’affranchit en suivant ses propres intuitions et en formant ses propres armes&nbsp;: son propre langage et sa propre temporalité qu’on peut nommer auto-affection ou
    création. L’individu devient autonome et quelque peu «&nbsp;anarchiste&nbsp;», puisque c’est la seule manière de se détourner du système des représentations (hiérarchie ou hétéronomie) sans pour
    autant éprouver de la haine. Le système a voulu lui faire la peau pour sa trop grande sensibilité en lui a remplissant la tête de passions tristes. Cette personne résiliente n’est plus un
    individu du système dominant comme lors du processus d’égotisation*. Elle est apte à un plus grand nombre de choses. Elle a acquis une capacité d’énergie plus grande — le saint graal de la
    génération des années 60-70, de la «&nbsp;nouvelle subjectivité&nbsp;»<span style="color: #000080;"><sup><span style="font-family: Verdana,serif;"><strong>lien</strong></span></sup></span>. Ceci
    est un perspectivisme, un chemin tracé que la dialectique omet tout simplement, car la dialectique comme axiomatique ou homonomie se situe juste avant ce point sensible qu’est la période
    d’oppression ou de prise de risque. Par son «&nbsp;homonomie&nbsp;» elle ne fait que renforcer le système hiérarchique en n’ayant pas un contre-pied suffisant pour pouvoir s’en défaire librement.
    L’homonomie c’est reconnaître l’être ou la loi du Même à partir de laquelle elle pense l’Autre en posant l’événement.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000080;"><span style="font-family: Verdana,serif;"><span style=
    "font-size: 10pt;"><strong>c.</strong></span></span></span> <em>Résilience.</em> — La résilience a deux sens celui de rompre un contrat mais aussi celui de rebondir (si l’on tient compte de
    l’étymologie latine <em>resalire</em>), c’est pourtant ce qui se passe quand on s’affranchit&nbsp;: «&nbsp;Résilier un engagement signifie aussi ne plus être prisonnier d’un passé, se dégager. La
    résilience n’a rien à voir avec une prétendue invulnérabilité ou une qualité supérieure de certains mais avec la capacité de reprendre une vie humaine malgré la blessure, sans se fixer sur cette
    blessure&nbsp;». A présent il serait intéressant de poser l’égalité en droit et la hiérarchie de fait. Je vais me faire mathématicien maintenant ou plutôt statisticien dans la récurrence des
    faits. Toute la pensée que je souhaite mettre en avant porte sur le <em>refaire sa vie</em> d’Antonin Artaud ou la résilience de Boris Cyrulnik. C’est surtout le constat qu’après l’adolescence
    30% subissent une période de dépression comme si le cartésianisme ne suffisait pour comprendre la vie, embrayer son mouvement. Notons ceci&nbsp;: <em>«&nbsp;Aujourd’hui, on aide les enfants à
    développer leur personnalité, à prendre conscience d’un tas de choses. Ils sont plus intelligents, plus vifs, mais plus angoissés. On s’en occupe très bien à la maternelle et à l’adolescence, on
    les abandonne. La société ne prend pas le relais des parents. Du coup,</em> <em><strong>un adolescent sur trois s’effondre, après le bac généralement</strong></em><em>.&nbsp;… »</em> ou encore
    <em>«&nbsp;Ils devaient faire partie de ces gens qui n’avaient pas réussi à passer le cap de l’adolescence. Il y en a de plus en plus dans nos pays,</em> <em><strong>30% en
    moyenne</strong></em><em>, parce qu’on ne sait pas s’en occuper. Ces jeunes qui flottent sont des proies parfaites pour les sectes et les mouvements extrémistes. Quand on ne sait pas qui on est,
    on est ravi qu’une dictature vous prenne en charge <sup>9</sup></em><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym" id=
    "sdfootnote1anc"><sup><em>&nbsp;</em></sup></a><em>.&nbsp;»</em></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;"></p>
  <hr>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><em><br></em></span>
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p style="margin-bottom: 0cm; page-break-before: always;">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana,geneva;"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc" id="sdfootnote1sym">9</a> Les deux citations sont tirées du
      même entretien : Boris Cyrulnik, <em>il y a une vie après l’horreur</em>, Propos recueillis par Sophie Boukhari, journaliste au <em>Courrier de l’UNESCO</em>, nov. 2001.</span>
    </p>
    <p class="sdfootnote">
      &nbsp;
    </p>
  </div>


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        &lt;!--
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                P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt }
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        --&gt;
        <span style="font-family: verdana,geneva;">﻿</span>
</style>]]></description>
        <pubDate>Mon, 13 Feb 2012 15:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ca9700ddbf3ae5f1b0111f59fa02f747</guid>
                <category>Thèse</category>        <comments>http://www.paris-philo.com/article-326-la-hierarchie-chez-les-rats-96803672-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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